• Wikipédia en perte de vitesse !

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    Fondée en 2001, l'encyclopédie libre Wikipédia est à la recherche d'un second souffle.

    Forte de 21 millions d'utilisateurs inscrits dans le monde, de 130 000 membres actifs et de quelque 73 000 contributeurs, l'entreprise fondée par Jimmy Wales peine à se renouveler et à suivre la mode de la tablette et du smartphone.

    En un peu moins de 7 ans, Wikipédia a perdu près de 20 000 contributeurs. Il faut dire que tout - ou presque - a été rédigé.

    Lassitude ? Manque de nouveauté, de diversité et de liberté ? Banalisation de l'information sur la Toile ? Les raisons du surplace ne manquent pas. D'autre part les guéguerres de profils d'hommes politiques, comme les fausses infos - vite corrigées il est vrai -, ont tendance à desservir Wikipédia.

     

     

  • Du pur Iain LEVISON !

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    Trois potes experts en mouise, en fumette, en petits délits pas bien méchants, en petits boulots, rêvent de jours meilleurs sous le soleil des Caraïbes. Mais voilà, comment y parvenir lorsqu'on est cuistot dans un fast-food, promeneur de chiens, ou vendeur dans un hypermarché ?

    Mitch et Doug partagent un petit appartement miteux à Westlake, une banlieue pourrie de Pittsburgh. Kevin, lui, est le seul des trois à être père de famille et en couple avec Linda. La bande de bras cassés qu'ils forment échafaude des plans foireux, dont certains réussissent par hasard, mais à part ça, ils collectionnent les déveines.

    Roman social dans la lignée de "Un petit boulot", tranches d'humour saupoudrées d'action, de réflexions existentielles d'après-joint, de loufoqueries, voilà le cocktail explosif façon Iain Levison !

    Et franchement, j'ai adoré !

     

    Trois hommes, deux chiens et une langouste

    de Iain Levison

    Liana Lévi, piccolo n°76, avril 2013

    ISBN 978-2-86746-686-1

    272 pages - 10,50 €

  • La mondaine !

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    Dans un abri parisien, en avril 1944, Aimé Louzeau, inspecteur à la brigade mondaine, attend que cesse la pluie de bombes. Ce temps est mis à profit par le scénariste pour retracer la carrière de l'inspecteur.

    Zidrou s'attaque à un sujet sensible dans la période trouble d'avant-guerre. Il ne tombe jamais dans le piège d'en faire trop et nous dépeint la vie quotidienne des policiers avec un talent que - je dois l'avouer - je ne lui connaissais pas. Car pour moi, le nom "Zidrou" était aussitôt associé à « élève Ducobu »... BD bien éloignée de celle-ci.

    Aimé Louzeau rejoint sa nouvelle équipe en novembre 1937. Aux mœurs, on côtoie le sordide, le glauque, la perversion dans ce qu'elle a de plus abject. Difficile pour un jeune policier dont la naïveté s'affiche sur son visage... visage ressemblant sensiblement à celui de Jérôme K Jérôme Bloche (personnage créé par Dodier). Mais sa motivation étant à la hauteur de son inexpérience, il fait preuve  d'une grande capacité d'adaptation.

    Œuvre captivante, qui donne envie de connaître l'épilogue. Mais pour cela, un peu de patience, car il s'agit d'une histoire en deux tomes. La parution d'un second opus est prévue le 29 août prochain...

     

    La mondaine tome 1/2

    dessin : Jordi Lafebre

    scénario : Zidrou

    Dargaud, janvier 2014

    ISBN 978-2-5050-1990-9

    64 pages - 14,99 € 

  • Net recul des radios généralistes !

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    Le résultat des audiences du deuxième trimestre 2014 est sans appel : les radios généralistes sont en net recul : RTL (-1,3), France Inter (-0,9), Europe 1 (-0,3), France Info (-0,7), RMC (-0,4) ou encore France Bleu (-0,1).

    Dans le même temps, NRJ (+0,7) et Fun radio (+0,4) gagnent du terrain.

    Les audiences de certaines radios généralistes n'ont jamais été aussi basses depuis dix ans. La pub de RTL qui affiche dans de nombreux médias qu'elle est la première radio de France m'a mis la puce à l'oreille. Pourquoi un tel matraquage sinon pour masquer une dérive presque irréversible ? Et le départ de Philippe Bouvard des Grosses têtes - remplacé par Laurent Ruquier - ne risque pas d'arranger les choses...

    Comment expliquer ce phénomène ?

    La quantité de mauvaises nouvelles aux infos finit par faire zapper l'auditeur vers des radios plus divertissantes. Même RMC affiche un recul. Quant au Mondial brésilien, il n'a pas inversé la tendance...

    Autre constat : la radio a perdu la primeur de l'info... info qui se dilue tout au long de la journée sur Internet...

    Les difficultés des radios généralistes seraient-elles également révélatrices de la baisse du niveau culturel des Français ? Attention, terrain glissant.

    Certaines stations vont tenter de se réinventer, d'attirer un public neuf, de recruter des noms susceptibles d'affoler les courbes de Médiamétrie, tels que Guillaume Durand, Yves Calvi, Cyril Hanouna, etc.

     

    En tout cas, le million d'auditeurs perdus en un an, toutes chaînes confondues, a de quoi inquiéter...

     

     

     

  • Atomium !

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    Même si la prose poétique n'est pas ma tasse de thé, ce texte tout en sonorités, en sensations métalliques, en rappels historiques, emporte le lecteur à 102 mètres d'altitude...

    Sept années durant, j'ai vécu face à l'Atomium, avant et après sa réfection parfois acrobatique pour des ouvriers-trapézistes-alpinistes. Mon séjour offrait une vue splendide sur le plus grand atome au monde. Et pourtant, en pur Bruxellois, je n'ai pénétré qu'à deux reprises dans ses tubes, ses boules et son point de vue. La première fois pour manger dans son restaurant panoramique. La seconde pour ne pas mourir idiot.

    Quant au livre de Constance Chlore, il défragmente l'atome tout autant que ses phrases. Parfois exempte de ponctuation, son écriture se chante plus qu'elle ne se lit, et se dilue dans nos pores interloqués.

    Retour en 1958, à Bruxelles, en cette année de croissance, bien représentée par SON Exposition universelle, la dernière que le sol belge ait connu.

    Constance nous emmène dans sa Belgique joyeuse où le jus de houblon coulait à flots - après tout, ce n'est pas une légende que le Belge soit de nature fêtarde -, où l'on pouvait croiser la Laekenoise Annie Cordy, le Schaerbeekois Jacques Brel ou notre jeune roi Baudouin, illustre voisin du parc réaménagé pour l'occasion.

    À côté du pavillon américain où l'on pouvait admirer une télévision-couleurs, du pavillon chinois tout en dorures, de la Flèche, ou pavillon du Congo encore belge, André Waterkeyn conçut un ouvrage temporaire qui, aujourd'hui encore, figure parmi les plus photographiés en Europe : l'Atomium !

    « Après le boulot c'était l'amusement Le ralliement de tous ceux qui désiraient manger et boire 20 000 repas servis par jour dans 70 restaurants »

    Tout en belgitude, ce court récit poétique sera-t-il distribué un jour au pied de l'édifice ? Il retient en tout cas autant l'attention que son modèle...

     

    Atomium

    de Constance Chlore

    Atelier de l'agneau, décembre 2013

    ISBN 978-2-930440-71-2

    76 pages - 15,00 €

  • Tulle, Oradour-sur-Glane, Normandie... 8 juin - 20 juin 1944 !

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    « En examinant, le 10 juin 44, la position de sa division, eu égard aux ordres de mouvement qu'il avait reçus, le général Heinz Lammerding n'avait pas lieu de se montrer satisfait. La Das Reich s'effilochait dans le Lot, la Corrèze et la Haute-Vienne : des chars en panne et des canons d'assaut jalonnaient les bas-côtés de la route entre Montauban et Tulle, ce qui justifiait toutes les mises en garde de l'état-major divisionnaire, relatives au coût technique de l'auto-acheminement par route des blindés lourds. Quant à la brigade de Panzergrenadier elle ceinturait largement Limoges contre des attaques de terroristes que la Kommandantur, prise de panique, jugeait imminentes, et la topographie des parcours, ravinés et boisés, rendait aléatoires les liaisons entre toutes les unités. Bref, le rapport de Lammerding adressé au général commandant le 58ème corps cuirassé était indirectement et d'une certaine façon un hommage à l'action de la Résistance après le jour J et il mettait en évidence comme une désastreuse bévue le fait d'avoir lancé une division cuirassée SS dans des opérations antiterroristes. » 

    Le 8 juin 1944, la division Das Reich, forte de 15 000 hommes, quitte Montauban en direction de la Normandie. Harcelée par des actions de maquisards et autres résistants plus ou moins organisés, elle mettra quinze jours pour rejoindre le théâtre d'opérations le plus médiatique de l'Histoire.

    Dans l'impossibilité de se déplacer par transport ferroviaire, constamment saboté, la division tout entière s'ébranle par la route, au risque de disperser ses forces et de s'épuiser considérablement.

    Cette division est malheureusement connue pour ses exactions ainsi que pour ses massacres de civils perpétrés, notamment, à Tulle et Oradour-sur-Glane. Ces massacres sont-ils à considérer comme des représailles "utiles" en temps de guerre, bien qu'interdites par les conventions de Genève ? De tels faits trahissent en tout cas l'exaspération profonde, la peur, la fatigue extrême et la folie qui peut s'emparer d'hommes armés.

    Les FTP et les membres de l'AS avaient attendu le débarquement. Ils pouvaient - du moins le décrétèrent-ils - se laisser aller non seulement aux sabotages mais aussi à l'élimination de collabos, de gendarmes et même de soldats allemands. Malgré les pertes considérables dues au manque d'instruction militaire, les résistants se sentirent pousser des ailes, rejoints par un membre croissant de volontaires qui, soudain, voulurent rejoindre leurs rangs.

    En cette période trouble de l'Histoire, l'auteur aurait pu tomber dans la facilité et noircir encore un peu plus les seuls éléments responsables de la Das Reich. Mais Max Hastings ne tomba pas dans ce piège et retrace fidèlement les faits, sur base d'une documentation abondante et de témoignages recueillis dans les deux camps.

     

    La Division Das Reich

    de Max Hastings

    éditions TEXTO, avril 2014

    ISBN 979-10-210-0459-7

    384 pages - 11,00 €

     

  • Le caméléon

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    Les multiples vies de Frédéric Bourdin, alias le Caméléon, sont brillamment racontées dans ce court récit paru chez Allia.

    Comment, à plus de 30 ans, endosser à la perfection le personnage d'un ado de 16 ans ?

    Comment duper tout le monde, police y comprise ?

    Comment parvient-il à jouer un rôle, ou plutôt être ce rôle à 100% ?

    Comment s'inventer une vie ?

    Car Frédéric Bourdin peut être une dizaine de personnages à la fois... génial imposteur. Mais pour quel mobile ? Tout cela reste flou. Car ce caméléon n'a rien d'agressif. Que du contraire !

    Ouvrage passionnant, dans la lignée des titres de cette collection miniature...

    Un pur plaisir de lecture...

     

    Le caméléon

    de David Grann

    Allia, septembre 2009

    ISBN 978-2-84485-324-0

    96 pages - 3,00 € 

  • Les soldats de la honte

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    Qu'ils soient hystériques, névrosés, plicaturés, paralysés, ou tout simplement totalement tétanisés, les poilus ayant subi le syndrome du shell shock subissaient la suspicion de simulation des médecins.

    Pour prouver leur lâcheté, ces mêmes médecins les soignaient à coups de décharges électriques. L'un d'eux, le major médecin-chef Clovis Vincent officiant à Tours était réputé pour sa cruauté.

    La population française n'aurait probablement jamais été avertie de la brutalité avec laquelle on « soignait » les soldats s'il n'y avait eu le cas Baptiste Deschamps. Ce brave zouave, râblé, fut commotionné lors d'un combat sur le front de l'Yser, obligé par la suite de se déplacer à l'aide d'une canne, véritablement plié en deux, incapable de se redresser. Refusant le torpillage électrique du Dr Vincent, le soldat se défendit. Un combat de boxe s'engagea. Le procès qui suivit fut, à la surprise de l'autorité militaire, davantage celui de la méthode thérapeutique que de l'indiscipline de Deschamps, défendu par le bâtonnier Paul Meunier.

    Jean-Yves Le Naour s'attache à révéler avec justesse les réactions de folie de poilus confrontés à l'horreur des tranchées, sous la mitraille, complètement désemparés.

    Entre document et récit, cet ouvrage surfe entre ces deux genres, ce qui dessert l'ensemble. Là où le récit accélère la lecture, la rendant plus vivante, plus captivante, le document vient stopper l'élan et le rend trop jargonneux.

     

    Les soldats de la honte

    de Jean-Yves Le Naour

    tempus n°521, mars 2014

    ISBN 978-2-262-04313-1

    224 pages - 8,50 €