• Tribulations d'un précaire

    Tribulations.jpg

    «Au cours des dix dernières années, j'ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J'en ai laissé tomber trente, on m'a viré de neuf, quant aux trois autres, ç'a été un peu confus. Sans m'en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne de Tom Joad des Raisins de la colère. À une différence près. Tom Joad n'avait pas fichu quarante mille dollars en l'air pour obtenir une licence de lettres.»

    Le talent narratif de Iain Levison rejaillit à chaque page et nous fait voyager jusqu'en Alaska, de petit boulot en petit boulot. Son humour décapant alimente sans cesse le récit et permet sans avoir l'air d'y toucher de démontrer toutes les absurdités du grand rêve américain.

    Iain nous conte sa propre galère, celle qu'il connut avant de devenir l'écrivain dont je dévore chaque bouquin. Car cette multiple expérience dans à peu près tous les domaines ne peut que lui servir dans l'édification de ses romans.

     

    Tribulations d'un précaire

    de Iain Levison

    Liana Levi, piccolo n°61, 2007

    ISBN 978-2-86746-502-4

    192 pages - 8,50 €

  • Cultura

    2_cultura-les_clayes-sous-bois.jpg

    Dans le sport, il y a Decathlon qui a révolutionné l'acte d'achat d'articles sportifs ou de loisirs. Dans l'univers du meuble, il y a Ikea. Et en librairie-papeterie, il y a Cultura !

    Là où la Fnac se croyait indéboulonnable, l'enseigne où l'on compte quelques membres de la famille Mulliez parmi les actionnaires, possède déjà 64 points de vente en à peine 18 ans... et se développe à raison de 4 à 6 magasins par an.

    D'une surface moyenne de 3 000 m², le consommateur est invité à déambuler selon un parcours programmé, avec des coins lecture, des espaces de délassement voire des restaurants.

    Bâtis en périphérie des villes, les Cultura drainent une population semi-urbaine privilégiant les grands complexes commerciaux au parking gratuit. Comme le souligne Thibaut Cartier, directeur commercial chez Dilisco : «Ils ont une compréhension très en amont de leurs marchés et n'hésitent pas à nous solliciter pour les aider à appréhender les tendances émergentes afin de mieux les traduire en rayon.»

    Créée en 1998 par Philippe Van der Wees, l'enseigne a réalisé un CA estimé à 480 millions d'euros en 2014, dont 200 millions pour le livre. Occupant 2 300 personnes, le groupe continue de croître, grâce à son dynamisme, la jeunesse de ses équipes, son implantation et ses innovations constantes.

  • Le livre noir des tyrans

    9782754064163FS.gif

    Patrick Weber réalise une synthèse des personnalités les plus noires qui ont émaillé l'Histoire.

    Difficile d'être exhaustif devant l'incroyable quantité de tyrans. Certes, la tyrannie est un système pyramidal qui permet au sous-sous-sous-chef de pousser à bout son subalterne. L'auteur s'est donc contenté de présenter les tyrans qui ont dirigé des États pour les plus modestes, des empires pour les plus ambitieux.

    Bien sûr, parmi ceux-ci, on retrouve des têtes connues qui ont inspiré des dizaines de biographes, voire des centaines. Je pense notamment à Mao, à Jules César, à Hitler ou à Louis XIV. Mais l'auteur nous présente des dictateurs tout aussi inquiétants bien que méconnus, comme Héliogabale, Mengistu, Tseu-Hi ou Ibn Saoud.

    Instructif, bien construit, cet ouvrage permet de dresser un paysage peu réjouissant de la nature humaine dans ce qu'elle a de plus glauque, de plus nocif.

     

    Le livre noir des tyrans

    de Patrick Weber

    First, janvier 2015

    ISBN 978-2-7540-6416-3

    352 pages - 18,95 €

  • Un commerce qui bat de l'aile !

    imagesCAHH7WLE.jpg

    Une étude récente fait état du carnage : en quinze ans, on compte près de 300 librairies de moins sur Paris ! Et cette diminution inquiétante s'est accélérée au cours de ces trois dernières années.

    Dans la Ville Lumière, on recense encore 756 librairies dont 15 seulement possèdent une superficie supérieure à 300 m².

    Le métier vit une profonde mutation. Comment survivre à la concurrence d'internet, à la crise économique qui frappe le pouvoir d'achat, à la pression fiscale, à la puissance de la grande distribution, ou à l'augmentation perpétuelle des charges ?

    Le problème paraît insoluble. Et pourtant, la résistance permettra aux libraires les plus dynamiques, les plus passionnés... et les plus riches, de surmonter les difficultés. J'en suis convaincu. Car l'objet livre continue de plaire. Là où les agences de voyage, les photographes, les vidéothèques et commerces de gros n'ont aucune réponse face aux modifications profondes de notre mode de vie, les libraires disposent encore d'atouts dans leurs manches. À condition, bien entendu, de les jouer au moment opportun.