Fin d'un chapitre ! Début d'un autre !

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Premier bouleversement dans le paysage francophone belge : le diffuseur-distributeur-grossiste La Caravelle change de mains. Créée en 1951, cette entreprise est dirigée par la famille Leblan depuis 1954. Soixante ans plus tard, après plusieurs restructurations, ses comptes ne quittent plus le rouge... et quand on s'appelle Leblan - excusez-moi, c'était trop tentant -.

La Caravelle semblait pourtant, jusqu'en 2011, un bastion imprenable. Mais les départs de plusieurs éditeurs, dont Bragelonne-Milady, le groupe Harmonia mundi, et surtout Glénat, ont mis à mal la trésorerie de la société qui a employé jusqu'à 60 personnes.

D'autre part, les librairies les plus importantes du pays ont préféré se fournir directement en France chez Volumen-Seuil, ou à la Sodis (Gallimard), plutôt que de faire venir les livres depuis Haren (1130 Bruxelles) où siège La Caravelle.

Lorsque les AMP (Agence et Messageries de la Presse) ont décidé d'arrêter la distribution de livres, la SDLC (Caravelle) y a vu une opportunité, mais le secteur des marchands de journaux est lui aussi en crise.

Florent et Germaine Leblan ont connu les années d'or. En 1995, leur fils, Dominique, a repris les rênes, toujours épaulé par son père. L'entreprise répond à une attente de nombreux libraires. Elle joue sur la proximité, mais aussi et surtout sur l'étendue de l'offre, unique en Belgique. Quatrième force de distribution en Belgique, derrière Dilibel (Hachette), interforum (editis) et MDS (Dargaud-Lombard-Fleurus-Ballon), La Caravelle fournit plusieurs centaines de points de vente, dont la grande distribution et réalise encore, malgré ses déboires, près de 12 millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle emploie à ce jour 37 personnes.

À l'annonce du rachat par le groupe Renaissance (La Renaissance du Livre et De Rouck), c'est un profond soulagement qui a prévalu dans les bureaux du grossiste. Et pourtant, si l'on compare les chiffres d'affaires, La Renaissance du Livre pèse quatre fois moins lourd. Mais Alain van Gelderen, patron de La Renaissance du Livre, ambitionne de contrôler tous les maillons de la chaîne. Avec son associé Marco De Ridder, imprimeur, il ne leur manque plus qu'une ou plusieurs librairies, de manière à donner une visibilité encore plus importante aux éditeurs qu'ils distribuent désormais.

Bien sûr, chez Interforum, c'est la soupe à la grimace car La Renaissance du Livre et De Rouck leur permettaient de justifier une présence sur le sol belge. Ce départ pourrait accélérer la décision des dirigeants français de tout rapatrier en Ile-de-France.

L'opération est donc très intéressante pour Alain van Gelderen, même si un boulot de titan sera à abattre pour remettre La Caravelle sur les rails... ou plutôt sur le tarmac.

Selon le journal L'Écho, le montant de cette opération serait de 2,7 millions d'euros. Les dettes ont été effacées et un plan d'apurement a été négocié chez Madrigall (Gallimard-Flammarion). Les employés respirent désormais et chacun se retrousse les manches pour repartir au «combat».

Il y a tout de même quelques questions qui me turlupinent... La Caravelle sera-t-elle présente physiquement, et pour la première fois depuis... à la Foire du Livre de Bruxelles ? Une nouvelle restructuration sera-t-elle envisagée... même si très peu voire aucun poste ne devrait passer à la trappe ? Un développement en Flandre et/ou aux Pays-Bas est-il possible ?

L'avenir nous le dira.

En attendant, il y a 37 emplois sauvés et, à mes yeux, c'est le plus important aujourd'hui. 

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