• Battre Roger

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    Joueur de niveau honorable sans être éblouissant, Brad Gilbert atteignit en 1990 la quatrième place mondiale à l'ATP en faisant presque systématiquement déjouer ses adversaires. Pour cela, il utilisait des techniques de déstabilisation qu'il coucha sur papier dans son livre intitulé "Winning ugly".

    Au contraire de Brad, Niland, le héros de cet ouvrage, perd, perd sans cesse. Son parcours est jonché de bulles, ou de roues de vélo - jargon tennistique -. Il erre comme un zombie à la 2000ème place mondiale.De défaite en défaite, il crache sa mauvaise foi au visage de son adversaire, de l'arbitre, du public, ou du petit ramasseur de balles. Il glane çà et là, de temps en temps, une place au deuxième tour des qualifs, parfois au troisième tour, mais n'atteint que très rarement un tableau final dans un tournoi de seconde zone. C'est pourtant le cas cette fois, mais en tant que "lucky loser". Et comme par hasard, il doit affronter au premier tour un joueur suisse qui ne lâche rien.

    Texte incisif, ou l'histoire sous forme introspective de ce jeune espoir français passé maître en défaites. Texte effronté, rageur, né par et pour des cerveaux "dérangés" - dont je fais partie -, fruit bien mûr, juteux à souhait, cueilli par deux auteurs géniaux.

    "Battre Roger", c'est aussi un peu ce que doivent ressentir tous ceux qui, mis à part Nadal et Djokovic, pénètrent sur le court central face à LA légende du tennis : Roger Federer ! Rien qu'à l'énoncé de son palmarès, aussi dense et long qu'un acte notarié, l'adversaire du Suisse blêmit. Sans avoir frappé une balle, le Suisse a déjà un set en poche...

     

    Battre Roger

    d'Alexandre Labruffe & Benjamin Limonet

    éditions D'ores et déjà, octobre 2010

    ISBN 978-2-91-852704-6

    100 pages - 10,00 €

  • La bête

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    "Au XVIIIe siècle, dans le petit village de La Besseyre-Sainte-Marie, en Gévaudan, on a moins peur des loups, que l'on sait traquer depuis longtemps, que du Diable. Seul le père Chastel sait le tenir à distance avec ses potions et ses amulettes. On respecte, on craint cet homme qui détient tant de « secrets ». Mais lorsque la région devient la proie d'un animal aussi sanguinaire qu'insaisissable, comme vomi par l'enfer, le sorcier reste impuissant. La perte de ses pouvoirs serait-elle liée au retour de son fils Antoine, cet étrange garçon solitaire et sauvage, échappé des geôles du dey d'Alger ?"

     

    La bête

    de Catherine Hermary Vieille

    Albin Michel, février 2014

    ISBN 978-2-226-25435-1

    160 pages - 15,00 €

  • Morts pour Vichy !

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    Alain Decaux revient sur quatre destins hors normes : l'amiral François Darlan, le maréchal Philippe Pétain, Pierre Pucheu et Pierre Laval. Tous furent considérés comme collaborateurs et, par extension, antisémites, anticommunistes et criminels de guerre. Alain Decaux, dont je ne ratais aucune émission, tant sa façon de raconter l'Histoire se révélait captivante, s'est livré à une enquête minutieuse pour relater les faits. Pas de parti pris, pas de jugement, juste un travail d'historien.

    Avant la Seconde Guerre mondiale, et même durant les deux premières années de celle-ci, Pétain et Darlan étaient des modèles pour l'immense majorité des Français. Le premier, vainqueur à Verdun, fut choisi pour présider les destinées de la France en 1940. Le second, homme respecté et surdoué, fut celui qui mena à bien la difficile retraite de Dunkerque (opération Dynamo). Si l'Histoire s'était arrêtée là, ces deux grands militaires auraient aujourd'hui des dizaines, voire des centaines de rues, de boulevards, d'avenues ou de places à leur nom. Mais voilà, ce furent les généraux Leclerc et de Gaulle qui eurent droit à cet honneur.

    L'amiral Darlan fut assassiné le 24 décembre 1942 à Alger. Le maréchal Pétain, quant à lui, fut jugé en 1945 dans un procès retentissant.

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    L'historien revient aussi sur le parcours de deux hommes qui ont joué un rôle crucial dans le gouvernement de Vichy. Pierre Pucheu fut ministre de l'Intérieur. Véritable opportuniste, très ambitieux, il resta toujours attentif au sens du vent. Il crut d'abord à la victoire allemande - comme beaucoup de citoyens à cette époque -, et mit tout en œuvre pour plaire aux envahisseurs, quitte à faire plus et mieux que ne l'aurait fait la Gestapo... avant de se raviser et comprendre que les Alliés finiraient par l'emporter et de s'embarquer pour l'Afrique pour se joindre aux troupes franco-anglaises. Mal lui en prit car il fut exécuté. Pierre Laval, président du Conseil, eut un rôle bien plus ambigu. Aimé par ses pairs, la violence lui était insupportable. Préférant une mauvaise paix, croyant lui aussi au triomphe allemand, il ne cessa de tantôt plaire aux uns sans trop froisser les autres, tantôt de vouloir sauver des meubles qui, déjà, ne lui appartenaient plus. Son procès fut une farce, une parodie de justice dont la France n'a pas à s'enorgueillir...

    Livre captivant malgré les trop nombreuses coquilles, Alain Decaux nous dévoile un pan de l'Histoire qui révèle bien des choses sur la nature humaine, dans ce qu'elle a de plus sordide.

     

    Morts pour Vichy

    d'Alain Decaux

    tempus, 2013

    ISBN 978-2-262-04276-9

    490 pages - 11,00 €

     

     

     

     

  • CONCOURS MEHARI !

    Récit 20 Secondes et tout bascule VERSION 2 cover.jpgRoman CIGOGNES cover.jpg

    Les trois premières personnes qui m'enverront par courrier une souche d'achat pour un minimum de 20,00 € chez l'un de nos libraires-partenaires, recevra les deux premiers livres dédicacés des éditions Méhari, plus le DVD "Bascule" comprenant les capsules réalisées par l'équipe de l'Atelier Graphoui.

    Adresse d'envoi :

    éditions Méhari

    BP 204

    139-143, rue Saint-Lambert

    1200 Bruxelles - Belgique

     

    N'oubliez pas de communiquer vos coordonnées pour me permettre d'effectuer l'envoi.

     

    Méharistiquement,

     

    Marc Varence

     

     

  • Belle arrière-grand-mère

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    Enfin tranquille, turbulences familiales apaisées, Babou s'apprête à revêtir sa blouse de peintre. Mais voilà qu'on sonne à la porte. Sur le seuil de la cuisine, un minuscule bébé. Adieu la paix ! Voilà Babou arrière-grand-mère d'une petite Adella, fille de Justino, 18 ans, et d'Haydée, même âge, poursuivie par la fureur de son père. Un souci ne venant jamais seul, le restaurant de Boris, gendre de Babou et mari de Charlotte, est en faillite. A la place, il a décidé d'ouvrir un Drive. Un Drive dans SON jardin ? Jamais !, rugit le Pacha. C'est la brouille. A sa façon, Félicité, mère de Babou, apportera la solution, réconciliera une fois de plus la famille.

    La maltraitance, on en parle beaucoup aujourd'hui. Auprès d'une mère qui le nie, Crépin vit l'une des pires : la maltraitance psychologique. Afin d'offrir le moins de surface possible à la douleur, il refuse de grandir : à onze ans, il en fait tout juste huit. Pour le sauver, le Pacha accomplira l'inimaginable.

    L'homme discret, hostile au portable, réunira sur Facebook plus d'un million d'amis qui signeront la pétition en faveur de l'enfant martyr. Sans compter une mémorable apparition à la télévision. Mission accomplie. La Tempête est passée. Jusqu'à la prochaine ? Aujourd'hui, c'est décidé, Babou reprend ses pinceaux.

     

    Belle arrière-grand-mère

    de Janine Boissard

    Fayard, février 2014

    ISBN 978-2-213-67239-7

    352 pages - 20,00 €

  • La maison des papillons

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    Le nombre de papillons est en régression. Les deux causes principales sont la pollution et la destruction de leur habitat.

    Luc et Maya Schuiten tirent la sonnette d'alarme et rappellent, au travers du regard émerveillé de Nino, combien les papillons sont beaux et utiles pour nos fleurs et plantes.

    Cette maison des papillons a de quoi faire rêver petits et grands. Car, finalement, le papillon est un animal méconnu, empreint de magie, passionnant.

    Cet album vient combler un vide et devrait très vite combler une foultitude d'amateurs.

     

    La maison des papillons

    de Luc & Maya Schuiten

    Renaissance du Livre, février 2014

    ISBN 978-2-507051921

    40 pages - 15,00 €

  • L'été des Lucioles

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    L'enfant dit les choses ; l'adulte les contourne, les enjolive, ou les détruit. Et c'est parce que Gilles Paris veut raconter des histoires sincères, empreintes d'une sorte de magie, qu'il se place dans la peau d'un narrateur de neuf ans.

    Ce narrateur, c'est Victor, qui raconte son été passé à Roquebrune-Cap-Martin, entouré de sa sœur Alicia, et de ses deux mamans, Claire et Pilar. Un été de vacances pas comme les autres. Il y a Justine, qui provoque chez lui l'emballement de son cœur, la baronne, qui a tant de choses à raconter sur sa famille, Gaspard, son ami, mais aussi les jumeaux Tom et Nathan, qui l'entraînent un peu malgré lui à la découverte de villas isolées. L'attrait de l'interdit...

    Et enfin son papa qui décidément, n'a jamais accepté le monde des adultes... et qui est resté à Paris.

    "J’ai deux mamans et un papa qui ne veut pas grandir. Je tourne le stylo entre mes doigts et regarde le mur comme un miroir. Avec ma main gauche, j’aplatis ma mèche blonde. Je m’applique sur mon cahier à spirale. Ce que je m’apprête à raconter est difficile à croire pour maman qui sera la première à lire mon livre. Pourtant tout est vrai. Je n’ai pas besoin d’inventer quoi que ce soit, ou même de mentir, pour expliquer ce que la baronne a appelé « la magie des lucioles ». Tout s’est passé pendant mes vacances."

    Les lucioles et les papillons qui se posent sans cesse sur l'épaule de Victor apportent le côté fantasmagorique de l'œuvre. Car oui, l'enfant voit des choses extraordinaires, mais tout a un sens. Au fil de la lecture, on s'immerge dans la conscience de Victor, on s'inquiète pour lui et pour ses proches, on devine certes, mais au final, on se rend compte combien on a apprécié les valeurs qui sont rappelées dans ce roman : amour filial, familial, sentimental, amical, tout s'imbrique et forme la beauté de la Vie.

    J'ai pu poser quelques questions à Gilles lors de son passage à Bruxelles...

    zoom_35.jpg1. Quatre livres à ton actif, et à chaque fois un enfant de neuf ans comme narrateur. N'est-ce pas une façon de retrouver ton âme d'enfant ?

    Gilles Paris : C'est surtout un plaisir de retrouver à chaque fois les mots d'un enfant. La particularité de mes romans, c'est que pendant toute l'écriture du livre, je deviens le narrateur.

    Pour "L'été des lucioles", je deviens Victor. Je pense comme lui. Je réfléchis comme lui. Je vis comme lui. Après, je redeviens l'adulte que je suis et retravaille le texte. C'est très difficile d'écrire comme un enfant si on ne le devient pas. Souvent, les enfants de neuf ans ne jugent pas, ils essaient de comprendre. Plus on grandit dans la vie, et plus on a des avis tranchés, des opinions toutes faites. Et c'est dommage qu'on ne garde pas cet émerveillement, cette curiosité, ces questions qu'on se pose à l'âge de neuf ans.

    2. Quatre livres publiés dans quatre maisons d'édition différentes. Quelle doit être, selon toi, la qualité principale d'un éditeur ?

    G.P. : Je sais, par expérience, que j'apprécie les structures de taille moyenne. Je pense que je serais un auteur malheureux dans de grandes maisons. Le prestige de la marque ne m'attire pas et je me sentirais noyé parmi d'autres auteurs.

    Je crois que la qualité qu'un auteur recherche chez son éditeur, c'est à la fois son écoute, son investissement, son approche, le temps donné et tout ce qui est fait autour d'un auteur. J'ai trouvé avec Héloïse d'Ormesson et son équipe tout entière une complicité totale. C'est vraiment une maison où je me sens heureux, un peu comme en famille.

    3. La bisexualité de Claire, la mère de Victor, est-elle une sorte de pied de nez, ou de clin d'œil malicieux à l'actualité en France ?

    G.P. : Je l'ai écrit avant les événements qui se sont déroulés en France et qui m'ont assez choqué d'ailleurs. Cela devenait presque ridicule. Je trouvais, en écrivant ce roman, que c'était intéressant du point de vue de l'enfant. Victor a deux mamans et il trouve cela aussi normal que le soleil dans un ciel bleu. Cela fait partie intégrante de sa vie. Ces femmes-là s'aiment, lui apportent chacune leur amour et il ne va pas chercher plus loin.

    4. Chaque personnage apporte sa pierre à l'édifice. Comment construis-tu ton intrigue ?

    852_4d724e79ba102_60362bdd43085017fe5ab8da9c4464e8ab1b1228.jpgG.P. : Au départ, j'avais un décor qui existe, à Roquebrune-Cap-Martin, près de Menton, un décor inouï. Quand on se promène sur le fameux chemin des douaniers, on a l'impression que le temps s'est arrêté, que l'Histoire s'est figée, qu'on se retrouve dans les années trente. Il y a un côté suranné qui m'a beaucoup inspiré.

    Après, les personnages se sont immiscés à l'intérieur des pages, ont donné corps au livre.

    Au départ, je fais un synopsis, mais je me rends compte que je m'en éloigne rapidement. Au fur et à mesure que je construis le roman et les personnages, j'essaie de leur donner de l'épaisseur même quand ils sont secondaires. J'aimais bien l'idée que chaque personnage soit lié par l'histoire de ce secret de famille qu'on découvre... à la fin du roman. Clin d'œil

    Il s'agit en fait d'un puzzle. Chaque pièce une fois ajoutée, l'une après l'autre, finit par composer un tableau.

    5. Comment te considères-tu : un écrivain qui travaille dans la communication, ou un attaché de presse qui écrit en parallèle ?

    G.P. : Je dirais ni l'un ni l'autre parce que j'essaie toujours de bien séparer ces deux activités. Bien sûr, on peut faire une passerelle un peu facile mais néanmoins vraie, c'est que je comprends d'autant mieux ce qu'un auteur peut attendre du lancement de son livre. Je comprends ses joies, mais aussi ses angoisses.

     

    L'été des lucioles

    de Gilles Paris

    éditions Héloïse d'Ormesson, janvier 2014

    ISBN 978-2-35087-243-8

    224 pages - 17,00 €

     

    en même temps, je signale la parution au format poche du précédent roman de Gilles Paris, "Au pays des kangourous", chez J'ai lu

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