L'actu-livres de Marc Varence - Page 5

  • Alienor d'Aquitaine

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    Aliénor d'Aquitaine fut une reine de France assoiffée de pouvoir.

    À l'époque, l'Aquitaine dominait la France, de par ses possessions, l'étendue de son territoire et ses immenses richesses.

    Lorsque Louis VII voué à une vie monacale, se voit contraint à marier la belle Aliénor, il ne peut se douter que celle-ci, en bonne manipulatrice, s'emparera du trône.

    L'Histoire par la bande dessinée est une façon idéale pour mieux l'appréhender, la cerner, et l'aimer. Cette série consacrée aux reines de sang - Aliénor, Isabelle, Frédégonde - offre une autre facette de l'Histoire de France. Une très bonne idée !

  • Tribulations d'un précaire

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    «Au cours des dix dernières années, j'ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J'en ai laissé tomber trente, on m'a viré de neuf, quant aux trois autres, ç'a été un peu confus. Sans m'en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne de Tom Joad des Raisins de la colère. À une différence près. Tom Joad n'avait pas fichu quarante mille dollars en l'air pour obtenir une licence de lettres.»

    Le talent narratif de Iain Levison rejaillit à chaque page et nous fait voyager jusqu'en Alaska, de petit boulot en petit boulot. Son humour décapant alimente sans cesse le récit et permet sans avoir l'air d'y toucher de démontrer toutes les absurdités du grand rêve américain.

    Iain nous conte sa propre galère, celle qu'il connut avant de devenir l'écrivain dont je dévore chaque bouquin. Car cette multiple expérience dans à peu près tous les domaines ne peut que lui servir dans l'édification de ses romans.

     

    Tribulations d'un précaire

    de Iain Levison

    Liana Levi, piccolo n°61, 2007

    ISBN 978-2-86746-502-4

    192 pages - 8,50 €

  • Cultura

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    Dans le sport, il y a Decathlon qui a révolutionné l'acte d'achat d'articles sportifs ou de loisirs. Dans l'univers du meuble, il y a Ikea. Et en librairie-papeterie, il y a Cultura !

    Là où la Fnac se croyait indéboulonnable, l'enseigne où l'on compte quelques membres de la famille Mulliez parmi les actionnaires, possède déjà 64 points de vente en à peine 18 ans... et se développe à raison de 4 à 6 magasins par an.

    D'une surface moyenne de 3 000 m², le consommateur est invité à déambuler selon un parcours programmé, avec des coins lecture, des espaces de délassement voire des restaurants.

    Bâtis en périphérie des villes, les Cultura drainent une population semi-urbaine privilégiant les grands complexes commerciaux au parking gratuit. Comme le souligne Thibaut Cartier, directeur commercial chez Dilisco : «Ils ont une compréhension très en amont de leurs marchés et n'hésitent pas à nous solliciter pour les aider à appréhender les tendances émergentes afin de mieux les traduire en rayon.»

    Créée en 1998 par Philippe Van der Wees, l'enseigne a réalisé un CA estimé à 480 millions d'euros en 2014, dont 200 millions pour le livre. Occupant 2 300 personnes, le groupe continue de croître, grâce à son dynamisme, la jeunesse de ses équipes, son implantation et ses innovations constantes.

  • Le livre noir des tyrans

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    Patrick Weber réalise une synthèse des personnalités les plus noires qui ont émaillé l'Histoire.

    Difficile d'être exhaustif devant l'incroyable quantité de tyrans. Certes, la tyrannie est un système pyramidal qui permet au sous-sous-sous-chef de pousser à bout son subalterne. L'auteur s'est donc contenté de présenter les tyrans qui ont dirigé des États pour les plus modestes, des empires pour les plus ambitieux.

    Bien sûr, parmi ceux-ci, on retrouve des têtes connues qui ont inspiré des dizaines de biographes, voire des centaines. Je pense notamment à Mao, à Jules César, à Hitler ou à Louis XIV. Mais l'auteur nous présente des dictateurs tout aussi inquiétants bien que méconnus, comme Héliogabale, Mengistu, Tseu-Hi ou Ibn Saoud.

    Instructif, bien construit, cet ouvrage permet de dresser un paysage peu réjouissant de la nature humaine dans ce qu'elle a de plus glauque, de plus nocif.

     

    Le livre noir des tyrans

    de Patrick Weber

    First, janvier 2015

    ISBN 978-2-7540-6416-3

    352 pages - 18,95 €

  • Un commerce qui bat de l'aile !

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    Une étude récente fait état du carnage : en quinze ans, on compte près de 300 librairies de moins sur Paris ! Et cette diminution inquiétante s'est accélérée au cours de ces trois dernières années.

    Dans la Ville Lumière, on recense encore 756 librairies dont 15 seulement possèdent une superficie supérieure à 300 m².

    Le métier vit une profonde mutation. Comment survivre à la concurrence d'internet, à la crise économique qui frappe le pouvoir d'achat, à la pression fiscale, à la puissance de la grande distribution, ou à l'augmentation perpétuelle des charges ?

    Le problème paraît insoluble. Et pourtant, la résistance permettra aux libraires les plus dynamiques, les plus passionnés... et les plus riches, de surmonter les difficultés. J'en suis convaincu. Car l'objet livre continue de plaire. Là où les agences de voyage, les photographes, les vidéothèques et commerces de gros n'ont aucune réponse face aux modifications profondes de notre mode de vie, les libraires disposent encore d'atouts dans leurs manches. À condition, bien entendu, de les jouer au moment opportun.

  • L'oligarque

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    L'histoire de Mikhaïl Khodorkovski revisitée : dix ans de bagne, une personnalité atypique, une fortune immense mise en pièces par Vladimir Poutine. Bref, tous les ingrédients d'un bon thriller. Mais encore faut-il pouvoir les cuisiner !

    Seulement voilà, les auteurs ont rajouté des éléments façon James Bond à une histoire qui se suffisait à elle-même. Erreur grossière ! A force de vouloir densifier, on finit par rendre l'ensemble complètement indigeste.

    Trop de sombre, trop de personnages secondaires, trop de CIA, trop de "trop"... Et le tout servi par un dessin ordinaire...

    Une série qui profitera du battage médiatique pour la sortie de ce premier tome, mais qui, je le pense, ne convaincra pas grand monde.

     

    KORALOVSKI

    tome 1 : L'oligarque

    Scénario et dessin : Philippe Gauckler

    Le Lombard, février 2015

    ISBN 978-2-8036-3530-6

    48 pages - 12,00 €

  • Au plaisir d'aimer

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    «Aymar de Fortjoie, 76 ans, veuf, propriétaire d'un château aux portes de Poitiers, vient de mourir, laissant à ses filles un vrai casse-tête. Pourront-elles exaucer le vœu de leur père en conservant le château et, surtout, en continuant d'y abriter de jeunes peintres désargentés ?

    Un compte en banque vide, de lourds droits de succession, un château délabré, l'affaire est mal partie. Et malgré les efforts des filles, la caisse de l'association fondée par Aymar reste désespérément vide.

    Jusqu'à l'idée de génie ! Proposer aux belles et riches dames de Poitiers de poser pour les peintres, leur commander, à bon prix, leur portrait. Et ça marche ! Les inscriptions affluent, plus de problèmes de trésorerie.

    Mais ce qui devait arriver arrive : dans le secret des ateliers, de brûlantes idylles se nouent. Le scandale éclate. La fermeture du château pour atteinte aux bonnes mœurs est demandée.

    Cette fois, est-ce la fin ?

    C'est sans compter sur des dames prêtes à tout pour défendre leurs artistes.»

    Les livres de Janine Boissard sont comme de bonnes vieilles recettes de grand-mères : efficaces sans être trop sophistiquées. Et ce dernier roman ne déroge pas à la règle.

     

    Au plaisir d'aimer

    de Janine Boissard

    Flammarion, février 2015

    ISBN 978-2-0813-4368-9

    320 pages - 19,90 €

     

     

  • Pas de quoi faire preuve d'optimisme...

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    En dix ans, le marché du livre a reculé de 8%, ce qui est considérable. L'édition scolaire, scientifique et de non fiction semble la plus touchée. Les livres pratiques se maintiennent plus ou moins. Quant à la littérature, elle affiche un repli de 4 points. 351 millions d'exemplaires écoulés en 2014. Cela paraît énorme, mais cela représente 30 à 40 millions de moins qu'en 2005 ! 

    Le marché du livre souffre. Cela s'est vu à Paris lors du dernier salon du livre qui a enregistré une baisse de fréquentation de 10% par rapport à l'édition 2014... tout comme à Bruxelles.

    Outre les absences de quelques cadors du paysage éditorial, tels que Grasset, JC Lattès, Odile Jacob, les Arènes, Calmann-Lévy ou encore Fayard, sans oublier le groupe Bayard, on peut mettre cela sur le compte des prix d'entrée (tant à Bruxelles qu'à Paris) en cette période de crise économique, des attentes d'un public plus amateur de "selfies" que de lecture, ou d'une lassitude des stars (c'est toujours les mêmes têtes qui reviennent chaque année).

    À Paris, le fait de concentrer les maisons les plus prestigieuses au milieu du jeu de quilles entraîne une désertification des allées excentrées.

    Bref, les organisateurs des grands salons doivent se réinventer, trouver des parades pour réconcilier le public avec le livre, attirer de nouveaux exposants et convaincre les autres de revenir... Ce n'est pas gagné.

    Alors, simple virage avant la reprise ? Essoufflement inquiétant ? Concurrence trop violente du principal danger : le smartphone ? Il est temps de se retrousser les manches et de ne surtout pas se réfugier dans une politique de l'autruche...

     

     

  • Une plage au pôle nord

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    Un appareil photo de marque Panasonic sert de clé de contact à ce roman, à cette chronique sociale parfois piquante, parfois drôle, parfois émouvante, et admirablement bien construite.

    Pierre Lacaze, Jean-Claude Stillman, Françoise Vitelli et par extension son défunt mari, Alfonso, en sont les personnages centraux. Là où les opposés s’attirent, on aperçoit cette plage au Pôle Nord. Car Françoise, l’octogénaire, a décidé de revivre intensément, grâce à Jean-Claude qui lui fait tant de bien. Ces deux-là entament une relation certes ambiguë, mais qui se fonde sur une amitié sincère et touchante. Quant à Pierre Lacaze, il tombe sous le charme de Fanny, l’ex-femme de son pote Jean-Claude, la chipie de service. Bref, une relation tout aussi ambiguë…

     

    L’auteur nous offre une histoire parallèle, dix années plus tôt, celle d’Alfonso Vitelli. Une histoire vraiment pas banale. Il maîtrise son texte avec une simplicité confondante, qui paraît tellement naturelle. Et les chapitres, courts, ou qui paraissent courts tant la lecture est agréable, s’enchaînent… On voudrait même, parfois, ralentir leur lecture, délibérément, pour encore mieux les apprécier.

     

    Une plage au pôle nord

    d'Arnaud Dudek

    Alma éditeur, janvier 2015

    ISBN 978-2-36279-135-2

    168 pages - 16,00 €

     

  • Les cartes De Rouck accusent le coup !

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    Depuis l'annonce du quotidien L'Echo, la nouvelle de la faillite des éditions de Rouck s'est répandue dans les médias. Car De Rouck, pour bon nombre d'entre nous, cela reste une institution, une aide indispensable pour tout conducteur, qu'il soit néophyte ou averti.

    En ce qui me concerne, le choc fut d'autant plus conséquent qu'il y a encore deux mois, j'arpentais les routes du Hainaut et de Bruxelles pour placer des cartes et des guides frappés du logo à l'autoroute.

    Dans la presse, on reporte la culpabilité sur le succès du GPS. Je serai beaucoup plus mesuré à ce propos, car pour moi, le GPS n'a pas tué la carte, même s'il s'est emparé d'une part de marché conséquente.

    Non, les principaux coupables se trouvent dans votre poche, ou dans votre mallette : le smartphone et la tablette !

    Mais cela ne m'empêchait pas, à la station TEXACO de Saint-Ghislain, de réapprovisionner - et nettoyer - les présentoirs des cartes De Rouck toutes les trois semaines, voire tous les quinze jours en périodes de vacances scolaires.

    Même si, en deux ans, j'ai perdu plusieurs dizaines de points de vente, et ce pour la raison récurrente : «J'ai décidé d'arrêter de vendre des cartes. Tout le monde a un GPS. Je préfère vendre à la place des Mars et des Bounty

    Je pensais que la société De Rouck pouvait s'en sortir grâce à la réduction de ses frais fixes, et par la commercialisation assurée désormais par la SDL Caravelle. Et, à dire vrai, je le pense toujours. Même si je reste convaincu que la direction doit regagner des parts de marché et repenser sa production pour subsister sur du moyen terme.

    La faillite date du 17 février, faute à une plainte de l'ONSS qui réclame à De Rouck la somme rondelette de 75 000 euros, montant contesté par l'Administrateur de De Rouck évoquant lui quelque 35 000 euros. La société De Rouck Geomatics compte d'ailleurs interjeter appel de cette décision, et s'en prend au passage à l'acharnement de l'ONSS.

    La direction se dit prête à éponger la dette et à poursuivre ses activités. Bref, on s'oriente vers un véritable bras de fer. 

     

  • Du bureau à l'open space, de l'open space au domicile !

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    Mon quartier (Woluwe-Saint-Lambert, quartier du CORA) poursuit sa mue. Les immeubles de bureaux, désespérément vides, se changent en immeubles à appartements. Les grues envahissent le décor. Les camions se suivent et se ressemblent. En à peine deux décennies, la tour destinée à empiler les sociétés n'a plus la cote.

    En vingt ans, la surface occupée par poste de travail est passée de 30 m² à 15 m². Du bureau particulier, ou partagé par deux personnes, on a supprimé les cloisons afin de créer un open space. Ensuite, on s'est penché sur la possibilité de réaliser une bonne partie du travail à domicile. Car un poste de travail coûte cher à l'employeur, de 9 000 à 12 000 euros par an. Depuis 2008, la chasse aux coûts s'est encore accélérée. Les entreprises ont donc réduit leurs surfaces de bureaux, déménagé, délocalisé, restructuré.

    Grâce à l'essor des nouvelles technologies et à la hausse du télétravail, il faut désormais moins d'un bureau par personne occupée.

    Le monde de l'édition n'a pas échappé à cette évolution. Les adresses historiques des maisons d'édition parisiennes désertent peu à peu les 5ème, 6ème et 7ème arrondissements. Les groupes resserrent les vis. La majeure partie du travail de l'éditeur peut se faire à la maison. Les brasseries se frottent les mains car elles deviennent de plus en plus des lieux de travail, où l'on se fixe rendez-vous, où l'on organise des réunions.

    Vers une disparition des immeubles de bureaux ? On en est loin. Mais cette évolution a de quoi me donner le sourire.  

     

  • Balles perdues

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    "Quand Roy Nash sort de prison, ce n'est pas par la grande porte. Ni pour des raisons banales. Le boss de la mafia de Chicago a un boulot pour lui : mettre la main sur trois indélicats qui ont oublié de partager le magot d'un braquage.

    Pourquoi Roy ? Parce que Lena, son ex, a été emmenée par l'un des gangsters, et que tout le monde sait très bien que Roy a cette fille dans la peau."

    Et ce Roy, question rafale de plombs, est plutôt doué. Et sans émotion. Lorsqu'il pénètre dans le saloon d'une petite ville de l'Ouest, pendant que son chauffeur balafré fait le plein de la bagnole, il n'hésite pas à dégainer.

    Dominée par les tons sépia, Jef nous croque à merveille cet univers noir créé par Walter Hill - oui, vous lisez bien, le même qui porta à l'écran le duo Nolte-Murphy dans 48 heures -. Les scènes d'action sont très réalistes. Le découpage laisse la place à certaines planches pleines, et magnifiques - comme celle des pages 106 et 107 -. Bref, aux côtés de Matz, Jef se sent à l'aise dans cet univers.

    L'entretien avec Walter Hill, retranscrit à la fin de la BD, laisse croire qu'il y aura d'autres collaborations entre Matz et lui. Et c'est tant mieux.

     

    Balles perdues

    Scénario : Matz, dessin : Jef

    d'après une histoire originale de Walter Hill

    Rue de Sèvres, janvier 2015

    ISBN 978-2-36981-068-1

    128 pages - 18,00 € 

  • Le roi des rêves - Louis II de Bavière

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    L'Europe a d'abord adulé ce jeune roi de vingt ans follement romantique. Avant de se défier de ce personnage extravagant qui aimait les gens du peuple, préconisait la paix lorsque tous la plupart des pays ne désiraient que la guerre, se ruinait en châteaux féériques et faisait de Wagner un véritable dieu. On l'a dit fou enfin parce qu'homosexuel en ce XIXe siècle si puritain. Mais Louis II de Bavière, solitaire épris de beauté et de poésie, ne disait-il pas de lui-même : « Je veux rester un mystère pour moi-même et pour les autres » ?

     

    Le roi des rêves - Louis II de Bavière

    d'Isaure de Saint Pierre

    Albin Michel, février 2015

    ISBN 978-2-226-31264-8

    240 pages - 18,00 €

  • Pour ou contre la "tabelle" ?

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    Pour ou contre la « tabelle » ?

     

    Instaurée dans les années 70 pour compenser les frais de change et de douane, depuis la France vers la Belgique. Cette « tabelle » consiste, pour les distributeurs de livres en Belgique, à majorer le prix de vente pratiqué en France de… 15% !

    Autrement dit, être lecteur en Belgique revient plus cher qu’être lecteur en France.

    Depuis l’apparition de l’espace Schengen en 1995 et de la monnaie unique en 2002, cette augmentation arbitraire du prix des livres aurait dû être supprimée de fait car n’ayant plus aucune justification.

    La plupart des éditeurs et distributeurs ont donc, très logiquement, petit à petit, aligné le prix belge sur le prix français, même s’il restait un faible écart de taux de TVA entre les deux pays. Aujourd’hui, seuls deux distributeurs font le dos rond et refusent obstinément de se passer de cet apport substantiel de liquidités : Interforum Benelux (Editis) et Dilibel (Hachette). Or, ces deux structures réunies représentent la part principale du marché du livre de langue française.

    Il faut bien se rendre compte que dans les librairies belges, 70% des ouvrages proviennent directement de France. Et 60% de ces livres sont fournis par ces deux distributeurs qui campent sur leurs positions. Et ce malgré les plaintes à répétition déposées par le SLFB (Syndicat des Librairies Francophones de Belgique).

    Alors, pour ou contre la « tabelle » ?

     

    Les arguments du « POUR »

    -          Ce différentiel se justifie par le surcoût de la distribution sur un réseau dense de librairies et sur un marché où le prix unique ne s’applique pas.

    -          Le fait de vendre un livre plus cher rapporte forcément plus aux libraires.

    -          Supprimer cette majoration de prix mettrait en péril une centaine d’emplois en Belgique.

    -          Les frais de transport entre les plateformes belges et françaises nécessitent l’application de ce surcoût.

     

    Les arguments du « CONTRE »

    -          Les librairies frontalières (Saint-Ghislain, Mons, Tournai, Mouscron, Péruwelz, Couvin, Chimay, Virton, etc.) perçoivent cette gabelle comme une concurrence déloyale de leurs voisins français.

    -          Les librairies plus éloignées de la frontière, jadis épargnées, subissent elles aussi la concurrence car l’apparition de la vente de livres en ligne (via Amazon notamment) permet au consommateur d’acheter au prix français (avec une remise de 5%) et sans frais de port.

    -          Lorsqu’un éditeur estime un prix de vente, il tient compte des frontières « psychologiques » à ne pas dépasser. C’est pourquoi, de nombreux livres affichent un prix inférieur à 20,00€ ou à 15,00€. Mais en Belgique, le prix de 19,90€ se change aussitôt en 22,80€ ou 22,90€ ! Et en période de crise, cette augmentation peut s’avérer trop indigeste pour le consommateur.

    -          Même si un libraire gagne plus sur chaque ouvrage, il en vend moins. Bref, au final, il est perdant.

    -          Les détracteurs de cette « tabelle » balaient l’argument des frais de transport par les distances bien plus importantes entre Paris et Nice, Paris et Biarritz ou même Paris et Strasbourg, que Paris à Bruxelles.

     

    La Belgique représentant 7% du marché francophone du livre, une autre question me taraude : des auteurs à succès tels que Marc Levy ou Guillaume Musso perçoivent-ils une majoration de leurs droits d’auteur pour les exemplaires vendus en Belgique ? J’en doute. Et pourtant, si l’on estime à 35 000 le nombre de livres vendus par chacun de ces auteurs sur le sol belge, leur éditeur les floue de… à la louche, plus de dix mille euros par an ! Et si l’on additionne les montants redevables aux auteurs pour les livres vendus en Belgique, on obtient des sommes qui se comptent non pas en milliers mais en millions d’euros.  

  • Le nouveau roman de Viktor Lazlo

    les_tremblements_essentiels_01.jpgAlma Sol, star de la chanson originaire des Caraïbes, est portée disparue mais personne ne semble la rechercher.

    Trois narrateurs, qui tous furent amoureux d'elle, retracent leur rencontre, leur histoire, leurs amours singulières avec cette femme aussi séduisante qu'insaisissable : Aurèle son ami d'enfance qui l'aime depuis toujours, Diane, aventurière sans scrupule et Damien, riche héritier d'un empire colonial dont elle fut tour à tour la maîtresse.

    Trois voix pour tenter d'approcher le mystère d'Alma.

    Une écriture simple, efficace, qui porte trois voix avec des relents autobiographiques plus qu'évidents, c'est aussi cela la belle Viktor Lazlo.

     

    Les tremblements essentiels

    de Viktor Lazlo

    Albin Michel, février 2015

    ISBN 978-2-226-25991-2

    256 pages - 18,00 €

  • L'homme incertain

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    Cet homme n’a rien vu venir. Trop le nez sur la charrue. Il est né paysan, a grandi paysan, et aspirait à devenir un fermier prospère, honnête et protecteur. Il connaissait le travail de la terre, cette terre qui devait lui assurer un présent et un avenir. Lorsque cette terre devint plus européenne par la mise en place de la PAC (politique agricole commune) en 1962, il ne sut s’y adapter et son affaire périclita. Jusqu’au jour où la faillite est prononcée. Dès lors, la honte s’empare de cet homme incertain. La honte de quoi ? Cette sensation diffuse de dégoût de soi, de l’emprise du mot « échec » qui accompagne chacun de ses pas, chacune de ses pensées…

    Ce livre m’a véritablement bouleversé car je connais ce sentiment de défaite profonde, de gâchis. Et ces mots qui, comme dans ce roman, viennent sans cesse s’entrechoquer. Ces regards en coin… Ces anciens collaborateurs qui vous ignorent désormais. Jusqu’à cette réputation de porter la poisse…

    La disparition totale est presque toujours envisagée, bien que non évoquée publiquement. Et la reprise d’une routine faite de non-dits… Sans oublier les questions parfois cinglantes des enfants… Point de révolte possible sans argent ! Une autre vie s’installe.

    Le narrateur se répète, répète sa souffrance, son impuissance, et met très bien en exergue sa solitude parmi les siens… au point de songer à se supprimer.

    Un livre fort fait de phrases simples qui, pour l’avoir vécu et m’en être sorti au prix d’efforts incroyables, sonne juste. Très juste.

     

    L'homme incertain

    de Stéphanie Chaillou

    Alma éditeur, janvier 2015

    ISBN 978-2-36279-137-6

    200 pages - 16,00 € 

     

  • Cadres noirs

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    Lorsqu'un quinquagénaire, pris dans la tourmente du chômage, presque résigné, constate qu'il lui reste une chance, une seule, de revenir dans le circuit du travail, il est prêt à tout. Recouvrer son honneur, sa position sociale, sa dignité, sa légitimité, mais aussi et surtout récupérer une certaine aisance financière, tels sont ses objectifs à court terme.

    Marié à Nicole, père de deux filles de 30 ans, Alain Delambre est un homme sans histoires, comme il en existe des centaines de milliers.

    Pour survivre et continuer à payer les traites de son appartement, le voilà contraint d'accepter un poste ingrat, très dur physiquement, chaque jour de 5 heures à 9 heures du matin. Aussi, dès l'aube, Alain Delambre rumine-t-il son fiel. Sa vie de demandeur d'emploi lui pèse. Tout comme les remarques parfois cinglantes de son connard de beau-fils. Il souffre de vivre dans une ombre perpétuelle.

    Le décor est planté. À partir de là, l'auteur a imaginé l'impensable, à savoir la possibilité de voir un tel individu basculer, se transformer en un personnage violent, impulsif, colérique, menteur, machiavélique, prêt à tout sacrifier, y compris sa famille, pour redevenir le DRH qu'il était.

    Ce thriller palpitant de bout en bout n'a rien à envier aux plus grands succès du genre. Il est tout simplement digne de figurer parmi les incontournables, les livres à dévorer absolument.

    Pierre Lemaître porte bien son nom. En tout cas, ces pages truffées de rebondissements, de situations cohérentes et tout à fait envisageables, ont de quoi faire réfléchir sur la condition des chômeurs de longue durée...

    Un thriller cinq étoiles !

     

    Cadres noirs

    de Pierre Lemaître

    Livre de poche n°32253, mars 2011

    ISBN 978-2-253-15721-2

    448 pages - 7,60 €

  • La vérité sur l'affaire Harry Quebert

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    Un million d'exemplaires vendus en grand format, 400 000 imprimés au format poche, traduit en 40 langues, et très certainement adapté bientôt au cinéma... À 30 ans à peine, Joël Dicker vit un véritable conte de fées...

    L'insatiable curieux que je suis se devait de lire ce véritable phénomène éditorial et le disséquer...

    Mérite-t-il son incroyable succès ?

    Oui, incontestablement... Mais des dizaines de romans sont aussi bons voire meilleurs. Pour exemple, celui que je lis en ce moment, "Cadres noirs" de Pierre Lemaître, est tout aussi palpitant... et mieux écrit.

    Alors, comment expliquer que ce livre en particulier se soit détaché ?

    Que ce soit dans le monde éditorial, journalistique, ou l'ensemble des lecteurs, on adore porter aux nues un ouvrage qui, à la base, n'a pas bénéficié d'un lancement marketing canon, ou n'a pas été publié chez l'un des éditeurs appartenant à un groupe tel que Hachette ou Editis. Ce fut le cas, notamment, pour "Karoo", un autre phénomène éditorial, paru à l'origine chez un petit éditeur aquitain.

    "La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert" répondait à ces critères et permettait au bouche à oreille de s'enclencher façon boule de neige.

    De plus, l'auteur a vraiment tout misé sur la force de l'intrigue. Il le confesse d'ailleurs sur son propre site : «Tout naît de l'envie d'écrire une véritable histoire ; l'envie d'emporter le lecteur, de l'arracher à son quotidien. Rendre au livre une grande qualité qui lui manque parfois : un moment de plaisir. Un livre long, mais qui se lise vite parce qu'on ne veut pas s'en détacher. L'envie de tout lâcher pour lire. L'envie d'écrire pour les lecteurs exigeants comme pour les lecteurs hésitants. L'envie d'écrire pour ceux qui n'ont pas le temps de lire et qui soudain le trouvent. L'envie de faire l'effort d'aller vers les lecteurs : l'envie de donner envie.»

    En tant que professionnel, le lit-on autrement ?

    Oui, car l'auteur distille des vérités sur la vie d'un livre, sur les trucs et astuces des auteurs, sur la psychologie de l'auteur, sur les dérives commerciales, sur la presse, etc.

    Attention, tous les éditeurs ne sont pas comme Barnaski, l'éditeur de Marcus Goldman. Fort heureusement !

    Les conseils d'Harry Quebert à son élève sont très justes et le professionnel en sourit car l'auteur dit tout haut ce qui se dit dans notre milieu...

    «Si les écrivains sont des êtres si fragiles, Marcus, c'est parce qu'ils peuvent connaître deux sortes de peines sentimentales, soit deux fois plus que les êtres humains normaux : les chagrins d'amour et les chagrins de livre. Écrire un livre, c'est comme aimer quelqu'un : ça peut devenir très douloureux.»

     

    La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert

    de Joël Dicker

    éditions de Fallois / L'Âge d'Homme, 2012

    ISBN 978-2-87706-816-1

    670 pages - 22,00 €

     

     

     

     

  • Les Amazones de Bassaïev

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    Ou l'épopée touchante d'une mère à travers la Tchétchénie, complètement ravagée par la guerre. Dans les années 90, une femme russe vit d'expédients dans le métro de Moscou. Lorsqu'elle apprend que son fils est détenu par les troupes tchétchènes, et que leur chef, Bassaïev, a promis de relâcher les prisonniers que les mères viendraient elles-mêmes rechercher, son cœur lui fait vendre le peu de valeurs qu'elle possède et, accompagnée par le chien de son fils, un terrier Jack Russell, elle s'embarque pour l'enfer.

    Bien décidée à ramener son cher fils Volodia à la maison, cette mère obstinée n'est pas facilement impressionnable, même confrontée aux pires ennemis de la Russie... Cela dit, les deux camps font preuve d'une cruauté sans pareille.

    Les auteurs nous font découvrir les combattantes, tireuses d'élite, celles qu'on surnomme «les Amazones» qui, sous les ordres de Bassaïev, font un carton sur les soldats russes pénétrant en Tchétchénie.

    Très belle œuvre bâtie en diptyque et traitant d'une guerre très peu racontée, très peu connue aussi.

     

    Amère Russie

    tome 1 : Les Amazones de Bassaïev

    Dessin : Anlor

    Scénario : Aurélien Ducoudray

    Bamboo édition, Grand Angle, juin 2014

    ISBN 978-2-8189-3113-4

    48 pages - 13,90 € 

     

  • Le Bon Coin change la donne !

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    Depuis le mois de novembre, le climat s'est assombri chez les vendeurs professionnels qui passaient par le site LEBONCOIN.fr pour écouler leurs stocks, et notamment les livres.

    D'un forfait mensuel abordable (60 €), les voilà obligés de payer pour chaque annonce (3,60 €). Exit donc la possibilité de vendre des livres du fait de la marge bénéficiaire trop étriquée.

    Selon Phil Marso, écrivain, éditeur et propriétaire de la marque Megacom-ik, des milliers de revendeurs seraient concernés. Son activité qui avait pris de l'ampleur grâce à la renommée de ce site français, est aujourd'hui en grand danger car, malgré son contrat courant jusqu'au mois de juin 2015, le Bon Coin ne lui donne plus la permission de placer une annonce gratuite.

    La politique du site est claire : favoriser le client particulier au détriment du professionnel. Car Le Bon Coin est devenu une véritable machine de guerre où tout - ou à peu près - se négocie. 600 000 à 800 000 annonces y sont postées chaque jour, pour un chiffres d'affaires qui crève les plafonds (124 millions d'euros).

    Le Bon Coin marche donc sur les traces du géant américain e-bay en appliquant une formule différente de celle d'e-bay. En effet, pas question pour le site français de se rémunérer sur les transactions. Avec près de 17 millions de visiteurs uniques par mois, le site est devenu incontournable... un véritable réflexe pour certains.

    Mais ce colosse serait-il chaussé d'argile ?

  • Du LEVISON pur jus !

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    Paru en 2011 chez Liana Levi et en 2012 dans sa collection poche, ce cinquième roman de Iain Levison vient renforcer ma conviction : cet auteur a un talent fou pour la narration ! Certes, passons le style littéraire somme toute assez moyen, mais arrêtons-nous plutôt sur la capacité de cet écrivain américain à nous embarquer dans des histoires vraiment captivantes.

    Jeff Sutton est chauffeur de taxi à Dallas. Pour une fois, il se range dans la file de taxis de l'aéroport car, parfois, la course peut s'avérer très rentable. La cliente qui monte dans sa voiture est une bourgeoise élégante qui habite à une demi-heure. Voilà qui est intéressant pour Jeff. Elle habite dans une belle demeure pourvue de larges baies vitrées. N'ayant pas assez d'argent sur elle, elle demande à Jeff de bien vouloir patienter. Celui-ci lui demande en retour de pouvoir utiliser ses toilettes pour un besoin urgent. Pas de problème jusque-là. Par contre, il ne faut jamais toucher aux fenêtres des gens ! Car à partir d'un simple détail, une vie peut basculer radicalement. Ce sera le cas pour ce malheureux chauffeur de taxi.

    Dans cette critique sociale écrite au vitriol, l'auteur pointe du doigt les dérives de notre société contemporaine où il faut du résultat avant tout... et très vite. La toute puissance des médias, les dysfonctionnements de la Justice, la frontière ambiguë entre «présumé innocent» et «présumé coupable», ainsi que le pouvoir de l'argent y sont traités avec talent et causticité.

    Littéralement dévoré en moins de trois jours, le thriller de Iain Levison figurera sans conteste parmi mes meilleurs souvenirs de lecture de l'année.

     

    Arrêtez-moi là

    de Iain Levison

    Liana Levi / piccolo, mars 2012

    ISBN 978-2-86746-596-3

    256 pages - 9,50 €

     

  • Le tueur : clap dernière !

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    Treizième et dernier tome de la série, ce "Tueur" est selon moi un album d'introspection. Moins d'action, pas de chute spectaculaire, rien de grandiose, juste du footing, un peu de voile, de philosophie et de planches certes très graphiques mais sans grand intérêt.

    On sent qu'il en a marre d'être constamment en cavale. Il n'a pas vraiment d'autre choix car même dans sa jungle, les Américains ont envoyé trois sbires pour le dézinguer lui et sa famille. Pas question donc de mettre en danger sa femme et son fils. Où qu'il aille, il aura du boulot car il y a toujours quelqu'un qui aura besoin de ses services.

    Je ne peux cacher ma déception car j'adore cette série qui orne ma bibliothèque. J'attendais autre chose comme fin. J'ai, au sortir de cet album, l'impression que le scénariste est épuisé et veut passer à autre chose, laissant son personnage principal tourner en rond, tel le poisson rouge dans son bocal.

    On peut s'attendre à ce qu'un jour le Tueur reprenne du service...

     

    Le Tueur

    tome 13 : Lignes de fuite

    Scénario : Matz, dessin : Luc Jacamon

    Casterman, juin 2014

     

  • Ils n'auront pas tenu 10 ans...

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    En 2006, le groupe de presse belge rachetait le groupe français L'EXPRESS, contenant notamment des titres tels que Lire, L'Étudiant, L'Expansion, ou encore Point de vue... Moins de dix ans plus tard, Roularta veut se séparer de ces médias qui ont plombé sa trésorerie...

    Le groupe L'EXPRESS pourrait être scindé et vendu pour partie au Figaro, qui s'intéresse plus particulièrement à L'Étudiant et les titres spécialisés, et à un duo d'entrepreneurs que sont Marc Laufer et Patrick Drahi (Numéricâble/SFR), plus attirés par les fleurons L'EXPRESS et L'Expansion... largement déficitaires.

    Rappelons-nous, en 2006, c'était avant la crise. Le rachat du groupe français était considéré par les observateurs belges comme une avancée géographique et la possibilité de pérenniser l'imprimerie de Roulers. Mais voilà, avec la crise, s'est greffé le recul constant des organes de presse, la diminution des crédits publicitaires et donc l'effondrement de la rentabilité. La dégradation de la situation et l'arrivée de nouveaux magazines lancés par les journaux eux-mêmes ont fini par épuiser le groupe Roularta.

    D'autre part, comment une direction flamande pouvait-elle s'harmoniser avec l'esprit parisien. C'est impossible. C'est le combat entre le germanique et le latin. Quand le premier est au bureau, le second se réveille à peine. Quand le premier se contente d'une pause-déjeuner de trois quarts d'heure, le second quitte le bureau pendant deux bonnes heures. Quand le premier rentre chez lui, le second bosse encore. Et quand le premier hausse le ton, sans la moindre parcelle de diplomatie, le second se fâche et envoie tout valdinguer. Roularta se voulait d'abord imprimeur et annonceur. Le groupe L'EXPRESS privilégiait le contenu éditorial. Deux modes de pensée incompatibles.

    Roularta avait acquis L'EXPRESS pour 210 millions d'euros et devrait le revendre pour quatre à cinq fois moins. Une claque pour le groupe flamand. Aujourd'hui, les groupes de presse ne valent plus grand-chose. Ils sont acculés. Le Nouvel Obs s'est vendu au trio Pigasse-Niel-Berger (déjà propriétaires du Monde) pour un peu plus de 4 millions. Une bouchée de pain.

    Le choc traumatique de Charlie Hebdo a provoqué un sérieux coup de boost pour l'ensemble de la presse. Mais gageons que le soufflé devrait retomber bientôt...  

  • JE SUIS CHARLIE !

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    Et un, et deux, et trois millions !

    Demain mercredi 14 janvier 2015 marquera les esprits. Pour la première fois de leur histoire, le journal satirique Charlie Hebdo enregistrera un record de ventes. À l'origine, la rédaction décimée de l'hebdomadaire comptait proposer un million d'exemplaires à la vente, soit entre 15 et 20 fois son tirage habituel ! Et cela risque d'être largement insuffisant car la demande crève les plafonds. Mais l'on n'imprime pas plusieurs millions d'exemplaires en claquant des doigts. Sans oublier la logistique et la distribution... C'est pourquoi, dans un premier temps, il faudra se contenter de ce petit million, voire deux si les délais le permettent, mais rien n'est moins sûr.

    Chez les Messageries de la Presse, le téléphone ne cesse de sonner. En ligne, les innombrables marchands de journaux - dont certains ne vendaient pas un seul Charlie Hebdo - supplient pour recevoir un maximum d'hebdos car ils sont submergés de réservations de la part de leurs clients.

    En Belgique, les 20 000 exemplaires ne suffiront pas. Il en faudrait cinq à six fois plus pour répondre à l'attente énorme... et encore !

    Dès demain, chez Filigranes, on s'attend à voir la foule débarquer dès l'ouverture du magasin prévue à 08h00. Croyez bien que, quel que soit le temps, je serai dans la file, résolu à obtenir ce Charlie exceptionnel. Les 100 exemplaires promis à cette librairie partiront comme des petits pains, justement, à l'heure d'en déguster...

    L'attente est mondiale. Vingt pays ont sollicité la rédaction du journal. Six d'entre eux, plus la France bien évidemment, auront la chance d'être servis : la Belgique, le Grand Duché du Luxembourg, la Suisse, le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis... Les autres devront patienter...

     

    Demain, il pleuvra des crayons sur l'ensemble de la planète...

  • Les Fêtes approchent !

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    LES EDITIONS MEHARI ONT BESOIN DE VOTRE SOUTIEN !!!

    Cette période de fêtes est cruciale pour nous. Les commandes futures des libraires dépendront du succès de nos livres pendant cette période. Le stress monte...

    Plus que jamais, aidez-nous à pérenniser la maison d'édition belge, à lui permettre de faire son trou parmi les piles de livres des grands groupes parisiens.

    ...

    Si vous aimez rire, choisissez "Chauffeur-livreur". RIRES garantis !

    Si vous aimez les enquêtes policières et beaucoup d'action, choisissez "Rouge Novembre".

    Si vous êtes romantique, choisissez "Salle d'attente".

    Si vous voulez découvrir ce qui se cache dans le cerveau des clients des prostituées, choisissez "La tentation du lundi".

    Si vous désirez mieux appréhender l'univers glauque des prisons, choisissez "J'ai tutoyé des assassins", découverte et plaisir de lecture garantis !

    Et enfin, si vous voulez tout savoir sur l'armée et la guerre, choisissez "Inutile l'armée ?"... Une idée cadeau aussi pour un militaire, un ex-militaire, ou un féru d'histoire...

    Bref, Noël approche et la tension monte...

    Les livres des éditions Méhari ont été mis en avant dans bon nombre de librairies... Je cite notamment (pardon pour les autres) : Club Woluwe, Once upon a time (Linkebeek), Point Barre (Rochefort), Club Stockel, Club Ixelles, Club Dewand, Abao (Watermael-Boitsfort), L'ivre de papier (Jodoigne), La Licorne (Uccle), Antigone (Gembloux), Club Fort Jaco, Filigranes, Au papyrus anseremmois (Dinant-Anseremme), Librairie centrale (Beauraing), Librairie Saint-Julien (Auderghem), Club Uccle, L'Art du Livre (Nivelles) ou encore Tapage (Etterbeek).

    MERCI MERCI MERCI et bonnes fêtes à toutes et tous

    www.editions-mehari.viabloga.com

  • La BD a la cote !

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    Le marché de la BD s'est considérablement développé au cours de ces trente dernières années. C'est un fait. Le 9ème art n'attire pas seulement les grands amateurs de BD, mais aussi des collectionneurs et autres investisseurs.

    Car une planche originale, un dessin, voire une simple signature peut se négocier très cher.

    Certes, le champion toutes catégories en la matière reste Hergé. Ce dessin de couverture du Petit Vingtième pourrait atteindre des sommets. Sa mise à prix est de 350 000 € / 400 000 €. avis aux amateurs.

    Ce dimanche, à 14h, la maison de ventes MILLON organise une vente aux enchères exceptionnelle. Les lots sont nombreux : de Hergé à Franquin (les plus cotés), en passant par Greg, Willy Lambil, Olivier Ledroit, Moebius, Midam, Jacques Tardi, Benoît Sokal, et bien d'autres...

    Plus d'infos :

    dimanche 14 décembre 2014 14:00

    DUPLEX : PARIS SALLE VV, 3 rue Rossini 75009 - BRUXELLES LE FORUM, Place du Grand Sablon 8A rue Bodenbroeck 1000

    PLANCHES ORIGINALES DE BANDES DESSINÉES

    Millon Bruxelles
    EMail : jvallee@millon-associes.com
    Tél. : 0032 2 893 90 60

    Millon & Associés
    EMail : info@millon-associes.com
    Tél. : 01 47 27 95 34

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  • AMAZON... Duplicité, quand tu nous tiens...

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    Dans une interview accordée aux journalistes du magazine Capital, Romain Voog, P-DG d'Amazon France, défend son business. Logique. Compréhensible.

    Avec près de 50 milliards d'euros de CA, l'entreprise créée il y a vingt ans par Jeff Bezos pèse lourd, très lourd. Pourtant, sa rentabilité est quasi nulle. Quand on pose la question de rentabilité à Romain Voog, il s'en sort par une pirouette : «Nous restons fidèles à ce que nous avons toujours dit, et ce depuis 1997 : notre priorité est de satisfaire nos clients.» Ben oui, forcément, je ne connais pas d'entreprise dont l'objectif est de déplaire aux clients. Et le P-DG poursuit : «Notre chiffre d'affaires mondial a encore progressé de 22% l'an dernier.» Le contraire serait étonnant quand on sait qu'Amazon veut bouffer à tous les râteliers. Le vendeur en ligne a ainsi développé une offre "Jardin" et compte aussi produire des livres à la demande, voire des objets en 3D...

    Pendant la période des Fêtes, Amazon a recruté 2 500 CDD pour renforcer ses équipes et faire face à la demande. En 2013, un peu plus de 850 000 colis ont quitté les entrepôts, rien qu'en France. Et le P-DG se targue d'être le premier client de La Poste. Oui, peut-être, mais la question que je me pose est la suivante : «Amazon est-il un client intéressant pour La Poste ?» Je doute en effet que le géant américain envoie ses colis au même tarif que vous et moi...

    À travail égal, à savoir vendre des livres, Amazon emploie 10 à 15 fois moins de personnel qu'une librairie indépendante, ou même que la Fnac ! Sans le conseil, sans l'accueil, sans le plaisir de fureter dans les piles de livres, sans les rencontres littéraires, sans la passion du libraire, sans le petit café pour certains, sans la volonté de faire vivre un quartier, un centre-ville ou une agglomération... et "last but not least", sans payer d'impôts en France !

    Bien sûr, et Romain Voog le répète : «Vendre des livres en ligne est très utile pour les lecteurs en milieu rural et pour les amateurs de fonds de catalogue, qui représentent 70% de nos ventes.»

    Oui, c'est exact, avant il fallait s'armer de patience et commander un livre dans la librairie la plus proche, se déplacer, etc. Parfois, les clients en profitaient pour jeter leur dévolu sur un ouvrage supplémentaire, une nouveauté, voire un article du rayon papeterie. Aujourd'hui, les libraires peuvent faire une croix sur ces achats spontanés. Les libraires ayant perdu le marché de la commande de livres de fonds sont morts ou en passe de l'être et ce n'est pas la vente en ligne qui va redynamiser des petites villes devenues désertiques. À moins d'avoir une surface bien supérieure à 300 m², permettant de stocker un grand nombre d'ouvrages, le "petit" libraire se sent démuni.

    Les libraires sont même parfois obligés de passer par leur principal ennemi pour vendre en ligne ! C'est un comble !

    Je n'en veux cependant pas à Amazon, ni à son P-DG qui réalise du bon boulot - pour lequel il est très certainement mieux rémunéré que ses nombreux employés -. J'en veux à notre système fiscal, économique, et culturel, qui veut du résultat à court terme, sans penser à notre patrimoine, à nos valeurs, et à notre plaisir... 

  • Les pages jaunes dans les poubelles jaunes... Un hasard ?

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    Il y a 20, 30 ou 40 ans, les pages jaunes régnaient sur leur monopole. Personne ne pouvait se passer des fameux bottins qu'on rangeait dans les tiroirs du meuble ou trônait ce bon vieux téléphone.

    L'année 2015 sera-t-elle l'année de trop ? Car qui se soucie encore de ces kilos de papier ? Car l'entreprise tout vêtue de jaune n'a manifestement pas réussi sa mue numérique ! La faute à Google ? Oui, en grande partie.

    Certes, avec 15 millions de visiteurs mensuels, le site des Pages Jaunes détient encore un petit trésor, mais pour combien de temps ? Le géant américain va déployer ses ailes et convaincre des dizaines de milliers d'indépendants à changer d'annonceur. Résultat : en cinq ans, le chiffres d'affaires du groupe Solocal, détenteur de ces fameuses Pages Jaunes a reculé de 15%, et son cours en Bourse carrément dégringolé (de 14€ à 0,50€).

    France télécom a vendu son petit bijou en 2006, au bon moment... pour un montant record de 3,3 milliards d'euros ! Très belle plus-value réalisée par l'opérateur national qui avait acheté ces annuaires (et le reste) pour 380 millions d'euros... à peine huit ans plus tôt (1998) ! 

    Et pourquoi des pages jaunes ? Cela remonte à l'année 1883, au Wyoming, où un imprimeur tombe à court de papier blanc pour l'impression d'annuaires. Il se rabat sur ses stocks de couleur jaune... Trois ans plus tard, le premier annuaire "Yellow Pages" voit le jour... et la marque sera déposée.

    Gageons que d'ici cinq à dix ans, plus personne ne se rappellera de ces dinosaures de papier qui auront bel et bien été recyclés ou qui auront servi dans nos cheminées.

    Et comme l'a dit la célèbre philosophe au couteau : «T'as encore un bottin ? Non mais allô quoi !»

     

  • Salle d'attente bien placé dans les librairies

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    Après lecture, Anne-Sophie Dekeyser m'a posé 4 questions :

     

    Pourquoi avoir choisi une femme comme personnage principal ? 
     
    Depuis toujours, j’adore relever des défis. Toutes sortes de défis. Côté écriture, j’ai plus de facilité à rédiger des romans où l’action est présente, des intrigues policières, des thrillers, voire des essais. Un jour, ma grand-mère – qui a aujourd’hui plus de 90 ans –  m’a dit : « Mais pourquoi tu n’écris jamais d’histoire d’amour ? Moi, j’aime bien les histoires d’amour. Tu n’en serais pas capable ?» 

    Je me suis donc mis à l’ouvrage, mais une histoire d’amour avec un homme en guise de narrateur, cela m’a paru trop… fade, ou trop facile.  J’ai pris le parti de me mettre en danger.  Voilà pourquoi il me fallait une femme pour personnage central.

     

    Quelle a été votre principale difficulté pour vous mettre dans la peau de cette femme ? Et votre principale source d'inspiration ? 

    Avant de m’installer à ma table de travail, je devais me conditionner, quitter cette gangue de mâle parfois machiste, parfois misogyne, et surtout follement amoureux des femmes. Sacha Guitry, pourtant connu pour sa posture misogyne, s’est marié à cinq reprises et adorait la gent féminine. On lui a aussi prêté de nombreuses liaisons, notamment avec Arletty.  Je pense que pour s’immiscer dans la peau d’une femme, il faut en avoir connu un certain nombre, et s’inspirer de chacune d’elles. Dans Salle d’attente, Lucie est peut-être un condensé de toutes les femmes que j’ai aimées… même si au contraire de Sacha Guitry, je ne me suis jamais marié.

     

    Qu'est ce qui vous plait dans l'atmosphère des salles d'attente ?

    Ce pseudo-silence qui peut laisser libre cours à toutes les imaginations. Cette résignation partagée face à une maladie, une douleur, ou un mal-être. Un lieu où personne n’apparaît sous son meilleur jour. Les mines sont, la plupart du temps, rougies, bouffies, tristes, évitant les regards des autres. Bref, un lieu qui ne se prête nullement à une rencontre amoureuse.

     

    Pourquoi un roman qui se termine bien ?

    Ma grand-mère aurait été déçue… Peut-être aussi parce qu’au moment où j’ai écrit cette histoire, j’étais seul et je voulais croire à une rencontre, même improbable, qui finirait bien. Mes échecs répétés commençaient à me plomber le moral. Salle d’attente, c’était un peu la loterie qui finit enfin par sortir les bons numéros.

    Qu’on le veuille ou non, l’auteur insère toujours une part autobiographique, même si certains s’en défendent. Alors oui, dans ce roman court, il y a de nombreuses références à ma propre existence, mais revisitées.

     

     

     

     

    Salle d'attente

    de Marc Varence

    éditions Méhari, octobre 2014

    ISBN 978-2-87588-010-9

    128 pages - 6,90 €

  • Ce sera finalement une victoire de LAMOUR !

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    La librairie Rimbaud surnagera finalement, même si elle devrait perdre un quart de ses effectifs, mais rien n'est encore défini à ce niveau. Placée en liquidation judiciaire le 23 septembre dernier, ce sera finalement une femme d'affaires locale qui reprendra les rênes de l'institution de Charleville-Mézières.

    Geneviève Lamour prévoit de redonner un coup de jeune au magasin, de le redynamiser... car cela faisait plusieurs mois que les mines étaient basses. Madame Lamour a donc été préférée à un entrepreneur associé à la Fnac.

    Rimbaud à Charleville occupe 750 m², emploie 16 personnes, et réalise un CA annuel d'environ 2 millions d'euros. Pas mal certes mais insuffisant au regard des charges et d'une marge bénéficiaire très limitée sur les livres... trop limitée par rapport à d'autres secteurs plus rentables (habillement, restauration rapide), sans oublier la concurrence d'un certain géant de l'internet.