essais

  • Et tu tapes tapes tapes...

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    Ce refrain de «Début de soirée» pourrait illustrer notre façon de promouvoir nos «belles» démocraties où il y fait bon vivre. Les pays de la coalition se sont regroupés en un troupeau de moutons précédant le berger Obama.

    Ensemble, on tape des pieds sur la fourmilière nommée «État islamique en Irak et au Levant», croyant par là l'anéantir, ou à tout le moins l'affaiblir.

    Foutaises !

    Taper des pieds sur une fourmilière élimine les imprudentes restées en surface. Cela provoque de l'agitation, mais il y a toujours autant de fourmis, voire plus encore car la reine se met à pondre et des ouvrières, et des exploratrices, et des guerrières...

    Invité aujourd'hui - dans moins de deux heures - par Patrick Weber à son émission "On refait le monde" sur Bel-RTL, je serai amené à donner mon avis sur le sujet.

    En clair, envoyer des F-16 (adopté par 112 "oui" et 2 "non") est une aberration si l'on se réfère aux expériences vietnamienne (USA), afghane (URSS), irakienne (USA), libyenne (France), ou encore afghane (USA cette fois) et maintenant syrienne et irakienne, les interventions militaires se sont toujours soldées par des échecs.

    Il est en effet impossible de «gagner» une guerre asymétrique, à savoir un conflit opposant l'armée régulière d'une puissance militaire à une organisation armée non étatique... comme c'est le cas aujourd'hui. La disparité des forces en présence fait que la victoire de l'un n'est pas celle de l'autre. Pour le petit Poucet, le temps joue en sa faveur car tenir en échec une armée imposante équivaut à une victoire, chaque jour qui passe est un exploit.

    L'EIIL ou le Daech comme d'aucuns le nomment non seulement résiste aux frappes aériennes, mais continue d'étendre son influence et sa... popularité ! «Popularité» ! Le mot est lancé. Riche, extrêmement riche, ce mouvement terroriste paie très bien ses recrues, placées immédiatement sur un piédestal plutôt flatteur. Ici, dans nos pays «civilisés», ils ne sont personne. Là-bas, très vite, ils deviennent des héros de la révolution. En Irak, ils ont osé s'emparer de puits de pétrole dont le produit revenait indirectement aux... États-Unis. Sacrilège ! Sunnites, ils veulent réinstaurer un Islam fort et une grande partie de la population leur est favorable. Quant à la partie de la Syrie sous leur contrôle, ils distribuent vivres, médicaments, promettent de l'emploi, des ressources et une prospérité pour tous leurs adhérents.

    De plus, certains investisseurs privés d'Arabie Saoudite, du Qatar et d'autres émirats n'hésitent pas financer l'EIIL ! Ces mêmes investisseurs chez qui nous, braves Occidentaux, allons en missions économiques pour les convaincre de placer leur argent dans nos entreprises, voire dans nos clubs sportifs...

    Vous ne voyez pas le problème ? Moi, si.

     

      

  • Moi, ministre de l'enseignement

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    « L'école mérite mieux qu'un pamphlet. »

    La réaction de - déjà - l'ancienne ministre de l'enseignement Marie-Dominique Schyns a été prise à la lettre par Frank Andriat, auteur du livre Les profs au feu et l'école au milieu (Renaissance du Livre) qui avait défrayé la chronique lors de la rentrée 2013.

    Ce nouvel ouvrage est la réponse au ministre, en dix propositions basées sur la grande expérience de terrain de ce professeur de français.

    Si le premier ouvrage était un cri de colère, le résultat d'une exaspération profonde, d'un sentiment général d'inutilité, et d'une accumulation de mesures qui n'ont eu pour effet que de décrédibiliser l'enseignement, ce second opus se veut plus réfléchi.

    Bien sûr, Frank Andriat se répète un peu, mais pour ceux qui n'auraient pas lu Les profs au feu et l'école au milieu, il fallait redonner les raisons du désarroi du corps enseignant.

    Alors, Frank est-il un gentil utopiste ? Un prof sur le sentier de la guerre ? Un enseignant désabusé et triste de constater le changement de sa profession ? Ou un nostalgique de ce temps révolu où le maître était le maître ? Peut-être un peu de tout cela à la fois...

    Il se place surtout et d'abord en auteur ayant une expérience de plus de trente ans dans les classes de l'enseignement secondaire, et, qui plus est, dans l'un des quartiers dits « sensibles » de Bruxelles.

    Prônant, notamment, une école de l'excellence pour tous, un nouvel élan d'espoir, un rassemblement plutôt qu'une division, la publication de programmes clairs, ou un retour à la primauté de l'éducation et de la culture, Frank Andriat croit-il vraiment à la prise de conscience soudaine des technocrates qui nous gouvernent ?

    Tout va mal ?

    Non Frank, tout va très bien, au contraire !

    Il y a de plus en plus de chômeurs et de personnes connaissant - subissant - la précarité de l'emploi.

    Les employés et ouvriers rechignent de moins en moins lorsqu'on rabote leurs salaires, qu'on supprime leurs avantages, ou qu'on gèle leur ambition professionnelle.

    Les États s'endettent pour que les multinationales prospèrent, par le jeu subtil des vases communicants.

    Le monde se fragmente en centaines de petits États ! Certaines régions réclament leur indépendance. Pendant ce temps, les groupes se rachètent les uns les autres pour créer des mastodontes monopolistiques écrasant au passage les velléités de quelques indépendants.

    Les ultra-riches voient leurs recettes augmenter exponentiellement, grâce notamment à leurs complicités au sein même des institutions bancaires.

    Ces banques qui peuvent spéculer en toute impunité, avec notre argent, quitte à endetter encore un peu plus les États en cas de déconfiture.

    Peu à peu, la presse indépendante et libre morfle. Les grands groupes de presse sont rachetés par les patrons des multinationales ou par des banquiers, avec pour but de contrôler l'information.

    Ce n'est pas la population qui élit ses représentants politiques, mais ces mêmes propriétaires des médias qui font la pluie et le beau temps et qui vous disent pour qui voter.

    Une fois élu, le politique sait bien à qui il doit son élection. Pas à vous et moi, mais à son temps d'antenne et à ses promesses faites à quelques puissants l'ayant soutenu.

    L'école est au plus mal. Tant mieux, car créer des crétins dociles permet de poursuivre dans cette voie...

     

    Tu vois Frank... Tout va très bien !

     

    Moi, ministre de l'enseignement

    de Frank Andriat

    Renaissance du Livre, août 2014

    ISBN 978-2507052485

    160 pages - 9,90 €

     

  • Internet et libertés

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    «Il faut en finir avec la démagogie qui consiste à croire que les produits culturels doivent être gratuits par nature. Il faut bien, à un moment ou à un autre, que l'acte de création et toute la chaîne économique qui le conçoit, le produit et le distribue soient rémunérés et si possible à une juste valeur.

    Soif. Culture. Internet est une révolution qui a transformé un filet d'eau en un fleuve ininterrompu. On ne peut que se réjouir de voir cette eau fertiliser des terres arides. Prenons donc garde, tous ensemble, à ne pas assécher la source.»

    Publié en 2010, la problématique exposée par l'auteur est toujours d'actualité... même si les acteurs politiques et les artistes ont quelque peu accordé leurs violons. Mais l'emprise d'Internet sur notre quotidien ne cesse de croître, au point de menacer des pans entiers de notre économie traditionnelle.

    Curieusement, j'y ai décelé bon nombre de coquilles, d'autant plus disgracieuses qu'il s'agit d'une maison d'édition on ne peut plus sérieuse.

     

    Internet et libertés

    de Christophe Tardieu

    CNRS éditions, juillet 2010

    ISBN 978-2-271-06954-2

    80 pages - 4,00 €

  • Inutile l'armée ?

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    "Inutile l'armée ?" disponible depuis aujourd'hui en librairies.

    Au prix de 7,80 € (papier) ou 2,99 € (numérique), ce pourrait être un petit cadeau pour la fête des pères... ou une lecture intéressante pour vous.

    N'hésitez pas à me faire part de votre avis après lecture. Cela m'intéresse ;o)

    http://editions-mehari.viabloga.com/news/inutile-l-armee-4

     

     

  • Opposez-vous à la mort du commerce de proximité !

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    Un nouvel essai en projet aux éditions Méhari !

    La défense du petit commerce, dit le "commerce de proximité" me paraît essentiel ! Vous partagez cette opinion ? Alors, n'hésitez pas un seul instant et investissez 10, 20, 50 ou 100 € sur ce... livre.

    http://editions-mehari.viabloga.com/news/la-mort-programmee-des-centres-villes

    Cinémas de quartier, boucheries, boulangeries, librairies, épiceries, lingeries, merceries, photographes, disquaires, maisons de tabac, brasseries, marchands de meubles, magasins de sport, et j'en passe.

    Quentin Jardon a enquêté, dénoncé, justifié, rappelé, remis en mémoire des boutiques disparues, interviewé, dans cet essai de 192 pages, au format poche, pour que ce livre soit accessible au plus grand nombre !

  • L'amour selon Macha...

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    "L'amour...

    Aimons-nous les uns les autres, nous dit-on. Oui, mais comment ça se passe ? C'est quoi l'amour ? Un délice ou une torture ? Une libération ou une chaîne ? Un envol ou un frein ? Il trouble ou il rassure ? Dans tous les cas, l'amour est au cœur de la vie. Il nous gouverne et nous épouvante. Il nous enchante et nous exalte. Même (surtout) quand il nous entraîne dans les régions les plus mystérieuses de l'âme humaine, au bord de la limite morale de nos cultures. Là où la société s'indigne et s'insurge.

    Toutes les formes d'amour se profilent dans toutes les sociétés, même les plus fermées. L'amour est synonyme de liberté, il se faufile partout, et comme l'eau de pluie forme les ruisseaux, il grandit en trouvant son chemin. Licite ou pas, l'amour s'impose et nargue les résistances. On a beau lui barrer la route, le comprimer dans la poitrine, il ressort un jour ou l'autre, plus fort que jamais. Alors inutile de lutter. Autant lui laisser libre cours, et utiliser sa force pour déplacer les montagnes. Pour répandre le bien et nous unir pour une heure, pour un jour ou pour une vie... Dans l'émerveillement de nos sentiments. Dans le miracle de l'amour et de son infinie puissance, ce livre raconte sous forme de nouvelles à la fois tendres, dures, fortes, touchantes, osées, tous les visages de l'amour."

    Macha Méril nous dépeint, en toute simplicité, quelques exemples d'amours tirés de sa propre expérience, ou de son observation des autres : l'amour d'artiste, gourmand, maternel, conflictuel, dru, amitié, pervers, filial, etc.

    En toute sobriété, en toute humilité, elle nous rappelle combien l'amour guide nos pas, foudroie les consciences, pousse les plus lâches à devenir courageux... ou l'inverse.

    Un livre inclassable, tout comme son auteure... et son sujet...

     

    L'amour dans tous ses états

    de Macha Méril

    Flammarion, février 2014

    ISBN 978-2-0813-1079-7

    320 pages - 19,00 €

  • L'argent et les mots

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    Dans le monde du livre, les ouvrages signés par André Schiffrin font figure de référence... pour certains. Il faut dire qu'en cinquante ans, l'auteur de "L'Édition sans éditeurs" aura connu bien des évolutions, voire des révolutions. L'essai en question traite de ces mots qui s'essoufflent au profit d'un amoncellement de best-sellers annoncés et... imposés.

    Ce nivellement par le bas auquel on assiste, impuissants, est-il irréversible ? Sommes-nous condamnés à voir disparaître à court ou moyen terme, tout ce qui a fait la diversité et donc la richesse de la littérature française ? Sommes-nous seulement les simples spectateurs des maux terribles dont souffrent l'édition de livres, la presse, ou encore le cinéma ? Sommes-nous obligés de nous soumettre à la dictature de la pensée que nous infligent des conglomérats qui, sans le moindre scrupule, licencient à tour de bras, de façon à maintenir la rentabilité à un taux acceptable ? Et acceptable pour qui ? Pour ces financiers gavés de dividendes qui ne jurent que par des marges bénéficiaires à deux chiffres ?

    André Schiffrin veut croire à une prise de conscience collective. Tel est son objectif en écrivant ses livres, et en les confiant à des éditeurs indépendants. D'autant que rien n'est définitivement perdu. Pour s'en convaincre, il suffit de s'informer et d'observer comment font les Norvégiens ou les Anglais pour sauver leur presse quotidienne et la prospérité de leurs maisons d'édition...

     

    L'argent et les mots

    d'André Schiffrin

    éditions La Fabrique, mars 2010

    ISBN 978-2-35872-006-9

    112 pages - 13,00 €

  • Françoise DOLTO La déraison pure

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    Ce que Frank Andriat dénonce dans son pamphlet "Les profs au feu et l'école au milieu" trouve sa source en mai 1968, moment où la pensée Dolto s'impose tant en psychanalyse qu'au ministère de l'éducation. L'enfant-roi mettra encore vingt ou trente ans pour asseoir son autorité dans les cours d'écoles.

    Françoise Dolto prône le "laisser-faire", le "laisser-dire", et ce dès la plus tendre enfance. Car, selon elle, la mère est un être toxique auquel il faut s'opposer, au même titre que le père. Tuer les images parentales délétères. Quant aux enseignants, même combat, il faut anéantir leur influence nauséabonde, leur autorité.

    Didier Pleux démonte la "doltoïsation" de l'enseignement, revient sur la vie de la mère du chanteur Carlos, et explique les motivations réelles qui fut loin, très loin même, d'être irréprochable.

    "Apprendre, c'est subir le gavage des adultes castrateurs" soutenait-elle.

    En s'attaquant à cette icône, l'auteur va à l'encontre des théoriciens actuels, assis dans le confort douillet de leur bureau et nullement confrontés aux dégâts causés par des enfants devenus omnipotents. En répondant à la mode Dolto, en bons démagogues, les politiques ont érigé un système qui ne fonctionne pas, mais peu importe...

    Ouvrage utile, instructif, osé, il nous propose l'autre son de cloche... tellement plus sensé.

     

    Françoise Dolto La déraison pure

    de Didier Pleux

    éditions autrement, octobre 2013

    ISBN 978-2-7467-3505-7

    190 pages - 13,00 €

  • Santé, le grand fiasco

    sante_le_grand_fiasco_01.jpg"Gaspillages absurdes, déserts médicaux, services d'urgence saturés, faillite de la sécurité sociale... Réputé dans le monde entier, sans doute victime de son succès, le système de santé français accuse désormais le coup. Pire, il a fini par déresponsabiliser l'ensemble de ses acteurs : « Le médecin prescrit, le malade consomme, la “Sécu” rembourse. »

    La machine est bien rodée mais elle s'est enraillée et aucune réforme ne parvient à endiguer sa lente dégradation. Les caisses de l'État sont vides et ne pourront plus financer bien longtemps un modèle de santé devenu inabordable. Les marchands de santé ont compris le filon, générant des profits exorbitants. Jouant sur nos peurs, les groupes pharmaceutiques acoquinés au pouvoir politique créent des molécules inutiles ou, pire, dangereuses.

    La médecine à cent vitesses voit les campagnes se déserter et les médecins s'entasser en ville, laissant les patients isolés renoncer à se soigner ou asphyxier un peu plus les urgences des hôpitaux. Mais les établissements de santé eux aussi sont en déficit et cherchent à rogner sur le budget pour faire de l'hôpital public une entreprise rentable. Les auteurs donnent ici l'alerte sur les failles du système de santé.

     

    Santé, le grand fiasco

    de Véronique Vasseur & Clémence Thévenot

    Flammarion, septembre 2013

    ISBN 978-2-0812-8625-2

    310 pages - 19,00 €

     

     

  • Les profs au feu et l'école au milieu

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    Tout le ras-le-bol d'un prof émérite se ressent au travers de ce pamphlet qui s'en prend vertement à ces "pédagogues en chambre", à ces "masturbateurs pédagogiques" qui font valoir leurs idées lumineuses alors qu'ils n'ont jamais donné une heure de cours.

    Frank Andriat est un professeur de français qui, depuis trente-trois ans, se débat comme il peut pour enseigner malgré l'avalanche de décrets qui, peu à peu, ont plombé son quotidien.

    Moi-même papa de deux grands enfants de 14 et 16 ans, je suis confronté à ce nivellement par le bas, à la méconnaissance de l'orthographe, de l'Histoire ("de toute façon, je m'en fiche, j'étais pas né"), à cette peur de froisser le jeune ("Ne lui dis pas que son résultat est médiocre ! Surtout, ne le démotive pas !"), à la perte d'autorité des profs, ou à cette absence de savoir ("à quoi bon savoir ? Y a qu'à aller sur Google !")

    Oui, Monsieur Andriat, je suis bien d'accord quand vous affirmez : "Les élèves, soumis aux multiples sollicitations médiatiques d'une société consumériste, ont bien d'autres tchats à fouetter."

    Les politiques seront-ils assez intelligents, assez instruits - attention, on peut avoir fréquenté une bonne école, être détenteur d'un diplôme ronflant, et n'être qu'un gros con ou une grosse conne - pour comprendre votre ouvrage ? Ressentiront-ils votre désappointement... la cruelle déception d'un homme qui a consacré sa vie à l'enseignement, ce "plus beau métier du monde" ? Rien n'est moins sûr.

    "On n'apprend pas la démocratie à un élève-roi : on lui enseigne l'égoïsme et l'absence de partage."

    Et, sur le même ton :

    On n'apprend pas l'humilité à un(e) ministre : on lui enseigne la démagogie et la puissance de l'argent-roi.

     

    Les profs au feu et l'école au milieu

    de Frank Andriat

    Renaissance du livre, août 2013

    ISBN 978-2507051426

    144 pages - 9,90 €

  • Les Syndicats

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    Partant d'un constat : l'absence de livre traitant de l'étendue du pouvoir syndical, Alain Destexhe s'est décidé à jeter un pavé rouge dans la mare...

    L'auteur se montre d'emblée respectueux à l'égard des luttes qu'ont menées les organisations syndicales au cours du 19ème siècle et d'une partie du vingtième. Sans remettre en question l'existence indispensable des syndicats, contrepoids évident à la puissance patronale, il attire l'attention sur les tabous, les situations controversées, l'opacité des comptes et du nombre d'adhérents, les abus, et autres dérives dues à la toute-puissance de certaines organisations.

    Audace, témérité, culot, réalisme, voilà certaines caractéristiques propres à cet ouvrage... D'autant qu'Alain Destexhe maîtrise son sujet.

    Bien sûr, le grand public se doute qu'il existe bon nombre de pratiques peu reluisantes au sein des principales organisations syndicales. Caisses noires, déclenchements abusifs de grèves sauvages, fraudes à la prime syndicale, montages financiers, violences, culture du "non", conservatisme pas toujours réaliste en ces temps de crise, qui n'en a pas entendu parler ? Bien sûr, nous sommes parfois heureux d'être syndiqués en cas de litige avec l'employeur. Mais cela excuse-t-il un certain abus de pouvoir ?

    Cet essai ouvre une voie, crée une brèche dans l'édifice fortifié.

     

    Syndicats

    enquête sur le plus puissant lobby du pays

    d'Alain Destexhe

    Renaissance du Livre, mai 2013

    ISBN 978-2-50705-013-9

    160 pages - 14,90 €

     

     

     

  • Lagerfeld, Delon, Messier, Cantona, PPDA, et les autres...

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    Ils se nomment Usain Bolt, Thierry Ardisson, Salvador Dali, Vladimir Poutine, Mick Jagger, Marguerite Duras, ou encore Alain Delon. Qu'ont-ils en commun ? Un ego démesuré, pas forcément proportionnel à la qualité de leur œuvre, à l'empreinte de leur parcours politique, ou à leurs performances sportives.

    Edouard Launet s'amuse à brosser une quarantaine de portraits de personnages réputés exagérément égotiques. La liste est loin d'être exhaustive, mais assez représentative et assez variée.

    De Jacques Séguéla et sa phrase célèbre à propos d'une marque suisse de montres-bracelets, à Napoléon Ier n'ayant pas hésité à se couronner empereur, en passant par les talents artistiques d'un Christophe Hondelatte, on se régale à chaque court chapitre.

    Un petit livre certes, mais une maxi-dose de plaisir...

    À vot' nombril...  

     

    Le petit livre des gros égos

    d'Edouard Launet

    puf, mai 2013

    ISBN 978-2-13-061994-9

    192 pages - 14,00 €

     

  • Les éditions Méhari veulent progresser en caravane...

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    Une nouvelle maison d’édition : folie ou génie ?

     

     

    Changer le mode de pensée défaitiste et redorer le blason de la lecture-plaisir.

     

    Telle est la vocation de la toute nouvelle maison d’édition Méhari dont le lancement a lieu ce 14 janvier 2013. Le principe ? Offrir à chacun la possibilité de publier ou de s’impliquer dans un projet éditorial, grâce à un financement participatif (ou crowdfunding). Cette technique de financement qui, à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux fait de plus en plus parler d’elle, permet de sortir des cadres classiques de financement mais aussi de l’unique recherche de profit.

     

    Une plateforme d’échange…

     

    Le principe est simple : les auteurs envoient leur manuscrit. Méhari sélectionne ceux qu’elle va proposer aux internautes qui le découvriront sur le site et pourront choisir d’y investir (à partir de 10 euros), devenant alors « Méharistes ». Lorsque le budget est atteint, le livre sera publié et diffusé dans toutes les librairies de France, Suisse et Belgique. Les Méharistes percevront 80% des recettes issues des ventes.

     

    La ligne éditoriale sera subdivisée en trois pôles : la jeunesse, les essais et la littérature plaisir, et les livres seront publiés en poche ou en grand format. Du choix drastique des textes jusqu’au graphisme des couvertures et des tranches, les livres des éditions Méhari se veulent aussi qualitatifs que ceux des éditeurs traditionnels.

     

    L’opportunité de la découverte et de la nouveauté

     

    Le monde de l’édition tel que nous le connaissons ne permet pas toujours de donner sa chance à ceux qui n’en maîtrisent pas les rouages. Méhari se propose d’offrir une opportunité à chacun de publier dans les meilleures conditions possibles, avec tous les avantages que pourrait offrir un grand éditeur (distribution, diffusion, marketing, service de presse,…), le but étant évidemment que le livre se vende et que les Méharistes obtiennent un retour sur investissement.

     

    Une promotion à son image

    Méhari est le mot arabe pour dromadaire. Un animal résistant, graphique, et qui évoque l’image de la caravane, qui va de foyer en foyer pour y faire entrer la littérature en créant des réseaux. Dans cette logique, chaque Méhariste se doit non seulement d’investir financièrement, mais également d’assurer la promotion de l’ouvrage sur les réseaux sociaux. La toile est décidemment pleine de surprises et de potentiel, y compris culturel. Il suffit de pouvoir s’en servir.

     

     

    www.editions-mehari.viabloga.com

  • Les patrons de la presse nationale

    9782358720373.jpgLa presse française est-elle malade ? Oui, c'est un fait incontestable. Et cette maladie dure depuis des décennies. La fabrication, l'impression, reste aux mains d'une CGT intraitable. La rédaction est quant à elle contrôlée par quelques "hyper-riches" se sucrant à tous les échelons et empêchant une véritable liberté de parole.

    Jean Stern entre dans les détails, décortique les montages financiers, et n'épargne personne. Qu'ils se nomment Bernard Arnault, François Pinault, Serge Dassault, Matthieu Pigasse, Alain Minc, Pierre Bergé, Arnaud Lagardère, Jean-Marie Colombani, et tant d'autres, ces grands patrons ont toujours veillé à bien se remplir les poches, parfois au mépris de tout bon sens.

    Au fond, Jean Stern résume bien son ouvrage à la page 109 : "Pigasse-Lagardère-Rothschild-Dassault-Niel-Arnault : c'est un système. Tous mauvais ? Pour la gestion de leur fortune et de leurs investissements médiatiques, ils sont des as."

     

    Les patrons de la presse nationale

    Tous mauvais

    de Jean Stern

    La fabrique éditions, septembre 2012

    ISBN 978-2-35872-037-3

    200 pages - 13,00 €

  • La prochaine décennie

    la_prochaine_decennie_01.jpgAprès avoir publié début 2012, chez le même éditeur, une projection sur notre 21ème siècle, George Friedman se concentre cette fois sur la prochaine décennie, notamment l'analyse des événements imminents et des enjeux planétaires qui mettront à l'épreuve l'Amérique et le reste du monde.

    Dans le court terme des dix prochaines années, George Friedman tente d'exposer une « réalité » concrète des défis que l'humanité devrait relever et de déterminer les conséquences probables de décisions politiques majeures. Soutenant la thèse selon laquelle l'imprévisibilité des événements futurs n'est pas exactement le propre de ce qui est indéterminé, l'auteur considère qu'une prédiction passe d'abord par la reconnaissance et la disqualification des scénarios improbables, ce qui la distingue d'une prévision.

    Comme le prétendait le célèbre détective Sherlock Holmes sous la plume de Sir Arthur Conan Doyle, « lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela paraisse, est nécessairement la vérité. »

    Pour George Friedman, la prochaine décennie serait une période de transition déterminante. Il s'appuie notamment sur l'examen minutieux des guerres et conflits du monde islamique pour prédire que le terrorisme d'État ou, au sens plus large la violence politique, continuerait inéluctablement à endeuiller la planète et aurait pour conséquence de remettre en cause des libertés au nom d'une lutte anti-terroriste.

    La prochaine décennie

    de George Friedman

    éditions Zofia de Lannurien, novembre 2012

    ISBN 978-2-9538791-4-8

    328 pages - 21,90 €

     

     

  • On a tous à y gagner

    9782744065132.jpgLoin d'être deux sujets distincts, les réseaux sociaux et la responsabilité sociale sont, au contraire, étroitement liés. Avec l'avènement des Facebook, Twitter et autres, les milieux d'affaires, les politiciens et dirigeants se voient poussés, enfin, à s'engager véritablement sur la voie d'un futur responsable.

    Comment ? C'est tout l'objet de cet ouvrage dans lequel David Jones nous explique comment Millenials et Prosumers, ces jeunes de la génération Y et consommateurs activistes, peuvent faire ou défaire une réputation en un tweet ou en un simple clic.
    Clients, salariés, ou même actionnaires, tous aujourd'hui tiennent pour acquis ou presque l'obligation morale des entreprises à bien agir. Ils attendent d'elles authenticité et transparence. Et si tel n'était pas le cas, ils n'hésitent plus à le faire savoir sur les réseaux sociaux.

    Fini le greenwashing donc, ou la propension à rehausser artificiellement son image. Place aux engagements fermes. Faire le bien n'est ni un phénomène de mode ni un simple avantage concurrentiel, c'est une exigence à inscrire au coeur de l'ADN de toute entreprise.

    Véritable plaidoyer en faveur d'un changement de paradigmes, ce livre propose de nombreux exemples et études de cas aussi éloquents que stimulants, qui convaincront même les derniers réfractaires. Car les entreprises et les organisations qui souscriront à l'idée de « good business » seront largement récompensées.

     

    On a tous à y gagner

    de David Jones

    éditions Pearson, novembre 2012

    ISBN 978-2-7440-6513-2

    202 pages - 26,00 €

  • Aux éditions Marivole...

    9782365750066.jpg« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Bien d'accord avec vous Monsieur Lavoisier mais « qu'est-ce qui se transforme en quoi ? » s'inquiètent subitement, Basile et Augustin, deux vaillants petits soldats de La Guerre des Boutons. Tout en pissant le plus loin possible, afin de savoir lequel sera le chef, ils s'interrogent sur le devenir de ce liquide qu'ils font joyeusement jaillir de leurs en-dedans.

    Comme à chaque fois qu'ils sont confrontés à ces problèmes auxquels la pédagogie de leur instit' ne sait pas apporter de réponses, c'est dans l'immense savoir et l'infinie patience de leur ami Anselme Saint-Galmier, un vieil ours bouilleur de cru et accessoirement physicien nobélisable, qu'ils se réfugient. Le bonhomme a sa méthode, il s'en voudrait d'être chiantifique. Armé de l'humour, la tendresse, la gourmandise de Pierre Dac, Henri Vincenot et Jacques Tati, il sait leur dire qu'il n'y a pas de vie possible sans eau, que les petits hommes qu'ils sont en sont remplis comme les plantes du jardin, les animaux de la ferme. Il leur apprend que l'eau de la vie est arrivée sur terre une bonne fois pour toute, le jour même de la création de leur univers. Que même les plus grands savants sont incapables dans fabriquer ne serait-ce qu'une goutte. Ils imaginent son trajet et ses malheurs, de la source à la mer, ainsi que son difficile retour vers la terre ; s'interrogent sur les erreurs de livraisons qui font ici les inondations, là-bas les sécheresses. Ils s'offusquent ensemble contre le gâchis, la pollution, contre ceux qui tirent la chasse d'eau au lieu de pisser dehors. Ils s'alarment du trou dans le ciel : sans le couvercle, la terre deviendrait aussi sèche que la lune une nuit d'été.

     

    ça coule de source

    de Jean-Pierre Fleury

    éditions Marivole, octobre 2012

    ISBN 978-2-36575-006-6

    184 pages - 20,00 €

  • L'avis de Jean-Louis Servan-Schreiber

    9782226243805.jpg"Si les entreprises ne nous proposent que des CDD pendant nos premières années de travail, pourquoi hésiterions-nous à les quitter dès que se présente une opportunité plus séduisante ? Si les politiciens nous donnent l'impression de ne pas se soucier de nous, remplaçons-les quand notre vote le permet. Si, actionnaires, nous pouvons trouver un rendement financier optimisé, vendons et investissons ailleurs. Si nous nous lassons de notre compagne ou de notre compagnon, quittons-les et trouvons-en d'autres grâce aux réseaux sociaux. Si un cadeau ne nous comble pas, vendons-le sans tarder sur ebay."

    Nous vivons dans une dictature du court-termisme. Et ce livre nous le rappelle sans cesse, sans ressentiment, consciemment. Jean-Louis Servan-Schreiber s'inscrit en spectateur de son époque, ou plutôt - c'est lui qui le dit - du bonus qui lui est offert car il se déclare comme étant un homme du 20ème siècle, gâté de pouvoir entamer ce siècle nouveau aux côtés des générations plus jeunes. J'ai apprécié la clairvoyance du fondateur de L'Expansion, de Radio-Classique, de Psychologies magazine, et de CLéS, un magazine destiné à nous faire mieux comprendre le 21ème siècle.

    L'auteur a raison, l'évolution de notre monde est notable, visible, et s'y opposer ne servirait pas à grand-chose. Il faut s'adapter, tout en gardant à l'esprit le sens des vraies valeurs.

    "On aurait pu imaginer que l'extrême densification des humains dans des espaces restreints, due à l'urbanisation généralisée, nous aurait rapprochés. Or nous pouvons croiser nos voisins pendant des années sans échanger avec eux plus qu'un machinal "Bonne journée" en sortant de l'ascenseur. Car chacun part de son côté le matin pour aller travailler et rentre le soir pressé de s'installer devant un écran."

    Vivre dans un monde où les politiques soignent davantage leur image, leur discours, que leurs idées, entraîne bon nombre de dérives et d'autres questions. Même s'il ne s'agit pas d'un ouvrage incontournable, il a le mérite de recadrer le débat. Et puis, Jean-Louis Servan-Schreiber n'est pas le premier venu.

     

    aimer (quand même) le XXIème siècle

    de Jean-Louis Servan-Schreiber

    Albin Michel, septembre 2012

    ISBN 978-2-226-24380-5

    142 pages - 10,00 € 

  • Les 100 ans à venir...

    livre_livres_a_lire_100_ans_a_venir.jpgCe livre est plus qu'un document de géopolitique, il s'agit d'une mine de renseignements sur le mode de pensée des grandes nations de ce monde.

    Georges Friedman serait-il le Jacques Attali américain ? On peut le penser. En tout cas, il n'hésite pas à nous dépeindre ce que sera notre 21ème siècle. Il en tire les lignes de force, les nations sur le déclin ou en pleine ascension. Et les surprises ne manquent pas.

    Ouvrage passionnant, accessible, publié en 2009 en anglais et enfin traduit. Publié chez Zdl éditions, une toute nouvelle maison, ce livre devrait alimenter les conversations pendant plusieurs décennies.

     

    Les 100 ans à venir

    de Georges Friedman

    Zdl éditions, juin 2012

    ISBN 978-2-9538791-2-4

    360 pages - 22,90 €

  • STOP, ça suffit !

    9782359490596.jpgDepuis le succès du manifeste "Indignez-vous", on met du Stéphane Hessel à toutes les sauces et franchement, cela commence à m'exaspérer, pour ne pas utiliser d'expression triviale. Certes, le nom fait vendre, mais les rayons de documents regorgent de livres sans fondement, car pour survivre, il faut alimenter les collections.

    Une discussion entre un exilé, Elias Sanbar, et un rescapé, Stéphane Hessel, n'a, à mon sens, rien de très passionnant. Quant au conflit israélo-palestinien, les médias nous en bassinent les oreilles depuis des décennies. Alimenter ce sujet en vaut-il la peine ?

     

    Le rescapé et l'exilé

    de Stéphane Hessel et Elias Sanbar

    Don Quichotte éditions, mars 2012

    ISBN 978-2-35949-059-6

    192 pages - 16,00 €

  • Drogues store

    drogues_store_01.jpg« Un monde sans drogue n'existe pas. » Ce dictionnaire rock, historique et politique dresse un tableau complet de la planète drogues.

    "Qui sait que la noix de muscade est un hallucinogène puissant ? Que les services secrets américains ont trempé dans le deal d'héroïne pour financer leur guerre secrète au Vietnam ? Que Steve Jobs fut un grand amateur de pétards et d'acide ? Que l'État français a vendu de l'opium dans ses colonies pendant des décennies ? Que certains Indiens se shootent à la morsure de serpent ? Cannabis, alcool, cocaïne, caféine, tranquillisants... les drogues font partie de notre quotidien, qu'il s'agisse de nous divertir, de nous abrutir ou de nous guérir.

    Pourtant, notre connaissance en la matière est proche du néant. La drogue reste un tabou et le silence qui entoure sa consommation encourage clichés et préjugés. Qu'est-ce qu'une drogue ? Qu'est-ce qui différencie une drogue illicite d'une drogue licite ? Pourquoi se drogue-t-on ? Autant de questions auxquelles s'attaque sans angélisme ni catastrophisme ce dictionnaire à la fois drôle et érudit, mêlant petites et grandes histoires."

     

    Drogues store

    d'Arnaud Aubron

    éditions Don Quichotte, mars 2012

    ISBN 978-2-35949066-4

    400 pages - 19,90 €

  • Roger Federer... un modèle

    arton2173-239c5.jpg"... aujourd'hui Nadal joue au tennis comme seul Nadal peut y jouer, c'est sa solitude exceptionnelle ; Federer jouit d'une autre solitude : il est le seul à jouer au tennis comme tout le monde devrait y jouer, selon la définition même du tennis, dit Rod Laver."

    Dans cet essai, les analystes du sport en général y puiseront confirmation, déductions, affirmations, sachant qu'André Scala décortique plus particulièrement le tennis.

    Le succès actuel de cet exercice de concentration, de mobilité, de force, de stratégie provient également du fait qu'il est télégénique. C'est un fait. Alors que dans les années 60, 70 et 80, les joueurs alimentaient le spectacle, la génération des années 2000 se retranche derrière un mutisme auréolé de statistiques. Les images décomposent tout et le spectacle se déplace parfois vers les gradins.

    L'auteur suit un fil rouge, et même s'il s'égare parfois en digressions hors sujet, il parvient toujours à se replacer idéalement pour coller aux attentes du lecteur. Tel un joueur de tennis soignant son déplacement sur le court.

     

    Silences de Federer

    d'André Scala

    éditions de la Différence, juin 2011

    ISBN 978-2-7291-1931-7

    96 pages - 13,00 €

  • Pour commencer l'année...

    culture_etat_d_urgence_01.jpgEssai engagé rédigé par le frère de l'autre, ce petit livre à la couverture pas vraiment réussie revient sur le New Deal instauré en son temps par le président Roosevelt. Victime de la crise de 29, cet apport de moyens avait dopé la création artistique américaine. Or, moins de cent ans plus tard, la culture française subit la domination toujours prégnante de l'Amérique.

    Je reprendrai un paragraphe de cet ouvrage, qui illustre parfaitement le malaise actuel : "Pour la première fois, dans notre histoire, nous n'avons pas été acteurs d'une révolution culturelle. Cinéma, photographie, autant de supports de reproductibilité dont nous avions contribué à l'invention, au développement. Avec le numérique, dans ce monde de l'appropriable, du duplicable et du transférable, nous sommes devenus de simples consommateurs, de zélés utilisateurs, aggravant chaque jour un peu plus nos déséquilibres économiques dans les échanges culturels."

    A partir de ce constat, Olivier Poivre d'Arvor mêle politique et culture, tire la sonnette d'alarme, tente de vulgariser ses propos pour toucher un large public, et y réussit plutôt. Existerait-il, peu à peu, deux cultures, l'une pour riches, l'autre pour pauvres ? Ce qui est sûr, par contre, l'auteur le rappelle : "On admirera l'artiste à succès, l'écrivain à gros tirage, le record du jour. Best-seller, blockbuster, hit-parade, les mots de la culture qui marche sonnent peu français mais traduisent un état d'esprit bien faiblement inspiré. L'indexation de la valeur artistique à la valeur marchande semble, au nom d'une passion pour le chiffre, la règle commune. Etrange renversement !"

     

    Culture état d'urgence

    d'Olivier Poivre d'Arvor

    Tchou, janvier 2012

    ISBN 978-2-7107-0792-9

    152 pages - 9,95 €

  • Lassant...

    9782081265066.jpgQuel titre ! Sitôt lu qu'il ne faut que dix minutes pour l'oublier. Et encore... A l'aube de cette campagne présidentielle qui s'annonce, il est important d'occuper le terrain, à savoir le rayon dédié aux livres dits "politiques" avant que celui-ci ne soit littéralement pris d'assaut, puis rapidement gravé d'essais tous plus fantaisistes les uns que les autres. C'est le jeu, si jeu il y a. C'est la règle. On la connaît.

    Jean-Marc Sylvestre se veut défricheur et tente d'éclaircir la situation, que celle-ci soit géopolitique, sociale ou économique. Il écrit clairement, certes, et l'on ne doute pas qu'il maîtrise son sujet. Mais il n'invente rien, ne donne pas de solutions - puisqu'il n'en existe pas - et, il faut avouer, finit par ennuyer le lecteur.

    Pourquoi un tel livre ? Pourquoi cette juxtaposition de longs articles qui, finalement, auraient très bien pu être synthétisés et publiés comme dossier dans un magazine. Pourquoi encombrer un peu plus les étals des libraires ?

    Quant à la couverture, mieux vaut ne pas en parler...

     

    Nouvelles petites leçons d'économie pour ceux qui doutent des promesses qu'on leur fait

    de Jean-Marc Sylvestre

    Flammarion, septembre 2011

    ISBN 978-2-0812-6506-6

    360 pages - 18,00 €

  • Le Dérèglement du monde

    9782253129974.jpgParu en 2009, cet ouvrage n'a rien perdu de sa force. Amin Maalouf ne juge pas, il passe en revue les dérives de notre époque et s'attarde longuement sur ce sempiternel sentiment de frustration qu'éprouve l'ensemble du monde arabe.

    Lucide, il rend plus de clarté aux problèmes géopolitiques dans lesquels s'empêtrent nos politiques. Déliquescence des institutions, désespérance, chômage en hausse, guerres intestines, l'auteur dénonce la faillite d'un système qui, lors de la chute du mur de Berlin, restait seul maître du monde. Le capitalisme à outrance montre aujourd'hui ses limites. Alors, pourquoi un tel échec ? Pourquoi tant de guerres et de violence depuis la chute du bloc soviétique ? Amin Maalouf décortique tout cela avec toute la maîtrise d'un sage, sans parti pris.

     

    Le Dérèglement du monde

    d'Amin Maalouf

    Livre de Poche n°31979, novembre 2010

    ISBN 978-2-253-12997-4

    320 pages - 6,50 €

  • Il faut en tirer les leçons...

    9782875151223.jpg"Comment pense votre enfant ? Comment réfléchit-il ?

    Si l'école prend en charge une grande part de l'éveil de l'enfant, les parents ne peuvent aujourd'hui ignorer les mécanismes qui permettent de mobiliser les facultés essentielles à tout apprentissage : l'attention, la mémorisation, la réflexion, ou encore l'imagination. C'est en observant "ce qui se passe dans sa tête" que chaque enfant, avec l'aide de ses parents, peut découvrir la forme de sa pensée et apprendre à la diriger avec succès.

    Comment l'aider à développer ses compétences ? A exprimer toutes ses potentialités ?

    L'école, et la société en général, sollicitent et hypertrophient le cerveau logique et laissent en friche le cerveau de l'imagination. Elle est une aide à la construction de sa personnalité et à l'expression de ses émotions. Il est urgent de rééquilibrer la situation et de permettre à l'enfant de développer toutes ses intelligences et pas seulement le cerveau de la répétition, "chouchou de l'école" !

    Ce livre, nourri d'exemples concrets et de conseils accessibles, est destiné aux parents attentifs au développement harmonieux de leur enfant et désireux de l'accompagner sur la voie de l'autonomie et de la réussite."

    Cet ouvrage nous concerne tous. On se revoit élève, distrait, dissipé, la voix du prof en sourdine. Rencontrer l'auteur fut pour moi l'occasion de mieux comprendre l'origine de mon blocage face aux sciences et aux règles mathématiques.

    1. A l'école, très rares sont les enfants doués et désireux d'apprendre toutes les matières avec une ferveur égale. Certains viennent même à échouer leurs études secondaires par manque de polyvalence. Par exemple, une grosse faiblesse en mathématiques peut s'avérer fatale. Pourquoi ne change-t-on pas les règles et permettre aux enfants de s'orienter plus tôt vers ce qu'ils aiment apprendre, ce pour quoi ils se destinent, quitte à les exempter de cours qu'ils jugent inutiles ?

    Alain Sotto : Les programmes scolaires sont conçus pour faciliter la notation. C'est mathématique. On a un barême. La justice et l'égalité sont, de ce fait, bafouées car le programme actuel dresse des classements qui empêchent l'apprentissage au profit d'un esprit de compétition.

    Les mauvaises méthodes de l'enseignement peuvent entraîner des blocages irréversibles. A force de répéter les échecs, l'enfant, au moment d'entamer la résolution d'un problème mathématique, entend sa voix intérieure de l'échec qui ne cesse de lui répéter : "laisse tomber, t'es nul !" Dès la lecture de l'énoncé, l'émotion prend la place et l'emporte.

    L'important est de créer une réussite là où il y a l'échec, de dépénaliser les erreurs.

    2. Lorsqu'un enfant manifeste de la bonne volonté mais avoue à ses parents qu'il est incapable de rester concentré durant toute la durée des cours, que ses pensées vagabondent facilement et qu'il n'y peut rien. Que lui conseiller ?

    A.S. : On peut lui conseiller d'inhiber les parasites de l'extérieur, de faire exister en mots, en sensations ce qu'il regarde, ce qu'on lui dit et y voir de l'intérêt. Certes, ce n'est pas évident car le cerveau se débranche très vite.

    3. Les classes sont de véritables microcosmes. En tant que parents, peut-on se rendre compte de la place qu'occupe l'enfant au sein du groupe ? Et agir en conséquence ?

    A.S. : Les parents doivent tenter de capter les messages du corps enseignant. Il faut également tenter de déceler des signes qui pourraient indiquer que l'enfant est victime de racket. D'autres symptômes sont par exemple des troubles du sommeil, des peurs, des inhibitions. On peut, si besoin, interroger les parents des camarades de classe, ou les élèves eux-mêmes.

    4. Vous abordez votre vision de l'école future. Les mentalités sont-elles prêtes pour de telles évolutions ? Quels sont les risques si le modèle d'aujourd'hui n'évolue pas en ce sens ?

    A.S. : A ce sujet, je suis assez pessimiste car je ne vois pas où ni quand cela pourrait changer à ce point. Les professeurs d'aujourd'hui sont confrontés à un ennemi de plus en plus ingérable : le bruit ! Les élèves ont l'impression de vivre avec un martien et au bout de la journée, quel lien les unit-il ? Aucun ! En fin de journée, il n'y a aucune synthèse.

     

    Que se passe-t-il dans la tête de votre enfant ?

    d'Alain Sotto

    Ixelles éditions, septembre 2011

    ISBN 978-2-87515-122-3

    176 pages - 9,90 € 

     

     

     

     

  • Zapping Connection...

    la_zapping_connection_01.jpgNe faisant pas partie de cette génération Y, celle née avec un ordinateur dans la main, j'ai donc été le témoin des bouleversements technologiques des ces trente dernières années. A ce titre, ce bouquin vient bien à propos.

    Comme le souligne l'auteur : "Arrivé à maturité il y a à peine vingt ans, le zapping s'est rapidement imposé comme un paramètre de la vie en société, une évidence durable et internationale. Le web, outil du zapping, n'a pas seulement occasionné le rapprochement des individus, il a aussi changé notre appréhension du monde, notre relation au quotidien et au temps."

    Un livre qui fait peur ? En un sens oui. Un livre pour les nostalgiques ? Pas exactement. Je dirais plutôt un ouvrage destiné à celles et ceux qui, comme moi, ont le sentiment que tout s'accélère au point qu'on a toujours le sentiment d'avoir un train de retard.

     

    Zapping Connection

    d'Eric de Ficquelmont

    éditions Timée, mai 2011

    ISBN 978-2-35401-298-4

    304 pages - 17,00 €

  • Une nouvelle collection aux éditions du Rocher...

    9782268071350.jpgeloge_du_contraire_01.jpgExercices de style pour certains, défouloirs pour d'autres, argumentations et contre-argumentations, cette nouvelle collection composée d'essais, et dirigée par François Cérésa, promet de secouer nos neurones, ce qui, en soi, ne pourrait nous faire du mal.

    "Eloge du contraire" et "Eloge de la vulgarité" ouvrent le bal. Viendront éloge de la trahison, du cynisme, du non, de la sauvagerie, du snobisme, du mauvais goût, de la luxure, et bien d'autres titres d'une collection au format comparable à ceux publiés par la maison Actes Sud.

     

    Eloge de la vulgarité / Eloge du contraire

    de Claude Cabanes / de François Bott

    éditions du Rocher, mai 2011

    ISBN 978-2-268-07135-0 / ISBN 978 -2-268-07134-3

    138 pages - 12,90 € / 106 pages - 12,90 €