livre de poche

  • Le triomphe du poche !

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de 80 millions d’exemplaires vendus en 1990 pour un chiffre d’affaires de 190 millions d’euros, on passe, quinze années plus tard, à 130 millions d’exemplaires vendus pour 391 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le double !

     

    Le pouvoir d’achat en baisse des Français en est certes la raison principale. Il y a d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte :

    - la génération des 20-40 ans a été élevée au poche et cela commence dès l’école ( lectures scolaires obligatoires ),

    - le livre de poche possède un format uniforme suivant la collection à laquelle il appartient,

    - l’effet « collection » pour les amateurs de genres bien précis,

    - la possibilité de trouver en permanence les titres même plus anciens car le poche – au contraire du grand format – ne souffre pas de la disparition rapide des rayons,

    - le poche règne en maître sur les genres jugés moins nobles : le roman policier, la SF, le manga, le roman sentimental ( Harlequin ), le roman d’aventures ou encore la fantasy.

     

    Le problème majeur pour les éditeurs indépendants reste la quasi-impossibilité d’occuper du linéaire dans les hypermarchés, supermarchés et autres grands magasins spécialisés ( FNAC, Virgin, Furet, Relay ), lieux où se réalisent plus de 80% des ventes de poches !

     

    Le Livre de poche, Pocket et Folio représentent à eux seuls 50% du marché. Un poche sur deux appartient à l’un de ces éditeurs !

     

    Cette production en pleine expansion menacera-t-elle, à terme, l’édition en grand format ? Pas forcément car le grand format, dont le prix avoisine les 20,00 € s’amortit plus rapidement et ne demande pas de tirages conséquents, par rapport au poche vendu à environ 7,00 €, nécessitant, quant à lui, d’importants tirages.

     

    Le poche, c’est un peu une seconde vie pour le grand format, un prolongement de son succès.

     

    Point important à noter : les médias continuent de faire la part belle aux grands formats, jugés plus actuels, plus novateurs. Les pages consacrées aux parutions en poche existent bel et bien, mais elles ne récoltent qu’une portion congrue.

     

    Que faut-il en conclure ? Les éditeurs indépendants, absents pour la plupart des rayons, voient, impuissants, un joli pactole défiler sous leurs yeux. Les géants ( Hachette pour Le Livre de poche, Editis pour Pocket, Gallimard pour Folio, Flammarion pour J’ai lu, La Martinière pour Points-Seuil ) ont le regard trop axé vers l’édition anglophone et plus particulièrement américaine. Le salon de Francfort ( le plus grand salon du livre au monde ) est une terre d’échanges commerciaux que la petite édition n’a pas le droit… ou les moyens de fouler… à moins de se regrouper et de convaincre les éditeurs de poches que leurs catalogues sont de véritables nids à diamants bruts.

     

    A bon entendeur…