Ironique !

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La page 11 de La Libre Belgique de ce lundi a attiré mon attention.

Jour du supplément "Lire", un libraire bruxellois n'a pas hésité à casser sa tirelire pour lancer un message publicitaire non dénué d'ironie.

« Il y a plus d'une librairie à Bruxelles

Tapage librairie

la plus...

sympa

accessible

serviable

dynamique

... mais surtout pas la plus grande ;o) »

 

Jacques Rouben, le patron de cette librairie indépendante ne désigne personne, mais tout le monde a compris, à moins d'habiter sur Mars (aux dernières nouvelles, ce n'est pas encore possible).

Oui, la plus grande librairie d'Europe de plain-pied fait de l'ombre aux autres. Oui, les noms les plus célèbres y défilent. Oui, une grande part de marché est aux mains de cette mégastructure. Mais tout cela ne s'est pas fait en un jour. Depuis 1988, le fondateur provoque les railleries de ses concurrents, sans parler des jalousies inhérentes à toute réussite.

Aujourd'hui, tout est plus sensible, car la crise est passée par là. Le secteur souffre. Les points de vente disparaissent, victimes d'internet, d'un désintérêt très relatif pour l'objet livre face aux Smartphones et autres tablettes tactiles, de la hausse des coûts du transport, de l'augmentation de prix quasi nulle du livre (en 2000, un grand format se vendait 800 FB, aujourd'hui, c'est à peu près identique... le format poche, lui, a été indexé), sans oublier les marges trop réduites et la hausse du nombre de parutions (15 à 20 000 en 1990, près de 70 000 de nos jours).

À Bruxelles, Tropismes survit tant bien que mal, Libris Espace Louise a fermé ses portes, tout le monde a oublié la librairie de Rome (ne parlons même pas de Castaigne ou de Peuples et continents, la librairie des galeries a baissé son volet, la Licorne a fait faillite (elle rouvrira ses portes au n°732 vers la mi-novembre), bref, la liste est longue.

Quand un événement littéraire se déroule dans notre pays, les journalistes (surtout ceux de RTL) se ruent avenue des Arts. Il faut dire que le patron est ce qu'on appelle un "bon client". J'essaie de fréquenter plusieurs librairies, de répartir mes achats dans quatre ou cinq librairies (dont la plus grande !), mais je dois être une exception.

Au lieu de se combattre, les libraires indépendants devraient se réunir autour d'une table pour faire face aux difficultés, quitte à créer une centrale d'achat pour que tout le monde puisse bénéficier des meilleures remises et pouvoir, peut-être, s'opposer à la grande distribution qui pratique des prix cassés. Quitte à fonder une structure de transport. Quitte à mettre au panier d'anciennes querelles d'étudiants.

En attendant, Jacques Rouben a levé un lièvre. C'est indéniable !

 

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