Tulle, Oradour-sur-Glane, Normandie... 8 juin - 20 juin 1944 !

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« En examinant, le 10 juin 44, la position de sa division, eu égard aux ordres de mouvement qu'il avait reçus, le général Heinz Lammerding n'avait pas lieu de se montrer satisfait. La Das Reich s'effilochait dans le Lot, la Corrèze et la Haute-Vienne : des chars en panne et des canons d'assaut jalonnaient les bas-côtés de la route entre Montauban et Tulle, ce qui justifiait toutes les mises en garde de l'état-major divisionnaire, relatives au coût technique de l'auto-acheminement par route des blindés lourds. Quant à la brigade de Panzergrenadier elle ceinturait largement Limoges contre des attaques de terroristes que la Kommandantur, prise de panique, jugeait imminentes, et la topographie des parcours, ravinés et boisés, rendait aléatoires les liaisons entre toutes les unités. Bref, le rapport de Lammerding adressé au général commandant le 58ème corps cuirassé était indirectement et d'une certaine façon un hommage à l'action de la Résistance après le jour J et il mettait en évidence comme une désastreuse bévue le fait d'avoir lancé une division cuirassée SS dans des opérations antiterroristes. » 

Le 8 juin 1944, la division Das Reich, forte de 15 000 hommes, quitte Montauban en direction de la Normandie. Harcelée par des actions de maquisards et autres résistants plus ou moins organisés, elle mettra quinze jours pour rejoindre le théâtre d'opérations le plus médiatique de l'Histoire.

Dans l'impossibilité de se déplacer par transport ferroviaire, constamment saboté, la division tout entière s'ébranle par la route, au risque de disperser ses forces et de s'épuiser considérablement.

Cette division est malheureusement connue pour ses exactions ainsi que pour ses massacres de civils perpétrés, notamment, à Tulle et Oradour-sur-Glane. Ces massacres sont-ils à considérer comme des représailles "utiles" en temps de guerre, bien qu'interdites par les conventions de Genève ? De tels faits trahissent en tout cas l'exaspération profonde, la peur, la fatigue extrême et la folie qui peut s'emparer d'hommes armés.

Les FTP et les membres de l'AS avaient attendu le débarquement. Ils pouvaient - du moins le décrétèrent-ils - se laisser aller non seulement aux sabotages mais aussi à l'élimination de collabos, de gendarmes et même de soldats allemands. Malgré les pertes considérables dues au manque d'instruction militaire, les résistants se sentirent pousser des ailes, rejoints par un membre croissant de volontaires qui, soudain, voulurent rejoindre leurs rangs.

En cette période trouble de l'Histoire, l'auteur aurait pu tomber dans la facilité et noircir encore un peu plus les seuls éléments responsables de la Das Reich. Mais Max Hastings ne tomba pas dans ce piège et retrace fidèlement les faits, sur base d'une documentation abondante et de témoignages recueillis dans les deux camps.

 

La Division Das Reich

de Max Hastings

éditions TEXTO, avril 2014

ISBN 979-10-210-0459-7

384 pages - 11,00 €

 

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