Sortilèges - Livre 3

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Après avoir subi une cinglante défaite, Blanche d'entremonde ne désespère pas de reconquérir son royaume et de chasser le vil Ogier, son frère bossu qui lui voue une haine tenace. Pour cela, elle n'hésite pas à occire sa propre mère en un lieu sacré, et à s'allier avec Maldoror, roi déchu du monde d'en-bas, mais encore capable de rallier à lui des troupes aussi lugubres que puissantes.

Et au milieu des deux mondes, Horribili, que j'affectionne tout particulièrement, cherche avant tout à sauver sa peau. Créateur génial de breuvages ensorcelés, de potions magiques dignes de Panoramix et de poisons foudroyants, il se rend utile une fois à l'un, une fois à l'autre.

Humour tordant, situations façon "Alice aux pays des merveilles", personnages très caricaturaux, caractères bien trempés, le tout sur fond de guerre sans merci, Sortilèges démonte tous les poncifs. Les auteurs s'en donnent à cœur joie et cela se ressent. On s'y amuse sans cesse. Bâtie en deux cycles, la série Sortilèges devrait s'arrêter au prochain tome. Selon moi, il s'agit d'une réussite totale. Et je ne dis pas cela pour gagner ma place au paradis... Cela dit, on a l'air de vraiment bien se marrer dans le monde d'en-bas.

 

Interview de José Luis Munuera

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1. De Spirou à Sortilèges, en passant par Sillages et Walter le Loup, peut-on dire que vous êtes un dessinateur tout-terrain ?

José Luis Munuera : Disons que je suis un dessinateur qui n'est pas limité à un sujet, à un thème. Je me compare volontiers à un réalisateur des années 30-40, tel que Michael Curtiz, capable de faire un western le lundi et un polar le mardi, mais toujours avec une personnalité. Donc, pour chaque BD, il faut aussi qu'on reconnaisse ma « patte », même si j'adapte mon trait à chaque histoire...

2. Jean Dufaux, pour les lecteurs de notre génération, est un « monstre de la BD » (dans le bon sens du terme). Qu'est-ce que cela vous fait de travailler avec lui ? Et comment se passe la collaboration ?

J.L. M. : Un grand plaisir, vraiment. C'est quelqu'un qui pourrait rester dans sa tour d'ivoire, mais qui, au contraire, est très à l'écoute et qui aime rigoler. J'étais surpris qu'il veuille travailler avec moi, car je ne pensais pas que mon dessin appartenait à son univers. Outre un grand honneur et une grande fierté, c'est aussi une belle occasion pour moi d'apprendre à son contact.

3. De Gaspard à la reine Sophora, Taillevent, Messire Kradok, ou le baron Hautbois, tant de personnages importants que vous n'hésitez pas à réduire en miettes. Est-ce pour déstabiliser le lecteur ?

J.L. M. : Oui, c'est dans la logique du conte un peu délirant. Lorsque j'ai lu le scénario et découvert ces morts aussi inattendues que brutales, j'étais plié en deux de rire. Je trouve cela vraiment génial.

4. Y a-t-il un personnage qui vous tient le plus à cœur ? qui vous amuse davantage ? qu'il vous plaît de crayonner ?

J.L. M. : Peut-être Aldora, cette gamine capricieuse du monde d'en-bas... mais il y a surtout ce petit Horribili. Il m'amuse beaucoup. C'est d'ailleurs lui le lien entre les deux mondes. Il est jaloux, trouillard, essaie de tirer son avantage... mais n'y parvient jamais.

 

Sortilèges - Livre 3

Dessin : José Luis Munuera

Scénario : Jean Dufaux

Dargaud, août 2014

ISBN 978-2-5050-1998-5

64 pages - 14,99 €

 

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