• Profondément stupide !

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    Benoît Hamon a sorti une nouvelle ânerie de sa boîte à malice. Quoi de plus stupide que de vouloir supprimer les mauvaises notes à l'école ? Et pourtant, cette idée loufoque s'avère très concrète, mise en place dès la rentrée 2015-2016... et peut-être même avant !

    Nos pauvres enfants, ces chérubins si fragiles qu'il ne faut absolument pas blâmer, au risque de les rendre dépressifs. Ces âmes sensibles ne supportent que très difficilement les notes inférieures à la moyenne. Ça les stresse ces petits !

    Le ministre de l'Education (PS) veut redonner confiance aux élèves français, si mal classés par rapport aux enfants de l'OCDE - selon les tests PISA 2012 -.

    Peu importe leur maîtrise déplorable de l'orthographe ! Peu importe leur niveau de lecture ! Peu importe leur faiblesse générale ! Pourvu qu'ils obtiennent leur Bac, quitte à échouer lamentablement en première année à l'université... Après tout, si je pousse le bouchon un peu plus loin, une population d'abrutis rassure les politiques. Gauche ou droite, même combat : l'électeur dégénéré vote où on le lui indique, sans réfléchir. Surtout ne pas "réfléchir" ! Car celui qui réfléchit ne peut que constater les inepties des différents programmes. Car celui qui réfléchit - ou qui en a la capacité - ne peut que s'indigner devant les dérives financières dignes de clans mafieux. Car celui qui réfléchit pourrait un jour proposer une alternative et, une fois élu, supprimer les privilèges des puissants. Car celui qui réfléchit pourrait, par la voie des urnes, dénoncer la langue de bois, universelle, pratiquée par tous les partis en place. Et avec un aplomb plus que malsain.

    Ma génération - les quadras -, celle de mes parents ou celle de mes grands-parents, nous avons connu les mauvaises notes, les frustrations, les brimades, les moqueries, les injustices parfois, ou encore le ton dur du professeur, sans la moindre aménité, sans détour. Non seulement nous n'en sommes pas morts, mais nous nous félicitons aujourd'hui d'avoir connu cette époque. Celle où le professeur, du haut de son piédestal, s'apparentait à un sage, à un roi qui déversait son cours à un rythme soutenu, et selon ses propres critères.

    Les bons profs étaient-ils les plus souriants, les plus laxistes, les plus généreux, les plus complices ? Pas forcément. En ce qui me concerne, je dois beaucoup à l'enseignement rigide de deux professeurs de français officiant à l'athénée des Pagodes, à Laeken (commune bruxelloise). Au cours de français donné par Madame Boulangié, décrocher un 12/20 en dissertation relevait même de l'exploit, et peu d'élèves dépassaient les 70% de moyenne. Mais les mauvaises notes forgent un caractère. Elles ne nous abattaient pas. Que du contraire ! Nous avions soif de révolte et de revanche et bossions en conséquence.

    De nos jours, les élèves qui ratent passent quand même en classe supérieure... et avec le sourire. Il ne faut surtout pas les décourager. On demande aux professeurs d'accorder plus de poids aux exercices faciles et de minimiser l'importance des plus compliqués. Histoire de faire remonter artificiellement la moyenne...

    Bref, on ne cesse de mentir à nos jeunes ! Selon les nouvelles directives, ils ont tous les capacités intellectuelles pour devenir avocats, informaticiens, médecins, architectes ou mathématiciens... Au lieu de déceler très tôt les aptitudes réelles de chacun et de les orienter... sans hypocrisie...

     

    Affligeant ! 

  • Internet et libertés

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    «Il faut en finir avec la démagogie qui consiste à croire que les produits culturels doivent être gratuits par nature. Il faut bien, à un moment ou à un autre, que l'acte de création et toute la chaîne économique qui le conçoit, le produit et le distribue soient rémunérés et si possible à une juste valeur.

    Soif. Culture. Internet est une révolution qui a transformé un filet d'eau en un fleuve ininterrompu. On ne peut que se réjouir de voir cette eau fertiliser des terres arides. Prenons donc garde, tous ensemble, à ne pas assécher la source.»

    Publié en 2010, la problématique exposée par l'auteur est toujours d'actualité... même si les acteurs politiques et les artistes ont quelque peu accordé leurs violons. Mais l'emprise d'Internet sur notre quotidien ne cesse de croître, au point de menacer des pans entiers de notre économie traditionnelle.

    Curieusement, j'y ai décelé bon nombre de coquilles, d'autant plus disgracieuses qu'il s'agit d'une maison d'édition on ne peut plus sérieuse.

     

    Internet et libertés

    de Christophe Tardieu

    CNRS éditions, juillet 2010

    ISBN 978-2-271-06954-2

    80 pages - 4,00 €

  • KAROO... Un monument !

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    Saul Karoo est un type profondément désagréable, antipathique à l'extrême, alcoolique, égocentrique, d'une lâcheté sans égale, cynique, mesquin, menteur compulsif, et tout aussi imbuvable que les Bloody Mary qu'il s'enfile dès le petit déjeuner.

    Même son job est crapuleux : dénaturer, transformer de bons scénarios en œuvres insipides mais commerciales... pour le compte d'un producteur aussi écœurant que lui, un certain Jay Cromwell - à mon avis, le choix du nom n'a rien d'innocent -.

    D'un texte de qualité, Saul Karoo en fait un script tout à fait banal. Bref, il mutile, il décompose, il découpe, il salit, il abîme, et il noie le tout dans le tabac et l'alcool. De morale, il n'en a pas. Quant au pognon, il en a plein les poches, au point de se permettre la radiation de son assurance-santé, et même d'en être fier.

    Sa vie bascule lorsqu'il visionne un pur chef-d'œuvre, où il reconnaît un rire, celui de la mère biologique de son fils adoptif. Une quête impossible s'amorce alors, celle de la rédemption impossible.  

    Steve Tesich meurt brusquement en 1996, quelques jours à peine après avoir mis le point final à son manuscrit. À l'instar d'un Stieg Larsson, il ne connaîtra jamais l'immense succès de son petit bijou fait de lettres, de mots, de phrases et de tournures inoubliables. Car il s'agit bien d'un livre "inoubliable", qui vous happe, qui vous fait rire, qui vous procure de la honte - celle de parfois se retrouver en lui -, qui vous donne un arrière-goût malsain, propre à cette critique amère de notre p. de société de consommation.

    Mis à part les vingt dernières pages qui m'ont semblé inutiles, cet ouvrage mérite largement ses quelque 55 000 exemplaires vendus en grand format aux éditions Monsieur Toussaint Louverture... un record pour une maison d'édition de cette taille. Une maison qui publie peu, mais qui publie bien !

    Aujourd'hui également disponible au format poche...

     

    KAROO

    de Steve Tesich

    Points, mars 2014

    ISBN 978-2-7578-3305-6

    598 pages - 8,60 €

     

  • La politique belge... ou l'art de se voiler la face et détourner habilement l'attention...

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    Qu'ils soient acteurs, écrivains, chanteurs, comédiens, les artistes connaissent très bien cet hôtel de luxe niché en plein centre de Bruxelles... les journalistes aussi d'ailleurs, car il était LE lieu de rendez-vous idéal pour réaliser les interviews.

    La faillite de l'hôtel Méridien a surpris tout le monde, d'autant que son carnet de réservations affichait complet. Le taux de fréquentation des chambres d'hôtel reste très élevé dans la capitale de l'Europe.

    Il faut donc chercher le problème ailleurs.

    L'augmentation excessive du coût du travail en serait la cause principale, selon la Brussels Hôtels Association (BHA), bien plus que la hausse des loyers.

    Un constat s'impose : l'État belge se sucre sur le dos - de plus en plus rond et les épaules de plus en plus tombantes - des indépendants et autres entrepreneurs de tous horizons. Tout cela en dépit du bon sens. Et dans le secteur Horeca, le terme « se sucrer » correspond bien à une réalité devenue indigeste, entraînant au passage un pourcentage important de travail au noir.

    imagesCAY6HQXC.jpgAutre secteur en crise, le petit commerce souffre face aux taxes multiples et variées, aux impôts parmi les plus lourds d'Europe (la Belgique occupe la 2ème place juste derrière le Danemark), et à cette satanée croyance qu'un travailleur indépendant est forcément un escroc en puissance, qui passe son temps à vouloir arnaquer l'État.

    Parmi ces commerçants, les libraires résistent tant bien que mal, passent leur temps à remplir des caisses de retours pour « faire un peu de trésorerie », ont le dos en compote, vitupèrent contre le flot incessant de nouveautés, s'accrochent à leur passion heureusement toujours intacte, ne comptent plus leurs heures en multipliant les rencontres d'auteurs - certains ont le toupet de se plaindre qu'il y ait... si peu de monde malgré leur génie -, et tout cela avec, collés à leurs basques, un comptable qui s'arrache les cheveux et un banquier qui plombe un peu plus le libraire d'intérêts négatifs dus à son découvert.

    Sans oublier cette foutue idée que l'indépendant se fait un max de pognon et qu'une fois retraité, il pourra passer des jours heureux à se dorer la pilule au soleil. Avec de tels préjugés, les politiques se tirent une balle dans le pied. En effet, il me paraît évident que la vitalité économique d'un pays dépend en grande partie de ses travailleurs indépendants.

    Bosser comme un fou pour gagner à peine de quoi vivre, risquer sa santé, et tout cela en sachant qu'à l'arrivée, le valeureux commerçant n'obtiendra qu'une retraite misérable, égale voire inférieure à celle d'un gars qui aurait chômé toute sa vie - eh oui, en Belgique, c'est possible... C'est même le seul pays au monde où l'on peut passer plus de trente ans au chômage -, voilà qui finira par provoquer une révolte sanglante...  

  • Incroyable !

    imagesCAFGDE5T.jpgLe blog Actu-Livres, c'est un total de 1610 articles postés depuis sa création fin 2006 !

    566 BD critiquées, 224 articles sur l'actualité, 187 romans, 64 romans policiers (ou fantasy, thrillers, SF), 51 documents ou témoignages, 48 rencontres filmées, 44 récits, 36 beaux-livres, 36 essais, 34 livres d'histoire, ou encore 32 présentations d'auteurs...

    Chaque mois, il y a entre 5 000 et 10 000 visites (record de 21 500) pour une moyenne de 2 000 visiteurs uniques.

    MERCI À TOUTES ET TOUS POUR VOTRE FIDÉLITÉ !

     

  • Une série tout simplement géniale !!!

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    Ma critique des deux premiers albums reste d'actualité, d'autant que ce troisième opus ouvre de nouvelles voies. Et comme pour les précédents, c'est plein d'humour, de bons mots, de subtilités, à lire, relire, et relire encore !

    Gros coup de cœur donc !

    On retrouve Margot, la reine des pestes, plus vénale qu'elle tu meurs, mais aussi Tim, l'idiot de service, le vieil Indien et, bien entendu, le flegmatique Maître Byron Peck ainsi que son curieux acolyte : le surpuissant et indestructible Knut Hoggaard.

    En ligne de mire, ces fameuses lettres de James Madison qui, sans nul doute, feraient la fortune des uns et la célébrité d'un autre.

     

    L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu

    tome 3 : Le mystère de la femme araignée

    Scénario : Wilfrid Lupano

    Dessin : Paul Salomone

    Delcourt, mai 2014

    ISBN 978-2-7560-3355-6

    48 pages - 13,95 €

  • PINKERTON

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    La célèbre agence de détectives Pinkerton travaille selon ses propres règles, pour le compte du gouvernement des États-Unis.

    On retrouve ses membres à bord d'un train de voyageurs attaqué par un gang. Mais quelques détectives ont réussi à infiltrer cette bande. L'attaque tourne au fiasco et l'agence s'en trouve une nouvelle fois auréolée.

    Les hommes d'Allan Pinkerton fêtent leur opération dans un saloon, mais pas n'importe lequel, car, dans la foulée, ils ont l'intention de coincer la bande de Nolan, un sinistre individu. Plus que bousculé, poussé dans ses derniers retranchements, Nolan veut sauver sa peau en voulant balancer aux Pinkerton un secret de la plus haute importance : le prochain attentat contre le président Abraham Lincoln, peu avant son investiture.

    Un western efficace, plaisant, mais sans génie. Quelques détails véridiques comme l'apparition du coup de poing américain... Quelques situations tendues, mais au final un scénario assez prévisible, sans fausses notes toutefois.

     

    PINKERTON

    tome 2 : Dossier Abraham Lincoln

    Dessin : Damour, scénario : Rémi Guérin

    Glénat, janvier 2014

    ISBN 978-2-7234-9455-7

    48 pages - 13,90 €

  • Moi, empereur du Sahara

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    « De Mogador à Tombouctou, tout le Sahara savait qu'un fêlé avait débarqué au Cap Juby, un homme très riche... »

    Après une jeunesse dépravée entre casinos, demi-mondaines et Jockey Club, Jacques Lebaudy, richissime héritier des Sucres Lebaudy, décide de conquérir un royaume. Il choisit la pointe septentrionale de l'Afrique où il débarque le 18 juin 1903 et s'autoproclame Jacques Ier. Un empereur sans couronne ni sujets, à la Antoine de Tounens, qui règne sur des sables mouvants, mais inquiète toutes les chancelleries.
    Cette folle épopée va faire de lui le personnage le plus ridicule de ce début de siècle.

     

    Moi, empereur du Sahara

    de Jean-Jacques BEDU

    Albin Michel, juin 2014

    ISBN 978-2-226-25816-8

    300 pages - 19,00 € 

  • CHOC !

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    J'avoue ne plus avoir lu de "Tif et Tondu" depuis des lustres. Le personnage de Choc y incarnait le Mal absolu, chef de l'organisation mafieuse "La main blanche".

    Retour donc à l'âge d'or de la bande dessinée, avec un réel plaisir. Eric Maltaite, fils du regretté Will, reprend le dessin et nous donne l'explication de la méchanceté, ou plutôt de la cruauté de Monsieur Choc... et pourquoi pas, dans la foulée, son identité !

    Février 1955, Monsieur Choc vient d'acquérir le manoir de Knightgrave. L'homme coiffé en permanence d'un heaume parcourt les pièces et les terres de sa nouvelle propriété. Enfant, il a vécu dans ce domaine et les auteurs nous emmènent dans ce passé tourmenté. Avec talent. Avec simplicité. Tout coule de source.

    86 planches exploitées au mieux. 86 planches où l'on se régale. 86 planches qui promettent un tome 2 flamboyant...

     

    CHOC

    Les fantômes de Knightgrave

    Dessin : Eric Maltaite

    Scénario : Stéphane Colman

    Dupuis, avril 2014

    ISBN 978-2-8001-5757-3

    86 pages - 16,50 €

     

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