Moi, ministre de l'enseignement

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« L'école mérite mieux qu'un pamphlet. »

La réaction de - déjà - l'ancienne ministre de l'enseignement Marie-Dominique Schyns a été prise à la lettre par Frank Andriat, auteur du livre Les profs au feu et l'école au milieu (Renaissance du Livre) qui avait défrayé la chronique lors de la rentrée 2013.

Ce nouvel ouvrage est la réponse au ministre, en dix propositions basées sur la grande expérience de terrain de ce professeur de français.

Si le premier ouvrage était un cri de colère, le résultat d'une exaspération profonde, d'un sentiment général d'inutilité, et d'une accumulation de mesures qui n'ont eu pour effet que de décrédibiliser l'enseignement, ce second opus se veut plus réfléchi.

Bien sûr, Frank Andriat se répète un peu, mais pour ceux qui n'auraient pas lu Les profs au feu et l'école au milieu, il fallait redonner les raisons du désarroi du corps enseignant.

Alors, Frank est-il un gentil utopiste ? Un prof sur le sentier de la guerre ? Un enseignant désabusé et triste de constater le changement de sa profession ? Ou un nostalgique de ce temps révolu où le maître était le maître ? Peut-être un peu de tout cela à la fois...

Il se place surtout et d'abord en auteur ayant une expérience de plus de trente ans dans les classes de l'enseignement secondaire, et, qui plus est, dans l'un des quartiers dits « sensibles » de Bruxelles.

Prônant, notamment, une école de l'excellence pour tous, un nouvel élan d'espoir, un rassemblement plutôt qu'une division, la publication de programmes clairs, ou un retour à la primauté de l'éducation et de la culture, Frank Andriat croit-il vraiment à la prise de conscience soudaine des technocrates qui nous gouvernent ?

Tout va mal ?

Non Frank, tout va très bien, au contraire !

Il y a de plus en plus de chômeurs et de personnes connaissant - subissant - la précarité de l'emploi.

Les employés et ouvriers rechignent de moins en moins lorsqu'on rabote leurs salaires, qu'on supprime leurs avantages, ou qu'on gèle leur ambition professionnelle.

Les États s'endettent pour que les multinationales prospèrent, par le jeu subtil des vases communicants.

Le monde se fragmente en centaines de petits États ! Certaines régions réclament leur indépendance. Pendant ce temps, les groupes se rachètent les uns les autres pour créer des mastodontes monopolistiques écrasant au passage les velléités de quelques indépendants.

Les ultra-riches voient leurs recettes augmenter exponentiellement, grâce notamment à leurs complicités au sein même des institutions bancaires.

Ces banques qui peuvent spéculer en toute impunité, avec notre argent, quitte à endetter encore un peu plus les États en cas de déconfiture.

Peu à peu, la presse indépendante et libre morfle. Les grands groupes de presse sont rachetés par les patrons des multinationales ou par des banquiers, avec pour but de contrôler l'information.

Ce n'est pas la population qui élit ses représentants politiques, mais ces mêmes propriétaires des médias qui font la pluie et le beau temps et qui vous disent pour qui voter.

Une fois élu, le politique sait bien à qui il doit son élection. Pas à vous et moi, mais à son temps d'antenne et à ses promesses faites à quelques puissants l'ayant soutenu.

L'école est au plus mal. Tant mieux, car créer des crétins dociles permet de poursuivre dans cette voie...

 

Tu vois Frank... Tout va très bien !

 

Moi, ministre de l'enseignement

de Frank Andriat

Renaissance du Livre, août 2014

ISBN 978-2507052485

160 pages - 9,90 €

 

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