L'actu-livres de Marc Varence - Page 2

  • Il faut avoir le cœur bien accroché !

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    « Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l'entraînement, lui et Murphy, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays. Une promesse vaine... Murphy mourra sous ses yeux et le hantera toute sa vie.

    Yellow birds nous plonge au cœur des batailles où se déroule le quotidien du régiment conduit par le sergent Sterling. On y découvre les dangers auxquels les soldats sont exposés jour après jour. Et le retour impossible à la vie civile. »

    À côté de ce qu'ont vécu ces jeunes hommes, notre existence est d'une banalité affligeante. Mais pour rien au monde je n'échangerais ma place contre la leur. 

    Kevin Powers raconte la sensation d'écrasement, d'impuissance, d'absurdité, ainsi que l'horreur d'une guerre asymétrique. Revenu à la vie civile, le soldat n'a pas les armes pour se réinsérer. Il cherche en permanence, nuit et jour, la crosse de son fusil. Il est livré à la mort par extinction, après avoir côtoyé la mort par explosion.

    Lire cet ouvrage est un exercice en soi, et il est déconseillé aux dépressifs. Quand les George W. Bush, John Ashcroft, Dick Cheney ou encore Donald Rumsfeld dorment comme des bébés, assis sur des paquets de dollars, les G.I.'s ont des nuits peuplées de cauchemars. 

    Pour décrire l'horreur, il faut deux choses : avoir vécu la cruauté des hommes et avoir du talent littéraire. Kevin Powers décrit les morts vivants comme personne.

     

    Yellow Birds

    de Kevin Powers

    LGF n°33305, avril 2014

    ISBN 978-2-253-17732-6

    240 pages - 6,60 €

  • Guillaume Musso caracole en tête

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    Selon le classement du Figaro littéraire, Guillaume Musso conserve son leadership des auteurs qui ont vendu le plus d livres en France au cours de l'année 2015.

    Et de très loin, car il devance son meilleur ennemi, à savoir Marc Levy, de près de 700 000 exemplaires. 

    Par rapport à l'année précédente, cinq entrants (Fred Vargas, Michel Houellebecq, Joël Dicker, Delphine de Vigan et Jean-Christophe Rufin) et cinq sortants (Katherine Pancol, Patrick Modiano, David Foenkinos, Pierre Lemaître et Laurent Gounelle).

    Très honnêtement, je n'imaginais pas que Françoise Bourdin ait autant de fidèles. Quant à Michel Houellebecq, je n'apprécie ni le personnage ni l'écrivain. La lecture de ses Particules élémentaires me laisse un arrière-goût âcre, désagréable... Même si je suis arrivé au bout, ce fut fastidieux. Je n'avais tout simplement pas envie de mourir sans avoir lu au moins un ouvrage signé Houellebecq. Depuis, j'en ai lu d'autres, mais je me suis à chaque fois demandé ce qu'on pouvait trouver de génial dans son écriture...

     

    1. Guillaume MUSSO : 1 753 500

    2. Marc LEVY : 1 076 700

    3. Michel BUSSI : 1 026 800

    4. Gilles LEGARDINIER : 782 800

    5. Fred VARGAS : 708 100

    6. Michel HOUELLEBECQ : 702 300

    7. Françoise BOURDIN : 687 700

    8. Joël DICKER : 673 500

    9. Delphine de VIGAN : 553 300

    10. Jean-Christophe RUFIN : 470 500

  • Le numérique, une aubaine pour l'auto-édition !

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    Cultura et Librinova s'associent pour lancer une nouvelle plate-forme d'auto-édition : La Boutique des Auteurs !

    Pour les auteurs qui rencontrent des difficultés à convaincre une maison d'édition de publier leur manuscrit, il s'agit très certainement d'une aubaine.

    Le site propose aux candidats auteurs "la publication de leur manuscrit en version numérique ainsi que la diffusion à travers un système ouvert". Disponibles sur les sites de vente en ligne, cela permettra à ces textes de ne pas moisir au fond d'un tiroir... et qui sait, de rencontrer un certain succès.

    En cas de sélection par un comité éditorial composé de professionnels, le livre pourrait bénéficier d'un réel soutien sous forme d'une mise en avant sur Cultura.com, voire d'une publication en version papier.

  • Nicolas Sarkozy en campagne !

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    120 000 exemplaires ! C'est le tirage du livre autobiographique de Nicolas Sarkozy, à paraître chez Plon le 25 janvier prochain. Il y a huit ans, le premier ouvrage signé par l'ancien président avait dépassé la barre des 50 000 exemplaires vendus.

    "La France pour la vie" serait une vision objective de ses erreurs et de ses réussites. Mouais ! Ça sent le coup de com' à plein nez, à l'approche des primaires côté Républicains pour l'élection présidentielle de 2017.

    Je ne crois pas - plus - aux hasards, surtout lorsqu'ils sont aussi gros. Et très franchement, cela me met mal à l'aise. D'autant qu'ils le font tous, publier un ouvrage de pure fausse sincérité. Alain Juppé ("Pour un État fort", chez JC Lattès), Jean-François Copé ("Le Sursaut français", chez Stock), Nathalie Kosciusko-Moriset ("Le déclin ou l'audace", chez Albin Michel) ou encore Bruno Le Maire ("Quand la France se relèvera", chez Albin Michel), ils se découvrent toujours des talents littéraires aux moments opportuns. Après tout, Roger Federer ou Novak Djokovic jouent toujours mieux lors des jeux importants, en fin de set.

  • Jussi Adler Olsen : l'interview !

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    Sur les tables des libraires depuis le 7 janvier dernier, le thriller "Promesse" de Jussi Adler Olsen occupe déjà le top 20 des meilleures ventes. Chez Albin Michel, peu d'auteur(e)s peuvent prétendre de tels accueils.

    Ce lundi 18 janvier 2016 restera gravé en ma mémoire, car j'ai eu la chance de pouvoir interviewer l'auteur, de passage à Bruxelles. Une première fois qui, je l'espère, appellera d'autres rencontres avec l'écrivain danois aux 13 millions d'exemplaires vendus et traduit en plus de trente langues.

    Critique de Promesse publiée sur Actu-Livres.

    Marc Varence : Assad ne maîtrise pas les expressions ou les subtilités de la langue. Par contre, il possède un réel pouvoir de déduction. Est-ce le personnage le plus important du département V, peut-être plus de Carl Mørck lui-même ?

    Jussi Adler Olsen : Oui ! Bien sûr ! Assad est le catalyseur de tout. Ses secrets, son humour... On peut s'interroger à propos de son nom, de ses origines - il en est d'ailleurs question dans "Promesse" -... On peut même se demander s'il a autant de mal que ça à comprendre le danois.

    M.V. : Pirjo représente le Mal absolu, prête à tout pour protéger ses intérêts et s'accaparer Atu. Comment expliquer que le lecteur attende avec autant d'impatience de découvrir les chapitres consacrés aux manigances et aux meurtres de Pirjo ?

    J.A.O. : Quelle est la chose la plus importante dans toute l'histoire ? La revanche. "Les Misérables", "Le Comte de Monte-Cristo", les romans de Dickens, la revanche est au centre de tout. Pirjo a soif de revanche. Elle est profondément blessée de ne pas être désirée par Atu, de ne pas avoir été choisie. Elle ne supporte pas l'indifférence de l'homme qu'elle aime par-dessus tout. La jalousie ! C'est facile à comprendre, car après tout, qui n'a jamais été jaloux dans sa vie ?

    M.V. : Lorsqu'on me parle d'auteurs danois, un premier nom me vient naturellement à l'esprit, bien éloigné de votre genre de prédilection : Andersen ! Quant aux contemporains, on peut citer, outre vous-même, Peter Høeg, Michael Larsen ou Leif Davidsen. Vous fréquentez-vous les uns les autres ? Et si oui, y a-t-il une quelconque rivalité ?

    J.A.O. : Leif Davidsen est un très bon ami. Il écrit depuis si longtemps que je l'ai effectivement lu, alors que je ne lis plus aujourd'hui les auteurs de polars. Michael Larsen était auparavant LA référence... Il a été au firmament, mais il a fini par lasser son lectorat. Il fait trop de recherches. Le public veut assez de recherches, mais pas trop. Un savant mélange pour pouvoir nourrir le propre imaginaire du lecteur.

    M.V. : Enfant, pouviez-vous imaginer devenir un jour le romancier à succès d'aujourd'hui ?

    J.A.O. : Oui et non. Je savais que j'étais capable d'écrire, pour avoir participé et remporté pas mal de concours d'écriture. Mon père m'a dit un jour : « Tu as tellement de talents différents, essaie de tous les utiliser dans ta vie. » 

    C'est ce que j'ai essayé de faire. L'enfant que j'étais ne pouvait pas savoir que ce serait l'écrivain qui émergerait. J'ai aussi été éditeur. Mais la plupart de mes collègues sont morts jeunes, entre 50 et 60 ans, car ce métier était trop harassant, trop stressant.

    Comment être créatif, vivre longtemps et ne jamais devoir prendre sa retraite ? Pour moi, la réponse était toute trouvée : deviens écrivain !

    M.V. : Vous avez vendu des BD dans votre jeunesse. Lors de votre passage ici, à Bruxelles, comptez-vous en profiter pour vous rendre dans une librairie spécialisée ? Ou au musée de la bande dessinée ? Et envisagez-vous d'adapter vos romans en BD ?

    J.A.O. : J'étais l'éditeur des bandes dessinées belges au Danemark. C'était mon métier. Alors, Dieu sait si j'ai été partout, avec beaucoup d'attention et de plaisir. Une adaptation des enquêtes du département V ? Bien sûr que j'y ai pensé, mais cela reviendrait très cher. C'est très compliqué, car cela représenterait un nombre de planches incroyable. Un travail énorme. Cela dit, Marc, trouvez-moi un éditeur belge, vous scénarisez mes histoires et je signe aussitôt. 

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  • Du grand Modiano !

  • "Mein Kampf" déjà en rupture de stock !

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    Quelques jours ont suffi pour écouler le premier tirage de la version commentée de "Mein Kampf".

    Le livre signé par le petit moustachu sera publié en 2016 par les éditions Fayard. La maison se défend de vouloir réaliser un coup éditorial. Depuis l'annonce de cette publication, le débat est lancé et la contestation grandit.

    Une pétition lancée sur la toile demande à accompagner l'ouvrage d'un bandeau "Attention : texte de propagande raciste, antisémite et génocidaire". Déjà signée par de nombreux écrivains et autres acteurs du monde du livre, la pétition veut mettre l'accent sur la dangerosité et surtout l'inutilité de publier un tel livre.

    Comme le précisent les auteurs de la pétition : « Les idées racistes, la xénophobie, l’antisémitisme, la haine de l’autre, sont toujours présentes en Europe et dans le monde d’aujourd’hui. On assiste même à un regain de la diffusion de ces appels à la haine et à la violence, facilitée par les nouvelles technologies, par Internet et les réseaux sociaux. »

    D'après moi, l'édition critique "Mein Kampf" n'a rien d'un petit livre qu'on achète sur un coup de tête, dans un Relay avant de prendre un train. Si l'édition française s'apparente à la version publiée en Allemagne, celle-ci pourrait dissuader un opportuniste quelconque de le publier dans sa version originale. La directrice des éditions Fayard insiste d'ailleurs sur ce point : pas question d'engranger le moindre bénéfice !

     

    Certains chiffres de vente de "Mein Kampf" dans l'histoire dépassent les dix millions, voire les vingt millions. Pas mal quand même pour un tel torchon ! Mais Hitler n'est qu'un amateur à côté de Mao. Côté génocide, Mao supplante largement le tyran nazi. Et son Petit Livre rouge s'est lui écoulé à plus de 900 millions d'exemplaires.

    Alors... Faut-il oui ou non mettre sur le marché la nouvelle édition de "Mein Kampf" ?

    Vous-même, seriez-vous susceptible de l'acheter ?

    Pour quelle(s) raison(s) ?

    Les éditions Fayard cherchent-elles à réaliser un coup de com' ou veulent-elles apporter une vision critique du pamphlet ?

    On publie déjà plus de 200 nouveautés par jour. Celle-ci était-elle indispensable ?

     

  • Rosy & John

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    Si vous devez effectuer prochainement un vol vers votre destination de vacances, ce court roman sera votre compagnon idéal. Deux petites heures de lecture suffiront amplement et vous propulseront à la vitesse de l'éclair dans votre chambre d'hôtel.

    Pierre Lemaître nous explique dans sa préface qu'il s'agit d'une commande pour le soixantième anniversaire du Livre de Poche. Et une commande venant d'un tel éditeur, ça ne se refuse pas... même si l'auteur en question est plongé jusqu'au cou dans la rédaction d'un futur prix Goncourt.

    Et pour cette commande, Pierre Lemaître a sorti de la naphtaline son héros favori : le commissaire Camille Verhoeven.

    La trilogie Verhoeven compte donc quatre volumes, ou plutôt, trois et demi. Après tout, les trois Mousquetaires n'étaient-ils pas au nombre de quatre ?

    Rosy et John, ce sont en fait Rosie et Jean. Mère et fils. La première est en taule pour un meurtre "impulsif". Le second vient de faire sauter un obus de 140 mm datant de la Première Guerre mondiale en plein Paris. Et il menace d'en faire péter six autres si l'on ne libère pas sa mère.

    Vu l'ampleur des dégâts, l'urgence s'impose, d'autant qu'il précise qu'une bombe sautera chaque jour, tant qu'il n'aura pas obtenu satisfaction.

    Jean Garnier a méticuleusement préparé son coup, jusqu'à demander que son seul interlocuteur de la police soit... Camille Verhoeven.

    Texte génial, comme la plupart des œuvres estampillées "Lemaître". Rebondissements, humour, construction, tout y est.

     

    Rosy & John

    de Pierre Lemaître

    LGF n°33423, 2014

    ISBN 978-2-253-17595-7

    144 pages - 5,90 €

     

     

  • Un livre ne meurt jamais !

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    1933, Adolf Hitler vient de prendre les rênes du pouvoir. La folie s'empare de tout un pays. Erich Kästner est un écrivain connu et reconnu. Son roman pour enfants "Émile et les Détectives" s'est écoulé à plus de deux millions d'exemplaires en 1929. Paru sous le titre original de "Fabian ou l'histoire d'un moraliste", cet ouvrage fait polémique. Son ton pique la vision d'une Allemagne exemplaire.

    En 1933 donc, Erich Kästner assiste à l'autodafé de ses propres livres. Il n'y a pas pire crime que celui de brûler des livres !

    « Un étudiant rugit : "Contre la décadence et la dégénérescence morale ! Pour la défense de la décence et des bonnes mœurs de la famille et de l'État…" Un autre poursuit l’imprécation : "... je livre aux flammes les œuvres d'Heinrich Mann, Ersnt Glaeser et Erich Kästner !" Une femme dans la foule excitée crie : "Kästner est là !" Et Erich Kästner, écrivain superstar qui n’avait pas voulu quitter son pays pour chroniquer cette fièvre nazie qu’il croyait passagère, fuit pour se perdre dans la nuit berlinoise et les oubliettes de l’histoire littéraire allemande.

    Plus de 80 ans ont passé. L'œuvre renaît de ses cendres. Comme par magie. La littérature n'a-t-elle pas un côté magique, tout comme la musique ? D'une page blanche, le compositeur, ou l'écrivain, parvient à créer un monde onirique qui emporte les foules. C'est aussi cet aspect-là qui attire tant.

    Je me suis plongé dans l'abîme, curieux. Mis à part quelques tournures anciennes, le roman n'a pas pris une ride. Choquant ? Non. En tout cas, pas à notre époque. Bien écrit ? Sans aucun doute. On doit certainement retrouver en Fabian l'auteur lui-même. Car Erich Kästner était bien ce dandy des années folles, écumant les nuits berlinoises. 2016, Berlin a retrouvé sa réputation de ville où l'on fait la fête. Le fantôme de l'écrivain vilipendé dès l'avènement de la barbarie nazie doit certainement profiter à nouveau des plaisirs nocturnes, fussent-ils dissolus.

    Ce roman était l'œuvre d'un visionnaire, car tout laisse augurer un avenir bien sombre. De nos jours, un tel livre aurait très certainement pu être commis par un Frédéric Beigbeder ou une Virginie Despentes. L'avantage a l'heure du numérique, c'est que l'autodafé n'a plus aucun sens.

     

    Vers l'abîme

    d'Erich Kästner

    éditions Anne Carrière, janvier 2016

    ISBN 978-2-8433-7760-0

    274 pages - 21,00 € 

  • "Promesse", le sixième de la série concoctée par Jussi Adler Olsen

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    « Bornholm, une île danoise de la mer Baltique, fin des années 1990. Le cadavre d'une jeune fille est retrouvé dans un arbre, son vélo broyé au bord de la route.

    Aucune trace du chauffard : affaire classée. Sauf pour un inspecteur de la police locale qui finit dix-sept ans plus tard par demander l'aide de l'inspecteur Carl Mørck. Avant de se tirer une balle dans la tête. »

    L'équipe du département Vrevient sur scène pour déterrer et dénouer cette "cold case". Au centre de l'enquête, ce suspect n°1, un certain Frank, désigné par Christian Habersaat, l'inspecteur de police s'étant fait sauter le caisson lors de son drink organisé pour sa retraite. Quinze ans plus tard, ce Frank est devenu un gourou adorateur d'Horus. À ses côtés, sa vestale, une certaine Pirjo dont l'esprit retors et machiavélique fera d'elle une tueuse en série sans le moindre scrupule. Assad, Rose et Carl auront bien des fils à détricoter, et pas seulement sur l'île de Bornholm.

    Thriller haletant, sixième volet des aventures de Carl Mørck qui, on s'en doute, doit avoir quelques points communs avec son créateur, l'écrivain danois aux quelque 13 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Traduit en plus de trente langues, l'œuvre du Scandinave ne déroge pas aux règles d'écriture du genre : moult rebondissements, construction en chapitres alternés, intrigue bien ficelée, vocabulaire accessible au grand public, dialogues et la pincée d'humour apportée par Assad, le collègue syrien.

    Certes, une traduction n'est pas toujours parfaite, mais on ne demande pas à un thriller d'épouser le style littéraire de Jean d'Ormesson. Après tout, pour moi, c'est avant tout l'histoire qui compte et non l'habileté stylistique. Et de ce côté, Jussi Adler Olsen nous gâte.

     

    Promesse

    de Jussi Adler Olsen

    Albin Michel, janvier 2016

    ISBN 978-2-226-31946-3

    656 pages - 22,90 € 

  • Un site incontournable : ASFORED !

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    Née en 1972, l'A'SFORED signifie « Association nationale pour la formation et le perfectionnement professionnels dans les métiers de l'édition ». Cette école propose un BTS Édition, formation étalée sur deux ans. La préparation au BTS est dispensée en alternance : une semaine au CFA et l'autre en entreprise.

    Mais l'Asfored, c'est aussi LE portail le plus visité pour ses offres d'emploi dédiées aux métiers du livre. Chaque année, ce sont plus de 500 annonces en tous genres (stages, CDD, CDI, freelance) pour des fonctions éditoriales, de la conception graphique, des tâches liées à l'impression, des fonctions commerciales (diffusion) ou des postes en bibliothèques et autres librairies.

    Plus d'infos sur : www.asfored.org

     

  • L'académie Goncourt accueille deux petits nouveaux !

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    Autour de son président, Bernard Pivot, neuf autres couverts sont dressés, ceux de Pierre Assouline, Philippe Claudel, Didier Decoin, Tahar Ben Jelloun, Patrick Rambaud, Françoise Chandernagor, Paule Constant, et très bientôt deux nouveaux venus : Virginie Despentes et Éric-Emmanuel Schmitt !

    Avec les départs de Régis Debray et surtout d'Edmonde Charles-Roux (âgée de 96 printemps), l'académie prendra un sérieux coup de jeune.

     

  • Iain Levison adapté au cinéma !

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    Excellente nouvelle : le talent de Iain Levison enfin transposé sur grand écran. Son roman "Arrêtez-moi là", dont j'avais posté la critique il y a un an à peine, ouvre la bal. En attendant l'adaptation de l'excellentissime "Un petit boulot".

     

  • Les jours Areuh, le nouveau récit de François d'Epenoux !

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    J'ai l'impression très nette que cet ouvrage est un peu comme une respiration dans la carrière de l'auteur. Et le mot « respiration » prend tout son sens quand on sait qu'il s'agit de l'histoire d'un accouchement difficile et d'une paternité arrivée sur le tard. Entre le fils né prématurément n'affichant que quelques kilos sur la balance, et le père qui en comptabilise 96, une symbiose s'installe, une connivence, un dialogue muet, un beau message d'amour filial.

    François d'Epenoux n'en est pourtant pas à son coup d'essai. L'auteur des "Papas du dimanche" (2005) est déjà trois fois papa. La venue de ce petit dernier prénommé Oscar vient donc chambouler son quotidien, et plus spécialement ses nuits.

    Car cet ouvrage ne dure qu'une bonne heure, dès 03h03, le temps d'un biberon, porte ouverte vers une réflexion, une communion, et des plongées très courtes vers le sommeil. Je le verrais bien disposé en pile dans toutes les librairies/magasin de peluches/petites épiceries des maternités. 

    Récit autobiographique laissant émerger quelques passages enfiellés sur notre gestion de la planète, message d'espoir adressé à tous ces nourrissons qui seront assurément aux commandes de notre monde dans les prochaines décennies.

    « Je ne sais pas ce que tu vises, petit athlète. Mais je te le répète, vise juste. Pas l'argent. Pas les honneurs. Pas la carrière — quelle carrière, dans quelle entreprise, dans quelle fuite en avant, à l'heure où le système montre si superbement ses limites ? Vois du monde en visitant le monde. Apporte-lui ta petite pierre, ça lui fera du bien et à toi aussi. »

    Et last but not least, à l'instar de ses autres livres, admirablement rédigé.

     

    Les jours Areuh

    de François d'Epenoux

    Anne Carrière, janvier 2016

    ISBN 978-2-8433-7806-5

    144 pages - 15,00 € 

     

  • La rentrée de janvier !

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    Chaque année, la rentrée de janvier apparaît comme la rentrée bis, la rentrée pour ceux qui se désintéressent des prix - peut-être parce qu'ils n'en ont pas vraiment besoin -, ou encore celle qui permettra à un nouveau talent d'éclore et de se révéler, car il est plus facile d'être remarqué.

    La moisson 2016 compte 476 romans, 73 de moins qu'en 2015. 73, c'est aussi la quantité de premiers romans qui entrent en lice.

    Côté étranger, on attend avec impatience la sortie de la nouvelle enquête du département V, intitulée "Promesse", de l'écrivain danois Jussi Adler Olsen, à paraître ce 7 janvier chez Albin Michel. C'est d'ailleurs le livre que je dévore en ce moment. Autre star, Haruki Murakami nous dévoilera deux textes inédits, "Écoute le chant du vent", chez Belfond. Inutile de dire que l'auteur de "1Q84" sera une nouvelle fois l'une des attractions de la rentrée. 

    Côté français, Jean d'Ormesson n'a pas l'intention de s'arrêter et nous offrira ses mémoires chez Gallimard avec ce "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle". Tant mieux pour lui, oserai-je dire. Le seizième roman de Jean Echenoz a pour titre "Envoyée spéciale". L'auteur des excellents "Courir" et "14" reste fidèle aux éditions de Minuit. Cela fait cinq ans qu'on l'attendait, ce nouveau roman de Camille Laurens. Enfin le voilà ! "Celle que vous croyez", chez Gallimard, raconte la vie d'une femme qui tourne le dos à toute forme de renoncement, quitte à en payer le prix fort. Olivier Adam décortique un nouveau fait divers. Chez Flammarion, son nouveau roman "La Renverse" devrait très rapidement truster le classement des meilleures ventes. Il est attendu pour... aujourd'hui, 6 janvier. Autre valeur sûre, Philippe Claudel revient en littérature avec "L'arbre des Toraja", chez Stock.

    «Une jeune femme sans nom arrive sur une île, en été.
    Elle traverse en autobus un paysage aride jusqu'à une plage où elle est déjà venue avec un ami. Elle se souvient d'une grotte où ils se sont aimés.
    Il n'y a personne sur la plage, pas un souffle de vent. La taverne est fermée.
    Elle se baigne nue.
    Est-elle aussi seule qu'elle le croit? En quittant la plage quelques jours plus tard, elle ne sera plus la même. Jamais plus.»

    Tel est le texte en quatrième de couverture du nouveau roman de Marie Nimier, "La plage" (Gallimard). Pour le moins insolite.

    Reste l'ovni Édouard Louis dont son "En finir avec Eddy Bellegueule" (Seuil) n'était pas passé inaperçu. Il avait même fait un tabac. Il présente "Histoire de la violence", toujours aux éditions du Seuil et, à n'en point douter, est attendu au tournant, un peu comme l'était Joël Dicker.

     

  • Quand souffle le vent

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    Au début du XXème siècle, dans une région minière du nord de la France, André Mortier n'a aucun scrupule à faire travailler ses ouvriers dans des conditions dantesques, ne se souciant que peu ou pas du tout de leur sécurité.

    Quand une caravane de Tsiganes vient à s'arrêter pour quelques jours dans leur petite ville, des tensions enfouies refont surface.

    Sur fond d'histoire d'amour entre Kheshalya, la belle Tsigane, et Antoine, un jeune mineur, un drame social se noue.

    Une histoire couleur sépia bien construite, parue en 2009, qu'on peut retrouver depuis peu en solderies et qui vaut vraiment le coup.

     

    Quand souffle le vent

    Scénario : Laurent Galandon

    Dessin : Cyril Bonin

    Dargaud, 2009

    ISBN 978-2-5050-0601-5

    56 pages - 14,99 € (disponible dans certaines solderies au prix de 1,00 €) 

  • L'Allée du sycomore

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    « Seth Hubbard, homme riche atteint d’un cancer, n’a confiance en personne. Avant de se pendre à un sycomore, il laisse un testament manuscrit. Ce document va plonger ses enfants désormais adultes, sa femme de ménage noire et l’avocat Jake Brigance dans un conflit juridique aussi brutal et dramatique que le procès pour meurtre qui avait défrayé la chronique dans le comté, seulement trois ans plus tôt.

    Ce second testament va soulever bien des questions sans réponses. Pourquoi Seth Hubbard veut-il laisser presque toute sa fortune à sa femme de ménage ? La chimiothérapie et les antalgiques ont-il affecté ses facultés de jugement ? Et quel rapport tout cela a-t-il avec cette parcelle de terre qu’on appelait autrefois l’allée du Sycomore ? »

    John Grisham n'a pas pour but d'emberlificoter ses lecteurs dans d'obscurs méandres juridiques pour montrer sa connaissance approfondie des textes de lois. Non. Son unique objectif est de captiver son lectorat, de le rendre accro. 

    Cette "Allée du sycomore" m'a emporté dans le Mississippi  ségrégationniste, séduit tant par la force de l'intrigue que par sa simplicité, voire son évidence. Les quelque 760 pages se tournent avec la régularité d'un métronome.

    On veut absolument savoir ce qu'il va advenir des différents personnages, à commencer par Lettie Lang et Jake Brigance. Très caricatural certes, mais surtout très efficace. On se doute qu'Ancil Hubbard, frère cadet de Seth, aura un rôle crucial à jouer, mais lequel ? On se doute que les enfants déshérités mentiront comme des arracheurs de dents. On espère que justice sera faite, même si les apparences ne sont pas franchement favorables à Lettie, d'autant que son Simeon de mari accumule les conneries. Au final, John Grisham signe un roman très réussi qui, très certainement, sera adapté un jour au cinéma.

     

    L'Allée du sycomore

    de John Grisham

    Lgf n°33774, mai 2015

    ISBN 978-2-253-09306-0

    768 pages - 8,90 €

     

     

  • Fox-trot

  • La marche impériale

  • Bon réveillon !

  • Tout ça pour ça !

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    Cinq années ont passé depuis la parution du premier tome. L'idée était prometteuse et l'entrée en matière plutôt réussie, malgré un scénario assez... alambiqué. 

    Éric Loutte et Emmanuel Herzet nous dévoilent enfin la suite, et tout tombe à plat. On s'y perd, entre les agents du Mossad, de la CIA, de la "CIAbis", de la sécurité de Thirdnail... À croire que même le scénariste a dû s'y emmêler les stylos.

    L'écriture est ramassée et pour lire les notes en bas de page, il faut être un jeune pilote de F-16 doté d'une vue de lynx.

    Les "plop" des silencieux, les "paw" des pistolets et les "ratak" des fusils mitrailleurs s'enchaînent, dégommant les méchants, pendant que ce bon vieux Tyler se faufile entre les impacts.

    Cinq années d'attente pour... ça. Pffff. Quelle déception.

     

    ALPHA Premières armes 

    tome 2 : Solo

    dessin : Éric Loutte

    scénario : Emmanuel Herzet

    Le Lombard (troisième vague), novembre 2015

    ISBN 978-2-8036-3236-7

    48 pages - 12,00 €

  • Best-sellers 2015

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    Quelques chiffres de vente :

    Rien que durant la 51ème semaine, quelque 52 252 exemplaires du livre de Delphine de Vigan se sont écoulés. Depuis sa parution, on dénombre 322 127 sorties caisse. Sacré Prix Renaudot et Prix Goncourt des lycéens, "D'après une histoire vraie" est LE grand gagnant de la rentrée littéraire de septembre.

    "Le papyrus de César" fait toujours la course en tête, loin devant, avec 98 532 albums vendus du 14 au 20 décembre. Au total, le 36ème tome des aventures du petit Gaulois s'est vendu à 1 444 186 exemplaires. C'est presque moyen pour un tel personnage.

    Depuis les attentats à Paris, plus de 100 000 exemplaires de "Paris est une fête" (Ernest Hemingway) ont séduit les lecteurs. Cet achat est plus symbolique.

    L'année 2015 a été marquée par la vente de valeurs sûres, qui trustent le top 100 presque sans interruption :

    "La Fille du train", de Paula Hawkins (Sonatine) : 15ème, 33 semaines de présence

    "L'instant présent", de Guillaume Musso (XO) : 16ème, 39 semaines de présence

    "La vérité sur l'affaire Harry Québert", de Joël Dicker (de Fallois) : 20ème, 82 semaines de présence

    "L'arabe du futur T.1", de Riad Sattouf (Allary) : 33ème, 80 semaines de présence

    "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", d'Harper Lee (Lgf) : 43ème, 68 semaines de présence

    "Rien ne s'oppose à la nuit", de Delphine de Vigan (Lgf) : 55ème, 58 semaines de présence

    "Je suis Pilgrim", de Terry Hayes (Lgf) : 58ème, 38 semaines de présence

    "Vers la sobriété heureuse", de Pierre Rabhi (Actes Sud) : 65ème, 57 semaines de présence

    "Central Park", de Guillaume Musso (Pocket) : 70ème, 39 semaines de présence

    "Elle & Lui", de Marc Levy (Robert Laffont) : 77ème, 33 semaines de présence

    "Au revoir là-haut", de Pierre Lemaître (Lgf) : 94ème, 35 semaines de présence

     

    En marge de ces résultats, il faut noter le record de Laurent Gounelle pour son "L'homme qui voulait être heureux", qui comptabilise 242 semaines de présence dans le top 200.

    Autre phénomène : "Le Petit Prince", d'Antoine de Saint-Exupéry (Folio Junior n°100) ! Ce n'est pas une surprise. Il serait anormal de ne pas retrouver ce chef-d'œuvre de la littérature dans le classement. Il est encore 133ème lors de la 51ème semaine de 2015.

  • Triste disparition de Jean-Marie Pelt

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    Pharmacien, biologiste, botaniste et écrivain, Jean-Marie Pelt nous a quittés à l'âge de 82 ans. J'ai eu la chance de le rencontrer à Bruxelles, à l'occasion de la parution de "La raison du plus faible" (Fayard, 2009). Né en Moselle, écologiste convaincu, Jean-Marie Pelt  laisse une œuvre importante, tant en livres qu'en documentaires et émissions radio.

    Cet homme au visage bonhomme, irradiant de sagesse et de bonté, fut l'un des premiers à dénoncer les méfaits de l'amiante ou des OGM. Son dernier ouvrage, coécrit avec Paul Couturiau, est paru en septembre dernier chez Genèse éditions.

    l-ame-de-la-nature.jpg« Les fleurs, c’est ma maison ; ma maison, c’est une serre ; mon enfance, c’est un jardin ; mon futur, c’est un paradis terrestre… »

    Chez Jean-Marie Pelt, tout ramène au jardin : le jardin de l’enfance où son grand-père lui a transmis l’amour de la nature ; le Jardin d’Éden, où il a rencontré Dieu, la ville jardin en laquelle il a transformé la ville de Metz, le jardin Terre qu’il s’est donné mission de servir…

    Laissez-vous guider à travers les jardins de Jean-Marie Pelt et découvrez l’un des grands éveilleurs de conscience de notre temps, un homme en qui vibreL’âme de la nature.

    Botaniste, ardent défenseur de l’environnement, père de l’écologie urbaine et du premier institut d’écologie, enseignant et communiquant hors pair, Jean-Marie Pelt est, sous ses airs débonnaires, un guerrier qui a mis sa science et sa foi au service de la vie. Il porte ici un regard sans concession sur le monde actuel. » (Pierre Rabhi)

  • La Montagne reprend De Borée

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    Pour 252 000 €, le groupe La Montagne Centre France acquiert les stocks, les actifs (ce qu'il en reste) et les fonds de commerce  de De Borée.

    Bonne nouvelle ?

    Couci-couça. Sur les 65 salariés, seuls 15 seront sauvés.

    En attendant, l'édition et la diffusion pourront continuer et, qui sait, peut-être se développer. Grâce au soutien médiatique (publicitaire) d'un groupe de presse tel que La Montagne, De Borée semble mieux armé. 

  • Le salon du livre de Paris fait sa mue !

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    Les grands salons peinent à traverser la crise. En 2016, le salon du livre de Paris change d'appellation : Livre Paris !

    Après les bisbilles entre le groupe Hachette et les organisateurs de Reed Expo, voilà que d'autres exposants montent au créneau et menacent de boycotter l'événement. Non sans raison.

    Chauffage défectueux, conditions d'installation, conditions de paiement, manque de relationnel, les critiques fusent.

    Pour y être allé chaque année depuis... depuis une dizaine d'années, j'ai pu me rendre compte d'une certaine évolution. La disposition générale des stands n'a guère varié. Bragelonne qui, en son temps, investissait beaucoup pour ce salon en érigeant un stand magnifique en forme de château-fort, n'occupe plus que quelques mètres carrés. Petit à petit, de grandes maisons ont décidé de désaffecter les lieux. Et maintenant, voilà que se plaignent les "petits" éditeurs indépendants.

    Depuis la fin octobre, Reed Expo est à la recherche de son nouveau directeur (offre d'emploi), mais trouver la pépite qui réconciliera toutes les parties en n'oubliant pas de répondre aux attentes budgétaires, rien n'est moins simple.

    D'année en année, la fréquentation de la Porte de Versailles s'amenuise. L'édition 2015 a dû constater une nouvelle baisse de 10%. Il est donc plus que temps de stopper l'hémorragie.

    D'autant qu'en parallèle, le salon L'Autre Livre qui se déroule en fin d'année et qui regroupe les éditeurs membres de l'association, attire de plus en plus de public. Un exploit, car réalisé sans la présence de stars de l'écrit.

     

     

     

     

     

  • Mon concert de Noël !

  • Belle idée !