• Un Goncourt pleinement mérité !

    9782253194613-T.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Début novembre 1918, la Première Guerre mondiale connaît son épilogue. Dans les tranchées, une idée fixe hante les pensées des soldats : «Que ce serait stupide de mourir ou d'être grièvement blessé à quelques jours de la fin des combats !»

    Mais le lieutenant d'Aulnay-Pradelle veut son acte de bravoure, son coup d'éclat qui lui permettra de sortir grandi de la guerre... et d'en récolter les fruits. Pour provoquer une dernière charge héroïque et reprendre aux Boches la cote 113, il n'hésite pas à tirer dans le dos de deux de ses subalternes. Ingénieux mais risqué car un soldat se rend compte malgré lui de cet acte abominable : Albert Maillard ! Ce dernier, tiré in extremis d'une mort certaine par Édouard Péricourt, décide d'assister son sauveur devenu ce qu'on appelle une «gueule cassée». En effet, un éclat d'obus lui a littéralement arraché la mâchoire inférieure.

    Les deux rescapés vont vivre d'expédients... jusqu'à cette arnaque incroyablement osée, d'envergure nationale, qu'imaginera Édouard.

    Ce grand roman sur l'après-guerre de 14-18, prix Goncourt 2013, est enfin disponible en poche. Un texte majeur, prenant, existentiel, qui fait réfléchir sur la cruauté, le cynisme et la crédulité des hommes. Un sommet littéraire à ne pas louper !

    La mémoire patriotique méritait-elle, dès 1919, quand tant de ménages souffraient de malnutrition, de misère, un tel investissement dans les monuments aux morts ? Ne fallait-il pas avant tout s'occuper des vivants et les récompenser pour leurs actes de bravoure ?

     

    Au revoir là-haut

    de Pierre Lemaître

    Livre de poche N°33655, avril 2015

    ISBN 978-2-253-19461-3

    624 pages - 8,60 €

     

             

  • Ces morts qui se tiennent par la taille

    CES-MORTS.jpg

    « Vous avez l’air de beaucoup vous aimer, appuyés tendrement l’un contre l’autre, le bras de Fred serrant la taille d’Élise, celui d’Élise s’arrimant à Fred, son homme, son amour. Fred a tout d’un dominateur : de sa présence sur la photo, c’est surtout cela qui se dégage.
    Je vous observe. Tout est dit dans ce cliché de vous deux et, en même temps, tout est caché. On ne voit de vous qu’une apparence. Vous êtes là, figés en un éternel instant qui ne raconte rien des soubresauts de votre existence future. De celle-ci, je ne connais pas tout, mais l’essentiel est gravé en moi, dans mon corps. Pour toujours. »

    Elle retrouve une photo d’Élise et de Fred, ses grands-parents. La seule qu’elle possède d’eux. Parce que Clara a détruit les autres.

    Elle retrouve son passé et le soir de ses treize ans, quatre mois et onze jours, quand tout a basculé.

    Elle retrouve Freya, la lumineuse, l’unique personne qui ne lui a jamais menti et qui lui donnera la force d’aller de l’avant.

    Finira-t-elle par se retrouver elle-même ?

    Dans ce roman qui aborde la thématique des secrets de famille, l’auteur présente de subtils portraits de femmes. Avec délicatesse et profondeur, il décrit le parcours intérieur de victimes qui tentent de se construire et de trouver, malgré les ombres, une voie vers la lumière.

     

    C'est par hasard que Frank et moi avons abordé le même thème : le viol ! Frank le traite à sa manière, dans une atmosphère plus lourde, avec plus de sérieux. L'horreur vécue par la narratrice ne laisse pas de place à la surprise, même si l'épilogue colle à la sensibilité de l'auteur... résolument optimiste.

     

    Ces morts qui se tiennent par la taille

    de Frank Andriat

    éditions du Rocher, avril 2015

    ISBN 978-2-26807-746-8

    216 pages - 16,90 €