L'actu-livres de Marc Varence - Page 3

  • La BNF !

  • 300 mots

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    « 300 mots. C'est ce que le rédacteur en chef de Nick Stella, journaliste criblé de dettes, lui concède pour évoquer une affaire brûlante : un prêtre retrouvé mort en compagnie d'une prostituée, une seringue d'héroïne plantée dans le bras.

    Un coup médiatique qui pourrait bien apporter à Nick la reconnaissance dont il rêve. Mais ce qui n'était qu'un sordide fait divers va le conduire sur les traces d'un tueur psychopathe.

    Dans l'ombre, celui-ci observe cinq proies... L'une d'entre elles, il le sait, est responsable de la mort, vingt ans plus tôt, d'une adolescente lors d'une soirée d'Halloween. Et l'heure est aux souvenirs et à la chasse aux sorcières... »

    300 mots ! Il ne m'en faudra pas autant pour retranscrire toute ma déception. Le pitch ci-dessus avait pourtant belle allure. Mais très vite, on décroche, car l'auteur peine à installer tant l'intrigue que ses nombreux personnages.

    Non que ce soit compliqué, mais je n'ai pu m'imprégner de l'atmosphère pourtant glauque à souhait.

    Tout lecteur a le droit de fermer le livre, et de passer au suivant. Au bout de 80 pages, c'est ce que j'ai fait... sans le moindre remords.

     

    300 mots

    de Richard Montanari

    Pocket n°16018, septembre 2015

    ISBN 978-2-266-25047-4

    416 pages - 7,30 €

  • Pilonnez jeunesse !

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    Des montagnes de livres et BD en parfait état sont jetés chaque jour. La raison ? Cela revient moins cher à l'éditeur de mettre au pilon, plutôt que de réintégrer ses retours au stock.

    Paradoxe : plus on pilonne les livres d'un auteur, plus grand est son succès !

     

     

     

     

     

     

     

     

    Et dire que des millions de jeunes ou personnes à bas revenus n'ont pas accès à la lecture, car incapables de se payer ce plaisir...

    On se plaint ensuite que le nombre total de livres vendus est en constante diminution... Faute aux nouvelles technologies, au désintérêt des jeunes pour la lecture ou à des raisons aussi fallacieuses les unes que les autres.

    Grands éditeurs, regardez-vous dans le miroir et sondez votre conscience. Au lieu de pilonner, organisez une immense braderie, avec séances de signatures, un salon du livre pour les jeunes et les classes défavorisées. Donnez l'accès à vos productions en les soldant au lieu de les écraser, d'en faire de la bouillie.

    Oui, je suis révolté par cette pratique à l'encontre de l'écologie. Messieurs les grands éditeurs - rares sont les structures indépendantes et plus modestes qui pilonnent -, les défavorisés d'aujourd'hui seront peut-être vos clients de demain ! Mesdames et messieurs les stars de l'écrit, offrez du temps et de l'encre à ces lecteurs, car pour un auteur, l'important est d'être lu, peu importe à quel prix !

    Le capitalisme se nourrit d'aberrations qui le conduiront dans le mur. En attendant le choc fatal, ceux qui peuvent s'engraissent et profitent de ce système. Quant aux exclus, qu'ils crèvent ! Mais surtout, que ceux-ci n'aient pas accès au savoir, car cela pourrait mettre en péril plus tôt que prévu les privilèges des puissants.

    Oh bien sûr, il y a les bibliothèques et médiathèques ! On vous prête un livre, déjà passé dans des dizaines de mains. Grasses ou moites pour certaines. Et n'oubliez pas de le rendre à temps, car sinon, vous aurez une amende. Donc, pour être sûr d'éviter l'amende, je n'emprunte rien. C'est aussi simple que ça. Mais le plaisir du livre neuf, en première édition, ou du livre dédicacé, cette sensation de posséder, de renifler cette bonne odeur de papier, cet ouvrage tout juste sorti de son carton, ce plaisir-là, de moins en moins de monde pourra se l'offrir.

    Chaque jour qui passe, des dizaines de conteneurs emplis de livres neufs sont transportés vers les déchetteries spécialisées. Un immense gâchis !

  • Quelques chiffres !

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    La production de titres a poursuivi sa progression (+2,5%), pour atteindre 80 255 titres en 2014, dont 68 187 nouveautés. Cela représente 321 titres par jour ouvrable ! Imaginez-vous l'incroyable casse-tête des libraires, incapables de tout rentrer dans leurs rayons !

    Par contre, le tirage moyen a baissé. Il se situe à 5950 exemplaires. Mais ce chiffre ne veut pas dire grand-chose, car la grande majorité des titres ne dépassent pas les mille exemplaires. Les grosses locomotives des grandes maisons faussent les données.

    Le nombre total de livres vendus a, lui aussi, baissé en 2013 (427 millions) par rapport à 2012 (441 millions). Une baisse conséquente !

    La littérature demeure le secteur qui génère le plus de chiffre d'affaires, soit 675,3 millions d'euros. Il devance largement les autres secteurs.  

    Le scolaire marque le pas, même si en termes de volume, il occupe toujours la seconde place (372,4 millions d'euros). Mais plus pour très longtemps, car ce secteur est en net recul (-20% ces trois dernières années). La concurrence d'internet y est pour beaucoup dans cette Bérézina.

    Le Poche démontre qu'il a su s'implanter partout et que ses consommateurs sont peut-être les plus fidèles. Avec un chiffre d'affaires de 343 millions, ce secteur représente 13,4% des ventes de livres. On note cependant un recul de son chiffre, peut-être dû à l'essor du numérique.

    Les livres pour la jeunesse occupent la place juste à côté du podium, à savoir la quatrième, avec quelque 342,4 millions d'euros, soit plus d'un livre sur dix. Même si le secteur a bénéficié il y a dix ans de l'énorme succès de JK Rowling et ses Harry Potter, on constate que ce secteur conserve un attrait important. Le salon de Montreuil, en banlieue parisienne, démontre chaque l'incroyable dynamisme et l'inventivité de ce secteur.

    Les Livres pratiques suivent de très près, avec 341,6 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Même si ce secteur marque très nettement le pas, on remarque quelques éclaircies dans la grisaille. En effet, les livres sur la santé et le bien-être sont de plus en plus achetés. Tout l'inverse pour la multitude de livres de cuisine. Malgré leur intérêt, le lectorat frôle l'indigestion (-5,2%). Baisse généralisée pour les ouvrages d'informatique, de sciences, de médecine ou de gestion, qui subissent la concurrence d'internet.

    Les Sciences humaines poursuivent leur recul, avec 243,4 millions d'euros. Là aussi, il ne faut pas chercher bien loin le principal responsable.

    Enfin ! La BD ! L'une de mes passions ! Avec 242,7 millions d'euros, le secteur stagne. Mais la franco-belge reprend du poil de la bête, contrairement aux mangas dont les ventes s'essoufflent.

    Les essais, documents et livres d'actualité dépendent de... l'actualité. Le chiffre de ce secteur peut donc fortement fluctuer d'une année à l'autre. Classé huitième avec quelque 85,3 millions d'euros, il pourrait augmenter très fortement en 2015 grâce aux (ou à cause des) attentats.

    Les dictionnaires et encyclopédies ne représentent plus grand-chose, à peine 72,4 millions d'euros. Compte tenu de leur prix unitaire moyen plus élevé, ces ouvrages voient leur recul se poursuivre depuis une bonne dizaine d'années. Fortement concurrencés par internet, ils sont voués à disparaître...

    Faut-il citer le dixième et bon dernier de ce classement ? Oui, car ce secteur a encore le mérite d'exister. Plus pour très longtemps. Représentant encore 1,8% des ventes (35,4 millions d'euros), les éditeurs de cartes et livres de géographie (tourisme) se tournent peu à peu vers des applications. La Toile finira très bientôt par éradiquer les derniers résistants qui ont pourtant connu de belles années... Mais ça, c'était avant !  

     

     

  • JOUR J !

  • Les vieux fourneaux - 3ème délire

    HA HA HA ! Tu te fais vieux, Perron !

    — Forcément, j'avais pas les bonnes chaussures !

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  • Les souliers rouges

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    « Juin 1944. Alors que la Bretagne est occupée par le 25e corps de l’armée allemande, Jules, 20 ans, fait la connaissance de Georges, un russe blanc en exil. Alors que Jules est un jeune homme de la terre, Georges est un curieux personnage : érudit, passionné et doué de savoirs très éclectiques en sciences physiques et naturelles, comme en philosophie des hommes. De cette rencontre improbable naît une amitié profonde, basée sur l’échange, dans un contexte historique qui ne la prendra pas sous l’aile de la bienveillance... »

    Des personnages très caricaturaux émaillent cette histoire basée sur des faits réels. En effet, le village de Saint-Nicolas-de-Pélem a payé un lourd tribut à la Seconde Guerre mondiale. Du collabo pouilleux ignoble et raciste au soldat malgré lui de l'armée régulière allemande, en passant par l'officier SS fanatisé, le scénario aligne les poncifs. Mais après tout, tant mieux, c'est aussi ce qui m'a plu.

    Le dessin est agréable et l'histoire finit par vous emporter. Du suspense, de l'action, des sentiments, cette BD historique faite de planches dessinées en couleurs directes à l'aquarelle mérite qu'on s'y attarde.

     

    Les souliers rouges

    tome 1 : Georges, février 2014, ISBN 978-2-8189-2565-2

    tome 2 : L'albinos, avril 2015, ISBN 978-2-8189-3295-7

    Bamboo éditions, Grand Angle

    Scénario : Gérard Cousseau

    Dessin : Damien Cuvillier

    48 pages - 13,90 €

     

  • L'avocat, le nain et la princesse masquée

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    « Quand on est avocat, spécialiste des affaires de divorce, coucher avec ses clientes est rarement une bonne idée. En fait, c'est même interdit. Mais lorsqu'il s'agit de Nolwenn Blackwell, un des mannequins les plus en vue du moment, difficile de résister.

    Hugues Tonnon s'est laissé tenter et mal lui en a pris. Au petit matin, deux flics viennent enfoncer le clou dans sa gueule de bois carabinée : Nolwenn a été assassinée. Et puisqu'il est le dernier à l'avoir vue vivante - et de près - il est le principal suspect.

    Pour l'inspecteur Witmeur, il ne fait même aucun doute qu'il est le coupable. Le flic a une revanche à prendre sur le baveux depuis que sa séparation lui a coûté une paire de faux seins... »

     

    TOP ! Vraiment très agréable à lire. L'auteur manie la relance en fin de chapitre, agrémente son texte de bons mots, plante admirablement le décor, et nous fait voyager. Lu en deux jours, cet excellent roman policier bien de chez nous a de quoi séduire quiconque cherche à découvrir l'histoire d'une cavale truffée d'humour.

    On reconnaîtra au passage quelques personnalités médiatiques ou du monde des affaires... à peine masquées.

    Il ne me reste plus qu'à acquérir les autres ouvrages de cet auteur né à Bruxelles.

     

    L'avocat, le nain et la princesse masquée

    de Paul Colize

    Pocket n°16128, mai 2015

    ISBN 978-2-266-25432-8

    352 pages - 6,80 €

  • Interview de Nathalie Rheims

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    Seule femme présente dans la deuxième sélection du prix Interallié 2015, finalement décerné à Laurent Binet, Nathalie Rheims a répondu à mes questions lors de son passage à Bruxelles.

    Découvrez la critique de son dernier roman : Place Colette (éditions Léo Scheer) 

    1. Lorsque la narratrice apprend que Pierre est célibataire, elle dit sans sourciller : « Je pensais déjà à notre mariage, à la façon dont nous allions pénétrer dans l'église au son de la marche nuptiale... » Réalisiez-vous l'aberration de la situation ? Et maintenant, 40 ans plus tard, cela ne vous choque-t-il pas ?

    Nathalie Rheims : C'est très abrupt cette question. Bien sûr que non. Il s'agit avant tout d'un roman, même si la narratrice s'inspire de ce que je suis. Que je sache, il n'y a pas écrit "autobiographie" ou "récit" sur la couverture. Donc la narratrice vit ça d'une façon pleine et entière. Elle aime cet homme, croit au prince charmant, et donc au mariage.

    Pourtant, à la page 182, elle dit « j'avançai vers la cage du fauve » lorsqu'elle s'approche de la loge.

    Cela n'empêche pas que le fauve en question lui procure des frissons, un sentiment de peur et d'exaltation. C'est ce qu'elle ressent, une excitation psychologique et non physique, car cet aspect-là est encore virtuel pour elle. Mais, en tout cas, à chaque fois qu'elle entre dans la cage du fauve, elle a le cœur qui palpite, l'envie de dompter le fauve, avec l'espoir qu'il ne vous sautera pas à la gorge.

    2. La littérature, quelle qu'elle soit, selon vous, contient-elle une part d'exhibitionnisme ?

    N.R. : Évidemment ! Dans la littérature du roman vrai ou de l'autofiction (deux choses différentes), évidemment qu'il y a de l'exhibitionnisme. On se met absolument tout nu au sommet de la tour Eiffel et l'on hurle. C'est la même appréhension que de rentrer dans la cage du fauve.

    3. Que répondez-vous à ceux qui pourraient vous accuser de faire l'apologie de la pédophilie ?

    N.R. : Le livre est sorti le 19 août 2015. Hormis un fou furieux qui tient un blog et qui inonde Amazon de commentaires pourris, personne de sensé n'a relayé cet avis. Je ne crois pas que les libraires auraient autant soutenu cet ouvrage si c'était le cas. Je n'ai pas de soucis par rapport à ça. J'ai écrit un roman avec toute la sincérité et le désir que j'avais de raconter cette histoire qui était horriblement casse-gueule, j'en ai parfaitement conscience.

    4. J'ai l'impression que ce livre était en gestation depuis longtemps et que c'était le bon moment pour le publier...

    N.R. : C'est vrai. Moi, je me considère comme un artisan. J'ai commencé à écrire il y a dix-sept ans, et plus ça va, plus j'ai l'impression de maîtriser les outils qu'il me faut pour façonner une histoire. Écrire, c'est mettre à distance. Il fallait que je sois prête.

     

     

     

  • Où en est l'édition numérique ?

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    L'édition numérique poursuit sa progression. En 2014, celle-ci représentait 6,4% des ventes de livres, pour 4,1% en 2013.

    Dans le secteur de l'édition professionnelle, le numérique devient même incontournable, car il représente d'ores et déjà près de 40% des ventes.

    La répartition des supports : sur tablette et ordinateur portable (50% des lecteurs), sur liseuse (22%) et sur smartphone (28%).

    Contrairement à ce que l'on pense, cette augmentation de lecteurs en numérique ne porte aucunement à conséquence sur les ventes de livres traditionnels.

    Ce type de lecture continuera à s'accroître dans les années qui viennent, notamment grâce aux établissements scolaires qui s'équiperont de tablettes et d'ordinateurs.

    Pour l'éditeur que je suis, je ne vois pas ce développement d'un mauvais œil, bien au contraire. Le livre numérique ne coûte rien au niveau du stockage, il ne se déprécie pas, il n'a pas la sensation d'être écrasé par ses concurrents, et il se vend 60% moins cher que son cousin en papier.

    La vitrine des éditions Méhari en numérique : cliquez ici

     

    Le plus important n'est-il pas que le plaisir de lecture subsiste, quelle que soit sa forme.

     

     

     

  • Le fléau de Dieu

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    « 1347. La Peste noire frappe le port de Marseille. 1348. Paris. Gabrielle d'Aurillay, 20 ans, mariée depuis deux ans à Henri, enceinte, est convaincue d'avoir épousé un prince charmant, en dépit de la modicité de leurs moyens. Jusqu'au jour où, atterrée, elle découvre que son époux n'est pas qui elle croit. Joueur, trousseur de puterelles, escroc, il est aussi en possession d'un diptyque énigmatique. Que recèle ce tableau ? Que signifient les phrases écrites en hébreu qu'il dissimule ? Est-il porteur d'un lourd secret, d'un message occulte ? Geoffroy d'Aurillay, chanoine et cousin d'Henri, connaît cette œuvre et met tout en branle pour s'en emparer. Quand la peste gagne Paris, le destin de tous bascule. Gabrielle doit enfin devenir la femme qu'elle ne rêvait pas d'être : celle qui décide et se prend en main. Au péril de sa vie comme de celle des siens. Y parviendra-t-elle ? Et si seul Dieu – ou le diable – connaissait la réponse ? »

    Mis à part un nombre un peu trop élevé de notes en bas de page, ce roman médiéval devrait ravir les amateurs du genre, dont je fais partie.

     

    Le fléau de Dieu

    d'Andrea h. Japp

    Flammarion, octobre 2015

    ISBN 978-2-0813-5364-0

    396 pages - 21,00 €

     

  • Green River

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    « Green River. Un pénitencier de haute sécurité, au fin fond du Texas. Un véritable enfer où la violence, la terreur et le racisme règnent en maîtres. Ray Klein, ancien médecin, y est incarcéré. Alors qu'il est sur le point d'être libéré, une émeute éclate dans la prison. Juliette Devlin, psychiatre judiciaire dont il est tombé amoureux, est prise en otage. Désormais, Ray n'a plus qu'une idée en tête : la sauver à tout prix. »

    Mais pourquoi fallait-il à ce point verser dans la vulgarité ? À toutes les pages, l'auteur en rajoute, au point qu'il a réussi à me dégoûter. Du cul, du cul, et encore du cul, pourvu que celui-ci soit sale... Bref, l'exercice est raté. Dommage car l'idée de départ est excellente.

     

    Green River

    de Tim Willocks

    Pocket n°14530, mars 2013

    ISBN 978-2-266-20857-4

    480 pages - 7,70 €

  • Louis XI le méconnu

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    « Louis XI : une personnalité complexe, beaucoup plus attachante qu'on ne l'a dit, et surtout infiniment plus subtile qu'on ne l'a cru. Malgré une santé toujours chancelante et les misères du temps, il consacra sa vie à une France qu'il voulut forte et prospère. Avec une extraordinaire habileté politique, il brisa les grands féodaux ligués contre la Couronne, mit fin à la Guerre de Cent ans, se donna le luxe de prendre ouvertement la défense du peuple contre les grands, et s'opposa même à ce qui, en son temps, incarnait le fondamentalisme religieux, l'Inquisition.

    Parcourant sans arrêt son royaume, pour y affirmer pleinement l'autorité d'un Etat impartial, il fut le plus présent sur ce que les politiques appellent aujourd'hui le terrain. Voilà pourquoi, ses adversaires le nommèrent l'universelle araigne, la postérité lui accordant le titre de prudent, terme à prendre ici au sens de vertu.

    Aux antipodes de la légende noire, ce livre, au style caracolant, rappelle avec brio que le vainqueur de Charles le Téméraire fut incontestablement l'un des plus remarquables chefs d'Etat que la France ait connus. »

    Gonzague Saint-Bris a le don de dépoussiérer le passé, de le rendre intéressant voire attrayant. Louis XI, fondateur de la poste moderne. Louis XI, un roi "normal", proche de ses sujets. Et une foule d'idées préconçues propagées par des écrits ou par une volonté de notre enseignement : noircir le tableau du Moyen Âge !

    Or, si l'on y réfléchit bien, cette époque marqua l'édification des cathédrales gothiques de Reims ou d'Amiens. Sans oublier les vitraux de la Sainte-Chapelle, les enluminures, les vases liturgiques, les ostensoirs, les reliquaires et j'en passe. Violente cette époque ? Souvent on l'associe aux bûchers, aux tueries, à la famine ou aux mauvaises conditions de vie. Violente ? Non, certainement pas plus violente que l'époque contemporaine.

    Enfants du jacobinisme, nous refusons de voir le Moyen Âge comme une réussite, car non gérée par un pouvoir central.

    Ce livre remet bien des idées en place. Pourquoi Louis XI n'est-il pas aussi étudié que ne l'est un Louis XIV ou un François Ier ? Parce qu'il brillait moins, voire pas du tout ? Parce qu'il était considéré comme quelqu'un de laid ? Ou parce qu'il vivait au Moyen Âge, ce Moyen Âge qu'on se plaît tant à stigmatiser.

     

    Louis XI le méconnu

    de Gonzague Saint Bris

    Albin Michel, novembre 2015

    ISBN 978-2-226-32072-8

    254 pages - 19,00 € 

  • 20 secondes !

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    Mais où se cache la magie des premiers tomes ?

    Ce dernier album scénarisé par Jean Van Hamme met fin à une carrière unique dans le monde de la bande dessinée.

    Philippe Francq poursuivra les aventures de Largo Winch, mais épaulé par Éric Giacometti.

    Ce "20 secondes" est certes un album bien construit, plaisant à découvrir, qui ne manque pas de scènes d'action avec son lot d'hémoglobine, mais l'humour apporté par Simon, la fougue de Largo, les complots fomentés par les présidents du Groupe W, tout cela a laissé sa place à une histoire sans grand relief. Largo est même plutôt absent, au même titre que Simon. On imagine que les querelles d'ego entre le dessinateur et le scénariste n'ont pas dû aider à concevoir cet album.

    La seule fois où j'ai pu croiser Jean Van Hamme, dont j'étais le fan absolu, je fus amèrement déçu, car renvoyé dans les cordes par un type qui se croyait être le nombril du monde. Est-ce un hasard si ses collaborations successives ont toutes tourné au vinaigre ? Il faut croire que non.

    Revenons à ce "20 secondes" somme toute assez moyen. Les scènes de sexe des différents protagonistes - même Miss Pennywinkle s'y colle - surpassent très largement une intrigue qui se résoudra grâce à la force d'une commandant Veenstra dont on se demande bien ce qu'elle fait là. Tout comme dans XIII et ses autres séries, j'ai la nette impression que Jean Van Hamme s'est emmêlé les pinceaux, ou s'est pris les pieds dans le tapis, ne sachant plus comment surprendre ses lecteurs désabusés. 

     

    20 secondes

    Largo Winch : tome 20

    Scénario : Jean Van Hamme, dessin : Philippe Francq

    Dupuis, novembre 2015

    ISBN 978-2-8001-6551-6

    48 pages - 13,95 €

     

     

     

     

  • Prisonniers nazis en Amérique

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    Les premiers prisonniers de guerre nazis faisaient partie des corps d'élite dirigés par Erwin Rommel : l'Afrikakorps ! Ces fanatiques n'avaient connu jusque-là que des victoires retentissantes.

    Envoyés dans des camps d'internement aux États-Unis, ils ont continué à entretenir l'idéologie nazie, et à croire à la victoire finale d'Hitler.

    Ces faits sont très peu relayés dans les livres d'histoire. Et pourtant, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils étaient plus de 380 000 !

    Daniel Costelle a réalisé un travail de fourmi et rassemblé de nombreux témoignages édifiants, dont voici un extrait :

    « Hans Werner Richter

    Pips a été emmené, enfin ce qu'il en restait, dans un hôpital. On ne l'a plus jamais revu. Et la terreur a continué. Nous, les antinazis, nous ne dormions pas souvent la nuit.

    C'était pire que ce que j'avais connu en Allemagne. Je veux dire qu'en Allemagne la terreur vous touchait au moment où vous étiez directement concerné, où elle vous tombait dessus. Autrement on pouvait ne pas la sentir. Dans une ville, on peut toujours se cacher, trouver des amis, il y a des rues, des portes, des fenêtres, on peut toujours s'enfuir. Dans un camp, on ne peut pas s'enfuir. Et la terreur, elle est continuellement présente, dans chaque baraque. On ne peut pas s'enfuir. On ne peut pas bouger, on est doublement pris au piège.

    – Mais il n'y avait pas de réactions ?

    – Non, la lâcheté générale, comme en Allemagne.

    – Vous ne pouviez pas prévenir les autorités du camp ?

    – Ça n'aurait servi à rien, à rien d'autre que de nous attirer des représailles. Pour les Américains c'était très simple. Tout ça n'avait pas, au fond, une grande importance. Il faut toujours en revenir à la Convention de Genève. Ce que les soldats prisonniers font entre eux, la puissance détentrice, elle, n'a pas à s'en mêler, sauf dans le cas d'assassinat, bien entendu. La version officielle pour Pips, par exemple, c'était : "est tombé en jouant au football..." De toute manière, pour les Américains, nous étions tous des soldats allemands, antinazis ou pas. »

     

    Ouvrage bien construit, clair, complété au centre par un cahier photos, qui relate des faits, des témoignages d'une partie de notre Histoire que d'aucuns préféreraient gommer des mémoires.

     

    Prisonniers nazis en Amérique

    de Daniel Costelle

    Pocket n°15378, octobre 2013

    ISBN 978-2-266-23406-1

    336 pages - 7,30 €

     

  • Une nouvelle librairie à Jette !

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    C'est assez rare pour le souligner : une nouvelle librairie généraliste vient d'ouvrir ses portes dans le nord de Bruxelles !

    300 m² ! Une table immense, très conviviale, des meubles sur mesure, la possibilité de déguster des salades, des sandwiches ou des pâtisseries, une disposition aérée. Mot passant a donc ouvert ses portes à Jette, à deux pas de la place Reine Astrid - plus connue sous le nom "place du Miroir" -.

    Michaël Veliu, le fondateur, couve le lieu du regard, comme la lionne surveille son lionceau. Ouverte 7 jours sur 7, la librairie organisera de nombreux événements, accueillera peut-être des clubs de lecture ou des ateliers d'écriture. Les locaux s'y prêtent à merveille.

    Bien conscient des difficultés du secteur, le patron compte sur la convivialité du lieu, sur ses heures d'ouverture, ainsi que sur la fréquentation de la "place du Miroir", bondée le dimanche, jour du marché.

    Et ce samedi, à partir de 15h30, j'aurai le plaisir d'y signer mes ouvrages, de répondre aux questions de BxFM, et de débattre avec Jean-Baptiste Baronian et Arnaud Delacroix.

     

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    300, avenue de Jette

    1090 Bruxelles (Jette)

    Tél : 02 311 45 44

    info@motpassant.be

    Ouvert du lundi au samedi de 10h00 à 19h00

    Nocturne le jeudi (jusqu'à 21h00)

    Dimanche de 09h00 à 18h00

     

  • Cassandra

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    « Boo et Junior ne se sont pas quittés depuis l'orphelinat. Aujourd'hui adultes, ils sont videurs dans un club de Boston. Avec leurs 215 kilos de muscles et leurs dix mille dollars de tatouages, ça leur va plutôt bien de jouer les durs. Mais quand on leur demande de rechercher la fille du procureur de Boston qui a disparu, ils vont devoir recourir à autre chose qu'à leurs biceps. Que la gamine fasse une fugue, soit. Il faut bien que jeunesse se passe. Mais quand elle se retrouve sous l'emprise de ses mauvaises fréquentations, c'est une autre histoire. »

    Quand deux costauds se font bien plus que secouer à cause d'une adolescente qui accumule les conneries, on rit, beaucoup même. Et le sang coule, les gnons s'empilent, la tension est palpable, le tout assemblé en mots crus.

    Un puzzle bien construit où les rebondissements s'emparent du lecteur, pour ne plus le lâcher.

    Dans la lignée des autres ouvrages de cette méga-excellente collection !

     

    Cassandra

    de Todd Robinson

    Gallmeister, néonoir, août 2015

    ISBN 97-2-35178-096-1

    384 pages - 17,50 €

  • Soirée caritative chez Filigranes !

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    Les fêtes de fin d'année se rapprochent à grands pas. Chez Filigranes, cette période rime avec « soirées caritatives » !

    Ce jeudi 29 octobre, vers 20h00, plusieurs auteurs seront invités à dédicacer leurs ouvrages au profit d'une association caritative, à savoir les « Amis de l'Institut Bordet ».

    Barbara Abel, Thierry Janssen, François de Brigode, Ghislaine Arabian, Jean-Marie Nogaret, Daniel De Bruycke, Martine Fallon, Emmanuelle Pirotte, Olivier Mouton, Bastien Vivès, Ruppert et Mulot. Rien que du beau monde.

    Le principe de ces soirées est simple, et très efficace : 20% des recettes totales de ces soirées, ainsi que 100% des recettes du bar sont reversées à une œuvre, une association, une ONG. Début à 20h00, fin vers 23h00, voire beaucoup plus tard. Voilà dix ans que cette opération fonctionne à merveille.

    Grâce à ses excellentes remises, la librairie ne perd pas d'argent durant ces soirées. Le personnel est également libre de reverser à ladite association le montant récolté grâce à leurs heures supplémentaires.

    À la différence d'autres librairie, Filigranes bénéficie d'une fréquentation constante qui lui permet de bien rentabiliser ces soirées. Tout bénéfice donc, car en plus de réaliser une bonne action, la librairie soigne sa communication.

     

    Où ?

    librairie Filigranes

    39-42, avenue des Arts

    1040 Bruxelles

    Tél : 02 511 90 15

  • Le papyrus de César

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    Succès assuré pour ce 36ème album des aventures d'Astérix !

    Quelque peu déçu par l'album précédent, je craignais vraiment de devoir tourner le dos définitivement à cette série qui accompagna mon enfance.

    Mais ce papyrus m'a replongé dans l'univers de Goscinny. Calembours, situations comiques, paraboles truculentes sur le monde de l'édition et de la presse, dialogues subtils, la lecture de ce dernier album m'a paru bien courte tant je me suis régalé.

     

    Le papyrus de César

    Scénario : Jean-Yves Ferri

    Dessin : Didier Conrad

    éditions Albert René, octobre 2015

    ISBN 978-2-86497-271-6

    48 pages - 9,95 €

     

     

     

  • Record du monde !

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    Adjugée à

    1 563 000 € !

    Lors de la vente aux enchères chez Sotheby's à Paris, la planche issue de l'album Le sceptre d'Ottokar a crevé les plafonds. 

    Jamais une double planche d'Hergé n'avait atteint de tels chiffres.

     

     

  • Licenciement massif des Playmates !

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    Changement de stratégie chez Playboy ! Exit les filles dénudées ! Place au Playboy plus soft, davantage tourné vers les réseaux.

    En concurrence directe avec Internet, où en un clic on accède à l'érotisme, voire à la pornographie, la direction du magazine Playboy a décidé de changer radicalement de cap.

    La ligne éditoriale du magazine s'oriente donc vers la vie nocturne, le luxe, l'humour, la culture, sans oublier les filles sexy. De quoi attirer une clientèle plus jeune, branchée. Le nom reste fort. Mais l'institution a perdu bon nombre de ses lecteurs. De près de six millions dans les années '70, on est passé à 800 000 actuellement (chiffres pour les États-Unis). Le magazine perd près de trois millions de dollars par an, mais cela s'équilibre grâce aux recettes générées par les nombreuses licences du petit lapin.

  • Le Réveil de la Force !

     

    Pourquoi parler de Star Wars dans un blog consacré aux livres ?

    Tout d'abord parce que je suis fan absolu (à l'instar de millions d'autres) de la saga.

    Ensuite en raison de la publication de dizaines d'ouvrages Star Wars depuis 1977. Outre ceux traitant des films et des personnages, on trouve également les romans publiés en poche.

    Rédigés notamment par Troy Denning (alias Richard Awlinson), Timothy Zahn, Aaron Allston, Karen Traviss ou Kevin J. Anderson, les romans suivent une chronologie bien précise.

    Les novélisations des six films sont l'œuvre de six auteurs différents. Même si l'épisode IV (Un nouvel espoir) est signé par George Lucas, on sait qu'il a officieusement fait appel au très célèbre Alan Dean Foster pour collaborer à l'écriture.

     

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  • Un nouveau venu !

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    Un nouveau féminin. Un de plus ! Imprimé à 100 000 exemplaires, ce magazine s'adressera aux mamies de 50 ans et plus, voire beaucoup plus.

    Bien sûr, il restera loin de ses principaux concurrents, à savoir "Notre Temps" ou "Pleine Vie" qui totalisent à eux deux près d'un million cinq cent mille lecteurs.

    Le groupe Prisma a décidé de frapper fort et d'utiliser les grands moyens pour favoriser le lancement de son nouveau bébé. Affichage national (France), passages radio...

    Le prix de vente a été fixé à 4,50 €, légèrement supérieur à ses concurrents directs, mais le groupe a besoin de rentabilité sur les ventes, de façon à ne pas dépendre trop des recettes publicitaires. C'est un pari.

    Serengo compte cibler les séniors connectés, branchés, jeunes d'esprit... et relativement aisés financièrement.

    Les marchands de journaux devront donc faire une petite place pour ce nouvel arrivé. Pas si évident quand on voit l'incroyable diversité des magazines en rayon.