20.05.2012

Coeurs-brisés.com

coeurs_brises_com_01.jpg"Vivienne Summers est une Londonienne d'une trentaine d'années à qui la vie sourit. Elle a un bon travail, des amis qui l'aiment et surtout un fiancé à la beauté évidente et à la carrière prometteuse qui va bientôt l'épouser (même si les noces ont déjà été annulées deux fois). Lorsqu'il rentre un soir chez eux, il lui avoue qu'il ne peut pas se marier. Pour sauver son honneur, elle fait ses valises. Elle s'installe donc dans un petit appartement et attend. Des nouvelles, un coup de fil de lui, un geste.

Elle va bientôt découvrir qu'il a rencontré une femme à la plastique parfaite et qu'ils sont sur le point de convoler. Son monde s'écroule, et ses amis vont faire ce qu'ils peuvent pour l'aider. Mais la rupture est difficile, et elle se met à imaginer un site Internet pendant ses heures de bureau, coeurs-brisés.com, où tous les coeurs en perdition comme elle pourraient trouver refuge et peut-être reprendre espoir.

Ses déboires l'amènent à abuser un peu trop du chardonnay, et elle se retrouve dans le lit de son meilleur ami Max, un peintre qu'elle connait depuis la fac, et qui l'aime en secret depuis le premier jour. Ensemble ils vont passer quelques journées merveilleuses, et Vivienne se sent enfin capable d'oublier Rob. Mais ce dernier réapparait et lui avoue qu'il ne peut vivre sans elle. La vie de rêve qu'elle s'était imaginée avec lui redevient tout à coup possible..."

Sans nul doute destiné à un lectorat féminin, ce livre me fait songer à une série télévisée américaine. Nombreux dialogues, vocabulaire grand public, phrases courtes, la recette est connue...

 

Coeurs-brisés.com

d'Emma Garcia

MA éditions, mai 2012

ISBN 978-2-822-400992

392 pages - 18,00 €

14:38 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

17.05.2012

PPDA nous propose un thriller...

rapaces_01.jpg"Chris Rather, la quarantaine triomphante, est un Français très populaire : il présente le 20 Heures d'une puissante chaîne de télévision.

À un mois du premier tour de la présidentielle de 2012, on le retrouve sans vie, noyé dans un des étangs de Hollande, comme Robert Boulin trente-trois ans plus tôt. S'est-il suicidé ? L'a-t-on assassiné ? Il venait la veille d'interviewer le président de la République...

Une course contre la montre va s'engager chez les enquêteurs pour résoudre au plus vite un mystère qui empoisonne la campagne présidentielle et la vie de la chaîne."

Chris Rather a évincé un présentateur légendaire qui incarnait la chaîne depuis des lustres. PPDA règle ses comptes sur fond d'enquête policière. Le président Sarkozy figure parmi les protagonistes, on s'en doute un peu.

Mais quel est donc le style littéraire de cet auteur ? On est en droit de se poser la question. Certes, l'intrigue coule d'autant mieux que M. Poivre d'Arvor connaît son sujet. Les méandres de la caste journalistique n'ont aucun secret pour lui.

Bon roman de plage, ce "Rapaces" ne révolutionnera pas la littérature française, mais on sent que l'auteur s'est fait plaisir. Il devrait ravir un grand nombre d'esprits revanchards...

 

RAPACES

de Patrick Poivre d'Arvor

Cherche midi éditeur, mars 2012

ISBN 978-2-7491-2356-1

320 pages - 17,00 €

16.05.2012

Si tu existes ailleurs

si_tu_existes_ailleurs_01.jpg« Tu vas mourir du coeur en même temps que cinq autres personnes ».

"Telle est l'étrange phrase que prononce Anna, la nièce de Noam Beaumont, alors qu'ils jouent ensemble. Une phrase étrange dans la bouche d'une enfant de 3 ans. Terrible, incongrue et effrayante pour ce célibataire de 35 ans obnubilé par son travail, obsédé par la mort, sujet à des angoisses dont il ne sait si elles relèvent d'une crise de la quarantaine précoce ou du drame vécu lorsque lui-même était enfant.

Dès lors, Noam est obnubilé par une seule question : quand mourra-t-il ? Une psychologue aux méthodes singulières l'assure que les propos de sa nièce recèlent une vérité reposant sur une théorie connue : la « prophétie des innocents ».

Selon cette approche mystique, les prophètes ont disparu car les forces qui gouvernent le monde ne trouvent plus d'êtres suffisamment purs pour porter leurs paroles ; seuls les enfants et les handicapés mentaux possèdent, parfois, ce don. Dès lors, une incroyable course contre la montre s'ouvre pour Noam : trouver les cinq autres personnes programmées à disparaitre en même temps que lui. Mais seule la découverte-révélation du cinquième nom, à la fin de sa quête, indiquera le sens de la prophétie d'Anna. Une aventure qui le conduira, aux limites de sa raison, là où la vie peut prendre fin... et où l'amour peut renaître."

Thierry Cohen n'a pas le succès du couple Musso-Levy, mais il surfe sur la même vague, sans le moindre complexe. Il pousse d'ailleurs la comparaison jusqu'au choix de ses titres. Les lectrices des deux écrivains les plus vendus pourraient donc tout aussi bien lire du Cohen. Après tout, pourquoi pas ? Elles ne seraient pas déçues.

 

Si tu existes ailleurs

de Thierry Cohen

éditions Flammarion, mai 2012

ISBN 978-2-0812-6303-1

336 pages - 19,90 €

08:24 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

04.05.2012

C'est beau une ville la nuit

c_est_beau_une_ville_la_nuit_01.jpg"C'est beau une ville la nuit n'est pas à proprement parler un roman autobiographique, mais bien plutôt l'écriture d'une errance et d'une quête.

Ce livre est un fragment d'itinéraire de l'homme Bohringer avant même que les écrans renvoient cette image d'une « gueule » de cinéma."

Paru chez Denoêl en 1988, Flammarion réédite le premier roman de Richard Bohringer.

 

C'est beau une ville la nuit

de Richard Bohringer

éditions Flammarion, mai 2012

ISBN 978-2-0812-8325-1

160 pages - 12,00 €


 

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26.04.2012

L'effrayable... un roman pas comme les autres... aux éditions de la Différence !

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13.03.2012

Janine Boissard, encore...

une_vie_en_plus_01.jpgJamais en panne d'inspiration, Janine Boissard publie à un rythme effréné. Ses lectrices devraient lui proposer une formule d'abonnement. Cela dit, ses productions ne demandent pas de travail de recherche conséquent. Les histoires sont puisées dans le quotidien. Cette fois, le roman compte 528 pages, se lit sans difficulté, ni prise de tête. Du Boissard !

On lui doit notamment la saga familiale "L'esprit de famille", ou encore "Une femme en blanc", porté à l'écran avec Sandrine Bonnaire dans le rôle principal.

"Une vie en plus" raconte l'histoire d'une femme qui, à 40 ans, pourtant comblée, décide de changer de vie.

 

Une vie en plus

de Janine Boissard

Fayard, mars 2012

ISBN 978-2-213-66296-1

528 pages - 22,00 €

22:50 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

11.03.2012

La meilleure façon de s'aimer

9782709635257.jpg"Murée dans son silence, Fatima revisite son passé, ses secrets, ses histoires d'amour bâclées, faites de violences et de trahisons. Et, tout au bout de sa mémoire, tel un soleil ressuscité, surgit un petit enfant. Auprès d'elle, à Paris, son fils Saïd n'a toujours pas compris pourquoi sa mère n'a jamais su lui dire qu'elle l'aime."

Akli Tadjer a le don, celui d'emmener le lecteur dans son monde, et ce dès la première page. Un beau roman empreint d'émotion.

 

La meilleure façon de s'aimer

d'Akli Tadjer

JC Lattès, janvier 2012

ISBN 978-2-7096-3525-7

288 pages - 18,00 €

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11.02.2012

Maîtrauxe, un roman qui mériterait d'être publié en poche... A bon entendeur...

Maitrauxe_reference.jpg"Maîtrauxe", maître-auxiliaire dans un lycée agricole normand, c'est le job que finit par décrocher ce jeune Picard, héros unique de cet ouvrage, peu bavard bien que seul narrateur, peu amène, en décalage permanent avec les adultes de sa génération.

A l'âge où l'on déborde d'énergie, d'ambition, de projets, où l'on se marie pour le meilleur et pour le pire, le jeune Francis se nourrit de plaisirs simples, à l'écoute de la faune environnante. On imagine ce jeune homme ténébreux planté des heures durant sur les sentiers de Marquenterre, parc ornithologique en baie de Somme.

Chacun des chapitres se lit à un rythme soutenu, d'autant plus que l'auteur a pris soin de les rendre égaux tant sur le plan quantitatif - nombre de mots - que qualitatif. Le résultat est surprenant : on se renfrogne aux côtés de ce narrateur bien sympathique. On le comprend. On nage pourtant en pleine schizophrénie, mais on adore.

Les "grands" éditeurs de la place parisienne reçoivent chaque année plusieurs milliers de manuscrits. Je ne sais pas si l'auteur de ce roman qui m'a emballé de bout en bout y a envoyé son texte. Si tel est le cas, ils ont raté une occasion, ils n'ont pas été capables de déceler ce talent. C'est incompréhensible. Il aura fallu le flair d'un éditeur-libraire, ou libraire-éditeur, pour le publier. Comme quoi, à force de privilégier les noms connus, les auteurs-maison, les intellocrates parisiens et le retour possible sur investissement, ces grandes maisons d'édition, au nom ronflant, passent à côté de pépites littéraires... et ce roman en est une, indubitablement.

 

Maîtrauxe

de Francis Demarcy

éditions Librairie du labyrinthe, février 2008

ISBN 978-2-9523-0616-4

176 pages - 12,00 €

 

Pour le commander : http://librairiedulabyrinthe.fr

 

 

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06.02.2012

A cause d'un baiser

9782081267091.jpg« Elle était si parfaite, comment avais-je pu soudain aimer une autre personne ? Que deux coups de téléphone, un déjeuner, un baiser, un seul baiser, et quelques caresses remettent à ce point ma vie, notre vie, en question ? Qu'est-ce qui m'avait pris de dire aussi vite à Léa : j'ai embrassé une autre femme ? La greffe avait pris, en un baiser. Un baiser qui avait duré plus de deux heures et ses mains, les doigts de Marie, sous mon pull, sur ma poitrine. Il m'avait semblé que ma vie basculait. Et maintenant comment faire ?

Léa, Marie ; Marie, Léa. Peut-on donc l'espace d'un court moment, ou même d'un temps plus long, aimer deux personnes à la fois ? »

Construit en quatre temps - déchirure, déconstruction, reconstruction et un épilogue -, ce roman d'amour captive le lecteur, ou la lectrice, par sa pureté de style et l'émotion réelle qui s'en dégage. Petit bémol : un peu long par moments...

 

A cause d'un baiser

de Brigitte Kernel

Flammarion, janvier 2012

ISBN 978-2-0812-6709-1

280 pages - 18,00 €

 

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01.02.2012

Au pays des Kangourous... mon premier gros coup de coeur de l'année !

9782359490589.jpgIl est toujours compliqué d'estimer la valeur d'un livre dont on connaît personnellement son créateur. Certes, si l'on n'apprécie pas vraiment l'histoire, on peut toujours se rabattre sur la qualité du style... ou l'inverse. Et nuancer les propos, les soupeser de manière à ce qu'ils ne viennent pas heurter l'ego de celui qui attend votre avis avec une impatience bien légitime.

Dès les premières pages, je n'en crois pas mes yeux : je suis conquis. C'est tout simplement génial. Approche de l'intrigue, style, narration, imagination, piqûres de rappel de notre enfance, enfouie au fond de notre mallette véhiculant notre situation professionnelle. J'imagine le Gilles écrivain, seul face à son écran, ayant ressorti ses culottes courtes du placard, délaissant pour quelques heures son rôle d'attaché de presse, fuyant les affres de la circulation parisienne, enfilant sa gangue de môme pas toujours sage, et décrivant non sans humour une situation pourtant dramatique : la maladie d'un papa isolé. Car le papa de Simon, neuf ans, souffre d'une grave dépression.

Le petit garçon raconte, excuse maladroitement l'absence prolongée de sa mère, partie au pays des kangourous. Distante aussi lorsqu'elle vit à Paris. Il décrit sa grand-mère, Lola, qu'il adore. La maman de son papa prend les choses en main, heureusement. Le texte se boit comme une eau pure, minérale, fraîche, puisée à sa source...

Le monde de Simon vacille entre rêves et dure réalité. Il se raccroche à Lily, une jeune fille de son âge, autiste, rencontrée à l'hôpital où est interné son papa.

Ce roman traite d'un sujet grave, mais grâce à la candeur juvénile de ce petit bonhomme, Gilles Paris parvient à nous emmener sur des sentiers de pure délectation dont il est impossible de s'échapper. Un vrai coup de génie.

 

Au pays des kangourous

de Gilles Paris

éditions Don Quichotte, janvier 2012

ISBN 978-2-35949-058-9

252 pages - 18,00 €

00:15 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

12.01.2012

Virginia Woolf...

une_annee_amoureuse_dans_la_vie_de_virginia_woolf_01 (1).jpgOù comment naissent des passions amoureuses ? Publié il y a un peu plus de vingt ans chez... Olivier Orban, ce texte dut séduire l'éditeur, tout autant que l'auteure elle-même. Aujourd'hui devenue Madame Christine Orban, les publications s'enchaînent avec facilité au sein d'une maison parisienne prestigieuse. Alors pourquoi ne pas retravailler "Une année amoureuse de Virginia Woolf" et le rebaptiser "Virginia et Vita" car après tout, n'y a-t-il pas plus intemporel que ce roman ?

"En 1927 Virginia Woolf habite avec son mari éditeur Leonard à Monk's House. Elle vient de publier La promenade au phare et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire."

L'imagination des grands écrivains a toujours fasciné l'immense majorité des lecteurs. Et pourtant, il ne faut pas aller bien loin pour découvrir la source vive de leur oeuvre.

Cette plongée dans l'univers amoureux de deux romancières demeure pour moi le grand roman de Christine Duhon-Orban. Un texte envoûtant, instructif, vibrant d'amour et peu importe les sexes.

Une bonne idée pour cette rentrée de janvier.

 

Virginia et Vita

de Christine Orban

Albin Michel, janvier 2012

ISBN 978-2-226-23845-0

240 pages - 17,00 €

22:05 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

04.12.2011

Empoisonneuse à la Cour des Borgia...

francesca_01.jpg"Rome, été 1492. Une époque troublée pour la chrétienté, qui s'est rendue coupable quelques mois auparavant de promulguer l'édit décrétant l'expulsion de tous les Juifs d'Espagne. Mais la cité éternelle s'émeut moins de leur sort que de celui du pape, Innocent VIII, dont on dit qu'il est mourant. Cette nouvelle attise pourtant davantage les ambitions qu'elle ne suscite la prière.

Au service de la famille des Borgia depuis toujours, Francesca apprend la mort de son père (l'empoisonneur attitré de la famille) dans des circonstances douteuses. Commence alors pour elle une quête de vengeance, qui la pousse à prendre la suite de son père.

Ses recherches vont lui faire découvrir que l'expulsion des Juifs d'Espagne n'est que le prélude à des actes plus monstrueux encore et que le pape, à la santé déclinante, compte bien autoriser depuis le Vatican. Il s'agit à présent de le neutraliser, tout en aidant Rodrigo Borgia, son maître, à être élu pape par le conclave."

 

Francesca Empoisonneuse à la Cour des Borgia

de Sara Poole

MA éditions, novembre 2011

ISBN 978-2-822-400510

420 pages - 19,90 €

16:33 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

22.11.2011

prix de la Mamounia

21:24 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.11.2011

L'Histoire est en marche...

un_jour_je_serai_roi_01.jpg"Versailles : 3 000 pièces décorées par une armée d'artistes, 8 000 hectares de marais domestiqués, des milliers de serviteurs pour assister le Roi-Soleil. Cinquante années de travaux acharnés, et des dizaines de milliers d'hommes et de femmes accourant vers ce nouvel Eldorado. Architectes, maçons, aventuriers, soldats, ouvriers, filles de mauvaise vie, voici leur histoire. Celle du palais de toutes les promesses, de 1638, jour de la naissance du futur Louis XIV, à sa mort en 1715. À travers le destin de trois clans – celui du marquis de La Place, de Pontgallet, maçon du roi, et de Toussaint Delaforge, bâtard – de Paris à Versailles, se déroule la saga du plus fabuleux des palais, celui où le soleil ne se couche jamais."

 

Un jour, je serai Roi

de Jean-Michel Riou

Flammarion, novembre 2011

ISBN 978-2-0812-4090-2

624 pages - 23,00 €

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17.10.2011

Merveilleuses !

9782226220707.jpg

"1794, Merveilleuses retrace le parcours des égéries de cette brève période qui suit la Terreur, où une fureur de divertissements et d'excès enfièvre Paris. On rit, on danse, on aime, on revit : jouissance et plaisirs sont les nouveaux mots d'ordre. Femmes d'esprit, frivoles et charmantes, Thérésia Cabarrus et Rose de Beauharnais sont les plus merveilleuses d'entre ces Merveilleuses, qui profitent de la liberté retrouvée : elles collectionnent les amants comme d'autres les chapeaux, lancent les modes les plus provocantes et mènent par le bout du nez les hommes au pouvoir."

 

Merveilleuses

de Catherine Hermary-Vieille

Albin Michel, octobre 2011

ISBN 978-2-226-22070-7

432 pages - 22,00 €

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15.10.2011

Dernier été à Mayfair

9782714449481.jpg"Mayfair, Londres, été 1911. Lord et lady Rotherfield s'apprêtent à recevoir la haute société anglaise dans leur somptueuse demeure de Berkeley Square, pour le bal des dix-huit ans de leur fille Victoria.

Artiste, idéaliste mais décidée à faire un beau mariage, la jeune fille ne veut pas manquer son entrée dans le monde. Pourtant, elle est en colère. Sa soeur Evangeline, vingt ans, a disparu. Julian, le frère aîné, la retrouve derrière les barreaux d'une sordide prison de Bermondsey, l'un des quartiers ouvriers de l'East End où couve la révolte. Julian n'apprécie guère le comportement de sa soeur, lui, l'héritier de la dynastie, prisonnier d'une vie qu'il n'a pas choisie mais dont il assume les contraintes par sens du devoir. Il ne comprend pas plus Edward, son frère cadet, qu'il juge égocentrique et inconscient. Homme à femmes, charmant dilettante et passionné d'aviation, Edward a des dettes de jeu. Pour les honorer, il doit remporter le premier prix d'une course d'aviation et vaincre son plus grand rival."

De l'année 1911, en plein mois de juin, période d'insouciance caractéristique de la Belle époque, jusqu'au mois de décembre 1918, l'auteure nous plonge au coeur de deux familles aristocratiques. Spécialiste des fresques historiques, Theresa Révay remet le couvert, ce qui promet de belles heures de lecture.

 

Dernier été à Mayfair

de Theresa Révay

Belfond, octobre 2011

ISBN 978-2-7144-4948-1

480 pages - 21,00 €

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10.10.2011

L'écrivain de la famille

9782709635479.jpg1. Votre livre est une succession de chapitres courts. Déformation professionnelle ? Ou la volonté de rendre la lecture plus simple, plus coulante ?

Grégoire Delacourt : La deuxième. C'est vraiment l'envie d'écrire "à l'américaine" car j'apprécie cette littérature addictive où l'on éprouve le besoin de tourner les pages. Ma volonté était d'avoir une écriture rapide, agréable, fluide, simple, transgénérationnelle. Et puis, je pense que l'époque actuelle se prête aux choses un peu plus courtes. Proust, c'était bien... avant.

2. En vous lisant, on ne peut qu'imaginer qu'il y a dans ce roman une grande part autobiographique...

G.D. : Je me suis en effet inspiré de mon parcours publicitaire qui a d'ailleurs commencé à Bruxelles. Cela m'a permis de citer des marques, des slogans. En fait, tout le roman est un maelström de vrai et de faux. Ce qui est important, ce sont les liens entre les gens et les choses.

3. Est-ce un moyen de dénoncer cette obsession qu'ont la plupart des parents, de vouloir tracer un destin glorieux pour leur progéniture, et ce de plus en plus tôt ? Que ce soit dans le domaine artistique, sportif, ou autre ?

G.D. : Complètement. Je pense que les parents, ils ont la lâcheté - enfin, certains - d'exiger de leurs enfants de réussir là où ils n'ont pas réussi. Ou c'est social - il gagnera de l'argent et sera riche -, ou il fera ce que le parent décide - il sera joueur de tennis, de football, musicien,... -. Il y a une sorte de dictature de l'amour des parents à faire que les enfants ressemblent à ce qu'on voudrait qu'ils soient mais au fond qu'on aurait voulu être soi-même.

Il n'est d'ailleurs pas rare de voir des parents de tennismen jouer eux-mêmes au tennis. Dans le milieu du sport en général, c'est fréquent. Et après tout, le choix des enfants se résume à soit je ferme ma gueule et je fais ce qu'on me dit quitte à souffrir, déprimer, etc., soit je me rebelle et je vérifie si ce qu'ils rêvent pour moi est bien ce qui me correspond. C'est là le conflit, le dilemme que vit le personnage principal du roman.

4. Quand on parle d'un romancier publicitaire, on songe immédiatement à Frédéric Beigbeder. Le connaissez-vous personnellement ? Vous sentez-vous proche de lui ou très éloigné dans votre approche de la littérature ?

G.D. : Je pense que je me sens plus proche du Beigbeder de son avant-dernier livre "Un roman français" où il est plus impudique, plus touchant. Moins en tant qu'écrivain de thèmes provocateurs plus liés à son personnage. Frédéric est plus le reflet de la pub à l'époque plus flamboyante. Les filles, les fêtes, et tout ça... Il était dans le show-biz de la pub et moi, dans l'arrière-cour. Cela dit, c'est un très bel écrivain. Il a un potentiel inouï.

 

L'écrivain de la famille

de Grégoire Delacourt

JC Lattès, janvier 2011

ISBN 978-2-7096-3547-9

272 pages - 17,00 €

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04.09.2011

La rentrée version JC Lattès !

imagesCA25G9LH.jpgQuelque 650 romans, et parmi eux, ceux parus chez JC Lattès. Un éditeur. Pas une simple marque. Et derrière, un travail éditorial. Comme l'on taille un diamant. Ausculté sous toutes ses coutures. C'est aussi cela, un bon roman.

Anne-Sophie Stefanini, c'est le pari de l'éditeur, à savoir la petite nouvelle, le premier roman. Une recette délicate. Toujours osée. Sans filet.

"Laure a dix-huit ans et elle part demain. En compagnie de sa mère qui lui a légué son goût pour la solitude, le silence et les voyages lointains ; puis enfin seule vers les rivages qui la font tant rêver.

De Paris à Nice, leur route s'étire au rythme capricieux d'une vieille voiture, d'étapes et de rencontres de hasard.

Au-delà du voyage et de ses mystères, se dévoilent le fil des souvenirs, les peurs et les désirs de ces femmes au moment fragile de la séparation."

Lancée dans l'arène du monde du livre, cette jeune romancière est bien entourée.

Auteur chevronné, Hervé Le Tellier pourrait lui servir de chaperon, de guide. Lui, il connaît la musique. Et publie Eléctrico W, du nom d'une ligne de tramway de Lisbonne.

"En septembre 1985, Antonio, un photographe, retourne à Lisbonne après dix ans d'absence. Il y retrouve Vincent, le correspondant du journal, afin de suivre le procès d'un tueur en série.

HLT_Electrico%20W_small.jpgEncore enfant, Antonio a rencontré une fillette, Canard, l'amour mythique, celui qui promet de grandir sans jamais s'affadir, mais ce rêve de bonheur s'est déchiré. Vincent a ses raisons pour vouloir guérir cette blessure. Lui qui est si peu doué pour la vie, lui qui n'achève jamais rien de ce qu'il entreprend, va tenter de retrouver Canard et de réparer le passé.

En virtuose des jeux de l'amour et du hasard, Hervé Le Tellier veut croire qu'il n'est de destin qui se laisse dompter."

Père et fils en co-auteurs, voilà qui n'est pas courant, c'est pourtant le cas pour Charles et Thierry Consigny. Un récit à deux voix, pour le moins original, où l'on découvre un décalage entre deux voix qui s'écoutent et se répondent.

"Mon père était venu un jeudi matin me cueillir à l'hôpital après un bad trip de cocaïne, je lui ai expliqué méthodiquement l'ampleur de mon désastre affectif, le manque, la souffrance d'être homo, le dégoût des hommes. L'humanité me dégoûte."

"Les nuits terribles dont parle Charles, les nuits rue Monsieur-le-Prince, je ne les ai jamais connues, je peux à peine les imaginer. La souffrance physique d'une descente, la panique d'une crise d'angoisse, les tremblements désespérés face au vide de sa vie, je n'en ai aucune idée. Ce sont des images derrière des portes que je n'ouvre pas."

le-soleil,-l-herbe,-et-une-vie-a-gagner-229935.jpg

 

 

 

Vers la mer

d'Anne-Sophie Stefanini

JC Lattès, août 2011

ISBN 978-2-7096-3554-7

240 pages - 17,00 €

 

Eléctrico W

d'Hervé Le Tellier

JC Lattès, août 2011

ISBN 978-2-7096-3795-4

288 pages - 18,00 €

 

Le soleil, l'herbe, et une vie à gagner

de Charles et Thierry Consigny

JC Lattès, août 2011

ISBN 978-2-7096-3794-7

270 pages - 17,00 €

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28.08.2011

Au Bon Roman...

9782070419982.jpgCe devait être un pur moment de délectation, une plongée dans l'univers qui me passionne : la littérature. En intitulant son ouvrage "Au Bon Roman", Laurence Cossé s'interdisait tout droit à l'erreur. En tout cas, il titilla mes neurones : une librairie idéale, emplie uniquement de chefs-d'oeuvre, de littérature française de qualité, de livres choisis et non imposés par les campagnes publicitaires des maisons d'édition les plus puissantes.

Mais voilà, dès les premières pages, la désillusion fut totale, à la mesure de la joie que je me faisais à l'idée de découvrir cette aventure.

Bien écrit certes, l'auteure nous égare dans plusieurs directions, dans plusieurs lieux, au travers de plusieurs personnages, et je fus rapidement incapable d'y déceler le fil rouge. Quant à cette fameuse librairie, il n'en est pas du tout question au début. Comme toujours, je me forçai à poursuivre la lecture, mais je dus déchanter quelques chapitres plus loin. Amèrement déçu.

Petit à petit, la création de la librairie prend forme, mais l'attente est trop longue et s'il faut patienter jusqu'à la troisième partie pour entrer enfin dans le vif du sujet, c'est que le roman qui s'autoproclamait bon n'est en fait qu'un vulgaire essai raté.

 

Au Bon Roman

de Laurence Cossé

Folio N°5074, avril 2010

ISBN 978-2-07-041998-2

464 pages - 6,80 €

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La dernière bagnarde

9782081221413.jpgLe récit d'Henri Charrière intitulé "Papillon", paru aux éditions Robert Laffont, rencontra un succès immense et dépassa le million d'exemplaires vendus. Cette histoire fut portée à l'écran et là encore, le film marqua les esprits. Le bagne de Cayenne ferma ses portes en 1946. Tout comme la prison légendaire d'Alcatraz, on peut visiter l'antre dans lequel croupirent des milliers de bagnards.

L'histoire de ces femmes reléguées en terre hostile est nettement moins connue. Marie Bartête fut cette dernière bagnarde, dont Bernadette Pécassou-Camebrac nous narre l'aventure. Ancrés dans nos consciences d'hommes civilisés, on a peine à croire une telle cruauté, mais l'âme humaine n'a pas de limites une fois percée en plein coeur.

Ce livre se révèle passionnant et son intensité va croissant, jusqu'à la dernière ligne. Dans cet environnement implacable, ces femmes n'avaient aucune chance de s'en tirer, livrées non seulement à une nature charriant infections bactériennes et autres maladies, mais aussi une administration pénitentiaire qui ne voulait rien entendre, rien voir, se murant derrière une hypocrisie meurtrière... et rentable pour certains.

 

La dernière bagnarde

de Bernadette Pécassou-Camebrac

Flammarion, avril 2011

ISBN 978-2-0812-2141-3

312 pages - 20,00 €

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16.06.2011

Harmonie !

harmonie_01.jpgLylia Voltès est une jeune Parisienne qui rêve toutes les nuits d'un homme mystérieux qui lui susurre le mot "harmonie". Elle se confie à son père, Albin, et celui-ci la convainc de partir en Inde, à la recherche de cet homme.

Dans ce roman, on navigue sans cesse entre deux mondes : le réel, représenté par le frère de Lylia, et l'ésotérique. Malgré quelques passages ennuyeux, l'auteure parvient à nous embarquer dans son univers peuplé de gourous, de puissants sorciers, de sages, mais aussi d'amour.

1. Ce voyage en Inde, l'avez-vous fait vous-même ?

Blanche de Richemont : Impossible de faire autrement. Bien sûr, je suis souvent partie en Inde pour ce livre et j'y ai consacré trois années de ma vie. Je suis incapable de parler d'un endroit, d'un lieu, sans l'avoir senti, sans l'avoir touché du regard, de la main.

2. Roman ésotérique ou roman traditionnel ?

BdR : C'est une quête mystique entre l'Inde et Jérusalem, qui passe par l'ésotérisme, qui passe par la spiritualité, par la magie, par l'amour, par la sensualité, par plusieurs chemins pour trouver l'harmonie, pour trouver un peu de lumière.

3. Le Victorieux, Atal ou Balavan, peut-on croire à de réels pouvoirs paranormaux détenus par ces êtres... ou plutôt de tels personnages existent-ils dans la réalité ?

BdR : J'ai rencontré le Victorieux. C'est un sage immense, très puissant. Pour la plupart d'entre nous, ces personnages semblent appartenir à une autre planète, mais pour les Indiens, il n'y a rien d'étonnant. Chez eux, la magie est omniprésente. En fait, on a tous en nous des pouvoirs qui nous échappent totalement, dont on n'a pas la maîtrise. Ces grands yogis, ces grands méditatifs, ces grands sages, eux, contrôlent cette puissance qui nous dépasse. Ils sont aux prises avec l'invisible.

harmonie_02.jpg

4. Le hasard existe-t-il ?

BdR : Non. Tout ce qu'on vit a un sens. Tout ce qu'on vit révèle. Moi, je crois aux signes, à l'évidence, à ce qui s'impose.

5. Le frère de Lylia joue un rôle important, apporte également une bonne dose d'humour.

BdR : En fait, Gabriel, je l'ai imaginé parce que je trouvais qu'il représentait la voix de tous les doutes et de toutes les espèces d'étonnement face à ce monde-là. Lui-même va être métamorphosé par ce voyage, un peu malgré lui. Il apporte aussi la touche d'humour. Chaque personnage a sa place.

6. On dit que "les voyages forment la jeunesse". Qu'en pensez-vous ?

BdR : Les voyages sont nécessaires. Ils nous apprennent à découvrir d'autres façons de penser, de vivre, de respirer, ouvrent des portes. Les voyages nous forcent à déplacer nos préjugés, à chercher une forme de lumière, et à grandir tout simplement.

 

Harmonie

de Blanche de Richemont

Plon, mars 2011

ISBN 978-2-259-21259-5

256 pages - 17,90 €

 

 

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01.06.2011

Mon petit bunker

9782709630702.jpg"Qui a jamais eu une enfance aussi flamboyante que celle de Noah ? Enfermée dans son atelier à Paris, un soir de pluie, Noah se souvient. Elle, la petite Française, sillonnait Dakar à sa guise, avec sa bande de gosses des rues qui la croyait des leurs. Elle était la mascotte des artisans de la ville, peintres, mécaniciens, ferblantiers : c'est dans leurs échoppes qu'elle a appris son métier d'artiste.

Aujourd'hui, mariée et mère de famille, Noah tient pourtant l'Afrique à distance, tel un tabou, un sortilège.

Ce soir, elle va affronter son passé."

1. Dans ce roman d'inspiration autobiographique, vous revenez au stade de votre enfance, au Sénégal, au travers de Noah, le personnage principal. Etait-ce quelque chose de facile ?

Marine Bramly : C'est toujours facile de se souvenir, même si parfois il y a des choses qu'on aurait préféré oublier complètement. La partie autobiographique s'arrête à l'enfance de Noah, mon héroïne. Toute la partie en tant qu'adulte est une autre histoire.

2. Comment doit-on percevoir l'âge adulte ?

MB : On est toujours déçu de ses propres attentes., ou des attentes que les parents ont placé en vous. Grandir, c'est redescendre sur Terre d'une certaine façon. Dans le cadre de mon roman, Noah, pour pouvoir avancer, devenir une mère, s'est "bunkerisée" de l'intérieur. Quand elle était gamine, la survie avait un côté rigolo, épique. Elle pouvait se permettre de prendre des risques. Mais une fois mère, les traumatismes de sa propre enfance sont tels qu'elle a trop peur de mettre sa fille en danger. Vient enfin le temps - sa fille a 14 ans - où elle va pouvoir enlever le couvercle qui recouvrait son passé.

3. Notre société européenne serait-il une sorte de carcan rassurant, sécurisant ?

MB : Je pense qu'elle est très angoissante car on a tendance à élever nos enfants - et c'est ce que fait Noah avec sa fille - comme si des dangers énormes les guettaient en permanence. Cette anxiété, on la balance sur nos gamins. Noah, elle, a grandi en Afrique, constamment entourée par le danger, réel celui-là. Le danger n'étant plus un fantasme mais une réalité, on l'affronte au coup par coup.

 

Mon petit bunker

de Marine Bramly

JC Lattès, avril 2011

ISBN 978-2-7096-3070-2

256 pages - 18,00 €

 

 

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Le nouveau roman de Richard Bohringer !

les_nouveaux_contes_de_la_cite_perdue_01.jpgRichard Bohringer est un artiste dans l'âme. Comédien, acteur (à ce jour, il a joué dans 150 films et 50 téléfilms), musicien, chanteur, écrivain, son talent est évident. Son caractère aussi Clin d'œil. "Difficile à gérer" diront certains. Cela fait partie de son charme. Bref, une vraie gueule du cinéma français.

Avec ce nouveau roman, Richard Bohringer sort de ses sentiers battus et nous emmène dans un monde simple, composé de personnages attachants, au comptoir du Bout du Monde.

Texte intimiste, dans John, on reconnaît, ou l'on croit reconnaître l'auteur. Autour du zinc, le voyage devient conte, poésie parfois, humanisme de conversations entre amis. Richard Bohringer joue avec les mots et, je dois l'avouer, nous réconcilie avec son personnage d'éternel écorché vif.

 

Les nouveaux contes de la cité perdue

de Richard Bohringer

Flammarion, mai 2011

ISBN 978-2-0812-6091-7

176 pages - 15,00 €

13:04 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

13.05.2011

Une vie plus loin

9782923865362.jpgEric, trente-cinq ans, est un jeune cadre qui expose sa réussite matérielle au grand jour, fier comme Artaban. Plutôt beau gosse bien sapé, il joue au séducteur mais une fois conquise, martyrise la belle, la violente pour, très rapidement, la rejeter. Un soir, Eric, complètement soûl, au volant de son coupé sport lancé à toute blinde, percute un autre véhicule de plein fouet et succombe dans l'accident.

Son arrivée dans le fameux couloir de la mort le laisse perplexe. Il tente de se protéger derrière son humour caustique, son apparente décontraction et son insolence pour, une fois de plus, s'en sortir sans dommages et pouvoir reprendre ses activités terrestres. Prétentieux, iconoclaste, froid, charmeur impétueux, arriviste sans scrupules, cet homme doit se présenter au tribunal de sa vie. En clair, pour accéder au paradis, c'est pas gagné.

Si l'on met de côté les quelques coquilles repérées çà et là, j'ai pris un plaisir fou à lire ce roman que je ne peux que vivement recommander. Primo, si tout ce qui y est écrit se vérifie lorsque j'aurai quitté le monde des vivants, il est préférable de dire du bien de ce livre. Secundo, voici une histoire qui remet à leur place les vraies valeurs de l'existence. Et enfin tertio, ce roman se lit d'une traite, le sourire aux lèvres car l'auteure ne manque pas d'humour et, c'est malheureusement une certitude, la mort nous concerne toutes et tous.

 

Une vie plus loin

de Gracianne Hastoy

Cogito, mars 2011

ISBN 978-2-923865-36-2

288 pages - 18,00 €

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04.05.2011

Longtemps j'ai rêvé d'elle

9782081255593.jpgDu commercial pur jus ! L'objectif de Thierry Cohen n'est assurément pas de décrocher un grand prix littéraire, mais un contrat juteux d'adaptation cinématographique. Il sait où se trouve son intérêt et celui de son éditeur, au point de promouvoir son roman par le biais d'une bande-annonce de 33 secondes diffusée dans 160 salles UGC à Paris et en province, et ce du 11 au 24 mai. Bref, Flammarion sort la grosse artillerie.

Facile à lire, facile à comprendre, vendu en mai en prévision des lectures de sable fin sous un soleil de plomb, le roman de Thierry Cohen ne réinvente rien, mais se veut plaisant. Plutôt destiné à un lectorat féminin, plus friand de ce genre de littérature, le livre propose une couverture artistique pour le moins efficace.

Quant à l'histoire, car il y a histoire avant tout, elle se résume en quelques lignes - ou en 33 secondes - : une romance épistolaire entre un auteur et sa lectrice, lui à travers ses rêves, elle à travers ses ouvrages. Et tout autour, de l'enrobage, de la décoration, du sentiment à deux balles. Pas ma tasse de thé. Mais après tout, l'important n'est-il pas de donner du plaisir, de l'évasion onirique ?

Raphaël Scali, le nom du romancier dont il est question, ne ressemble en rien à tous ces époux bourrus, amateurs de foot et de bières, poilus des mollets, des fesses et des épaules, ventripotents, qui, pendant que leur chère et tendre lira Musso, Cohen ou Levy au bord d'une piscine, préfèreront regarder en direct l'étape du tour de France dans un bar bien sombre et bien bruyant.

Vive les vacances !

 

 

Longtemps, j'ai rêvé d'elle

de Thierry Cohen

Flammarion, mai 2011

ISBN 978-2-0812-5559-3

448 pages - 19,90 €

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09.03.2011

Celles qui attendent...

9782081245631.jpg"Arame et Bougna, mères, respectivement de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l'absence. Mais comment dépeindre la peine d'une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ?

Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d'un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d'amour, d'avenir et de modernité, elles s'étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. Mariées à Issa et Lamine, l'Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation."

1. Ce rêve d'une Europe d'abondance, terre de tous les possibles est-il un sentiment général en Afrique ?

Fatou Diome : Je pense que ce sentiment ne concerne pas tout le monde mais une majorité de jeunes. C'est devenu une thématique absolument incontournable. Bien sûr, il y a des jeunes qui ne veulent pas partir. Moi par exemple, je me souviens lorsque j'étais étudiante, je n'avais aucunement l'intention de quitter mon pays, peut-être par peur, peut-être aussi parce que j'avais le sentiment de réaliser mon rêve en devenant professeur de français. Mais les jeunes d'aujourd'hui, même érudits, diplômés, n'arrivent pas à trouver du travail, alors ils ont envie de partir. L'Europe semble, à leurs yeux, l'endroit idéal pour réussir.

2. N'est-ce pas finalement une chimère comme l'étaient les Etats-Unis d'Amérique pour les Européens il y a deux ou trois siècles ?

FD : On a aussi des contre-exemples qui prouvent que certains s'en sortent. Tous ne vont pas réussir mais les rares succès excitent encore davantage les jeunes restés sur place.

SDC10896.JPG

3. L'Europe est une femme rivale pour Coumba et Daba. Le mot "attendre" est sur les lèvres des épouses, mais aussi des mères. Beaucoup de malheur en somme ?

FD : Oui, pour moi c'était une manière de regarder la frustration amoureuse. Au Sénégal, et pas seulement au Sénégal, en Afrique, on ne parle pas beaucoup de ces choses-là. Une femme se distingue par son courage, par sa capacité à rester altière, à tenir le coup malgré les épreuves. Elles luttent, elles travaillent avec la boule d'angoisse au ventre de ne pas savoir où se trouve l'être aimé. Mais elles assurent l'essentiel : nourrir les enfants, soigner les malades, etc.

4. En parlant du quotidien de ces femmes, avez-vous pour volonté sous-jacente de dénoncer les aberrations de notre monde économique ? Considérez-vous cela comme une mission ?

FD : Mais non (rires). Je me sens impuissante, alors j'en parle. Les dames de mon livre, elles auraient pu être en Amérique latine, en Afghanistan, partout où sévit la pauvreté. C'est une réalité qui n'est plus essentiellement africaine, elle est mondiale. Partout où il y a la pauvreté il y a des gens qui attendent, partout où il y a la pauvreté il y a des hommes qui partent. Ce sont les bras forts. Les piliers de famille s'en vont. C'est quoi une société sans ses piliers ? On ne détruit pas seulement l'économie de ces pays, on détruit la structure sociale.

5. Avez-vous, vous-même, vécu une situation analogue ?

FD : Je n'ai jamais attendu. Moi, je fonce. (rires) Ces femmes-là, je parle d'elles parce que je les admire. Moi, mon côté occidental calcule les heures, les mois et les années. Pour être sérieuse, je pense que toutes les femmes ont ce côté plus patient que les hommes, plus sacrificiel. Je pense que ces femmes sont plus entières quand elles donnent leur coeur et sont capables d'en payer le tribut. Cette chose-là me fascine parce que derrière la femme la plus moderne ici en Occident, il y a toujours une petite midinette capable de se sacrifier par amour... et moi la première.

propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

 

Celles qui attendent

de Fatou Diome

Flammarion, août 2010

ISBN 978-2-0812-4563-1

330 pages - 20,00 €

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04.12.2010

Un traître

9782080687050.jpgLe traître en question, c'est Jean Deleau, un jeune homme de vingt ans au moment de l'invasion allemande, en mai 1940. Quelques semaines plus tard, la Wehrmacht s'installe à Neuville, petite ville en bords de Loire. C'est la pagaille. Le colonel von Beckendorff a besoin d'un interprète pour enregistrer les demandes diverses, les plaintes, les doléances, les recours, les jérémiades, les sollicitations, les supplications, les plaintes, etc. Grâce à ses origines germaniques, Jean Deleau a la chance - ou la malchance - d'être parfait bilingue.

A partir de là, l'engrenage s'enclenche jusqu'à le conduire au poste de chef de la police allemande locale. Débusquer les "terroristes", les gaullistes, les résistants, les juifs, les communistes, les faire parler pour démanteler les réseaux. Tel est le job de ce jeune Français entièrement dévoué à la cause nazie.

Un roman passionnant, bien écrit, lu en trois jours. Dominique Jamet raconte, et l'on se voit comme projeté en ces années de guerre.

Avec le recul, on s'interroge non pas sur la culpabilité de Jean Deleau, car celle-ci est avérée. Non, on s'interroge sur la nature humaine. Les Alliés, les résistants ont torturé, violé, emprisonné, eux aussi. C'est de bonne guerre. Lors de la guerre d'indépendance de l'Algérie, tout le monde admet aujourd'hui que l'armée française a manié la schlague, voire administré le supplice dit "de la baignoire". Or, la plupart de ces tortionnaires n'ont pas été condamnés. Deux poids deux mesures ?

Bref, à la place de ce Jean Deleau, véritablement couvé par sa mère, posons-nous la question : quel traître aurions-nous été ?

 

Un traître

de Dominique Jamet

Flammarion, 2008

ISBN 978-2-0806-8705-0

400 pages - 20,00 €

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26.11.2010

Fahrenheit 2010

9782234064478.jpgAh quel beau métier que celui de libraire ! C'est ce que se répétait chaque jour la narratrice, directrice d'une librairie centenaire labellisée "Lavraielibrairie", un espace dédié à la bonne littérature, peuplé de 100 000 livres, un lieu pour passionnés. Et passionnée, Isabelle Desesquelles l'était assurément, jusqu'à l'intrusion de celui qu'elle surnomme "blondinet", le tout nouveau directeur général de l'enseigne qui compte une centaine de librairies en France.

Dans la réalité, les initiés reconnaissent l'imposant groupe mondial Bertelsmann. Isabelle Desesquelles a dirigé la librairie Privat de Toulouse, avant que celle-ci ne change de nom et aussi d'identité. Devenue Chapitre.com, on n'y parle plus de livres mais de produits, les lecteurs deviennent des clients auxquels il convient de fourguer des cartes de fidélité, le best-seller supplante tout et le grand patron n'a qu'une obsession : faire un max de blé tout en diminuant le stock de livres qu'il juge inutiles car passés de mode.

Dans ce roman, l'auteure subit le changement. Elle y dénonce une dérive que tous les libraires, y compris les indépendants, ressentent immanquablement. A quelle sauce vont-ils être mangés ? Le dilemme s'impose aussitôt : perdre son âme et continuer à bouffer du caviar, ou rester fidèle à ses valeurs et quitter son poste tout en acceptant de revenir au bon vieux plat de pâtes.

L'histoire ne dit pas si ce roman très piquant, ironique, a connu le succès dans cette fameuse chaîne de librairies-supermarchés. Après tout, ce ne serait qu'une belle revanche sur le passé et une bonne claque dans la gueule de Blondinet.

 

Fahrenheit 2010

d'Isabelle Desesquelles

Stock, septembre 2010

ISBN 978-2-234-06447-8

198 pages - 16,00 €

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24.11.2010

Marilyn Monroe et Yves Montand...

9782081243491.jpgSeptembre 1960, Let's make love, le dernier film de George Cukor, plus pudiquement rebaptisé Le Milliardaire pour le marché français, sort sur les écrans américains. Marilyn Monroe et Yves Montand y tiennent la vedette. Mais plus que le film lui-même, ce qui tient le public en haleine, c'est l'histoire d'amour entre les deux acteurs.

Une histoire d'amour devenue légende, derrière les murs du plus glamour des hôtels de Los Angeles, le Beverly Hills Hotel, qui ne connaîtra de fin véritable qu'à la mort de la blonde la plus célèbre du monde.

Une histoire d'amour où plus rien ne sera jamais comme avant. Pourtant, Marilyn, amoureuse, aura tout tenté, mais Montand ne quittera jamais Simone.

Certes romancée par Agnès Michaux, l'idylle devrait passionner les fans de ces deux "monstres" du cinéma.

 

Les Sentiments

d'Agnès Michaux

Flammarion, septembre 2010

ISBN 978-2-0812-4349-1

248 pages - 18,00 €

08:25 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.11.2010

Révélation et autres textes chez Chloé des Lys

0ea9e709983a7f791afee9542697c723bf5c85e2.jpgRévélation - de Jean Vigne - Chloé des Lys, 2009 - ISBN 978-2-87459-485-4 - 266 pages - 25,00 €

"Hélène, jeune lieutenant de police, ignore en ce matin de printemps l'aventure qui l'attend. Une péripétie qui prend ses sources dans les profondeurs de l'histoire, dont les répercussions peuvent bouleverser le futur de l'humanité tout entière. Deux forces en présence vont s'affronter, deux puissances dont le pouvoir ébranle les bases mêmes de notre civilisation, car leur combat est éternel. Hélène, prise dans la tourmente, va devoir choisir l'un des deux camps, afin d'entraver les desseins des ces puissances ancestrales."

2023, entrée en parousie - de Jean Rohner - Chloé des Lys, 2009 - ISBN 978-2-87459-403-8 - 246 pages - 25,00 €

"Au cours d'une promenade au nord de Bruxelles, une jeune femme perd la raison et se croit chargée d'une mission divine. Elle quitte son mari et, à vélo, prend la route de Rome avec une idée fixe : rencontrer le pape pour lui confier un message qui transfigurera l'humanité."

Les espérances lunatiques - d'Eloi Le Hugean - Chloé des Lys, 2009 - ISBN 978-2-87459-478-6 - 148 pages - 19,30 €

"Me voilà en campagne promotionnelle pour le suicide... joli boulot ! Non, non, je réfléchis simplement à la qualité des répétitions avant la grande première. Construire un récit et en trouver la chute la meilleure qui, simultanément, serait un début fantastique. Ne serait-ce pas célébrer tous ces êtres, célestes et broyés, désespérément à la recherche d'une impitoyable dimension ?"

07:18 Écrit par Marc Varence dans romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |