L'actu-livres de Marc Varence - Page 4

  • Ironique !

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    La page 11 de La Libre Belgique de ce lundi a attiré mon attention.

    Jour du supplément "Lire", un libraire bruxellois n'a pas hésité à casser sa tirelire pour lancer un message publicitaire non dénué d'ironie.

    « Il y a plus d'une librairie à Bruxelles

    Tapage librairie

    la plus...

    sympa

    accessible

    serviable

    dynamique

    ... mais surtout pas la plus grande ;o) »

     

    Jacques Rouben, le patron de cette librairie indépendante ne désigne personne, mais tout le monde a compris, à moins d'habiter sur Mars (aux dernières nouvelles, ce n'est pas encore possible).

    Oui, la plus grande librairie d'Europe de plain-pied fait de l'ombre aux autres. Oui, les noms les plus célèbres y défilent. Oui, une grande part de marché est aux mains de cette mégastructure. Mais tout cela ne s'est pas fait en un jour. Depuis 1988, le fondateur provoque les railleries de ses concurrents, sans parler des jalousies inhérentes à toute réussite.

    Aujourd'hui, tout est plus sensible, car la crise est passée par là. Le secteur souffre. Les points de vente disparaissent, victimes d'internet, d'un désintérêt très relatif pour l'objet livre face aux Smartphones et autres tablettes tactiles, de la hausse des coûts du transport, de l'augmentation de prix quasi nulle du livre (en 2000, un grand format se vendait 800 FB, aujourd'hui, c'est à peu près identique... le format poche, lui, a été indexé), sans oublier les marges trop réduites et la hausse du nombre de parutions (15 à 20 000 en 1990, près de 70 000 de nos jours).

    À Bruxelles, Tropismes survit tant bien que mal, Libris Espace Louise a fermé ses portes, tout le monde a oublié la librairie de Rome (ne parlons même pas de Castaigne ou de Peuples et continents, la librairie des galeries a baissé son volet, la Licorne a fait faillite (elle rouvrira ses portes au n°732 vers la mi-novembre), bref, la liste est longue.

    Quand un événement littéraire se déroule dans notre pays, les journalistes (surtout ceux de RTL) se ruent avenue des Arts. Il faut dire que le patron est ce qu'on appelle un "bon client". J'essaie de fréquenter plusieurs librairies, de répartir mes achats dans quatre ou cinq librairies (dont la plus grande !), mais je dois être une exception.

    Au lieu de se combattre, les libraires indépendants devraient se réunir autour d'une table pour faire face aux difficultés, quitte à créer une centrale d'achat pour que tout le monde puisse bénéficier des meilleures remises et pouvoir, peut-être, s'opposer à la grande distribution qui pratique des prix cassés. Quitte à fonder une structure de transport. Quitte à mettre au panier d'anciennes querelles d'étudiants.

    En attendant, Jacques Rouben a levé un lièvre. C'est indéniable !

     

  • Foire du livre de Francfort, du 14 au 18 octobre !

    Je ne m'y suis rendu qu'une seule fois. Mais quel souvenir ! Tout y est immense, démesuré, à l'image de cette autoroute à 7 bandes de circulation qui mène à la ville.

     

    La « buchmesse » rassemble quelque 7 000 exposants issus de tous les continents, répartis sur plusieurs palais. On se croirait à Roissy ! D'un palais à l'autre, il faut parfois emprunter un bus. On pourrait s'y perdre. D'ailleurs, ce fut mon cas.

     

    C'est LE rendez-vous incontournable du secteur. Cessions de droits, traductions, adaptations, les travées sont exclusivement réservées aux professionnels de mercredi à vendredi. Au total, l'événement attire en moyenne 300 000 visiteurs. Et cette année 2015, le pays invité d'honneur est l'Indonésie.

  • Frank Sinatra dans un mixeur

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    « Il faut une certaine dose de courage pour braquer une banque au volant d'une camionnette de boulangerie. Ou une certaine dose de bêtise. En tout cas, ça ne passe pas inaperçu. Et quand il s'agit de remettre la main sur le butin, flics et voyous se lancent dans la course. Pour Nick Valentine, ex-policier devenu détective privé, c'est l'occasion rêvée de se refaire. À chaque loi qu'il transgresse, à chaque bourbon qu'il descend, à chaque cachet d'Oxycontin qu'il avale, il s'approche un peu plus du jackpot. Ou de la noyade dans le Missouri. »

    Déjanté, rythmé façon Tarentino, sanglant, truffé d'humour noir. Et Frank Sinatra dans tout ça ? Il attend Nick Valentine, les quatre fers en l'air, se lèche les couilles et mordille ses pantoufles. Et lorsque le détective paraît enfin, il fait des bonds, se rue entre ses jambes et réclame sa pitance. Oui, Frank Sinatra est un putain de clébard, un Yorkshire. Tout comme son maître bien-aimé, il ne rechigne pas à descendre une pinte.

    Un must de cette collection trépidante à souhait. Sur les sept titres disponibles à ce jour, j'en ai dévoré trois. Et j'en redemande.

     

    Frank Sinatra dans un mixeur

    de Matthew McBride

    Gallmeister, néonoir, mai 2015

    ISBN 978-2-35178-090-9

    254 pages - 15,50 €

  • Comment faire fortune en juin 40

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    Sambio le Corse a toujours un plan, quel que soit le pétrin dans lequel il se fourre. Franck, le boxeur taciturne aux 3 victoires pour 18 combats, sait se coucher quand on le lui demande. C'est le « gentil » de la bande. Kurtz a le sentiment qu'Hitler lui colle aux fesses, c'est pour ça qu'il a fui l'Allemagne, l'Autriche, la Pologne, et v'là qu'en juin 40, le tyran s'attaque à la France. Kurtz veut donc gagner l'Afrique, car là-bas, il en est sûr, les troupes d'Hitler n'iront jamais. La belle Ninon travaille dans l'horlogerie de son père. Elle a de l'or dans les mains, un sang-froid à toute épreuve, et sait comment faire sauter les coffres. Labeyrie, c'est le pleutre par excellence, mais c'est aussi l'un des convoyeurs d'un magot qu'a oublié de transférer le gouvernement français : deux tonnes d'or de la Banque de France ! C'est lui qui a « suggéré » de monter ce coup incroyable : braquer le fourgon. Or, en juin 40, en plein exode, dans un pays à feu et à sang, tout est possible... enfin, presque tout.

    Incontestablement l'une des meilleures BD de l'année ! Cela m'étonnerait que cette histoire ne soit pas un jour transposée au cinéma, car on a vraiment l'impression d'y être. L'action est omniprésente. Les personnages sont caricaturaux et ne manquent ni d'humour ni d'inconscience. Le dessin est parfait. Un véritable bonheur de lecture.

     

    Comment faire fortune en juin 40

    Scénario : Xavier Dorison & Fabien Nury

    Dessin : Laurent Astier

    Casterman, septembre 2015

    ISBN 978-2-203-09181-8

    120 pages - 18,95 €

  • Comment j'ai perdu ma femme à cause du tai chi

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    Bienvenue dans la cellule du narrateur, avec un Liégeois comme coloc... d'ailleurs surnommé « Coloc ». Un fameux zigue que cet alcoolo-shooté qui, l'air de rien, a quand même découpé un collègue comptable à la tronçonneuse. L'atmosphère est crade et grise, les latrines sont « open space » et Coloc ne dégage pas une odeur parfumée à la rose.

    Les présentations sont sommaires et chacun se jauge. En prison, il y a une pseudo-hiérarchie du crime, et le narrateur, accusé d'avoir découpé sa femme au sabre japonais, a de quoi inspirer le respect.

    Coloc se montre curieux. Alors pourquoi ne pas lui raconter toute l'histoire ? D'autant qu'il n'est pas en manque de commentaires... en manque de shit, oui, de commentaires, non.

    Même si l'histoire d'amour du narrateur n'a rien d'exceptionnel, la vie en prison n'a, pour le coup, rien d'une sinécure.

    Dans un langage moderne, très vivant, empli d'humour et de références en tous genres, ce roman s'avère une vraie réussite. Dévoré en deux jours, il possède tous les atouts pour se faire remarquer parmi les centaines de petits frères de papier publiés entre la mi-août et la fin septembre.

     

    Comment j'ai perdu ma femme à cause du tai chi

    de Hugues Serraf

    L'aube, août 2015

    ISBN 978-2-8159-1255-6

    160 pages - 15,00 €

  • Le Roman de l'étrange Inconnu !

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    AVIS AUX PROFESSEURS DE FRANÇAIS !

    Publiées auparavant par les éditions J'ai Lu, puis par les éditions Pocket, « Le roman de l'étrange inconnu » vient d'être réédité par les éditions Méhari.

    Ouvrage précédant « Le livre dont vous êtes la victime », il pourrait très vite retrouver sa place dans les programmes scolaires.

     

    Qui ne s'est jamais posé cette question : « L'avenir est-il écrit d'avance ? » Pour le jeune adolescent sans histoire qu'est Rémi, c'est la préoccupation du moment. Jusqu'à ce jour où elle devient une question de vie ou de mort, quand entre dans sa vie l'Étrange Inconnu.

     

     « Est-ce que tu aimerais vivre une aventure extraordinaire ? » lui demande-t-il.

     

     En acceptant, Rémi ignore qu'il va recevoir entre ses mains sa propre histoire écrite d'avance, sous la forme d'un livre des plus étranges.

     

    La fiction se mêlant à la réalité, Rémi entre dans un roman dont le héros meurt à la fin. À tout moment, il peut renoncer, jeter le livre et oublier. Il s'y refuse pour accomplir son destin. Mais lequel ?

     

    Le roman de l'étrange inconnu

    d'Arthur Ténor

    éditions Méhari, septembre 2015

    ISBN 978-2-87588-020-8

    160 pages - 7,20 €

  • Le calife à la place du calife !

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    « Pour la première fois, le grand vizir est confronté à son père. Bon sang ne saurait mentir et c'est à celui des deux qui sera le plus vil !

    Tout commence par un voyage en Inde. Victime de sa boulimie, le bon calife Haroun El Poussah s'empoisonne en mangeant une vache sacrée. Atteint de "delirium très mince" et devenu fou, le calife est déclaré inapte à gouverner. Aussitôt Iznogoud imagine qu'il va enfin "devenir calife à la place du calife".

    Coup de théâtre : le Conseil des Sages révèle que seul un héritier du calife pourra lui succéder. Il faut établir un lien de parenté entre le bon calife et son infâme vizir. Iznogoud part alors sans tarder à la recherche de ses aïeux. »

     

    Fatigant, trop chargé, les auteurs enchaînant calembour sur calembour, clins d'œil à Goscinny, cet album paraît sorti d'une époque révolue.

     

    IZNOGOUD de père en fils

    Scénario : Laurent Vassilian, dessin : Nicolas Tabary

    IMAV éditions, octobre 2015

    ISBN 978-2-915732-88-7

    46 pages - 10,60 €

     

  • Anvers et damnation

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    « Il plongea les mains dans la glacière et les releva sous les cris extatiques de l'assistance. Entre ses doigts gluants de sang épais pendouillaient des morceaux de chair, des organes indistincts, luisants et rougeâtres. Tout le monde en connaissait l'origine. Personne ne protesta. Ces viscères n'étaient pas d'origine animale. C'étaient des restes humains. »

    Un politicard ressemblant furieusement à DSK se fait trucider dans sa chambre d'hôtel. La jeune black est une prostituée de luxe, passée experte en assassinats de clients friqués. Mais pour qui bosse-t-elle ? Car la ville d'Anvers voit depuis de longues années la domination d'un réseau de call-girls dirigé par Annabelle Houteman. Et celle-ci n'apprécie que très modérément cette concurrence nouvelle qui dézingue et charcute ses propres clients.

    Lorsque Luc Mandoline quitte son Hexagone, ce n'est pas pour rigoler. Le thanatopracteur dit « l'embaumeur » va tenter de débusquer les malades qui sévissent dans la ville portuaire belge.

    De la lecture de gare façon SAS qui n'a rien à envier aux productions de Gérard de Villiers.

    Maxime Gillio ne fait pas dans la dentelle.

     

    Anvers et damnation

    série L'embaumeur

    de Maxime Gillio

    L'atelier Mosésu

    ISBN 979-10-92100-06-8

    256 pages - 9,95 €

  • Titeuf boutonne !

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    Ce n'est pas un hasard si, à chacune de ses sorties, Titeuf trône au top des ventes. Le gamin de 10 ans répond tant aux attentes des adultes que des enfants. On y retrouve la fraîcheur, la candeur, l'innocence, tout cela dans le décor de notre société moderne. Mixité sociale, exploitation des non-dits, insolence, tout y est savamment distillé.

    Car Zep est un véritable artiste - pour ceux qui en douteraient encore -, observateur de notre époque et nostalgique de la sienne. Son mélange est donc parfait.

    "Bienvenue en adolescence" est irrésistible. Vouloir ressembler à un ado, vouloir être un ado, et confronté à l'amour pluriel, Titeuf expérimente une vie nouvelle.

    « Grandis un peu ! »

    Un pur régal pour tous !

     

    Titeuf

    tome 14 : Bienvenue en adolescence

    de Zep

    Glénat, août 2015

    ISBN 978-2-344-00846-1

    48 pages - 9,99 €

     

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  • Décès de l'écrivain suédois Henning Mankell !

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    C'est une lourde perte pour le monde du livre. À l'âge de 67 ans, Henning Mankell, créateur du personnage Kurt Wallander, cet inspecteur dépressif, a succombé d'un cancer.

    Auteur d'une cinquantaine d'ouvrages, l'auteur nordique était devenu un phénomène de librairie, vendu à plusieurs millions d'exemplaires. La petite ville d'Ystad, au sud de la Suède, est même devenue un lieu de pèlerinage, une véritable attraction touristique, car la grande majorité des intrigues s'y déroulent.

    Auteur de théâtre, auteur engagé politiquement, ayant résidé en France, au Mozambique et en Zambie, il laisse une œuvre dense qui, j'en suis sûr, fera l'objet de nombreux hommages sur les tables des libraires.

  • De Borée proche de la fermeture définitive.

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    Après le département dédié à la diffusion, supprimé depuis février 2015, c'est au tour des activités édition et distribution d'être menacées.

    Placées en redressement judiciaire pour une période de six mois, les éditions De Borée pourraient être contraintes de stopper leurs activités et de licencier près de 70 employés.

    Basée à Sayat, dans le Puy-de-Dôme (63), la maison a publié jusqu'à 200 titres par an. Ayant pour objectif de promouvoir la littérature régionaliste centrée notamment sur le monde agricole, le patrimoine ou les coutumes et traditions locales, De Borée a répondu à une attente des consommateurs.

    L'origine supposée des difficultés financières de l'entreprise remonterait à 2012. Cette année-là, un redressement fiscal de 1,6 million € a plombé les comptes.

    Selon moi, les libraires... tout comme le public ont également été victimes d'indigestion de romans de terroir. Vouloir trop publier peut s'avérer dangereux, d'autant plus que la qualité littéraire n'est pas forcément toujours au rendez-vous. L'entreprise s'est même diversifiée, en proposant des collections de littérature, ou des collections ciblées ("Mystères", "Grandes affaires criminelles").

    Bien sûr, quelques auteurs sont sortis du lot et ont connu quelque succès. Je pense notamment à Emmanuel Prost, Daniel Brugès ou Jean-Michel Cosson. Mais pour faire vivre une soixantaine de personnes, il faut réaliser un chiffre d'affaires considérable. La pression était constamment sur les épaules des représentants qui, une fois engagés, cherchaient à se placer ailleurs.

    La tension nerveuse serait-elle l'une des causes qui ont poussé la comptable de l'entreprise auvergnate à frauder et à détourner 230 000 € ? Cette dernière a été condamnée à 3 ans de prison dont 5 mois avec sursis.

    Bref, l'ambiance n'est pas à la fête chez De Borée. L'avenir nous dira si la structure pourra se relever et renouer avec les succès. 

     

  • Hold-up sur pellicule

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    Benoît Brisefer est un petit garçon très fort, vraiment très fort. Il court très vite, saute très haut et soulève des charges pesant des tonnes. Gentil et serviable, il assiste Madame Adolphine à Vivejoie-la-Grande. Or, cette dernière est convoquée au commissariat pour s'expliquer sur le cas Lady d'Olphine, son sosie-robot imaginé par le génial inventeur Vladlavodka. L'histoire fait le tour des médias et convainc William B. Casting, président des studios Mondia-Films d'en faire le sujet de son prochain long métrage.

    Benoît Brisefer, c'est un peu mon enfance qui rejaillit. Le scénario n'a pas à rougir face aux précédents albums créés par Peyo.

     

    Hold-up sur pellicule

    d'après Peyo

    Scénario : Dugomier et Thierry Culliford

    Dessin : Pascal Garray

    Le Lombard, février 2015, édition spéciale pour les 48 heures de la BD

    ISBN 978-2-8036-3618-1

    48 pages - 1,00 €

  • Alerte aux Zorkons

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    Spirou et Fantasio font partie de mon enfance. Mais je ne peux les dissocier du maître Franquin.

    Cette "Alerte aux Zorkons" initialement parue en 2010, représente pour moi la descente aux enfers des personnages. De grâce, cessons le carnage et souvenons-nous essentiellement des périodes Jigé, Franquin et Tome & Janry.

    Pour le reste...

     

     

    Alerte aux Zorkons

    Scénario : Fabien Vehlmann, dessin : Yoann

    Dupuis, avril 2015, édition spéciale pour les 48 heures de la BD

    ISBN 978-2-8001-6525-7

    48 pages - 1,00 €

  • Adaptation BD du roman de Pierre Lemaître !

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    Le roman, prix Goncourt 2013, m'avait emballé, scotché.

    Une BD, c'est un compromis entre le cinéma et le livre. À l'instar du cinéma, il vaut toujours mieux ne pas avoir lu le livre avant de lire son adaptation en BD... Car le livre raconte, raconte, raconte encore... et vous emporte littéralement sur votre planète imaginaire, là où tout prend forme.

    Après avoir lu Shining, de Stephen King, j'ai trouvé le film bien peu réussi... alors que la plupart des gens vantaient l'excellence du travail de Stanley Kubrick. Même sensation pour Papillon, d'Henri Charrière, pourtant magistralement incarné par Steve McQueen. Les adaptations BD ne dérogent pas à cette règle. Je préfère les livres estampillés "Largo Winch" que les BD qui, elles, ont vraiment lancé le personnage créé par Jean Van Hamme. Les exemples ne manquent pas.

    Comment transposer toute l'émotion contenue dans "Au revoir là-haut" ? C'était tout bonnement impossible.

    Cela dit, les 176 pages de cette œuvre reflètent parfaitement l'atmosphère, cette chape de plomb qui pèse sur les personnages principaux. Christian De Metter a relevé le défi. Le résultat est vraiment admirable.

    Pour tous les fous de BD qui n'ont nulle intention de se farcir les 624 pages du roman, ceci est le meilleur compromis.

    D'autant que l'objet est magnifique, digne des plus belles collections.

     

    Au revoir là-haut

    dessin : Christian De Metter

    scénario : Pierre Lemaître

    Rue de Sèvres, octobre 2015

    ISBN 978-2-36981-199-2

    176 pages - 22,50 €

     

  • Place Colette

     

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    « Après Laissez les cendres s'envoler, Nathalie Rheims explore une partie inédite de sa vie : son premier amour, à l'adolescence, et ses débuts de comédienne au théâtre.
    À l'âge de 9 ans, la narratrice de Place Colette est victime d'une erreur de diagnostic qui la cloue sur un lit d'hôpital, le corps prisonnier d'une coquille de plâtre. Au terme de trois années de calvaire, un professeur finit par découvrir la véritable maladie ; il l'opère et la sauve.

    La jeune fille a passé ce temps immobile à découvrir la littérature et les textes classiques. Elle voue une passion sans limite au théâtre. Revenue à la vie, elle tourne autour de la Comédie-Française et de la place Colette. Le jour de ses 13 ans, elle entre dans la loge d'un comédien dont elle est tombée amoureuse. Bien qu'il ait trente ans de plus qu'elle, elle lui propose de devenir son cadeau d'anniversaire.

    Ce roman, qui aurait pu s'intituler Détournement de majeur, est l'histoire d'une double initiation, à l'amour charnel et à la passion du théâtre. Écrit à la première personne, il est pourtant aux antipodes de ce que l'on qualifie d'autofiction : le mensonge enveloppé dans une rhétorique de vérité.

    C'est un « roman-vrai », où l'auteure se cherche et finit par faire tomber le masque. »

     

    À côté des nombreux romans de la rentrée... rentrée bien mièvre cette année, voici un ovni littéraire salué par la critique.

    Nathalie Rheims manie la plume avec dextérité. Elle émeut d'autant plus le lecteur que ce roman est autobiographique. La passion ne dévore que celui qui renonce, pas le genre de Nathalie Rheims qui va au bout d'elle-même, par-delà toute raison. Belle réussite !

     

    Place Colette

    de Nathalie Rheims

    éditions Léo Scheer, août 2015

    ISBN 978-2-756-109176

    320 pages - 20,00 €

  • La chambre des morts

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    "Imaginez...

    Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints.

    Devant vous, un champ d'éoliennes désert.

    Soudain le choc, d'une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d'euros.

    Que feriez-vous ?

    Vigo et Sylvain, eux, ont choisi."

     

    Séduit par le pitch, je n'ai pas hésité à me rendre à la caisse avec cette "chambre des morts" en main. Avec le recul, je ne le regrette pas. Franck Thilliez manœuvre à merveille. Il connaît la recette du thriller qui vous emporte, qui ne vous lâche pas, qui vous effraie quelquefois.

    Et pourtant, cette quatrième de couverture n'est pas tout à fait exacte, car seul Vigo a vraiment choisi. Sylvain, lui, est inquiet et foncièrement honnête... bien que désemparé et désœuvré.

    Mais l'histoire se divise en deux, voire en trois. La région de Dunkerque est en proie à des enlèvements d'enfants souffrant chacun d'un handicap. Lucie, jeune brigadier, seule femme dans un monde de mecs bourrus et mal embouchés, est une passionnée de récits de tueurs en série. Sa sensibilité et sa logique font mouche. Mais elle a bien du mal à imposer ses vues.

    Dans un style efficace, l'auteur nordiste a su me convaincre. Seul bémol, j'avais quasiment tout deviné dès la page 100. Mais mon activité d'auteur doit y être pour quelque chose. Il faut avoir l'esprit un peu tordu pour rédiger de tels ouvrages.

     

    La chambre des morts

    de Franck Thilliez

    Pocket n°12985, 2006

    ISBN 978-2-266-20501-6

    352 pages - 6,80 € 

  • Le nouveau cycle de Bernard Werber !

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    Bernard Werber a signé un réel chef-d'œuvre : Les Fourmis ! Depuis, il surfe sur ce succès mondial et décline son encyclopédie sous toutes ses formes. C'est efficace.

    Même si ses productions ne possèdent plus le plaisir de la surprise et de la découverte qu'apportaient ses fourmis, la lecture d'un ouvrage signé Werber reste une garantie de lecture agréable, ponctuée de passages didactiques.

    Après Edmond et Charles Wells, voici David, biologiste prônant la miniaturisation des espèces, tant végétales qu'animales.

    Au travers de cette nouvelle trilogie, l'auteur ouvre des voies d'évolution possibles voire probable de notre Humanité, qu'il considère comme étant la Deuxième. D'emblée, l'auteur nous tient en haleine. Par un vocabulaire simple et une grande densité de dialogues, on avance dans ses théories de cosmogonie, d'évolution des espèces (dont la nôtre) et de l'impact dévastateur de notre mode de vie.

     

    Troisième Humanité

    de Bernard Werber

    Livre de poche n°33355, juin 2014

    ISBN 978-2-253-19494-1

    696 pages - 8,10 €

     

    Les Micro-Humains

    de Bernard Werber

    Livre de poche n°33773, juin 2015

    ISBN 978-2-253-01734-9

    504 pages - 7,90 €

  • Un Goncourt pleinement mérité !

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    Début novembre 1918, la Première Guerre mondiale connaît son épilogue. Dans les tranchées, une idée fixe hante les pensées des soldats : «Que ce serait stupide de mourir ou d'être grièvement blessé à quelques jours de la fin des combats !»

    Mais le lieutenant d'Aulnay-Pradelle veut son acte de bravoure, son coup d'éclat qui lui permettra de sortir grandi de la guerre... et d'en récolter les fruits. Pour provoquer une dernière charge héroïque et reprendre aux Boches la cote 113, il n'hésite pas à tirer dans le dos de deux de ses subalternes. Ingénieux mais risqué car un soldat se rend compte malgré lui de cet acte abominable : Albert Maillard ! Ce dernier, tiré in extremis d'une mort certaine par Édouard Péricourt, décide d'assister son sauveur devenu ce qu'on appelle une «gueule cassée». En effet, un éclat d'obus lui a littéralement arraché la mâchoire inférieure.

    Les deux rescapés vont vivre d'expédients... jusqu'à cette arnaque incroyablement osée, d'envergure nationale, qu'imaginera Édouard.

    Ce grand roman sur l'après-guerre de 14-18, prix Goncourt 2013, est enfin disponible en poche. Un texte majeur, prenant, existentiel, qui fait réfléchir sur la cruauté, le cynisme et la crédulité des hommes. Un sommet littéraire à ne pas louper !

    La mémoire patriotique méritait-elle, dès 1919, quand tant de ménages souffraient de malnutrition, de misère, un tel investissement dans les monuments aux morts ? Ne fallait-il pas avant tout s'occuper des vivants et les récompenser pour leurs actes de bravoure ?

     

    Au revoir là-haut

    de Pierre Lemaître

    Livre de poche N°33655, avril 2015

    ISBN 978-2-253-19461-3

    624 pages - 8,60 €

     

             

  • Ces morts qui se tiennent par la taille

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    « Vous avez l’air de beaucoup vous aimer, appuyés tendrement l’un contre l’autre, le bras de Fred serrant la taille d’Élise, celui d’Élise s’arrimant à Fred, son homme, son amour. Fred a tout d’un dominateur : de sa présence sur la photo, c’est surtout cela qui se dégage.
    Je vous observe. Tout est dit dans ce cliché de vous deux et, en même temps, tout est caché. On ne voit de vous qu’une apparence. Vous êtes là, figés en un éternel instant qui ne raconte rien des soubresauts de votre existence future. De celle-ci, je ne connais pas tout, mais l’essentiel est gravé en moi, dans mon corps. Pour toujours. »

    Elle retrouve une photo d’Élise et de Fred, ses grands-parents. La seule qu’elle possède d’eux. Parce que Clara a détruit les autres.

    Elle retrouve son passé et le soir de ses treize ans, quatre mois et onze jours, quand tout a basculé.

    Elle retrouve Freya, la lumineuse, l’unique personne qui ne lui a jamais menti et qui lui donnera la force d’aller de l’avant.

    Finira-t-elle par se retrouver elle-même ?

    Dans ce roman qui aborde la thématique des secrets de famille, l’auteur présente de subtils portraits de femmes. Avec délicatesse et profondeur, il décrit le parcours intérieur de victimes qui tentent de se construire et de trouver, malgré les ombres, une voie vers la lumière.

     

    C'est par hasard que Frank et moi avons abordé le même thème : le viol ! Frank le traite à sa manière, dans une atmosphère plus lourde, avec plus de sérieux. L'horreur vécue par la narratrice ne laisse pas de place à la surprise, même si l'épilogue colle à la sensibilité de l'auteur... résolument optimiste.

     

    Ces morts qui se tiennent par la taille

    de Frank Andriat

    éditions du Rocher, avril 2015

    ISBN 978-2-26807-746-8

    216 pages - 16,90 € 

  • La rafle du Vél d'Hiv... vue de l'intérieur

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    À l’aube du 16 juillet 1942 va débuter à Paris ce que l’Histoire a retenu sous le nom de «rafle du Vél’ d’Hiv’». Plus de treize mille Juifs arrêtés dans Paris, dont la plupart seront déportés au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

    Sous les ordres de René Bousquet, sept mille policiers et gendarmes français participeront à l’opération « Vent printanier ». Pas un seul soldat allemand ! Il aura fallu soixante-trois ans pour que la France reconnaisse sa responsabilité dans ce crime contre l’humanité.

    Les personnages du roman de Michel Vigneron sont-ils vraiment fictifs ? Ils n’ont pas porté les mêmes noms, mais ils ont existé, les bons comme les mauvais. Quand un flic écrit sur l’une des opérations les plus sombres de l’histoire de la police, cela donne un roman noir historique éblouissant d’humanité. Pour ne jamais oublier ni commettre à nouveau les erreurs du passé…

    Autour de Rachel et de Jean, personnages centraux de ce roman historique, une atmosphère où l'antisémitisme fait partie du quotidien, en cet été 1942. Un pan de l'Histoire dont la France n'a pas joué un bon rôle. Et pourtant, des hommes tels que François ont bel et bien existé. Et le massacre a pu avoir lieu. Cette atmosphère lourde, on la ressent au travers des mots de ce roman. Et l'on suit le parcours de chacun avec intérêt.

    Mis à part quelques coquilles repérées çà et là, un travail soigné, poignant, plus destiné aux jeunes lecteurs à partir de 15-16 ans.

     

    Un vent printanier

    de Michel Vigneron

    L'atelier Mosésu, février 2015

    ISBN 979-10-92100-40-2

    322 pages - 20,00 €

  • SoBook s'offre Alan Sutton

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    Placées en liquidation judiciaire le 3 mars dernier, les éditions Alan Sutton ont été rachetées ce 13 mai 2015 par SoBook. Une belle acquisition pour l'imprimerie numérique basée à Roubaix, également active en diffusion-distribution de plusieurs maisons d'édition ! Car Sutton représente un catalogue de plus de 2 900 titres, environ 200 000 exemplaires écoulés par an et un carnet d'adresses impressionnant.

    Spécialisées en publication d'ouvrages d'histoire locale, les éditions Alan Sutton ont été créées à Rennes en 1993, filiale du groupe britannique History Press. À son apogée, la structure comptait plus de 30 employés. Mais la crise passant par là, liée à des excédents de stock, ont eu raison de la petite entreprise sise depuis 2011 à Saint-Avertin.

    La reprise par SoBook permettra de conserver 8 emplois sur les 12 qui existaient encore, de relancer la machine, et de résoudre le problème de stockage par l'impression à la demande.

     

     

  • Du Zombi, du trash, et de l'humour

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    Il y a vingt ans, ou un peu plus, j'ai eu ma période SAS, L'exécuteur, San Antonio, OSS 117, Largo Winch (Mercure de France) et tout ce qui ressemblait à de la littérature dite «de gare». Je les achetais en brocantes, par pelletées. Les intellos gauchistes vous diront (je ne sais pas pourquoi, j'associe toujours ces deux mots, comme s'il n'y avait pas d'intellos à droite. Sûrement que si. Peut-être sont-ils plus discrets)... Bref, les intellos tout court vous diront : «Comment peut-il lire cette merde ?» En fait, je lis tout ce qui me passe sous la main, sans distinction de genre.

    Et très franchement, j'adore la littérature de gare.

    Fallait avoir des c. pour publier cet "Orcus Morrigan" ! Sans aucun doute. Dans le genre trash, loufoque, politiquement incorrect, viscères et tripes, zombi gore, difficile de trouver mieux. Accrochez-vous à votre slip ! Les scènes n'ont rien d'Amour Gloire et Beauté.

    Quand Orcus Morrigan, un colosse sans envergure, ramone la belle Patti dans les chiottes de la tour n°1 du WTC, le 11 septembre 2001, il ne se doute pas un instant que cette dernière s'écroulera sur sa tronche. Pas de bol ! Au mauvais moment au mauvais endroit.

    Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il refait surface, quelques jours plus tard, en version «zombiesque».

    Écrit à la première personne, ce roman déjanté vous fait visiter les catacombes de Palerme, vous apprend que vous finirez dans une amphore - si tout va bien -, ou, si vous êtes déjà une pourriture de votre vivant, que vous aurez la «chance» de pouvoir errer sans fin à la recherche d'une trachée à boire, d'une rotule à ronger, ou d'un mollet à bouffer.

     

    Orcus Morrigan

    Manhattan Carnage

    L'atelier Mosésu, avril 2014

    ISBN 979-10-92100-26-6

    224 pages - 9,95 €

     

  • événement à Rochefort !

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  • L'enfer de Church Street, une découverte macabre...

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    Lorsqu'une maison d'édition de qualité, à savoir Gallmeister, lance une nouvelle collection, pourquoi ne pas s'y intéresser ? De plus, ce néonoir rencontre parfaitement mes attentes de lecteur avide de glauque, de violence et d'humour. Noir de préférence.

    Lorsque Geoffrey Webb se fait braquer sur le parking d'un supermarché, on imagine qu'il va passer un mauvais quart d'heure. Et pourtant, malgré la détermination du gangster en cavale, , c'est la victime qui mène la danse. Car ce Geoffrey Webb n'est pas n'importe qui. À son agresseur, il propose un deal inattendu : en échange de son portefeuille et des 3 000 dollars qu'il contient, il lui contera sa vie et roulera pendant plusieurs heures jusqu'à Little Rock, en Arkansas. En fait, pour Webb, cette agression s'apparente presque à une aubaine.

    Rythmé, ce roman noir au format semi-poche m'a permis de passer un excellent moment de lecture.

     

    L'enfer de Church Street

    de Jake Hinkson

    Gallmeister, néonoir, février 2015

    ISBN 978-2-35178-087-9

    240 pages - 15,00 €

  • Une canaille et demie

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    Parmi tous les métiers que l'auteur a exercés, il a très certainement dû côtoyer l'un ou l'autre braqueur de banques. En tout cas, sa description de l'attaque, ainsi que la vision de Phil Dixon est criante de vérité.

    Outre la rencontre entre deux hommes que tout oppose et qui vont devoir composer pour se supporter deux semaines durant, c'est aussi une analyse sociale à laquelle se livre l'auteur.

    Dans une Amérique fragilisée par la crise financière mondiale, les esprits torturés et tortueux n'en sont que plus vitaminés. Cette tension sert de matrice à Iain Levison et il l'exploite à merveille.

    Elias White, jeune professeur attiré par les jeunes filles en socquettes et passionné par le IIIème Reich d'avant-guerre n'a rien d'un colosse. Que du contraire ! Mais n'est-il pas tout aussi dangereux ?

    Excellent roman aux allures de thriller, Une canaille et demie touche du doigt toute la férocité de notre époque.

     

    Une canaille et demie

    de Iain Levison

    Liana Levi, piccolo n°51

    240 pages - 9,50 €

     

  • Je t'enverrai des fleurs de Damas

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    En bon pédagogue, Frank Andriat a voulu coucher sur papier la mésaventure qu'a connu son école. Deux élèves ont quitté la Belgique pour rejoindre le camp des rebelles en Syrie ! Aussitôt, la presse avide de scoops s'est emparée de l'info, pour s'en éloigner très rapidement une fois le soufflé retombé. Mais voilà, le mal était fait et les élèves en ont été choqués.

    Un livre à trois voix, plus une quatrième qui reprend les notes d'un jeune fanatique. Un livre qui permet de se rendre compte de l'impact d'une telle nouvelle. Un livre destiné aux jeunes, publié chez Mijade et à un prix tout à fait abordable.

    Frank Andriat est foncièrement gentil, son surnom de «Bébé Cougnou» l'atteste. Il est, à l'instar de ses collègues, désemparée face à ce fléau. Pour lui, l'écriture représente sa façon à lui de combattre, de se lever face aux injustices, aux iniquités. Il l'a déjà démontré au travers d'autres ouvrages.

    Ces jeunes candidats au départ, coupables ou victimes ?

     

    Je t'enverrai des fleurs de Damas

    de Frank Andriat

    Mijade, 2014

    ISBN 978-2-87423-099-8

    144 pages - 7,00 €

  • Deux gouttes d'eau

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    Élodie Favereau a été littéralement exécutée à coups de hache. Son assassin a poussé le vice jusqu'à la décapiter et poser sa tête en équilibre sur une table basse, en guise de trophée. Le maniaque a pourtant oublié un détail : le quartier de Boulogne-Billancourt est truffé de caméras. Or, il montre très nettement son visage à l'une d'elles.

    Son identité ne fait aucun doute, d'autant qu'on l'aperçoit en train de se débarrasser de l'arme du crime !

    Il s'agit du fiancé de la victime, un certain Antoine Deloye. Placé en garde à vue, celui-ci nie les faits, malgré les preuves accablantes. Très vite, il accuse son frère jumeau : Franck. L'un des deux est forcément coupable. Oui mais lequel ? Robert Laforge, le commissaire divisionnaire en charge de l'enquête n'en croit pas ses yeux : les jumeaux se ressemblent comme... deux gouttes d'eau !

    Un roman admirablement bien construit, rythmé, maintenant sans cesse le suspense. Une plume efficace. Une histoire qui paraît simple mais qui s'enrichit au fil des pages. Voilà le roman addictif qui m'a accompagné partout pendant quelques jours.

    Jacques Expert m'avait déjà séduit dans "La femme du monstre". Il confirme son talent immense et publie dans une maison d'édition réputée pour la qualité de ses choix.

     

    Deux gouttes d'eau

    de Jacques Expert

    Sonatine, janvier 2015

    ISBN 978-2-35584-316-7

    336 pages - 19,00 €