documents, témoignages

  • Otages d'Hitler

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    « Paul Reynaud, Léon Blum, anciens présidents du Conseil, les généraux Gamelin ou Weygand, mais aussi le champion de tennis Jean Borotra, éphémère ministre de la Jeunesse et des sports de Vichy, Léon Jouhaux, patron de la CGT... Et, par dizaines, des officiers, des maires, des préfets, tous destinés à servir au Reich de monnaie d'échange, en cas d'agression caractérisée.

    Ils ont été enfermés dans des camps ou des forteresses d'Allemagne ou de Tchécoslovaquie. On a oublié ces marginaux de la répression nazie. Il est vrai que ces détenus très spéciaux n'hésitaient pas à écrire au Führer parce que leur paillasse n'était pas assez épaisse... »

    Ce document très fouillé révèle ce que fut le quotidien de ces prisonniers "VIP". Daladier fut de ceux-là. Et bien d'autres. 

    Un passage très intéressant nous parle du procès de Riom, créé dès le 30 juillet 1940 pour juger les "responsables de la défaite". Pour les accusateurs, ce fut une déroute complète. Car les accusés se défendent si bien qu'ils retournent complètement la situation. Avant la guerre, les réductions budgétaires de l'armée étaient l'œuvre de gouvernements où figuraient Pétain et Laval. Les geôliers de Daladier en viennent même à le féliciter.

    On y retrouve également le fils du Tigre, Michel Clémenceau, Georges Mandel, ancien Chef de cabinet du "Père la Victoire", ou encore le président de la République Albert Lebrun.

    Un ouvrage très intéressant qui dévoile une parcelle oubliée de l'Histoire.

     

    Otages d'Hitler

    de Benoît Luc

    éditions Vendémiaire, 2014

    ISBN 978-2-36358-109-9

    256 pages - 8,00 € 

  • Prisonniers nazis en Amérique

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    Les premiers prisonniers de guerre nazis faisaient partie des corps d'élite dirigés par Erwin Rommel : l'Afrikakorps ! Ces fanatiques n'avaient connu jusque-là que des victoires retentissantes.

    Envoyés dans des camps d'internement aux États-Unis, ils ont continué à entretenir l'idéologie nazie, et à croire à la victoire finale d'Hitler.

    Ces faits sont très peu relayés dans les livres d'histoire. Et pourtant, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils étaient plus de 380 000 !

    Daniel Costelle a réalisé un travail de fourmi et rassemblé de nombreux témoignages édifiants, dont voici un extrait :

    « Hans Werner Richter

    Pips a été emmené, enfin ce qu'il en restait, dans un hôpital. On ne l'a plus jamais revu. Et la terreur a continué. Nous, les antinazis, nous ne dormions pas souvent la nuit.

    C'était pire que ce que j'avais connu en Allemagne. Je veux dire qu'en Allemagne la terreur vous touchait au moment où vous étiez directement concerné, où elle vous tombait dessus. Autrement on pouvait ne pas la sentir. Dans une ville, on peut toujours se cacher, trouver des amis, il y a des rues, des portes, des fenêtres, on peut toujours s'enfuir. Dans un camp, on ne peut pas s'enfuir. Et la terreur, elle est continuellement présente, dans chaque baraque. On ne peut pas s'enfuir. On ne peut pas bouger, on est doublement pris au piège.

    – Mais il n'y avait pas de réactions ?

    – Non, la lâcheté générale, comme en Allemagne.

    – Vous ne pouviez pas prévenir les autorités du camp ?

    – Ça n'aurait servi à rien, à rien d'autre que de nous attirer des représailles. Pour les Américains c'était très simple. Tout ça n'avait pas, au fond, une grande importance. Il faut toujours en revenir à la Convention de Genève. Ce que les soldats prisonniers font entre eux, la puissance détentrice, elle, n'a pas à s'en mêler, sauf dans le cas d'assassinat, bien entendu. La version officielle pour Pips, par exemple, c'était : "est tombé en jouant au football..." De toute manière, pour les Américains, nous étions tous des soldats allemands, antinazis ou pas. »

     

    Ouvrage bien construit, clair, complété au centre par un cahier photos, qui relate des faits, des témoignages d'une partie de notre Histoire que d'aucuns préféreraient gommer des mémoires.

     

    Prisonniers nazis en Amérique

    de Daniel Costelle

    Pocket n°15378, octobre 2013

    ISBN 978-2-266-23406-1

    336 pages - 7,30 €

     

  • Robert Redford

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    Contemporain de Paul Newman, Dustin Hoffman et Steve Mc Queen, il est l'un de ces «monstres du cinéma» qui, en 50 années de carrière, a marqué bien des esprits : Robert Redford !

    Georges Di Lallo, biographe et passionné de 7ème art, remet le couvert après avoir publié deux ouvrages dans la même collection chez Riveneuve, le premier consacré à Errol Flynn, le second à Dean Martin.

    Bien sûr, je connaissais les films les plus emblématiques de Robert Redford, pour les avoir vus sur grand ou petit écran : de Brubaker à Out of Africa, en passant par L'Arnaque, Proposition indécente, Les Hommes du Président, Spy Game, ou encore l'atypique L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, une quantité impressionnante de chefs-d'œuvre.

    J'avais entendu parler de son engagement en faveur de l'environnement, mais cette monographie abondamment illustrée et reprenant l'ensemble de sa filmographie m'a permis de découvrir l'homme Robert Redford. Car lorsqu'on possède un statut de star mondiale, il ne doit pas être évident de préserver une vie sentimentale et familiale.

    À l'instar d'un Clint Eastwood, Robert Redford n'a jamais hésité à franchir la ligne jaune, à se démarquer, à imposer son charisme. Cet homme qui, à vingt ans, a traversé les États-Unis en auto-stop juste pour demander la main de sa bien-aimée, mérite tout mon respect. La belle en question, Lola Van Wagenen, fut son épouse vingt-sept années durant, et lui donna quatre enfants. Le couple surmonta même la perte de leur premier bébé âgé de deux mois à peine. Un bel exemple d'amour sincère et solide... surtout lorsqu'on fréquente le monde onirique d'Hollywood.

    Robert Redford le rappelle d'ailleurs, non sans raison : «La gloire met en péril votre propre sensibilité. Elle vous place dans une position où vous risquez d'être un objet plutôt qu'un être humain... et il faut se battre pour le rester. Ça ne veut pas dire forcément que ce soit désagréable d'être célèbre.»

    Un livre à placer sous le sapin ? Pas seulement : une monographie ultra-complète qui deviendra très vite une référence pour tous les cinéphiles !

     

    Robert Redford

    de Georges Di Lallo

    Riveneuve éditions, octobre 2014

    ISBN 978-2-36013-256-0

    304 pages - 28,00 € 

  • Moi, ministre de l'enseignement

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    « L'école mérite mieux qu'un pamphlet. »

    La réaction de - déjà - l'ancienne ministre de l'enseignement Marie-Dominique Schyns a été prise à la lettre par Frank Andriat, auteur du livre Les profs au feu et l'école au milieu (Renaissance du Livre) qui avait défrayé la chronique lors de la rentrée 2013.

    Ce nouvel ouvrage est la réponse au ministre, en dix propositions basées sur la grande expérience de terrain de ce professeur de français.

    Si le premier ouvrage était un cri de colère, le résultat d'une exaspération profonde, d'un sentiment général d'inutilité, et d'une accumulation de mesures qui n'ont eu pour effet que de décrédibiliser l'enseignement, ce second opus se veut plus réfléchi.

    Bien sûr, Frank Andriat se répète un peu, mais pour ceux qui n'auraient pas lu Les profs au feu et l'école au milieu, il fallait redonner les raisons du désarroi du corps enseignant.

    Alors, Frank est-il un gentil utopiste ? Un prof sur le sentier de la guerre ? Un enseignant désabusé et triste de constater le changement de sa profession ? Ou un nostalgique de ce temps révolu où le maître était le maître ? Peut-être un peu de tout cela à la fois...

    Il se place surtout et d'abord en auteur ayant une expérience de plus de trente ans dans les classes de l'enseignement secondaire, et, qui plus est, dans l'un des quartiers dits « sensibles » de Bruxelles.

    Prônant, notamment, une école de l'excellence pour tous, un nouvel élan d'espoir, un rassemblement plutôt qu'une division, la publication de programmes clairs, ou un retour à la primauté de l'éducation et de la culture, Frank Andriat croit-il vraiment à la prise de conscience soudaine des technocrates qui nous gouvernent ?

    Tout va mal ?

    Non Frank, tout va très bien, au contraire !

    Il y a de plus en plus de chômeurs et de personnes connaissant - subissant - la précarité de l'emploi.

    Les employés et ouvriers rechignent de moins en moins lorsqu'on rabote leurs salaires, qu'on supprime leurs avantages, ou qu'on gèle leur ambition professionnelle.

    Les États s'endettent pour que les multinationales prospèrent, par le jeu subtil des vases communicants.

    Le monde se fragmente en centaines de petits États ! Certaines régions réclament leur indépendance. Pendant ce temps, les groupes se rachètent les uns les autres pour créer des mastodontes monopolistiques écrasant au passage les velléités de quelques indépendants.

    Les ultra-riches voient leurs recettes augmenter exponentiellement, grâce notamment à leurs complicités au sein même des institutions bancaires.

    Ces banques qui peuvent spéculer en toute impunité, avec notre argent, quitte à endetter encore un peu plus les États en cas de déconfiture.

    Peu à peu, la presse indépendante et libre morfle. Les grands groupes de presse sont rachetés par les patrons des multinationales ou par des banquiers, avec pour but de contrôler l'information.

    Ce n'est pas la population qui élit ses représentants politiques, mais ces mêmes propriétaires des médias qui font la pluie et le beau temps et qui vous disent pour qui voter.

    Une fois élu, le politique sait bien à qui il doit son élection. Pas à vous et moi, mais à son temps d'antenne et à ses promesses faites à quelques puissants l'ayant soutenu.

    L'école est au plus mal. Tant mieux, car créer des crétins dociles permet de poursuivre dans cette voie...

     

    Tu vois Frank... Tout va très bien !

     

    Moi, ministre de l'enseignement

    de Frank Andriat

    Renaissance du Livre, août 2014

    ISBN 978-2507052485

    160 pages - 9,90 €

     

  • 100 ans de la radio

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    "Le 28 mars 1914 était diffusée la première émission de radio en Belgique. Une première belge mais aussi européenne, et le début d'une aventure qui se prolonge aujourd'hui. Car la radio est plus que jamais présente dans notre vie quotidienne. En cent ans la radio a beaucoup changé. Elle a constamment renouvelé ses programmes, ses animateurs et journalistes, la manière de se faire entendre pour coller au plus près aux souhaits de son public.

    Ce livre vise surtout, par l'image et le témoignage, à faire partager des moments privilégiés, que ce soit dans le domaine de l'info, du sport, du divertissement, de la musique, à remettre en mémoire les animateurs et les programmes les plus populaires écoutés en Belgique.

    On retrouvera ici les émissions cultes, mais aussi les vedettes de l'antenne qui ont marqué des générations d'auditeurs en Belgique (Fleischman, Luc Varenne, Jean-Claude Menessier, Jacques Mercier, Claude Delacroix, Marc Moulin, Marc Ysaye, Zappy Max, Pierre Bellemare, Philippe Bouvard, Fabrice, François Pirette, Barbara Mertens...) Car nous avons tous une mémoire de la radio."

     

    100 ans de la radio en Belgique

    de Philippe Caufriez, Brice Depasse et Nicolas Gaspard

    Renaissance du Livre, décembre 2013

    ISBN 9782507051730

    256 pages - 29,90 € 

     

  • Mafia calabraise Les dix commandements

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    La 'ndrangheta n'est pas très connue, moins en tout cas que sa voisine sicilienne, la fameuse Cosa Nostra.

    Pas facile à prononcer, son nom circule pourtant sur la planète tout entière, même si la Calabre reste au centre, ou plutôt au sommet de sa pyramide.

    Plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, 85% du marché européen de la cocaïne, la 'ndrangheta constitue une menace mondiale.

    Vous imaginez votre région épargnée par les picciotti (soldats, hommes de main) de la mafia calabraise ? Détrompez-vous !

    Quel ne fut pas mon étonnement lorsque j'appris qu'ici-même, à Bruxelles, la 'ndrangheta blanchit son argent sale à coups de centaines de millions, et que j'habite au cœur de leur domaine !

    Voilà pourquoi cet ouvrage à la couverture évocatrice a attiré mon attention. Au final, je suis un peu déçu car tout y est alambiqué, et l'on s'y perd vite. Des noms en pagaille, des témoignages, des anecdotes, mais pas de réelle construction historique.

    Certes, on y apprend ces fameux dix commandements ! Et l'on découvre à la fois la solidité de cet édifice mafieux, mais aussi la fragilité de certaines de ses ramifications.

    Les 10 commandements :

    1. La 'ndrangheta est une et une seule.

    2. Le traître brûlera comme l'image pieuse.

    3. Ne jamais s'écarter des règles et se taire.

    4. La famille est sacrée et inviolable.

    5. Commander, c'est mieux que baiser.

    6. A table, on partage tout et on parle de tout.

    7. Sans argent, pas de messe.

    8. Qui vivra, vivra et qui mourra, mourra.

    9. Tout passe, même la prison.

    10. Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours ainsi.

     

    Les auteurs achèvent leur document par une partie très instructive qui, à elle seule, donne plus de corps à l'ouvrage tout entier : les dits et non-dits de la 'ndrangheta.

    Des quatre mafias italiennes existantes, la calabraise connaît une progression fulgurante et n'est pas prête de s'arrêter. Même si ce n'est pas évident, il ne faut pas en avoir peur, car en avoir peur, c'est les nourrir...

     

    MAFIA CALABRAISE Les dix commandements

    de Nicola Gratteri & Antonio Nicaso

    L'Express, mai 2013

    ISBN 978-2-84343-983-4

    256 pages - 19,00 €

     

     

     

  • La Grande Guerre 14 - 18

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    "1914-1918, L'album photo constitue un document iconographique et historique unique basé sur des archives de particuliers, jamais publiées à ce jour et issues de la prestigieuse collection du In Flanders Fields Museum, un des plus grands musées européens consacrés à l'étude de la Première Guerre mondiale. L'ensemble des documents a soigneusement été sélectionné et mis en perspective par l'équipe scientifique du musée, dans une approche esthétique offrant une vision plus humaine du conflit, hors des clichés militaristes ou propagandistes habituels. Près de 100 visuels inédits, proposant un regard neuf sur un des plus grands conflits du XXe siècle."

     

    LA GRANDE GUERRE 14 - 18

    de Piet Chielens

    Renaissance du Livre, novembre 2013

    ISBN 9782507051402

    240 pages - 34,90 €

     

  • Marka se reprend (pas au sérieux)

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    Son CD tourne en boucle depuis hier dans la voiture. "L'Hospice", "Accouplés", ou encore "L'Idiomatic" se disputent le podium. J'ai bien dû les écouter six ou sept fois d'affilée.

    Marka et moi, c'est un peu le coup de foudre bien qu'il ne soit pas supporter d'Anderlecht (mais personne n'est parfait). Je retrouve un mélange de Rapsat, de Brel, d'Eddie Cochran, j'y perçois le sens de la fête, la bonne humeur bien belge, et l'autodérision tout aussi propre à notre petit pays. Alors, son livre, hier, je l'ai dévoré en une bonne heure. Et quelle idée géniale de vendre un CD grâce au livre... ou l'inverse...

    Serge Van Laeken est né à Molenbeek... Dès le début, je me marre. Et les anecdotes s'enchaînent à un rythme effréné, tout au long - ce qu'il n'est d'ailleurs pas - du bouquin.

    Son "concert" à Manosque, l'année 1997 et son passage dans les Fnac, sa rencontre avec Jacques Dutronc, son aventure - ou plutôt celle de Jean-Phi - à Manhattan, ou sa réception musclée à Hautepierre, le Bruxellois que je suis en redemande.

    Même si son livre-album se perd quelque peu entre les seins de Delphine de l'album de Kroll et les griffes d'un Chat devenu biblique, même s'il faut fouiller pour le trouver dans l'amoncellement de livres de fin d'année, cela en vaut vraiment la peine... Croyez-moi.

    Il me reste à convaincre Serge Van Laeken d'aller à Anderlecht avec moi pour supporter les mauves... Et là, cela risque d'être difficile...

     

    Marka se reprend (pas au sérieux)

    Renaissance du Livre, novembre 2013

    ISBN 978-2507-05157-0

    114 pages - 14,90 €

     

     

  • La saga de France Inter

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    50 ans d'amour. Des PDG, des journalistes, des producteurs, des directeurs et des millions d'auditeurs, tous attachés à « leur » radio avec la même passion, la même envie, les mêmes colères parfois. On ne peut pas raconter l'histoire de France Inter sans tenir compte de cette relation si particulière que tous entretiennent avec elle ; un peu comme une famille attachante, agaçante, mais dont on ne pourrait se passer. 50 ans de grèves aussi !

    De la politique, du syndicalisme, des accords, des manœuvres, des négociations ; du suspense, des chausse-trappes, des secrets... France Inter, c'est le service public dans tous ses états. Un feuilleton sans fin ! 50 ans de beautés enfin. Des voix, des sons, des rencontres, une seule et même vibration... Des silences. Des souvenirs gravés dans nos mémoires. Des moments historiques, bouleversants, inoubliables. Des vies entières à émettre et recevoir, parler et écouter. Un demi-siècle de notre histoire, passée, présente et certainement à venir. 50 ans qui méritaient bien un livre enquête passionnant et passionné.

     

    La saga de France Inter

    de Valérie Péronnet et Anne-Marie Gustave

    Pygmalion, octobre 2013

    ISBN 978-2-7564-1041-8

    288 pages - 20,90 €

     

  • Passion Tour...

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    "Je commente ce que je vois (dois-je dire ce que je crois voir ?) et non ce que je crois savoir et, a fortiori, ce que je ne sais pas !"

    Car oui, comme le précise Rodrigo Beenkens, accuser sans preuve, s'apparente à de la diffamation. Point d'hypocrisie donc chez ce journaliste qui a commenté plus de vingt tours de France, un sur cinq donc car ce sera la centième édition en 2013.

    On ne m'enlèvera pas l'idée que ne pas se doper, en cyclisme, équivaut à manquer d'ambition. Gagner le Tour étant l'objectif ultime pour tout compétiteur, s'il faut passer par là - injection de produits dopants, transfusions sanguines, certificats médicaux de complaisance -, il n'y a pas à hésiter, malgré les risques.

    D'où le nombre impressionnant d'asthmatiques parmi les coureurs. D'où la phénoménale capacité de récupération entre deux étapes de haute montagne. D'où la faculté nouvelle des purs grimpeurs à bien figurer dans les exercices chronométrés. D'où certaines prises de risque lors de sprints endiablés. Outre les enjeux financiers devenus énormes, à l'instar d'autres disciplines sportives, on ne retient que le nom du vainqueur, que celui-ci soit ou non un tricheur.

    Rodrigo Beenkens, même s'il le pense, ne peut s'exprimer aussi librement, certes. Il ne se cantonne d'ailleurs pas au seul tour de France. Il retrace une carrière de commentateur, riche en anecdotes savoureuses, en émotions fortes, en désillusions aussi. La passion du cyclisme - et du football - chevillée au corps, Rodrigo raconte, remonte le temps, depuis cette année 1990, ce premier tour en tant que commentateur pour la RTBF.

    Il y eut Luc Varenne et ses envolées lyriques. Il y eut Théo Mathy. Il y a Rodrigo Beenkens, véritable encyclopédie du vélo.

    Détrompez-vous, le métier de commentateur sportif n'est pas de tout repos, loin s'en faut. Toujours sur la route, le nez dans ses notes, l'oreille en alerte permanente. Rodrigo, même passionné, doit quelques cheveux gris au stress de la course, à cette foule de spectateurs toujours présente, parfois inconsciente, à la condescendance nouvelle des sportifs à l'égard des journalistes, ou au manque prolongé de ses proches. Mais en marge de ces menus désagréments, il y a la joie des rencontres exceptionnelles, des amitiés créées et consolidées sur les routes du Tour.

     

    Roulez jeunesse !

     

    Passion Tour

    de Rodrigo Beenkens et Jean-Marc Ghéraille

    Renaissance du Livre, mai 2013

    ISBN 978-2-507-05119-8

    176 pages - 19,00 €

     

    Le Tour en chiffres :

     

    198 coureurs engagés

    180 véhicules dans la caravane publicitaire

    12 millions de spectateurs sur le parcours

    2 000 journalistes accrédités

    190 pays dans lesquels le Tour est diffusé

    537 communes traversées

    4 500 personnes présentes sur place : organisation, médias, caravane publicitaire, prestataires, groupes sportifs

    environ 12 millions de visiteurs uniques sur internet pendant le mois de juillet

  • Le dernier Léonard De Vinci

    le_dernier_leonard_de_vinci_01.jpgLe Dernier Léonard de Vinci de Fiona McLaren est l'une des enquêtes les plus sensationnelles de l'histoire de l'art. C'est aussi le récit du courage et de la ténacité d'une femme qui dans sa recherche de la vérité a défié l'establisment de l'art, l'histoire officielle et l'Église.

    Imaginez un tableau ancien, représentant une vierge à l'enfant. D'une beauté sereine et envoûtante, il est dans votre famille depuis tant d'années qu'il semble n'avoir plus rien à vous apprendre. Pourtant le désir d'en percer les mystères devient de plus en plus pressant. Vous appelez des experts. Aussitôt, ils s'émeuvent : et si ce tableau, dont on a fait cadeau à votre père, était l'oeuvre d'un élève de Léonard – voire du grand maître lui-même ? Vous vous mettez à chercher, à échanger avec des universitaires et des institutions du monde entier. Les résultats de votre enquête sont rien moins qu'ahurissants. Que faire si ce tableau témoignait de l'une de plus grandes hérésies de notre temps ? Et s'il révélait une incroyable aventure que l'Église romaine catholique avait tenu à garder secrète par tous les moyens depuis des siècles ?

     

    Le dernier Léonard De Vinci

    de Fiona Mc Laren

    MA éditions, mars 2013

    ISBN 978-2-822-402026

    360 pages - 19,90 €

     

  • La France des Intégristes !

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    Ici, ils excluent les non-croyants de leur table. Là, ils interdisent aux femmes d'aller cheveux nus et aux hommes de leur adresser la parole. Ailleurs, ils rejettent la démocratie, l'école laïque, l'avortement, l'homosexualité, la liberté de penser... et d'autres pratiques qui font froid dans le dos.

    Ces interdits que l'on croirait d'un autre âge sont, aujourd'hui en France, une réalité pour certains intégristes du judaïsme, du christianisme et de l'islam. Autant d'attitudes qui excluent de la République ceux qui les adoptent et mettent nos modes de vie comme notre société en péril.

    Informée, troublante et sans parti-pris, fondée sur de nombreux témoignages et confidences, l'enquête fouillée de René Guitton démontre combien les intégristes de tous dogmes nient nos valeurs fondatrices et refusent le vivre-ensemble. Un ouvrage riche en révélations, qui dénonce les menaces que ces groupes font peser sur la tolérance, la liberté d'expression, le multiculturalisme, le respect des différences, et l'égalité de tous devant la loi.

     

    La France des intégristes

    de René Guitton

    éditions Flammarion, mars 2013

    ISBN 978-2-0812-9093-8

    304 pages - 20,00 €

  • Le vrai Bart De Wever

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    extrait p.20 et 21 :

     

    "Donc, vous voudriez nous suivre pendant la campagne des élections communales d'Anvers ?" Je ne puis qu'approuver : "C'est exact." "Et quand vous dites suivre, vous voulez dire suivre partout ?", continue De Wever. Je réponds évidemment : "C'est exact." "Bon, il va falloir fixer quelques rendez-vous", dit De Wever en guise de conclusion. Il se redresse et saisit une canette de Coca zéro sur le plateau, au milieu de la table. "Votre projet suppose une confiance réciproque. Je suis disposé à accorder à un journaliste l'accès à des échanges internes, à des réunions stratégiques. Cela suppose que nous soyons d'accord pour que rien de tout cela ne filtre avant les élections. Pas même sous la forme de sous-entendus. Jusqu'au 14 octobre, les journaux ne publieront rien de ce qui se dira dans ces réunions. Si nous tombons d'accord sur ce point ici et maintenant, nous pouvons marquer notre accord pour tenter l'expérience. Nous verrons la tournure qu'elle prendra. Je m'y vois bien mais je veux en parler avec les gens d'Anvers. Je vais faire ça." Je réponds : "Si telles sont les conditions de l'accord, je marche."

    Kristof Windels, journaliste au Morgen, décrit la conquête de l'écharpe maïorale d'Anvers par l'homme politique le plus controversé en Belgique : Bart De Wever !

    Ce travail journalistique lui a permis de décortiquer les attitudes, les réflexes, les mimiques, les humeurs, la personnalité ainsi que la stratégie du leader de la NVA, parti séparatiste flamand.

    Sans a priori, je me suis plongé dans cette quête du Graal. Les élections de 2014 se rapprochent et cet ouvrage m'a permis d'un peu mieux appréhender ce personnage.

    Même si l'on ne partage pas les idées de cet homme, on ne peut qu'admettre qu'il s'agit d'un champion... ou plutôt d'une bête de campagne... électorale bien sûr.

     

    Le vrai Bart De Wever

    de Kristof Windels

    Renaissance du Livre, mars 2013

    ISBN 978-2-507-05116-7

    224 pages - 21,00 €

    http://eshop.renaissancedulivre.be/le-vrai-bart-de-wever.html

     

  • Patrick Edlinger, grimpeur de l'impossible...

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    Une vie suspendue à 52 ans. Patrick Edlinger s'était lancé dans le plus difficile de ses défis, « un solo impossible », disait-il.

    Le 16 novembre 2012, il tire sa révérence au moment ou il s'apprêtait à revenir vers son public avec son livre, cette autobiographie — écrite avec son ami et confident de toujours, Jean-Michel Asselin — qui lui tenait tant à coeur. Il avait mis un point final à ce texte et était heureux de communiquer sa vérité, tout entière, de dévoiler ses fragilités. Un livre d'autant plus émouvant qu'il prend un tour testamentaire.

    L'icône de toute une génération. En 1982, La vie au bout des doigts, le film de Jean-Paul Janssen l'avait projeté dans la lumière. En quelques jours, l'ange blond qui dansait au-dessus du vide, sans corde, celui qui se tenait suspendu à 2000 mètres sur le bout des doigts, était devenu célèbre dans toute l'Europe.

    Il sera l'inspirateur de milliers de grimpeurs, à l'origine de centaines de vocations pour cette activité nouvelle qu'était l'escalade. Son génie de la grimpe, son physique d'éphèbe et la simplicité de son mode de vie ascétique contribuent à faire de Patrick un héros pour la jeunesse, un géant de l'escalade.

    Un livre... Non, mieux que ça... Un bijou ? Oui, mais plus encore... Il n'y a pas de mot assez fort pour décrire l'émotion qui m'étreint lorsque je lis ces pages. Cet homme, nous l'avons tous vu, tous traité de "demi-dingue", et tous admiré.

    Les photos sont incroyables. L'objet mérite d'être accroché - comme Patrick l'était -, voire suspendu en l'air, le souffle retenu.

    Patrick Edlinger

    de Jean-Michel Asselin et Patrick Edlinger

    éditions Guérin, février 2013

    ISBN 978-2-35221-060-3

    322 pages - 56,00 €

     

     


     

  • SNCF, héros et salauds pendant l'Occupation

    9782749120119.jpgIl n'y a jamais eu autant de résistants en France qu'à partir de 1943. Mais en 1940, la chanson n'est pas la même et derrière le maréchal Pétain, de sombres individus profitent de leur situation pour asseoir leur pouvoir en collaborant activement avec l'ennemi.

    Les dirigeants de la SNCF étaient de cette engeance. Pierre-Eugène Fournier, président de la SNCF, Robert Le Besnerais, directeur général, et bien d'autres, ont préféré se ranger aux côtés des vainqueurs teutons. A la Libération, le premier a même été félicité pour ses activités de résistance. Un comble ! Quant au second, il n'a pas été inquiété et a pu achever sa carrière en toute quiétude, bénéficiant à la sortie d'une retraite confortable. Tout simplement scandaleux !

    Les cheminots furent pourtant parmi les premiers à avoir résisté, saboté, milité, et sauvé des vies. Les conducteurs de locomotives passaient le courrier en zone libre, quand ce n'était pas un soldat, un juif, ou un prisonnier en cavale.

    Léon Bronchart était de ceux-là. Ce solide gaillard, déjà quadragénaire, avait un caractère bien trempé. Jean-Pierre Richardot s'attarde sur ce personnage hors du commun, mais il évoque également les activités de ses compagnons d'armes, des hommes mettant leur vie en péril pour sauvegarder ce qui leur était le plus cher : leur conscience !

    Cet ouvrage bien documenté remet les pendules à l'heure. Il était donc indispensable. De quoi nous remettre sur les bons rails de l'Histoire...

     

    SNCF, héros et salauds pendant l'Occupation

    de Jean-Pierre Richardot

    Le Cherche Midi, septembre 2012

    ISBN 978-2-7491-2011-9

    312 pages - 19,00 €

     

  • Du côté d'Amiens...

    rechou.jpgphilippe-leleux-jean-pierre-facquier-sculpteur-et-la-marionnette-lafleur-o-2918397032-0.jpgLes éditions de la librairie du Labyrinthe publient des ouvrages régionalistes. Le premier nous emmène sur les bords de la Somme, dans l'Amiens de l'après-guerre, entre le quartier Saint-Leu et les hortillonnages. Récit illustré, plaisant, jalonné de termes ou d'expressions picardes. Le second nous fait découvrir tout l'univers d'une marionnette de bois : le pantin héroïque Lafleur. Découverte d'un pan du folklore local.

     

    Jean-Pierre Facquier sculpteur et la marionnette Lafleur

    de Philippe Leleux

    éditions librairie du Labyrinthe, juin 2010

    ISBN 978-2-918397-03-8

    80 pages - 13,00 €

     

    Grand René et le brochet fabuleux

    de Patrick Réchou

    illustrations : Dominique Scaglia

    éditions librairie du Labyrinthe, 2010

    ISBN 978-2-918397-04-5

    80 pages - 13,00 €

     

     

  • Les 100 ans à venir...

    livre_livres_a_lire_100_ans_a_venir.jpgCe livre est plus qu'un document de géopolitique, il s'agit d'une mine de renseignements sur le mode de pensée des grandes nations de ce monde.

    Georges Friedman serait-il le Jacques Attali américain ? On peut le penser. En tout cas, il n'hésite pas à nous dépeindre ce que sera notre 21ème siècle. Il en tire les lignes de force, les nations sur le déclin ou en pleine ascension. Et les surprises ne manquent pas.

    Ouvrage passionnant, accessible, publié en 2009 en anglais et enfin traduit. Publié chez Zdl éditions, une toute nouvelle maison, ce livre devrait alimenter les conversations pendant plusieurs décennies.

     

    Les 100 ans à venir

    de Georges Friedman

    Zdl éditions, juin 2012

    ISBN 978-2-9538791-2-4

    360 pages - 22,90 €

  • Le dernier tabou

    9782756405780.jpg"La main sur le coeur, les présidents de la République se sont toujours engagés à être transparents sur leur état de santé pendant leur mandat. Pourtant, ils ont tous, le moment venu, expédié cette promesse aux oubliettes.

    Georges Pompidou répétait qu'il avait la « grippe », alors qu'il se mourait d'une leucémie. Valéry Giscard d'Estaing s'est abstenu de publier des bulletins de santé. Quant à ceux de François Mitterrand, ils étaient tous mensongers. Après son accident vasculaire cérébral, Jacques Chirac laissa croire qu'il s'agissait seulement d'un petit « pépin »... Quant à Nicolas Sarkozy, il avait promis qu'il ferait de son médecin une « vedette » : il n'en a rien été.

    Aucun n'a voulu instaurer des procédures claires qui pourraient remettre en cause les capacités du chef de l'État à présider, chose nécessaire dans une démocratie digne de ce nom.

    Or le président tient le destin des Français entre ses mains. S'il s'exonère de rendre des comptes publiquement sur une question aussi vitale que sa santé, doit-on lui accorder notre confiance ?"

    Certes, la date de sortie de l'ouvrage, programmée le 11 avril dernier, n'est pas innocente. Les ouvrages politiques fleurissent sur les tables des libraires. Celui-ci aborde un sujet intéressant, plus intemporel : la santé !

    Je me souviens des derniers mois de présidence de François Mitterrand. Fallait-il qu'il se représente en 1988 ? Le bon sens eût voulu que non. Mais l'occupation de l'Elysée laisse-t-elle la place au bon sens, pourtant élémentaire si l'on considère la hauteur de la charge ?

     

    Le dernier tabou

    de Denis Demonpion et Laurent Léger

    Pygmalion, avril 2012

    ISBN 978-2-7564-0578-0

    322 pages - 19,90 €

  • Sauver la santé

    9782749118895.jpg"Hier encore, le monde enviait le système de santé français. Aujourd'hui, il est au bord du collapsus ! Inégalités d'accès aux soins, patients qui renoncent à se faire soigner, déserts médicaux, médecins désenchantés, personnels soignants épuisés, des millions de journées de RTT accumulées à régler, un trou de la Sécurité sociale abyssal, des hôpitaux publics dans le rouge, certains même déjà placés sous tutelle ! Enfin une suspicion vis-à-vis de l'institution due à son opacité, au manque d'information et aux scandales à répétition, du Médiator aux prothèses PIP...

    Que dire de la responsabilité des usagers et des professionnels de santé, de la négligence des élus locaux et de l'absence de contrôle de l'État ? Demain, si l'on ne fait rien, de nombreux établissements de soins fermeront leurs portes. Des milliers de personnes perdront leur emploi et notre système de santé ne sera plus qu'une douce utopie qui n'aura duré qu'un temps. Existe-t-il un moyen de s'en sortir ? Oui, répond le docteur Christian Le Dorze dans ce livre, réquisitoire sans complaisance mais aussi plaidoyer vibrant d'espoir. Il n'est pas trop tard pour redresser la barre. Il est juste temps."

     

    Sauver la santé

    du Dr Christian Le Dorze

    Le Cherche Midi, mars 2012

    ISBN 978-2-7491-1889-5

    216 pages - 18,00 €

  • La suspendue de la République

    9782749123332.jpgFallait-il publier ce document ? Franchement, je m'interroge. Si le premier ouvrage de Sihem Souid, intitulé "Omerta dans la police", ne manquait pas de mérite, celui-ci me paraît truffé de passages sans grand intérêt. Témoignages, doléances, acharnement, harcèlement, même si le public, en tout cas une grande majorité de celui-ci, a pris conscience des dysfonctionnements de nos prétendues démocraties occidentales, cet ouvrage répond davantage à une occasion d'abreuver les tables des librairies qu'à une nécessité d'informer. Dommage...

     

    La suspendue de la République

    de Sihem Souid

    éditions le Cherche Midi, janvier 2012

    ISBN 978-2-7491-2333-2

    216 pages - 17,00 €

  • Dick Rivers !

    mister_d_01.jpg"Enigme pour certains, caricature pour d'autres, Hervé Fornéri, né à Nice le 24 avril 1946, a créé Dick Rivers le 24 avril 1961, le jour de ses quinze ans. Cinquante ans au service du rock and roll, des Chats Sauvages à Mister D. Arrivé troisième dans l'ordre d'apparition sur la scène rock française en 1961 après Johnny Hallyday et Eddy Mitchell, Dick conservera cette image « du troisième » durant toute sa carrière, y compris auprès des journalistes, quel que soit le classement de ses succès dans les hit-parades. Il a souffert de ces longs moments sans exposition et en souffre encore. Il raconte, sans amertume."

     

    Dick Rivers Mister D.

    entretiens avec Sam Bernett

    éditions Florent Massot, octobre 2011

    ISBN 978-2-9165-4672-8

    192 pages - 19,90 €

  • Gault et...

    9782200271831.jpgDans ce "à quoi sert vraiment un critique gastronomique ?", je n'ai cessé de me poser la question : "à quoi sert un tel ouvrage, ou plutôt à qui ?"

    Voici un livre qui, à mon sens, sonne creux. Oh bien sûr, on pourra retenir quelques anecdotes, quelques bons mots, quelques idées ou recettes intéressantes, mais de là à vouloir les relier pour en faire un livre, il y a une marge.

    Gilles Pudlowski est très certainement un éminent critique gastronomique, mais fallait-il pour autant dévoiler certains aspects de ce métier somme toute assez secret ?

     

    A quoi sert vraiment un critique gastronomique ?

    de Gilles Pudlowski

    Armand Colin, mai 2011

    ISBN 978-2-200-27183-1

    192 pages - 12,90 €

  • Le dernier procès

    9782359490121.jpgSoixante-cinq ans après Nuremberg, voici peut-être - sûrement - l'exposé complet du dernier procès du nazisme.

    Nicolas Bourcier, journaliste au Monde, retrace toute l'histoire de ce procès et nous fait découvrir, de façon très minutieuse, qui était cet exécutant au service du nazisme, ce pion sur l'échiquier. John Demjanjuk n'était pourtant pas Allemand mais soldat dans l'Armée rouge.

    Prisonnier dans un camp, celui de Solibor, en Pologne, il fut recruté comme "trawniki", un sous-fifre chargé de surveiller les siens et qui, par la même occasion, multipliait ses chances de survie.

    A la différence des têtes pensantes du régime, des cadres et autres officiers supérieurs, ce procès n'a rien de simple car on juge un type qui, pour sauver sa peau, s'est rendu complice d'une abomination, à savoir l'exécution de 28 060 Juifs polonais.

     

    Le dernier procès

    de Nicolas Bourcier

    Don Quichotte, septembre 2011

    ISBN 978-2-35949-012-1

    296 pages - 18,90 € 

  • Le Tour du Monde en 80 livres !

    le_tour_du_monde_en_80_livres_01.jpgCe livre, aucun éditeur (ou presque) ne s'y serait risqué. Trop peu de garanties de succès. Et, par-dessus le marché, un auteur inconnu au bataillon des "bankables", à savoir ceux qui génèrent d'office du chiffre, de par leur notoriété auprès du grand public. Cela tombe bien, l'auteur est aussi éditeur, et non des moindres : Magellan & Cie, LA référence en récits de voyages. Marc Wiltz est un explorateur, la maison qu'il a fondée en 1999 porte donc bien son nom.

    Dans cet ouvrage, il nous emmène dans un tour du monde, le sien, en 80 livres qui, tout au long de sa vie, l'ont marqué. Plus qu'un simple critique, Marc Wiltz raconte en connaisseur, en passionné. Ce livre se picore. On y entre, on y découvre, on se souvient de nos lectures, de nos voyages et des rencontres qui en ont, parfois, découlé.

    Au travers de ces livres d'exception, on s'évade, beaucoup. Et pas seulement sur notre planète, aussi dans notre imaginaire, bien plus vaste encore. On grimpe avec Anapurna, premier 8000 de Maurice Herzog. On domine la cime des arbres avec Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne. On se blottit en enfance avec Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift ou, enfin, on se délecte de la plume incomparable de Julien Gracq dans Le Rivage des Syrtes.

     

    Le Tour du Monde en 80 livres

    de Marc Wiltz

    Magellan & Cie, septembre 2011

    ISBN 978-2-35074-195-6

    264 pages - 19,50 €

  • L'amour du tennis

    9782259210959.jpgMes premiers balbutiements tennistiques ont eu lieu sur la plage de Blankenberge, au milieu des années 70. Une raquette en bois, quelques balles - blanches à cette époque - et un terrain tracé à la hâte sur le sable durci par la marée. Point de filet, mais beaucoup d'imagination. Comme le rappelle Patrice Dominguez, la pratique du tennis en France a débuté sur les plages normandes ou bretonnes.

    Mois de juillet 1981, je regarde le match Connors - Borg sur le petit écran. Wimbledon, demi-finale, l'enjeu est énorme et la tension palpable. Les deux hommes sont au sommet de leur art. Dès l'entame, Jimbo écrase son adversaire : 6/0. Sa pugnacité, sa rage de vaincre et son attirance pour le jeu d'attaque font merveille. Le Suédois, placide comme à son habitude, encaisse les coups et ne laisse rien paraître. Il attend que l'orage Connors passe. Mené deux sets à rien, Borg équilibre les échanges, serre le jeu, pousse son adversaire à la faute et empoche le troisième set. Devant mon écran de télévision, je suis captivé par la remontée fantastique du champion suédois. Il court sur chaque balle et, orgueil de champion oblige, assène un 6/0 à Jimmy Connors au quatrième set. Björn Borg finit par gagner la partie, en cinq manches. C'est décidé. Moi aussi, il le faut, je jouerai au tennis.

    Borg-Connors.jpg

    Trente ans plus tard, ma passion pour ce sport ne s'est jamais démentie. Au fil des lustres, j'ai admiré les exploits de mes joueurs favoris : Mats Wilander, Stefan Edberg, Pete Sampras, Roger Federer, et depuis peu, la perfection nommée Djokovic.

    Aussi la lecture de cet ouvrage fut pour moi une plongée dans mes souvenirs maquillés de terre rouge, mais aussi une découverte de celles et ceux qui ont façonné la grande Histoire du tennis. La rencontre de M. Patrice Dominguez restera un moment exaltant, rendue possible par le biais de mon autre passion : la lecture.

    Construit en abécédaire, le livre revient sur bon nombre d'épisodes incroyables, comme celui consacré à Richard Noris Williams, surnommé "Dick", qui, après avoir eu les membres gelés lors du naufrage du Titanic, devint un grand champion de tennis. Autre personnage truculent : Goran Ivanisevic qui, en conférence de presse, au soir de sa finale de Wimbledon remportée sur le tard en 2001, annonça aux journalistes : "Avant la finale, j'ai dit à Dieu, laisse-moi enfin gagner ce tournoi et j'arrêterai de jouer au tennis. Comme j'ai gagné, peut-être que Dieu veut que je rentre chez moi, mais moi je ne veux pas. On est en pleine négociation en ce moment."

    Ou encore ce passage qui trahit exactement la psychologie de deux champions hors normes : "Un soir de 1985 au bar de l'hôtel Hilton de Minneapolis après un match exhibition, Björn Borg et John Mc Enroe devisent et refont le monde - du tennis bien sûr - autour de quelques bières. John est dépité, il a perdu la finale de l'US Open contre Ivan Lendl (qu'il déteste) et en même temps sa place de Number One au classement mondial. Björn fait la moue et John joue, comme d'habitude, le rôle du fier-à-bras : "Après tout, ce n'est pas si mal d'être n°2, j'aurai moins de pression et puis beaucoup de joueurs souhaiteraient être à ma place." Björn remue encore plus la tête, remet sa chevelure blonde vers l'arrière, et interrompt Big Mac : "Number One est la seule chose qui compte, John. Tu le sais aussi bien que moi. Si tu es numéro 2, tu peux être aussi bien numéro 3 ou 4, c'est-à-dire personne."

    SDC11055.JPG

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1. Commençons par la question la plus gênante. Pourquoi ne pas avoir parlé de Justine Henin ?

    Patrice Dominguez : C'est un oubli. Un oubli regrettable parce que c'est une joueuse que j'ai beaucoup admiré, beaucoup commenté, et avec laquelle j'entretiens d'excellentes relations. Au bout d'un moment, l'éditeur m'a dit : "Il faut remettre le texte." C'est donc un oubli, parce que j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Justine. Elle a eu une carrière phénoménale à partir d'un physique qui ne l'était pas, par rapport à l'évolution du jeu, la puissance de ses rivales, les soeurs Williams, Sharapova, Davenport, Kim Clijsters et, par rapport à Amélie qui était, pour nous Français, sa grande rivale.

    S'il y a un autre tirage, je rajouterai deux chapitres : le revers et... Justine.

    2. De 1981 à 1989, Lendl était l'homme à battre à Roland Garros. Celui qui éliminait le Tchèque gagnait le tournoi, sauf en 1988 où il fut battu par Jonas Svensson.

    Patrice Dominguez : D'abord Lendl a beaucoup gagné avant de parvenir à gagner un tournoi du Grand Chelem. Il y est parvenu à Roland Garros dans des circonstances dramatiques en battant le meilleur joueur du monde à l'époque. Ce fut la bascule dans la vie de Lendl. Avant cette finale mémorable de 1984, on pensait que Lendl était friable dans les grands rendez-vous, et ce jour-là, il ne va pas céder. Il va plier, plier, plier, jusqu'à ce que John pique une colère et baisse de régime.

    roland-garros-1984.jpgA partir de ce titre, lui qui avait perdu six ou sept finales avant, va en gagner six ou sept après.

    Il va devenir une espèce de monstre à l'US Open. Il lui arrivera à Wimbledon ce qu'il a fait subir à Mc Enroe à Roland Garros. La tache de Lendl sur son palmarès, c'est Wimbledon. La tache de Mc Enroe, et un sujet qu'on ne peut toujours pas aborder avec lui, c'est Roland Garros.

    3. L'évocation d'Emil Zatopek dans votre livre m'a profondément ému. Qu'avez-vous ressenti lorsque vous l'avez aperçu en train de balayer les lignes de votre court ?

    Patrice Dominguez : L'injustice de la vie et les circonstances qui font que celui qui a été le plus grand puisse avoir été brisé par un système totalitaire complètement inique. Avant ce moment, je n'avais jamais vu Zatopek physiquement. Pour moi, c'était une foulée, une attitude, le concurrent de notre Alain Mimoun, son ami aussi au-delà de la compétition. Quand j'ai reconnu ce type avec son short et son marcel pousser son chariot, j'ai été profondément peiné et meurtri par cette déchéance. Je ne pouvais pas comprendre qu'on ait pu briser un homme simplement pour des pensées idéologiques, alors qu'il avait porté le flambeau de toute une nation.

    zatopek.jpg4. Ivanisevic est un bon joueur de foot. Lendl excelle en golf, tout comme Wilander. Borg aurait pu devenir un coureur de 400 mètres de très haut niveau. Pensez-vous que, à la base, un tennisman professionnel soit très polyvalent ?

    Patrice Dominguez : Les plus grands sportifs sont en général très polyvalents. Si l'on prend les joueurs français, que je connais très bien, Mika Llodra est un excellent joueur de foot, Gaël Monfils est un athlète exceptionnel. Je pense que Roddick, avec sa vitesse d'épaule, serait devenu un bon joueur de base-ball. Un sport tel que le tennis impose à ses pratiquants un déplacement dans l'axe, mais aussi latéral, de bonnes notions d'équilibre, une bonne vision de la balle. On est donc privilégié à la pratique d'autres sports.

    5. Vous avez été n°1 français dans les années 70. Or, très peu de monde se souvient de vous comme joueur de tennis. Pensez-vous qu'on ne retient que les "Number One" ?

    Patrice Dominguez : La société d'aujourd'hui ne retient que les Number One ou les très fortes personnalités. Il y a des numéros un ou une dont on ne se souvient pas forcément. Je me souviens avoir vu Borg, à mes côtés, et des gens me faire signer un autographe en tant que commentateur télé, sans avoir reconnu le champion suédois. On se souviendra très probablement plus d'un Agassi que d'un Sampras, qui a pourtant eu une carrière exceptionnelle.

    6. Il y a quelques mois, j'ai rencontré Cathy Tanvier, ex-numéro 1 française. Elle m'a rappelé la difficulté de reconversion pour beaucoup de joueuses et joueurs professionnels. Pensez-vous qu'il faudrait mettre en place une structure pour aider ces jeunes à préparer leur reconversion ?

    Patrice Dominguez : Tout à fait. Il est du devoir d'une fédération qui se veut formatrice que de considérer qu'il y a beaucoup de joueuses et de joueurs entraînés pour très peu d'élus à la sortie. Lorsque j'avais sous ma responsabilité la direction technique de la FFT, nous envisagions très tôt, avec les parents, le futur de nos poulains. A la FFT, où nous bénéficions de gros moyens financiers grâce à Roland Garros, le nombre de joueurs et de joueuses entraînés entre 7/8 ans et 17/18 ans, correspond à environ 500 enfants.

    Sur ces 500, et les statistiques sont impitoyables, vous avez un joueur ou une joueuse par année d'âge qui va intégrer l'équipe de Coupe Davis ou de Fed Cup. Et certaines années, vous n'en aurez pas, quels que soient les efforts financiers ou sportifs consentis. Un jeune coûte, de 7 à 18 ans, à peu près un million d'euros. C'est énorme. Dix ans, dix mille heures, mille matchs !

    Certes, vous pouvez décrocher un super millésime, comme vous en Belgique grâce à Justine et Kim. Mais avant ? Et après ? C'est un sport individuel. C'est donc très compliqué. Quand je m'adresse aux parents, je leur soutiens que le Bac, c'est obligatoire. Si l'enfant ne va pas au Bac avec nous, en marge de ses activités tennistiques, je ne le garderai pas.

    Dans le tennis français, et c'est un bilan dont je suis fier, après trois ou quatre années passées à la FFT, on garantit un diplôme. Ou il passe et décroche son baccalauréat à 18 ans, ou il reçoit une formation pour lui permettre de devenir professeur de tennis. Il faut assurer un avenir à nos jeunes.

     

    L'amour du tennis

    de Patrice Dominguez

    Plon, mai 2011

    21,00 €

     

     

     

     

  • En quête de vérité

    9782702142066.jpgQuinze ans après les faits, René Guitton revient sur cette affaire dramatique qui coûta la vie aux sept moines de Tibhirine. Il nous présente une enquête fouillée qui, enfin, répond à des questions restées jusque-là sans réponses.

    Quels ont été les éléments déclencheurs de ce massacre ? Où reposent-ils à présent ? Pourquoi a-t-il fallu attendre 2006 pour qu'un juge français diligente une commission rogatoire en Algérie ? Quelle fut, tout au long de ces quinze années, l'attitude du Vatican ? Pourquoi la seule famille de Christophe Lebreton, alias Frère Christophe, s'est-elle portée partie civile ?

    Dans son livre paru en 2001, intitulé "Si nous nous taisons, le martyre des moines de Tibhirine", René Guitton avait brossé les circonstances de la mort de ces frères cisterciens. Plusieurs faits ou révélations ont convaincu l'auteur qu'un second ouvrage serait utile pour une meilleure compréhension.

     

    En quête de vérité

    de René Guitton

    Calmann-lévy, mars 2011

    ISBN 978-2-7021-4206-6

    380 pages - 21,50 €