Morts pour Vichy !

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Alain Decaux revient sur quatre destins hors normes : l'amiral François Darlan, le maréchal Philippe Pétain, Pierre Pucheu et Pierre Laval. Tous furent considérés comme collaborateurs et, par extension, antisémites, anticommunistes et criminels de guerre. Alain Decaux, dont je ne ratais aucune émission, tant sa façon de raconter l'Histoire se révélait captivante, s'est livré à une enquête minutieuse pour relater les faits. Pas de parti pris, pas de jugement, juste un travail d'historien.

Avant la Seconde Guerre mondiale, et même durant les deux premières années de celle-ci, Pétain et Darlan étaient des modèles pour l'immense majorité des Français. Le premier, vainqueur à Verdun, fut choisi pour présider les destinées de la France en 1940. Le second, homme respecté et surdoué, fut celui qui mena à bien la difficile retraite de Dunkerque (opération Dynamo). Si l'Histoire s'était arrêtée là, ces deux grands militaires auraient aujourd'hui des dizaines, voire des centaines de rues, de boulevards, d'avenues ou de places à leur nom. Mais voilà, ce furent les généraux Leclerc et de Gaulle qui eurent droit à cet honneur.

L'amiral Darlan fut assassiné le 24 décembre 1942 à Alger. Le maréchal Pétain, quant à lui, fut jugé en 1945 dans un procès retentissant.

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L'historien revient aussi sur le parcours de deux hommes qui ont joué un rôle crucial dans le gouvernement de Vichy. Pierre Pucheu fut ministre de l'Intérieur. Véritable opportuniste, très ambitieux, il resta toujours attentif au sens du vent. Il crut d'abord à la victoire allemande - comme beaucoup de citoyens à cette époque -, et mit tout en œuvre pour plaire aux envahisseurs, quitte à faire plus et mieux que ne l'aurait fait la Gestapo... avant de se raviser et comprendre que les Alliés finiraient par l'emporter et de s'embarquer pour l'Afrique pour se joindre aux troupes franco-anglaises. Mal lui en prit car il fut exécuté. Pierre Laval, président du Conseil, eut un rôle bien plus ambigu. Aimé par ses pairs, la violence lui était insupportable. Préférant une mauvaise paix, croyant lui aussi au triomphe allemand, il ne cessa de tantôt plaire aux uns sans trop froisser les autres, tantôt de vouloir sauver des meubles qui, déjà, ne lui appartenaient plus. Son procès fut une farce, une parodie de justice dont la France n'a pas à s'enorgueillir...

Livre captivant malgré les trop nombreuses coquilles, Alain Decaux nous dévoile un pan de l'Histoire qui révèle bien des choses sur la nature humaine, dans ce qu'elle a de plus sordide.

 

Morts pour Vichy

d'Alain Decaux

tempus, 2013

ISBN 978-2-262-04276-9

490 pages - 11,00 €

 

 

 

 

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