De Borée proche de la fermeture définitive.

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Après le département dédié à la diffusion, supprimé depuis février 2015, c'est au tour des activités édition et distribution d'être menacées.

Placées en redressement judiciaire pour une période de six mois, les éditions De Borée pourraient être contraintes de stopper leurs activités et de licencier près de 70 employés.

Basée à Sayat, dans le Puy-de-Dôme (63), la maison a publié jusqu'à 200 titres par an. Ayant pour objectif de promouvoir la littérature régionaliste centrée notamment sur le monde agricole, le patrimoine ou les coutumes et traditions locales, De Borée a répondu à une attente des consommateurs.

L'origine supposée des difficultés financières de l'entreprise remonterait à 2012. Cette année-là, un redressement fiscal de 1,6 million € a plombé les comptes.

Selon moi, les libraires... tout comme le public ont également été victimes d'indigestion de romans de terroir. Vouloir trop publier peut s'avérer dangereux, d'autant plus que la qualité littéraire n'est pas forcément toujours au rendez-vous. L'entreprise s'est même diversifiée, en proposant des collections de littérature, ou des collections ciblées ("Mystères", "Grandes affaires criminelles").

Bien sûr, quelques auteurs sont sortis du lot et ont connu quelque succès. Je pense notamment à Emmanuel Prost, Daniel Brugès ou Jean-Michel Cosson. Mais pour faire vivre une soixantaine de personnes, il faut réaliser un chiffre d'affaires considérable. La pression était constamment sur les épaules des représentants qui, une fois engagés, cherchaient à se placer ailleurs.

La tension nerveuse serait-elle l'une des causes qui ont poussé la comptable de l'entreprise auvergnate à frauder et à détourner 230 000 € ? Cette dernière a été condamnée à 3 ans de prison dont 5 mois avec sursis.

Bref, l'ambiance n'est pas à la fête chez De Borée. L'avenir nous dira si la structure pourra se relever et renouer avec les succès. 

 

Commentaires

  • Editée par De Borée dans "Terre de femmes", je ne suis pas étonnée par la mise en redressement judiciaire. L'édition ressemblait dans cette maison à une fuite en avant (il me vient à l'esprit une expression appliquée à d'autres maisons) sans aucun accompagnement sérieux après mise en place dans des rayons souvent inappropriés. Aucune "Promotion", l'un des 4P qui a fait ses preuves en marketing. Aucune visibilité et, mais je ne suis pas critique littéraire, beaucoup de complaisance vis à vis d'oeuvres inabouties ou réellement mal écrites. Peu d'écoute aussi quand l'auteur râlait car son roman comportant une dimension sociale, voire politique, était en 4ème de couverture ramené à de la chick'lit.
    Je peux me permettre ces critiques, leur ayant écrit il y a des mois que leur maison d'édition était, en ce qui me concerne "une erreur de casting".
    Mais c'est tragique pour les employés...

  • Pas très sympa comme billet… Un repreneur va peut-être se présenter. En tous les cas c'est tout ce que j'espère en tant qu'éditeur diffusé par eux. De Borée n'est certes pas exempt de critiques (mais le diffuseur idéal, vous l'avez rencontré?), mais le moment est assez mal choisi pour vider son sac.

  • Ce n'est peut-être pas sympa, mais c'est exact.
    En premier lieu, je crois savoir que l'activité "diffusion" était déjà abandonnée, avant même la mise en redressement judiciaire.
    Ensuite, quand j'ai essayé de discuter sur le marketing (refus obstiné d'une quelconque promotion, "ça ne sert à rien"), sur le texte de la 4ème de couverture ou même de la photo de couverture, je me suis heurtée à un mur. Avant même d'être auteur, j'étais cadre dans l'industrie pétrolière et ingénieure d'affaires, mes conseils étaient plutôt professionnels. Les éditeurs qui survivent dans la marée éditoriale, sont ceux qui misent avec les moyens adéquats sur de gros tirages de livres à la mode ou de qualité...
    De plus, j'estime "borderline" de me proposer un nouveau contrat d'édition 8 jours avant de m'informer de la mise en redressement judiciaire.
    Et croyez-moi, mon sac, je l'ai vidé en direct, la dernière fois en leur donnant les raisons qui s'opposaient à ce que je signe leur contrat et pourtant, être édité, ou ré-édité, tout auteur en rêve!

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