Prisonniers nazis en Amérique

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Les premiers prisonniers de guerre nazis faisaient partie des corps d'élite dirigés par Erwin Rommel : l'Afrikakorps ! Ces fanatiques n'avaient connu jusque-là que des victoires retentissantes.

Envoyés dans des camps d'internement aux États-Unis, ils ont continué à entretenir l'idéologie nazie, et à croire à la victoire finale d'Hitler.

Ces faits sont très peu relayés dans les livres d'histoire. Et pourtant, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils étaient plus de 380 000 !

Daniel Costelle a réalisé un travail de fourmi et rassemblé de nombreux témoignages édifiants, dont voici un extrait :

« Hans Werner Richter

Pips a été emmené, enfin ce qu'il en restait, dans un hôpital. On ne l'a plus jamais revu. Et la terreur a continué. Nous, les antinazis, nous ne dormions pas souvent la nuit.

C'était pire que ce que j'avais connu en Allemagne. Je veux dire qu'en Allemagne la terreur vous touchait au moment où vous étiez directement concerné, où elle vous tombait dessus. Autrement on pouvait ne pas la sentir. Dans une ville, on peut toujours se cacher, trouver des amis, il y a des rues, des portes, des fenêtres, on peut toujours s'enfuir. Dans un camp, on ne peut pas s'enfuir. Et la terreur, elle est continuellement présente, dans chaque baraque. On ne peut pas s'enfuir. On ne peut pas bouger, on est doublement pris au piège.

– Mais il n'y avait pas de réactions ?

– Non, la lâcheté générale, comme en Allemagne.

– Vous ne pouviez pas prévenir les autorités du camp ?

– Ça n'aurait servi à rien, à rien d'autre que de nous attirer des représailles. Pour les Américains c'était très simple. Tout ça n'avait pas, au fond, une grande importance. Il faut toujours en revenir à la Convention de Genève. Ce que les soldats prisonniers font entre eux, la puissance détentrice, elle, n'a pas à s'en mêler, sauf dans le cas d'assassinat, bien entendu. La version officielle pour Pips, par exemple, c'était : "est tombé en jouant au football..." De toute manière, pour les Américains, nous étions tous des soldats allemands, antinazis ou pas. »

 

Ouvrage bien construit, clair, complété au centre par un cahier photos, qui relate des faits, des témoignages d'une partie de notre Histoire que d'aucuns préféreraient gommer des mémoires.

 

Prisonniers nazis en Amérique

de Daniel Costelle

Pocket n°15378, octobre 2013

ISBN 978-2-266-23406-1

336 pages - 7,30 €

 

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