Pilonnez jeunesse !

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Des montagnes de livres et BD en parfait état sont jetés chaque jour. La raison ? Cela revient moins cher à l'éditeur de mettre au pilon, plutôt que de réintégrer ses retours au stock.

Paradoxe : plus on pilonne les livres d'un auteur, plus grand est son succès !

 

 

 

 

 

 

 

 

Et dire que des millions de jeunes ou personnes à bas revenus n'ont pas accès à la lecture, car incapables de se payer ce plaisir...

On se plaint ensuite que le nombre total de livres vendus est en constante diminution... Faute aux nouvelles technologies, au désintérêt des jeunes pour la lecture ou à des raisons aussi fallacieuses les unes que les autres.

Grands éditeurs, regardez-vous dans le miroir et sondez votre conscience. Au lieu de pilonner, organisez une immense braderie, avec séances de signatures, un salon du livre pour les jeunes et les classes défavorisées. Donnez l'accès à vos productions en les soldant au lieu de les écraser, d'en faire de la bouillie.

Oui, je suis révolté par cette pratique à l'encontre de l'écologie. Messieurs les grands éditeurs - rares sont les structures indépendantes et plus modestes qui pilonnent -, les défavorisés d'aujourd'hui seront peut-être vos clients de demain ! Mesdames et messieurs les stars de l'écrit, offrez du temps et de l'encre à ces lecteurs, car pour un auteur, l'important est d'être lu, peu importe à quel prix !

Le capitalisme se nourrit d'aberrations qui le conduiront dans le mur. En attendant le choc fatal, ceux qui peuvent s'engraissent et profitent de ce système. Quant aux exclus, qu'ils crèvent ! Mais surtout, que ceux-ci n'aient pas accès au savoir, car cela pourrait mettre en péril plus tôt que prévu les privilèges des puissants.

Oh bien sûr, il y a les bibliothèques et médiathèques ! On vous prête un livre, déjà passé dans des dizaines de mains. Grasses ou moites pour certaines. Et n'oubliez pas de le rendre à temps, car sinon, vous aurez une amende. Donc, pour être sûr d'éviter l'amende, je n'emprunte rien. C'est aussi simple que ça. Mais le plaisir du livre neuf, en première édition, ou du livre dédicacé, cette sensation de posséder, de renifler cette bonne odeur de papier, cet ouvrage tout juste sorti de son carton, ce plaisir-là, de moins en moins de monde pourra se l'offrir.

Chaque jour qui passe, des dizaines de conteneurs emplis de livres neufs sont transportés vers les déchetteries spécialisées. Un immense gâchis !

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