• Et tu tapes tapes tapes...

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    Ce refrain de «Début de soirée» pourrait illustrer notre façon de promouvoir nos «belles» démocraties où il y fait bon vivre. Les pays de la coalition se sont regroupés en un troupeau de moutons précédant le berger Obama.

    Ensemble, on tape des pieds sur la fourmilière nommée «État islamique en Irak et au Levant», croyant par là l'anéantir, ou à tout le moins l'affaiblir.

    Foutaises !

    Taper des pieds sur une fourmilière élimine les imprudentes restées en surface. Cela provoque de l'agitation, mais il y a toujours autant de fourmis, voire plus encore car la reine se met à pondre et des ouvrières, et des exploratrices, et des guerrières...

    Invité aujourd'hui - dans moins de deux heures - par Patrick Weber à son émission "On refait le monde" sur Bel-RTL, je serai amené à donner mon avis sur le sujet.

    En clair, envoyer des F-16 (adopté par 112 "oui" et 2 "non") est une aberration si l'on se réfère aux expériences vietnamienne (USA), afghane (URSS), irakienne (USA), libyenne (France), ou encore afghane (USA cette fois) et maintenant syrienne et irakienne, les interventions militaires se sont toujours soldées par des échecs.

    Il est en effet impossible de «gagner» une guerre asymétrique, à savoir un conflit opposant l'armée régulière d'une puissance militaire à une organisation armée non étatique... comme c'est le cas aujourd'hui. La disparité des forces en présence fait que la victoire de l'un n'est pas celle de l'autre. Pour le petit Poucet, le temps joue en sa faveur car tenir en échec une armée imposante équivaut à une victoire, chaque jour qui passe est un exploit.

    L'EIIL ou le Daech comme d'aucuns le nomment non seulement résiste aux frappes aériennes, mais continue d'étendre son influence et sa... popularité ! «Popularité» ! Le mot est lancé. Riche, extrêmement riche, ce mouvement terroriste paie très bien ses recrues, placées immédiatement sur un piédestal plutôt flatteur. Ici, dans nos pays «civilisés», ils ne sont personne. Là-bas, très vite, ils deviennent des héros de la révolution. En Irak, ils ont osé s'emparer de puits de pétrole dont le produit revenait indirectement aux... États-Unis. Sacrilège ! Sunnites, ils veulent réinstaurer un Islam fort et une grande partie de la population leur est favorable. Quant à la partie de la Syrie sous leur contrôle, ils distribuent vivres, médicaments, promettent de l'emploi, des ressources et une prospérité pour tous leurs adhérents.

    De plus, certains investisseurs privés d'Arabie Saoudite, du Qatar et d'autres émirats n'hésitent pas financer l'EIIL ! Ces mêmes investisseurs chez qui nous, braves Occidentaux, allons en missions économiques pour les convaincre de placer leur argent dans nos entreprises, voire dans nos clubs sportifs...

    Vous ne voyez pas le problème ? Moi, si.

     

      

  • Premier salon du livre pour les éditions Méhari !

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    Ce dimanche 28 septembre 2014, les éditions Méhari ont fait une première apparition remarquée dans un salon du livre.

    C'est à Merlieux-et-Fouquerolles, petit village de l'Aisne, entre Laon et Soissons, que la Fête du Livre annuelle a attiré près de 10 000 visiteurs, un chiffre considérable pour un bourg qui compte moins de 300 habitants.

    Très bien organisée, cette manifestation a profité d'un soleil généreux.

    Le bilan pour les éditions Méhari est positif : les ventes ont permis de couvrir les frais de la journée et de la réservation du stand, la bibliothécaire de Laon s'est montrée très intéressée par la découverte de la jeune maison d'édition, et plusieurs contacts devraient s'avérer rentables à court ou moyen terme.

    Autre constat, l'auteur et l'éditeur ont passé une journée complète ensemble sans s'être écharpés. Pas la moindre ecchymose ! Pas le moindre coup ! Pire, force est de constater qu'ils s'entendent comme larrons en foire.

    Rigolant

    Et tel le sportif soulevant la coupe du vainqueur - pour le chèque à 6 zéros, on attendra un peu -, l'éditeur a promis à la foule assemblée lui prêtant l'oreille qu'il reviendrait l'année prochaine pour faire encore mieux ! 

  • Houba houba Hop !

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    Quelle bonne idée que de publier une nouvelle fois les aventures du Marsupilami, petit animal gouailleur, gourmand, extrêmement fort, créé en 1952 par le génial André Franquin.

    Premier tome d'une série disponible chez tous les marchands de journaux... à 2,99 €. Les suivants seront plus chers, bien entendu, mais la collection vaut le détour.

    Houba houba Hop !

    Se nourrissant de fourmis, de piranhas, ou de fruits, le Marsupilami est un excellent compagnon de jeu... pour qui le comprend, l'accepte, et gagne son amitié.

    Lorsque Bring M. Backalive s'aventure dans la forêt amazonienne de Palombie, lui le grand chasseur, ce n'est pas pour faire du tourisme. Il n'a qu'une idée en tête : capturer un Marsupilami ! Mais rien n'est plus compliqué car, dans sa forêt, le Marsupilami connaît chaque recoin, chaque animal et y coule des jours heureux en famille.

     

    La queue du marsupilami

    d'André Franquin

    Dessin : Batem, scénario : Greg

    Marsu productions, 1987, 2013

  • Un immense gâchis !

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    Le décompte s'est enclenché. En janvier 2015, LCI cessera d'émettre dans sa forme actuelle et une cinquantaine d'emplois sur les 247 existants devraient passer à la trappe.

    Il n'est donc pas possible, selon le CSA, d'avoir trois chaînes d'infos en continu sur la TNT gratuite. L'arrivée de LCI mettrait en danger ses consœurs BFM-TV et i-télé. Du haut de leur tour d'ivoire, les membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel ont donc tranché. Ben voyons... Selon eux, autoriser LCI à émettre aurait placé TF1 dans une position dominante sur le marché publicitaire.

    Créée en 1994, LCI fête un anniversaire de manière bien amère. Filiale du groupe TF1, la chaîne LCI poursuivra très probablement ses activités, mais d'une manière différente en tout cas. L'info en continu, le «hard news» avec des envoyés spéciaux aux quatre coins du globe, ce sera bel et bien fini. Trop coûteux !

    À l'origine, les pontes de TF1 n'ont pas cru à la TNT. Ils ont d'ailleurs tout fait pour la freiner, y voyant un concurrent à TPS, le bouquet de chaînes payantes devenu couronne mortuaire à la fin décembre 2008. Des visionnaires ces patrons ! Quelle erreur stratégique !

    Notons au passage que TF1 a réalisé 137 millions d'euros de bénéfices en 2013, et en a redistribué 80% à ses actionnaires. Là où il y a de la gêne...

     

     

  • Fin d'un chapitre ! Début d'un autre !

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    Premier bouleversement dans le paysage francophone belge : le diffuseur-distributeur-grossiste La Caravelle change de mains. Créée en 1951, cette entreprise est dirigée par la famille Leblan depuis 1954. Soixante ans plus tard, après plusieurs restructurations, ses comptes ne quittent plus le rouge... et quand on s'appelle Leblan - excusez-moi, c'était trop tentant -.

    La Caravelle semblait pourtant, jusqu'en 2011, un bastion imprenable. Mais les départs de plusieurs éditeurs, dont Bragelonne-Milady, le groupe Harmonia mundi, et surtout Glénat, ont mis à mal la trésorerie de la société qui a employé jusqu'à 60 personnes.

    D'autre part, les librairies les plus importantes du pays ont préféré se fournir directement en France chez Volumen-Seuil, ou à la Sodis (Gallimard), plutôt que de faire venir les livres depuis Haren (1130 Bruxelles) où siège La Caravelle.

    Lorsque les AMP (Agence et Messageries de la Presse) ont décidé d'arrêter la distribution de livres, la SDLC (Caravelle) y a vu une opportunité, mais le secteur des marchands de journaux est lui aussi en crise.

    Florent et Germaine Leblan ont connu les années d'or. En 1995, leur fils, Dominique, a repris les rênes, toujours épaulé par son père. L'entreprise répond à une attente de nombreux libraires. Elle joue sur la proximité, mais aussi et surtout sur l'étendue de l'offre, unique en Belgique. Quatrième force de distribution en Belgique, derrière Dilibel (Hachette), interforum (editis) et MDS (Dargaud-Lombard-Fleurus-Ballon), La Caravelle fournit plusieurs centaines de points de vente, dont la grande distribution et réalise encore, malgré ses déboires, près de 12 millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle emploie à ce jour 37 personnes.

    À l'annonce du rachat par le groupe Renaissance (La Renaissance du Livre et De Rouck), c'est un profond soulagement qui a prévalu dans les bureaux du grossiste. Et pourtant, si l'on compare les chiffres d'affaires, La Renaissance du Livre pèse quatre fois moins lourd. Mais Alain van Gelderen, patron de La Renaissance du Livre, ambitionne de contrôler tous les maillons de la chaîne. Avec son associé Marco De Ridder, imprimeur, il ne leur manque plus qu'une ou plusieurs librairies, de manière à donner une visibilité encore plus importante aux éditeurs qu'ils distribuent désormais.

    Bien sûr, chez Interforum, c'est la soupe à la grimace car La Renaissance du Livre et De Rouck leur permettaient de justifier une présence sur le sol belge. Ce départ pourrait accélérer la décision des dirigeants français de tout rapatrier en Ile-de-France.

    L'opération est donc très intéressante pour Alain van Gelderen, même si un boulot de titan sera à abattre pour remettre La Caravelle sur les rails... ou plutôt sur le tarmac.

    Selon le journal L'Écho, le montant de cette opération serait de 2,7 millions d'euros. Les dettes ont été effacées et un plan d'apurement a été négocié chez Madrigall (Gallimard-Flammarion). Les employés respirent désormais et chacun se retrousse les manches pour repartir au «combat».

    Il y a tout de même quelques questions qui me turlupinent... La Caravelle sera-t-elle présente physiquement, et pour la première fois depuis... à la Foire du Livre de Bruxelles ? Une nouvelle restructuration sera-t-elle envisagée... même si très peu voire aucun poste ne devrait passer à la trappe ? Un développement en Flandre et/ou aux Pays-Bas est-il possible ?

    L'avenir nous le dira.

    En attendant, il y a 37 emplois sauvés et, à mes yeux, c'est le plus important aujourd'hui. 

  • Tel est vu qui croyait voir

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    Place à l'épilogue ! Francis a retrouvé sa place à la tête de la police. Deux ans ont passé. Les invisibles sont derrière les barreaux. Sleeman bosse dans un fast-food - un poste qui lui convient -. Jensen se tient à l'écart. Laurette et Adil ont repris leur vie active.

    Jusqu'à la libération d'Indianna...

    C'est Jensen, l'ex-associé de Francis, qui allume la mèche. Il relance Sleeman dans l'arène. Ce dernier ne se fait pas prier et tient son rôle de méchant à la perfection.

    Thriller d'espionnage et d'anticipation, Au Royaume des aveugles ne convainc pas tout à fait. Il y a comme un manque, mais l'on ne parvient pas à le situer précisément. Cela dit, heureusement que le personnage de Sleeman vient apporter la touche d'humour.

    Ce tome 3 vient clarifier la situation. Cette BD trois étoiles vous fait passer un moment agréable, ne parvenant cependant pas à gommer le dessin semi-réaliste de Frédérik Salsedo, ainsi qu'un scénario un peu trop morose.

    Par contre, les couvertures de la série sont vraiment au top niveau.

     

    Au Royaume des aveugles

    tome 3 : Tel est vu qui croyait voir

    Dessin : Frédérik Salsedo

    Scénario : Olivier Jouvray

    Le Lombard, août 2014

    ISBN 978-2-8036-3375-3

    56 pages - 14,45 €

  • Moi, ministre de l'enseignement

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    « L'école mérite mieux qu'un pamphlet. »

    La réaction de - déjà - l'ancienne ministre de l'enseignement Marie-Dominique Schyns a été prise à la lettre par Frank Andriat, auteur du livre Les profs au feu et l'école au milieu (Renaissance du Livre) qui avait défrayé la chronique lors de la rentrée 2013.

    Ce nouvel ouvrage est la réponse au ministre, en dix propositions basées sur la grande expérience de terrain de ce professeur de français.

    Si le premier ouvrage était un cri de colère, le résultat d'une exaspération profonde, d'un sentiment général d'inutilité, et d'une accumulation de mesures qui n'ont eu pour effet que de décrédibiliser l'enseignement, ce second opus se veut plus réfléchi.

    Bien sûr, Frank Andriat se répète un peu, mais pour ceux qui n'auraient pas lu Les profs au feu et l'école au milieu, il fallait redonner les raisons du désarroi du corps enseignant.

    Alors, Frank est-il un gentil utopiste ? Un prof sur le sentier de la guerre ? Un enseignant désabusé et triste de constater le changement de sa profession ? Ou un nostalgique de ce temps révolu où le maître était le maître ? Peut-être un peu de tout cela à la fois...

    Il se place surtout et d'abord en auteur ayant une expérience de plus de trente ans dans les classes de l'enseignement secondaire, et, qui plus est, dans l'un des quartiers dits « sensibles » de Bruxelles.

    Prônant, notamment, une école de l'excellence pour tous, un nouvel élan d'espoir, un rassemblement plutôt qu'une division, la publication de programmes clairs, ou un retour à la primauté de l'éducation et de la culture, Frank Andriat croit-il vraiment à la prise de conscience soudaine des technocrates qui nous gouvernent ?

    Tout va mal ?

    Non Frank, tout va très bien, au contraire !

    Il y a de plus en plus de chômeurs et de personnes connaissant - subissant - la précarité de l'emploi.

    Les employés et ouvriers rechignent de moins en moins lorsqu'on rabote leurs salaires, qu'on supprime leurs avantages, ou qu'on gèle leur ambition professionnelle.

    Les États s'endettent pour que les multinationales prospèrent, par le jeu subtil des vases communicants.

    Le monde se fragmente en centaines de petits États ! Certaines régions réclament leur indépendance. Pendant ce temps, les groupes se rachètent les uns les autres pour créer des mastodontes monopolistiques écrasant au passage les velléités de quelques indépendants.

    Les ultra-riches voient leurs recettes augmenter exponentiellement, grâce notamment à leurs complicités au sein même des institutions bancaires.

    Ces banques qui peuvent spéculer en toute impunité, avec notre argent, quitte à endetter encore un peu plus les États en cas de déconfiture.

    Peu à peu, la presse indépendante et libre morfle. Les grands groupes de presse sont rachetés par les patrons des multinationales ou par des banquiers, avec pour but de contrôler l'information.

    Ce n'est pas la population qui élit ses représentants politiques, mais ces mêmes propriétaires des médias qui font la pluie et le beau temps et qui vous disent pour qui voter.

    Une fois élu, le politique sait bien à qui il doit son élection. Pas à vous et moi, mais à son temps d'antenne et à ses promesses faites à quelques puissants l'ayant soutenu.

    L'école est au plus mal. Tant mieux, car créer des crétins dociles permet de poursuivre dans cette voie...

     

    Tu vois Frank... Tout va très bien !

     

    Moi, ministre de l'enseignement

    de Frank Andriat

    Renaissance du Livre, août 2014

    ISBN 978-2507052485

    160 pages - 9,90 €

     

  • Ultime frontière

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    Nouvelle série sous la houlette de Léo, cette « ultime frontière » équivaut en fait à un western fantastique où, univers de Léo oblige, des animaux bizarroïdes tiendront, on s'en doute, une place cruciale.

    Sur la planète Tau Ceti 5, le village d'Erechim, 112 habitants, marque la limite de la civilisation. Dans cette bourgade règne la terreur orchestrée par un certain monsieur Burton. Aussi les habitants font-ils appel à une agence de sécurité dénommée « Jones et Jones » pour y remettre de l'ordre. Cette agence se compose d'un infirme, vétéran de guerre, et de sa sœur. Les Jones forment pourtant une équipe solide et efficace, parvenant à ridiculiser les hommes de Burton. Mais cela suffira-t-il ?

    Sans grand suspense, cette histoire cousue de fil blanc sent le réchauffé. Quant au dessin, ce n'est absolument pas ma tasse de thé. Une couverture plutôt ratée ne relève pas le niveau. Dommage.

    Par contre, le plaisir de lecture vient quelque peu excuser les faiblesses de cet album. L'action y est présente, assortie de quelques originalités dont Léo a le secret.

     

    Ultime frontière

    épisode 1

    Scénario : Léo

    Dessin : Icar

    Dargaud, septembre 2014

    ISBN 978-2205-07185-6

    48 pages - 11,99 €

  • Louise

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    Juin 1995, à Lyon. Louise a dix-huit ans. Son icône, sa sœur aînée Alice, rentre d'Allemagne avec son fils Jean. Alice est malade, elle est alcoolique. Tout s'écroule pour Louise. La tristesse, l'angoisse et la honte s'abattent sur la famille entière. Comment désormais s'extraire de cette cellule, autrefois si joyeuse, que la culpabilité va fermer à double tour ?

    Louise devient le soleil de la maison. Marie et Roger, ses parents, font face avec les moyens du bord. Marie investit la cuisine comme dernier rempart avant l'explosion. Alice va toucher le fond. Alors Louise décide de rester mais sans renoncer à la volonté de s'émanciper, de découvrir le « dehors » de la maison et d'échapper au « dedans » qui l'oppresse. Louise va goûter à la liberté, quitte à se casser les dents au passage – ce passage obligé vers la maturité.

     

    Louise

    de Julie Gouazé

    éditions Léo Scheer, septembre 2014

    ISBN 978-2-756-104515

    168 pages - 18,00 €

  • Fête du Livre à Merlieux & Fouquerolles

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    Le dimanche 28 septembre, de 10h00 à 18h30, Merlieux-et-Fouquerolles, petit village de 280 habitants, accueillera la 22ème édition de son salon du livre, devenu incontournable dans la région.

    Dédicaces, conférences, rencontres, expositions, animations culturelles, ateliers sur les métiers du livre seront au programme de la journée.

    Non loin de Laon et de Soissons, le petit village au pied du Chemin des Dames pourra compter sur l'appui des pouvoirs locaux, des librairies, des bibliothèques, d'éditeurs, et aussi sur la présence d'une bonne cinquantaine d'auteurs.

    Citons au passage Pascal Bresson (BD), Frédéric Marniquet (BD), Thierry Cazals, Mélanie Rutten, Gilles Paris, Cyril Hahn, Gérard Mordillat, Carole Zalberg, Zoé Valdés, Sophie Adriansen, ou encore Jean-Luc Bizien.

    Pour la première fois, les éditions Méhari seront présentes (stand F10). Outre les quatre premières publications, le roman belge "Chauffeur-livreur" sera mis à l'honneur avec la présence d'Alain Doucet. Départ de Bruxelles à 5 plombes du mat... Dur, dur... Aussi comptons-nous sur votre présence pour nous faire un brin de causette, nous administrer quelques gifles pour nous tenir éveillés - pas trop fortes quand même, on n'est pas Rambo et nos Adrienne restent à la maison, bien au chaud sous la couette -, et, pourquoi pas après tout, faire le plein de lecture.

    L'affiche rend hommage à Régine Deforges, décédée en avril de cette année, qui a toujours soutenu la Fête du Livre et qui avait annoncé sa venue...

     

     

     

     

  • Le bouledogue et la corneille

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    Il était une fois une entreprise de sculpture sur bois dirigée par une vieille corneille noire. Sise en plein centre-ville, la petite structure était en grande difficulté, suite, notamment, au décès du paon fondateur. Malgré la qualité de son travail, et la richesse de son catalogue, la maison n'avait pas su s'adapter au marché en pleine mutation, à la demande, et modifier son esthétique, ses matériaux, jusqu'à ses emballages.

    Un jour, la vieille corneille, dépitée et attristée par la mort de son paon de mari, vint s'épancher chez Maître Renard, son banquier. Celui-ci lui proposa de faire la connaissance d'un très vieux bouledogue encore fringuant, et surtout richissime. Et la rencontre eut lieu.

    Le bouledogue n'était qu'un piètre sculpteur sur bois, imbu de sa personne jusqu'à la moelle. La vieille corneille lui sourit. Une relation ambiguë s'engagea. Elle accepta de lui céder l'entreprise moribonde, et de promouvoir les petites statuettes insignifiantes créées avec amour par le bouledogue. Sûr de son fait, le clébard ridé comme une pomme trop mûre injecta plusieurs millions dans la petite entreprise, épongeant au passage ses nombreuses dettes. Il décida d'engager une équipe commerciale afin de propager sa bonne parole et rendre compte tant de son génie artistique que managérial. Pour lui, malgré son grand âge, il n'était pas trop tard pour acquérir une renommée sinon mondiale, du moins nationale.

    Il installa son bureau au sein de la petite structure, chamboula son mode de fonctionnement, et, sortant quelques pièces d'or de ses coffres remplis à craquer, martela ses convictions. Il coupait systématiquement la parole à tout interlocuteur. Après tout, ne se considérait-il pas comme appartenant à la race des chiens-dieux ? Même Maître Gepetto, venu le saluer, se fit éconduire. Fort de sa réussite dans le monde de la construction d'abribus, le bouledogue voulait faire la différence. Il voulait imposer ses idées qui, il en était certain, étaient les bonnes. Ayant réussi à implanter ses abribus en forçant la patte de tous les cerfs du pays, il voulait opérer de la même façon pour ses sculptures en bois.

    L'équipe commerciale sélectionnée se composait d'un castor, d'un sanglier ardennais, d'une antilope, d'un lièvre, d'un écureuil, d'un chat, d'un bouvier bernois, d'une oie, et d'une grenouille, toutes et tous passionnés de sculpture sur bois.

    Très vite, l'écureuil et le castor voulurent apporter leur expérience du métier, leur connaissance approfondie du travail du bois et de sa commercialisation. Mais la vieille corneille noire, peu habituée à quitter le nid urbain, ne voulut rien entendre. Elle s'arc-bouta sur ses convictions d'un autre âge. Quant au bouledogue, il prit ces suggestions constructives comme une offense à son génie, et partit d'une colère dont il avait le secret. Le castor et l'écureuil se firent un clin d'œil et se turent. Le sanglier, rompu aux affaires, sombra aussitôt dans une profonde déprime et devint morose. Il se coupa du monde.

    À l'automne de sa vie, le bouledogue insultait à l'envi ses collaboratrices et collaborateurs. Les représentants qui formaient désormais une équipe unie et solidaire, se faisaient traiter d'incapables et de tous les noms d'oiseaux... ce qu'ils n'étaient pas. Il aboyait et empêchait son auditoire d'intervenir.

    Périodiquement, le vieux bouledogue, de plus en plus renfrogné, allait chercher quelques lingots d'or afin de couvrir ses pertes devenues abyssales. Il s'obstinait, pérorait, vilipendait le lion Sarko Ier, encensait le panda venu de Hollande, tenait un discours de tyran, et obligeait ses auditeurs - qu'il payait - à l'applaudir, ce qu'ils firent... du bout des pattes.

    Excédé par tant de bêtise, le castor fit valoir ses compétences ailleurs et quitta la petite entreprise en perdition... malgré ses millions en réserve. Le castor fut imité par l'écureuil, le lièvre, et plus tard, par le sanglier et l'antilope. Seule l'antilope ne fut pas remplacée...

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    Et le temps passa...

    Il y a quelques jours, le vieux bouledogue, aigri, terne, amer, se terrant dans un mutisme rageur, a viré sans autre forme de procès les huit rescapés de l'équipe qui devait le porter au pinacle, ainsi que quatre autres employées... sans la moindre empathie. Avec le cynisme dont il est coutumier. Comme s'il avait cassé un jouet... en bois bien évidemment. Le bouledogue avait fini de ronger son os.

    Personne n'avait été capable de déceler le génie politique et créatif du bouledogue ! Personne ! Et au final, RIEN ! Pas une statue à son effigie ! Pas une émission télévisée d'importance nationale ne lui avait été consacrée ! À son grand étonnement !

    Aujourd'hui, le bouledogue poursuit son travail de sape, persuadé qu'à sa mort, le monde entier finira par l'honorer, autant que son modèle : le cochon corse !

  • Francs-maçons en danger !

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    On retrouve Antoine Marcas laissé à la fin du tome 1 dans de sales draps. Jade Zewinski, qui l'accompagne, couvre sa fuite et se fait prendre par celle qu'on surnomme « la jardinière ». À la solde d Sol et du réseau Thulé, cette folle est avant tout une tueuse implacable. Le commissaire Marcas veut donc retrouver sa coéquipière en danger de mort et, faisant d'une pierre deux coups, châtier ceux qui ont éliminé ses frères francs-maçons.

    L'album surfe sur plusieurs époques, se veut ésotérique, mais ne convainc pas vraiment. Certes, adapter un livre en BD n'est jamais facile car la littérature offre plus de matière aux auteurs, sans restriction au niveau du nombre de pages... ce qui n'est pas le cas en bande dessinée.

    Le total de 112 pages des deux albums ne suffit pas vraiment. Il eût peut-être été préférable de répartir l'histoire sur trois tomes, afin de donner plus de densité à ce rituel de l'ombre.

     

    MARCAS

    Le rituel de l'ombre 2/2

    Scénario : Giacometti & Ravenne

    Dessin : Gabriele Parma

    Delcourt, juin 2013

    ISBN 978-2-7560-2142-3

    56 pages - 14,50 € 

  • Realpolitik

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    Il y avait Alpha. Il y a aussi Sisco ! Dans ce huitième tome clôturant un diptyque, Vincent Sisco est le bouc émissaire idéal, choisi par un groupe de tueurs que l'on imagine appartenir au Mossad.

    Pourchassé tant par les tueurs que par ses pairs, et plus particulièrement par le commandant Duquesne, gros bras mais cerveau atrophié, Sisco se tire d'embarras, se fiant à son flair et à son expérience. Aidé par un ami proche et soutenu par son chef, Dupré, il luttera pour faire éclater la vérité.

    Bien huilé, ce scénario sans la moindre fausse note et au dessin toujours aussi percutant, ravit le lecteur friand d'aventures trépidantes.

    Une BD qui, si elle devait être notée sur 10, mériterait un 7 voire un 7,5. Le décor parisien me plaît et les ressorts de l'intrigue continuent à fonctionner.

     

    SISCO

    tome 8 : Realpolitik

    Dessin : Thomas Legrain, scénario : Benec

    Le Lombard, septembre 2014

    ISBN 978-2-8036-3434-7

    48 pages - 12,00 €

  • A + 2

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    L'évocation insoutenable par le guide des scènes vécues entre ces murs, qui s'oppose au côté lisse, aseptisé d'un camp devenu musée. Cette volonté de conservation rompt-elle avec la « déqualification », « l'anonymat » dont les nazis voulaient affubler leurs prisonniers ? Ou bien, au contraire, cette banalisation serait-elle le signe d'une barbarie suprême ?

    À partir entre autres, du livre de Charlotte Delbo, Aucun de nous ne reviendra, Auschwitz et après, Sophie Schulze exprime la difficulté de vivre quand on est le descendant d'un nazi, et réfléchit à ce qui la relie aux victimes. Ne pas oublier, même s'il est nécessaire de se délivrer, se confronter à cette réalité, puis la retranscrire dans un livre.

     

    A + 2

    de Sophie Schulze

    éditions Léo Scheer, août 2014

    ISBN 978-2-756-104508

    144 pages - 17,00 €

  • L'ermite

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    Dernier album en date de la série, "L'ermite" est un véritable petit bijou, peut-être l'un des meilleurs Bloche !

    Pour une fois, la mission que lui confie le notaire Sénéchal paraît sans danger : remettre un pli à un homme qui vit reclus dans un village abandonné dans les montagnes.

    Mais voilà, avec Jérôme, il faut s'attendre à tout. Et l'aventure du jeune détective débute à l'aéroport où, quelque peu éméché, il doit affronter sa peur des voyages en avion. Heureusement que sa copine est hôtesse de l'air et justement présente dans le terminal.

    L'histoire de cet homme, cet ermite, n'est pas banale. Qui est-il vraiment ? Est-il l'assassin de sa femme ? Après avoir purgé sa peine de prison, il est retourné s'établir dans son village, dont la majeure partie a été engloutie sous les eaux du lac artificiel créé suite à la construction d'un barrage.

    Jusqu'au jour où Babette et Jérôme viennent troubler son quotidien...

     

    Jérôme K. Jérôme Bloche

    tome 24 : L'ermite

    de Dodier

    Dupuis, août 2014

    ISBN 978-2-8001-5758-0

    48 pages - 12,00 € 

  • Sortilèges - Livre 3

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    Après avoir subi une cinglante défaite, Blanche d'entremonde ne désespère pas de reconquérir son royaume et de chasser le vil Ogier, son frère bossu qui lui voue une haine tenace. Pour cela, elle n'hésite pas à occire sa propre mère en un lieu sacré, et à s'allier avec Maldoror, roi déchu du monde d'en-bas, mais encore capable de rallier à lui des troupes aussi lugubres que puissantes.

    Et au milieu des deux mondes, Horribili, que j'affectionne tout particulièrement, cherche avant tout à sauver sa peau. Créateur génial de breuvages ensorcelés, de potions magiques dignes de Panoramix et de poisons foudroyants, il se rend utile une fois à l'un, une fois à l'autre.

    Humour tordant, situations façon "Alice aux pays des merveilles", personnages très caricaturaux, caractères bien trempés, le tout sur fond de guerre sans merci, Sortilèges démonte tous les poncifs. Les auteurs s'en donnent à cœur joie et cela se ressent. On s'y amuse sans cesse. Bâtie en deux cycles, la série Sortilèges devrait s'arrêter au prochain tome. Selon moi, il s'agit d'une réussite totale. Et je ne dis pas cela pour gagner ma place au paradis... Cela dit, on a l'air de vraiment bien se marrer dans le monde d'en-bas.

     

    Interview de José Luis Munuera

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    1. De Spirou à Sortilèges, en passant par Sillages et Walter le Loup, peut-on dire que vous êtes un dessinateur tout-terrain ?

    José Luis Munuera : Disons que je suis un dessinateur qui n'est pas limité à un sujet, à un thème. Je me compare volontiers à un réalisateur des années 30-40, tel que Michael Curtiz, capable de faire un western le lundi et un polar le mardi, mais toujours avec une personnalité. Donc, pour chaque BD, il faut aussi qu'on reconnaisse ma « patte », même si j'adapte mon trait à chaque histoire...

    2. Jean Dufaux, pour les lecteurs de notre génération, est un « monstre de la BD » (dans le bon sens du terme). Qu'est-ce que cela vous fait de travailler avec lui ? Et comment se passe la collaboration ?

    J.L. M. : Un grand plaisir, vraiment. C'est quelqu'un qui pourrait rester dans sa tour d'ivoire, mais qui, au contraire, est très à l'écoute et qui aime rigoler. J'étais surpris qu'il veuille travailler avec moi, car je ne pensais pas que mon dessin appartenait à son univers. Outre un grand honneur et une grande fierté, c'est aussi une belle occasion pour moi d'apprendre à son contact.

    3. De Gaspard à la reine Sophora, Taillevent, Messire Kradok, ou le baron Hautbois, tant de personnages importants que vous n'hésitez pas à réduire en miettes. Est-ce pour déstabiliser le lecteur ?

    J.L. M. : Oui, c'est dans la logique du conte un peu délirant. Lorsque j'ai lu le scénario et découvert ces morts aussi inattendues que brutales, j'étais plié en deux de rire. Je trouve cela vraiment génial.

    4. Y a-t-il un personnage qui vous tient le plus à cœur ? qui vous amuse davantage ? qu'il vous plaît de crayonner ?

    J.L. M. : Peut-être Aldora, cette gamine capricieuse du monde d'en-bas... mais il y a surtout ce petit Horribili. Il m'amuse beaucoup. C'est d'ailleurs lui le lien entre les deux mondes. Il est jaloux, trouillard, essaie de tirer son avantage... mais n'y parvient jamais.

     

    Sortilèges - Livre 3

    Dessin : José Luis Munuera

    Scénario : Jean Dufaux

    Dargaud, août 2014

    ISBN 978-2-5050-1998-5

    64 pages - 14,99 €

     

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  • JOUR J : L'étoile blanche

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    Une série consacrée à l'uchronie ! Bonne idée ! Mais les albums sont de qualité inégale... Ce tome 16 figure parmi les plus emballants.

    Peu avant minuit, le 14 avril 1912, grâce à sa lunette télescopique, un jeune homme repère un iceberg géant qui barre la route du Titanic. Il se nomme Maxime Waterson. La catastrophe est évitée de justesse et le paquebot réputé insubmersible atteint le port de New York trois jours plus tard. Jeune Anglais de bonne famille, Maxime ne manque pas de caractère. Ses interventions changeront la face du monde. Devenu patron d'un groupe de presse, il ne cessera d'étendre son pouvoir. Mondialement.

    Même si le Titanic finira par couler avec, à son bord, le chancelier Adolf Hitler, la BD n'est pas centrée sur le célèbre navire... et l'on peut le regretter. Mais le scénario tient la route et l'effet papillon nous permet d'entrevoir toutes les situations.

    Le dessin de qualité apporte un plus à ce seizième tome... ce qui n'est pas toujours le cas car la série fait appel à des dessinateurs différents.

     

    JOUR J

    tome 16 : L'étoile blanche

    Scénario : Fred Duval & Jean-Pierre Pécau

    Dessin : Damien

    Delcourt, juin 2014

    ISBN 978-2-7560-4803-3

    56 pages - 14,50 €

  • Dieu a de l'humour !

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    Dans une autre vie, pas si lointaine, John Marshall était un romancier à succès. Vivant en Californie, il ne manquait de rien pour profiter à l'envi de l'American way of life. Mais voilà, l'épidémie s'est propagée et la fuite s'est avérée la seule issue possible. Les loup-garou gagnent du terrain, des villes entières tombent les unes après les autres. Les être humains restés sains s'organisent, mais la lutte est inégale.

    Les auteurs parviennent à installer une atmosphère, passant d'un personnage à l'autre, distillant çà et là quelques extraits de journaux intimes, ou de textes officiels. La peur règne en maître, tangible, elle s'insinue en vous, au fil de la lecture. Ne commettez pas l'erreur - celle que j'ai commise - de vous y plonger peu avant de vous endormir.

    Le choix du noir et blanc atténue l'horreur, ou la rend plus palpable encore. Au travers de John Marshall, mais aussi et surtout de Malcolm Spolding, Jeremy Lester voire Elia Lloyd, c'est tout un monde qui se construit pour disparaître aussitôt... dans les ténèbres soumises à la lychanthropie...

     

    WORLD WAR WOLVES

    tome 1 : Dieu a de l'humour

    Scénario : J.L. Istin

    Dessin : Kiko Duarte

    Soleil (French comic), juin 2014

    ISBN 978-2-302-03832-5

    112 pages - 14,95 € 

  • Une semaine dans la vie de Stephen KING !

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    Du 12 au 16 novembre 2013, Stephen King est à Paris, pour la première fois de sa carrière, à l'occasion de la parution de Docteur Sleep – « suite », trente-six ans après, de Shining. Au cours de cette semaine, il s'agit d'assister aux cinq rendez-vous prévus : Alexandra Varrin n'en manquera pas un seul. D'abord, une conférence de presse pour plus de 300 journalistes à laquelle, en remuant ciel et terre, elle réussit à participer. Le deuxième rendez-vous est une séance de dédicaces à la librairie MK2 Bibliothèque, devant laquelle des aficionados venus de toute l'Europe dorment, depuis la veille. Vient ensuite l'émission de François Busnel, La Grande Librairie : une heure entièrement consacrée à l'écrivain, Alexandra Varrin est dans le public. Le lendemain, elle fait partie des élus qui, à la suite d'un jeu-concours portant sur l'œuvre de King, s'entretiennent avec lui dans l'émission que Le Mouv' lui consacre. Cette semaine enchanteresse termine enfin par une lecture-conférence organisée au Grand Rex.

    Ces instants privilégiés sont l'aboutissement d'une quête identitaire commencée à l'âge de 10 ans, quand Alexandra Varrin a découvert pour la première fois un livre de Stephen King. Fille d'une mère excentrique et d'un père inconnu, élevée par ses grands-parents, elle était une enfant précoce, mal dans sa peau. La peur qui l'étreignait au contact des autres l'obligeait à vivre en solitaire.

    Jusqu'au jour où King lui a ouvert les portes du monde extérieur, en lui transmettant des principes et des valeurs qui l'ont aidée à se construire. Sa personnalité est aujourd'hui délimitée par lui ; pour preuve, les tatouages, en référence à son œuvre, dont elle constelle son corps.

    Un troisième récit s'intercale alors : une immersion dans les livres fétiches du « maître ». Avec le même formidable talent de conteur que lui, Alexandra Varrin nous donne à lire Christine, Shining, Le Fléau, Ça, Misery, La Tour sombre, « pièce maîtresse de l'univers de Stephen King »... Autant d'univers et de personnages qui l'accompagnent et l'ont façonnée, jusqu'à sa vocation d'écrivain.

    Une semaine dans la vie de STEPHEN KING

    d'Alexandra Varrin

    éditions Léo Scheer, septembre 2014

    ISBN 978-2-756-104522

    250 pages - 19,00 €

  • La mondaine tome 2

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    Aimé Louzeau est un homme torturé par ses démons. Son apparente bonhomie et sa « bonne tête » cachent de lourds secrets familiaux. Son métier n'arrange rien et l'époque de guerre en rajoute une couche supplémentaire. Lors d'un moment de sincérité, il en vient à demander Valentine en mariage... une prostituée à qui il rend visite régulièrement. Pour elle, cette union est impossible et son refus brise Aimé une fois de plus... une fois de trop. Car la rafle du Vélodrome d'Hiver, arrestation massive de juifs réalisée en France en juillet 1942, vient ôter tout espoir à Aimé. Une certaine folie s'empare de lui...

    Le deuxième tome de la mondaine vient clôturer un diptyque dont le décor s'avère au moins aussi important que les personnages, où l'atmosphère d'une période noire de notre Histoire se reflète dans les planches de Jordi Lafebre.

     

    Interview de Jordi Lafebre :

    1. Je connaissais Zidrou comme scénariste de séries humoristiques telles que "Le Boss", "Les Crannibales", ou encore "L'élève Ducobu". L'album "Lydie" tranche singulièrement, et "La mondaine" poursuit dans cette voie. Ce changement d'orientation s'inscrit-il dans une volonté de sortir de l'étiquette « humour » ou dans l'optique de montrer une autre facette de son talent ?

    Jordi Lafebre : Je crois qu'il avait plein d'idées et envie aussi de s'adresser à un autre lectorat, même s'il continue à travailler sur des séries humoristiques plus destinées à la jeunesse.

    2. Dans la mondaine, autour du personnage central, Aimé Louzeau, s'installe un univers à la Simenon. Pour cela, vous êtes-vous rendu à Paris ?

    J.L. : Oui, je suis allé à Paris. Plusieurs fois. Mon travail de recherche, de documentation, est très important. Je voulais que Paris soit quasiment un personnage à part entière. 

    3. Avant, un dessinateur était automatiquement associé à un personnage. Aujourd'hui, on dirait que les dessinateurs craignent cela. Cela devient plus rare. Qu'en pensez-vous ?

    J.L. : Je crois que la BD se rapproche davantage du monde du roman. Les lecteurs suivent un auteur... un dessinateur qui, donc, a le loisir de proposer plusieurs mondes, plusieurs séries.

    4. Est-ce une histoire vraie ?

    J.L. : Non... et oui. En fait, l'histoire est basée sur des faits réels. Mais il s'agit bel et bien d'une fiction.

    5. Comptez-vous poursuivre avec Zidrou dans une autre chronique sociale ?

    J.L. : Tous les deux, on a envie de poursuivre notre périple commun, mais pour réaliser un album plus... positif que ne l'est "La mondaine" (rires).

     

    La mondaine

    tome 2/2

    Scénario : Zidrou

    Dessin : Jordi Lafebre

    Dargaud, août 2014

    ISBN 978-2-5050-1991-6

    64 pages - 14,99 €

  • Pröfy blues

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    Profondément amoureux de Waha, fille adoptive d'un couple de trolls, le demi-troll Pröfy n'est pas très doué en construction de maisons. À chaque tentative, son ouvrage s'écroule. Mais la dernière maison bâtie de ses mains, en peau de dragon, a l'air de tenir le coup. Aussi envisage-t-il de « pendre la crémière » et d'inviter tout le village. Une beuverie plus loin, la maison trop étanche explose littéralement. Et Pröfy de s'enfoncer dans un état dépressif inconnu chez les Trolls. Il s'agit donc d'une maladie d'humain... la mauvaise moitié de Pröfy.

    BD très drôle, comme tous les albums « Trolls de Troy », bourré d'allusions, de bons mots et de subtilités graphiques. Il ne manque que la surprise des premiers tomes... mais bon... On passe un bon moment, n'est-ce pas là le principal ?

     

    Trolls de Troy

    Pröfy blues

    Scénario : Christophe Arleston, dessin : Jean-Louis Mourier

    Soleil, juin 2014

    ISBN 978-2-30202703-9

    48 pages - 13,95 € 

  • Mathias

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    Jérôme K. Jérôme Bloche, c'est l'un des personnages les plus attachants de la bande dessinée. Antihéros, jovial, distrait, insouciant, bonne âme, curieux, le détective Bloche - car oui, il est bien détective - a le chic pour se retrouver toujours au plus mauvais endroit au plus mauvais moment. Cette fois, il est embarqué manu militari par le GIGN alors qu'il tentait de secourir une vieille dame. Certes, il a quelque peu cassé une vitre pour s'introduire chez elle... mais bon, après tout, madame Zelda était inquiète pour son amie et Jérôme n'a fait qu'obéir à son instinct.

    Une histoire qui entraîne Jérôme dans une suite effrénée de gardes à vue, de kidnapping, d'interrogatoires musclés et de coïncidences. Et notre Jérôme reste toujours zen, malgré ses bobos, ses lunettes cassées et sa maladresse au volant d'une voiture.

    Mathias, ex-taulard évadé grâce à l'intervention de son fils, n'apparaît que peu dans le récit, mais Alain Dodier parvient à captiver le lecteur, à le faire rire et à nous convaincre que Bloche est vraiment une série à collectionner.

     

    Jérôme K. Jérôme Bloche

    tome 22 : Mathias

    de Dodier

    Dupuis, février 2011

    ISBN 978-2-8001-4744-4

    48 pages - 12,00 €