Jussi Adler Olsen : l'interview !

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Sur les tables des libraires depuis le 7 janvier dernier, le thriller "Promesse" de Jussi Adler Olsen occupe déjà le top 20 des meilleures ventes. Chez Albin Michel, peu d'auteur(e)s peuvent prétendre de tels accueils.

Ce lundi 18 janvier 2016 restera gravé en ma mémoire, car j'ai eu la chance de pouvoir interviewer l'auteur, de passage à Bruxelles. Une première fois qui, je l'espère, appellera d'autres rencontres avec l'écrivain danois aux 13 millions d'exemplaires vendus et traduit en plus de trente langues.

Critique de Promesse publiée sur Actu-Livres.

Marc Varence : Assad ne maîtrise pas les expressions ou les subtilités de la langue. Par contre, il possède un réel pouvoir de déduction. Est-ce le personnage le plus important du département V, peut-être plus de Carl Mørck lui-même ?

Jussi Adler Olsen : Oui ! Bien sûr ! Assad est le catalyseur de tout. Ses secrets, son humour... On peut s'interroger à propos de son nom, de ses origines - il en est d'ailleurs question dans "Promesse" -... On peut même se demander s'il a autant de mal que ça à comprendre le danois.

M.V. : Pirjo représente le Mal absolu, prête à tout pour protéger ses intérêts et s'accaparer Atu. Comment expliquer que le lecteur attende avec autant d'impatience de découvrir les chapitres consacrés aux manigances et aux meurtres de Pirjo ?

J.A.O. : Quelle est la chose la plus importante dans toute l'histoire ? La revanche. "Les Misérables", "Le Comte de Monte-Cristo", les romans de Dickens, la revanche est au centre de tout. Pirjo a soif de revanche. Elle est profondément blessée de ne pas être désirée par Atu, de ne pas avoir été choisie. Elle ne supporte pas l'indifférence de l'homme qu'elle aime par-dessus tout. La jalousie ! C'est facile à comprendre, car après tout, qui n'a jamais été jaloux dans sa vie ?

M.V. : Lorsqu'on me parle d'auteurs danois, un premier nom me vient naturellement à l'esprit, bien éloigné de votre genre de prédilection : Andersen ! Quant aux contemporains, on peut citer, outre vous-même, Peter Høeg, Michael Larsen ou Leif Davidsen. Vous fréquentez-vous les uns les autres ? Et si oui, y a-t-il une quelconque rivalité ?

J.A.O. : Leif Davidsen est un très bon ami. Il écrit depuis si longtemps que je l'ai effectivement lu, alors que je ne lis plus aujourd'hui les auteurs de polars. Michael Larsen était auparavant LA référence... Il a été au firmament, mais il a fini par lasser son lectorat. Il fait trop de recherches. Le public veut assez de recherches, mais pas trop. Un savant mélange pour pouvoir nourrir le propre imaginaire du lecteur.

M.V. : Enfant, pouviez-vous imaginer devenir un jour le romancier à succès d'aujourd'hui ?

J.A.O. : Oui et non. Je savais que j'étais capable d'écrire, pour avoir participé et remporté pas mal de concours d'écriture. Mon père m'a dit un jour : « Tu as tellement de talents différents, essaie de tous les utiliser dans ta vie. » 

C'est ce que j'ai essayé de faire. L'enfant que j'étais ne pouvait pas savoir que ce serait l'écrivain qui émergerait. J'ai aussi été éditeur. Mais la plupart de mes collègues sont morts jeunes, entre 50 et 60 ans, car ce métier était trop harassant, trop stressant.

Comment être créatif, vivre longtemps et ne jamais devoir prendre sa retraite ? Pour moi, la réponse était toute trouvée : deviens écrivain !

M.V. : Vous avez vendu des BD dans votre jeunesse. Lors de votre passage ici, à Bruxelles, comptez-vous en profiter pour vous rendre dans une librairie spécialisée ? Ou au musée de la bande dessinée ? Et envisagez-vous d'adapter vos romans en BD ?

J.A.O. : J'étais l'éditeur des bandes dessinées belges au Danemark. C'était mon métier. Alors, Dieu sait si j'ai été partout, avec beaucoup d'attention et de plaisir. Une adaptation des enquêtes du département V ? Bien sûr que j'y ai pensé, mais cela reviendrait très cher. C'est très compliqué, car cela représenterait un nombre de planches incroyable. Un travail énorme. Cela dit, Marc, trouvez-moi un éditeur belge, vous scénarisez mes histoires et je signe aussitôt. 

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