• Corrosion

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    « Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac. L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat. Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte. »

    La quatrième de couverture n'est pas tout à fait correcte. Cela dit, il n'a pas dû être évident de composer un pitch qui ne dévoile pas toute la force de l'intrigue. Il y a tout d'abord ce fameux vétéran, un certain Joseph Downs, qui nous décrit l'enfer qu'il a vécu en Irak. Il revient au pays, le visage déformé, complètement brûlé au troisième degré. Du moins, c'est ce qu'il nous raconte. Et puis il y a Benton Faulk, ce gamin de seize ans, rendu maboul par son père qui, depuis la maladie incurable de sa femme, la cloître dans sa chambre et s'obstine à vouloir trouver un remède. Les deux histoires ne feront bientôt plus qu'une.

    Le scénario est brillamment pensé, même s'il est selon moi quelque peu prévisible. C'est du noir de chez noir. Le style n'est pas un modèle de pureté, mais le récit supplante le reste. L'auteur nous immerge dans un univers glauque, tout en noirceur, même la nature. Je n'ai ressenti que du mépris pour les personnages, et c'est je pense la volonté première de Bassoff. Certes, ce livre se lit avec un plaisir parfois malsain, qui, et c'est peut-être le côté malsain justement, ne nous fait pas décrocher.

    Après "Cassandra" et "Frank Sinatra dans un mixeur", c'est le troisième ouvrage de la collection néo-noir que je dévore. Ce ne sera pas le dernier.

     

    Corrosion

    de Jon Bassoff

    Gallmeister, janvier 2016

    ISBN 978-2-35178-104-3

    240 pages - 17,20 €