09.07.2007
Quand la réalité dépasse la fiction...

La découverte des possibilités énergétiques du pétrole est-elle un bien ou un mal pour l’humanité ? Véritable moteur de notre économie mondiale, le pétrole est sans conteste à l’origine de la plupart des progrès technologiques des XIXème et XXème siècles. Cela dit, on lui doit aussi de nombreux conflits sanglants. Depuis la Première Guerre Mondiale, le pétrole est l’objet de toutes les convoitises et il détermine en grande partie les choix stratégiques des forces en présence.
Personne n’est assez naïf pour croire que Bush junior ait envoyé ses troupes en Irak pour démocratiser le pays. Il se fout du bien-être des Irakiens comme de ses chaussettes sales. Sa priorité fut bien évidemment de protéger les puits de pétrole et de s’en approprier le contenu. Quant à Bush père, il n’en avait absolument rien à cirer des quelques Koweïtiens malmenés par l’armée irakienne en 1991. Les gisements koweïtiens figurant parmi les plus productifs de la planète, il n’était pas question de laisser Saddam Hussein s’emparer de cette montagne d’or noir.
Eric Laurent, outre ses rencontres mémorables (le Shah d’Iran, Albert Speer, Antony Eden), nous relate l’histoire du pétrole depuis sa découverte, et cela avec une précision d’orfèvre. Ce document qui aurait pu être un rien plus condensé – par moments, l’auteur se répète – dresse un bilan plutôt pessimiste. L’état des réserves pétrolières ne nous permet pas de voir la vie en rose, et certainement pas en noir, car la Terre nous a donné ce qu’elle pouvait.
Notre consommation quotidienne atteint aujourd’hui 87 millions de barils*, soit environ 30 milliards de barils par an. Et un nouvel acteur vient d’entrer dans la ronde des gros consommateurs : la Chine ! Les principaux gisements situés au Moyen-Orient sont tous entrés dans une phase de déclin, au moment où nos besoins ne cessent de croître de manière exponentielle...
* un baril contient 159 litres de pétrole
« Pendant que les climatologues et les experts de l’environnement considèrent le réchauffement du climat comme une catastrophe, les responsables pétroliers se réjouissent de la fonte des glaces qui facilitera les recherches et les exploitations off-shore. »
Si cette phrase extraite du livre se révèle exacte, on s’achemine inexorablement vers une guerre mondiale dont les enjeux vitaux seront l’eau potable, les ressources en nourriture et en énergie. La montée des eaux et autres catastrophes naturelles engendreront le chaos. On assistera à des exodes massifs de gens en manque de tout et prêts à tout. La mort physique de notre humanité et le retour au système moyenâgeux de protection ne relève pas de la science-fiction. Les nations les plus riches construiront d’immenses « lignes Maginot » pour se protéger des invasions de laissés-pour-compte, pendant qu’à l’intérieur même des frontières, l’anarchie la plus totale règnera.
A l’heure où le réchauffement climatique paraît inéluctable, cette vision d’horreur me donne froid dans le dos, comme quoi...
La face cachée du pétrole
d’Eric Laurent
Pocket n°13254
462 pages – ISBN 978-2-266-16909-7
13:37 Écrit par Marc Varence dans documents, témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19.05.2007
Un livre utile...

« La première fois que j’ai voulu colorier des figures humaines, j’avais choisi du rose pour le visage et pour les mains, mais la couleur était fausse. J’ai essayé le blanc. Cela n’avait rien à voir. J’ai essayé plusieurs couleurs, et aucune n’allait. »
Ce livre bouscule les stéréotypes selon lesquels les noirs sont noirs, les blancs sont roses, les Chinois sont jaunes et les Indiens d’Amérique sont rouges. Un professeur rwandais définissait le physique des Tutsis et des Hutus, comme l’on ajoute un code-barres à un produit vendu en grande surface. Foutaises. Ce livre démontre, en rapprochant deux femmes diamétralement opposées, combien l’âme humaine est universelle, combien les sentiments se rejoignent, et cela quelle que soit la contrée dans laquelle on a la chance, ou la malchance, de naître.
Les événements du Rwanda. Quelques lignes dans les manuels d’histoire. A l’instar du 11 septembre 2001, le mois d’avril 1994 fut l’un des plus sombres de notre humanité tout entière. Pour nous, Occidentaux, confortablement installés à l’abri de nos murs épais, de nos démocraties « riches et tranquilles », le génocide du Rwanda se déclinait à 20 heures en images de corps flottants, d’enfants apeurés et de pseudo-militaires déchaînés. La plupart d’entre nous maudissions de telles horreurs et zappions.
Au jour où le génocide rwandais revient au devant de l’actualité, les éditions Metropolis publient cet ouvrage poignant, sincère, empreint d’optimisme malgré l’insoutenable cruauté dont plusieurs millions d’êtres humains furent victimes…
Sous les étoiles du Rwanda
de Mathilde Fontanet et Odette Habiyakare
éditions Metropolis
ISBN 978-2-88340-174-7
286 pages
Diffusion en Belgique : Les Belles Lettres
www.editionsmetropolis.com
11:12 Écrit par Marc Varence dans documents, témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : rwanda, genocide, tutsi, hutu |
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15.03.2007
LES PUTES ONT LA PAROLE !
Lire un tel ouvrage lors de vos trajets en métro attire immanquablement les regards. Le titre rose fluorescent n’y est pas étranger. Pas franchement discret... Mais il a au moins le mérite de ne souffrir d’aucune ambiguïté.
Maîtresse Nikita et Thierry Schaffauser ont rédigé ce manifeste pour jeter un pavé dans la mare politique... peu avant les élections présidentielles.
Ce livre ne changera pas pour autant l’idée générale que s’est forgée le grand public au sujet de la prostitution. Certes, on peut ne pas être d’accord sur l’ensemble des revendications des Putes ( ils/elles ont choisi délibérément cette appellation ). Mais de là à refuser tout dialogue, il y a une marge que les principaux partis de droite comme de gauche n’ont pas hésité à franchir.
Les auteurs ouvrent le débat, un débat possible à la condition sine qua non que les intervenants puissent faire abstraction de préjugés très/trop répandus et écouter le message qu’ont à leur délivrer les travailleurs et travailleuses du sexe.
Or, dès l’entame de ce petit livre, Maîtresse Nikita et Thierry Schaffauser annoncent la couleur :
« Non, nous n’avons pas de proxénètes.
Non, nous n’avons pas été violées dans notre enfance, ni par la suite.
Non, nous ne sommes pas toxicomanes.
Non, nous n’avons jamais été forcées de nous prostituer.
Non, nous n’avons pas d’angoisse post-traumatique.
Non, nous ne sommes pas malheureuses.
Oui, nous avons une vie sentimentale.
Oui, nous avons des amies et des amants.
Oui, nous sommes engagées dans la lutte contre les discriminations.
Oui, nous exerçons un métier stigmatisé.
Oui, nous avons choisi ce métier.
Oui, nous voulons les mêmes droits que tous les citoyens de ce pays.
NOUS SOMMES DES PUTES
ET NOUS EN SOMMES FIÈRES ! »
Fières d’être putes
De Maîtresse Nikita & Thierry Schaffauser
L’altiplano – 128 pages – ISBN 978-2-35346-001-4
11:36 Écrit par Marc Varence dans documents, témoignages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : les putes, prostitution |
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18.12.2006
Le livre de mes dernières vacances sous le soleil canarien
Malgré l’année de parution ( 1990 ), le métier de patron n’a pas foncièrement changé. Les traits de caractère propres au patron sont et resteront toujours les mêmes : empathie, adaptabilité, générosité, courage, ténacité. Bizarrement, « intelligence » et « connaissances » n’apparaissent pas comme indispensables au candidat patron. Un diplôme ronflant ne sera considéré que comme un « plus », non comme une obligation. Car ce qui fait le patron, c’est son pouvoir de décision, sa stratégie, sa manière de communiquer, de faire partager ou d’imposer ses idées.
Dans ce livre initialement publié chez Fayard, Jean-Louis Servan-Schreiber brosse avec clarté le portrait-type du patron, portrait non exhaustif certes, mais amplement suffisant pour l’immense majorité de « non-patrons » que la France héberge.
Ce métier, l’auteur, patron lui-même, nous le décortique point par point, et c’est un véritable régal, un plaisir de découvrir la partie immergée de l’iceberg
Le métier de patron
de Jean-Louis SERVAN-SCHREIBER
Le Livre de Poche n°6937
410 pages
14:41 Écrit par Marc Varence dans documents, témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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