• Le malheur des uns...

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    Suite à la fermeture de l'Espace culturel Leclerc à Châteauroux, les deux librairies indépendantes, principales concurrentes, ont vu leur affluence grimper.

    Une bonne façon de jauger l'impact d'un magasin de chaîne sur le chiffre d'affaires des librairies en centre-ville.

    La librairie Arcanes engagera deux apprentis au lieu d'un à la rentrée. Quant à la librairie Parmentier, le rayon BD sera étendu, car il s'agissait du point fort de l'Espace culturel Leclerc. 

  • Comment se faire éditer ?

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    Article intéressant paru dans "Femmes d'aujourd'hui".

     

    "Avoir un style ébouriffant et rien à raconter, ça ne mène nulle part."

    "Il faut avoir une idée du public à qui on s'adresse."

    "On doit s'intéresser au monde dans lequel on veut entrer, c'est le minimum vital."

    Francis Dannemark

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Bientôt le retour du petit Gaulois !

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    Il y a la rentrée littéraire, mais il y a aussi la rentrée BD. Moins médiatique... quoique...

    Le nouvel Astérix sera imprimé à deux millions d'exemplaires.

    À moins d'habiter sur Mars, personne ne pourra l'ignorer. Le petit Gaulois sera partout !

    "Astérix chez les Pictes" sera le premier album sans Goscinny ni Uderzo. À la place, ce seront Jean-Yves Ferri et Didier Conrad qui s'y colleront, et l'on peut dire que lorsqu'on dessine un tel personnage, tout le monde (journalistes, lecteurs) vous attend au tournant.

    Autres sorties majeures attendues sur les tables des libraires avant la fin de l'année : le nouveau XIII (350 000 ex.) et le Blake et Mortimer (450 000 ex.) !

      

  • Le début de la fin ?

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    Les difficultés économiques - c'est un euphémisme - ont contraint Peio d'Uhalt, le directeur de la librairie, a louer une partie de sa superficie à... un Super U !

    A Bayonne, c'est la stupéfaction. La plus grande librairie indépendante du pays basque emploie seize personnes et figure à la 194ème place du classement des librairies réalisé par Livres Hebdo.

    Le Super U apportera-t-il de nouveaux clients à la librairie ? Est-ce le bon choix ?

    Toujours est-il qu'à partir de janvier 2014, la librairie qui occupe en ce moment 1 000 m², sera amputée des deux tiers de sa surface.

     

  • Le Furet du nord poursuit son expansion en... Ile-de-France

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    L'enseigne du nord de la France (le navire amiral est basé à Lille) poursuit sa conquête de l'Ile-de-France. Un nouveau Furet vient d'ouvrir ses portes (le 20 août) dans le grand centre commercial de Lieusaint, en Seine-et-Marne (77).

    C'est le troisième magasin ouvert dans cette région de France, et un quatrième devrait suivre, près de l'aéroport Charles de Gaulle.

     

  • Le top 20 des livres les plus vendus en ce mois d'août

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    1. Demain, j'arrête (Pocket) de Gilles Legardinier

    2. La liste de mes envies (Le Livre de poche) de Grégoire Delacourt

    3. Un avion sans elle (Pocket) de Michel Bussi

    4. Cinquante nuances de grey (Lattès) de E. L. James

    5. Inferno (Lattès) de Dan Brown

    6. L'armée furieuse (J'ai lu) de Fred Vargas

    7. L'île des oubliés (Le Livre de poche) de Victoria Hislop

    8. Cinquante nuances plus sombres (Lattès) de E. L. James

    9. La femme parfaite est une connasse ! Guide de survie pour les femmes normales (J'ai lu) d'Anne-Sophie Girard et Marie-Aldine Girard

    10. Le meilleur médicament, c'est vous ! (Albin Michel) du Dr Frédéric Saldmann

    11. Un été avec Montaigne (éditions des Equateurs / France Inter) d'Antoine Compagnon

    12. 7 ans après (Pocket) de Guillaume Musso

    13. La conjugaison pour tous (Hatier)

    14. Cinquante nuances plus claires (Lattès) de E. L. James

    15. Si c'était à refaire (Pocket) de Marc Levy

    16. La muraille de lave (Points) d'Arnaldur Indridason

    17. Immortelle randonnée : Compostelle malgré moi (Guérin) de Jean-Christophe Rufin

    18. Avant d'aller dormir (Pocket) de S. J. Watson

    19. Le gardien de phare (Actes Sud) de Camilla Läckberg

    20. Le confident (Folio) d'Hélène Grémillon

     

    Que faut-il en déduire ?

     

    1/ Sur vingt livres, onze (plus de la moitié) sont au format poche, ce qui démontre la vitalité de la production poche et l'attrait généralisé pour ce format. Le prix démocratique du 11x18 attire de plus en plus de lectrices/lecteurs, et la crise a renforcé cette tendance. Il n'est plus rare d'entendre : "Je l'achèterais bien mais je préfère attendre qu'il paraisse en poche."

    2/ Une majorité de ces titres sont des "lectures faciles", étiquetées "Grand Public".

    3/ La présence de la trilogie d'Erika Leonard James dans le top 20 prouve l'efficacité des médias et des présentoirs. Après tout, si toutes l'ont lu, pourquoi pas moi ? Malgré sa qualité littéraire plus que discutable, cette trilogie continue à s'écouler comme des petits pains. Affligeant !

    4/ Dans ce classement, Jean-Christophe Rufin, écrivain élu à l'Académie française, fait figure d'ovni... Que doit-il penser en découvrant ce classement ?

    5/ Hachette, le n°1, plante sept titres (quatre en grand format). Editis, le dauphin, en possède 5 (tous chez Pocket). Quant à Gallimard/Flammarion, le groupe en compte trois. Autrement dit, les trois groupes éditoriaux les plus imposants raflent les trois quarts de la mise.  

  • Longues peines

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    Côté surveillants, aux côtés du directeur Denis Van der Beek, on trouve par exemple un nouvel arrivant, Cyril Cambusat, un BAC+5 pas à son aise, ni à sa place tant il additionne les gaffes. Benoît Beaupré, ancien tourneur-fraiseur-ajusteur, a choisi la sécurité financière en enfilant son uniforme de maton. Le surveillant-chef, lui, déteste les pointeurs et n'hésite pas à le jeter en pâture, dans la cour de promenade.

    Côté cellules, il y a notamment la 108, dans le quartier réservé aux hommes. Quatre individus y sont enfermés : un triple meurtrier à face de rat, une armoire à glace hongroise qui a frappé un peu fort un jeune marié, un pédophile sexagénaire, et un pauv'gars qui a pété un câble et tué son propre gosse.

    L'auteur excelle dans le tragi-comique, il nous régale de chapitres courts plus cinglants et déjantés les uns que les autres.

    La prison cogne dur et ne laisse personne indifférent.

    Jean Teulé a-t-il choisi la facilité ? Un peu, mais le lecteur y trouve son compte...

     

    Longues peines

    de Jean Teulé

    Pocket n°13544, juin 2011

    ISBN 978-2-266-17925-6

    192 pages - 5,70 €

  • Chronique d'un meurtre annoncé

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    "Rodrigo Rosenberg savait qu'il était sur le point de mourir. Ce n'était pas qu'il se trouvait au seuil de la vieillesse - il n'avait que quarante-huit ans. Ce n'était pas non plus qu'on lui avait trouvé une maladie mortelle : cet inconditionnel du vélo jouissait d'une santé parfaite. En fait, Rosenberg, avocat d'affaires extrêmement respecté au Guatemala, était certain qu'on allait l'assassiner."

    Le Guatemala vit dans un climat de violence sans équivalent. C'est simple : le taux de meurtres est quatre fois supérieur à celui du Mexique. La corruption sévit partout, à tous les niveaux de l'État, et le pouvoir politique subit la loi de bandes organisées, implacables.

    Suite au double meurtre d'un grand patron très en vue, Khalil Musa, et de sa fille Marjorie, Rodrigo Rosenberg est effondré. Il comptait épouser Marjorie, dont il était éperdument amoureux. Or, il y a peu de chances que l'enquête aboutisse car tant les forces de police que la Justice sont complètement sclérosées, pourries par le crime organisé. Collusion, pots-de-vin, arrangements secrets, menaces, tout est bon pour maintenir la mainmise des cartels de la drogue.

    Mais rien ne peut arrêter l'énergie du désespoir de Rosenberg et il décide de s'emparer de l'enquête, au péril de sa vie.

    Je suis vraiment devenu accro à cette collection des éditions Allia. Très petit format passe-partout, la centaine de pages de cette histoire vraie, passionnante, se dévore à un rythme soutenu.

    Et à ce prix, ce serait un crime de ne pas l'acheter...

     

    Chronique d'un meurtre annoncé

    de David Grann

    éditions Allia, février 2013

    ISBN 978-2-84485-600-5

    112 pages - 3,10 € 

     

  • Les enfants de Hansen

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    Depuis la nuit des temps, la lèpre est ressentie comme une maladie particulière, une punition diabolique contre laquelle il est inutile de lutter. Les regrouper et les isoler, voilà la solution, unique et imparable à la fois, trouvée par l'homme sain, impitoyable.

    L'action se déroule de 1982 à 1989, dans la dernière léproserie au sud de la Roumanie... la Roumanie de Nicolae Ceausescu.

    Le narrateur, lépreux lui aussi, nous fait ressentir, non sans quelque gêne, le drame indescriptible du quotidien d'un malade atteint par le fameux bacille de Hansen.

    Les histoires de Zoltan le Hongrois, de l'Américain Robert W. Duncan, de deux homosexuels polonais, ou encore de la seule femme prisonnière de la léproserie, nous donnent le frisson. On en vient même à s'ausculter rapidement, on se tâte les avant-bras, le front, histoire de constater notre bonne santé. Ouf !

    Un huis clos glauque, le régime totalitaire communiste en filigrane, cruel, sans pitié, austère. Certains chapitres m'ont paru très longs, mais l'auteur se rattrape avec brio en intégrant des épisodes tragiques de l'histoire de cette maladie maudite.

    Un livre qui ne laisse personne indifférent.

     

    Les enfants de Hansen

    d'Ognjen Spahic

    éditions Gaïa, octobre 2011

    ISBN 978-2-84720-078-2

    176 pages - 18,00 €

  • le patron

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    Vassili Séménof, le boulanger et fabricant de craquelins, emploie quelques dizaines d'ouvriers dans des conditions dantesques. Il faut rappeler que dans cette Russie tsariste, la vie est dure, parfois autant que l'hiver. Grosse brute emplie d'eau-de-vie, le patron engage le narrateur qui trimera sans relâche, de nuit. Mais ce nouvel arrivant instillera le goût de la révolte à ses camarades. Sans cesse houspillés, rudoyés par le patron et ses sbires, les ouvriers souffrent des conditions de travail plus que spartiates.

    Récit autobiographique de Maxime Gorki, ce texte de la littérature sociale russe traduit bien les premiers remous qui conduiront au premier soulèvement de 1905, jusqu'à la révolution de 1917. Certes, la lecture n'est pas franchement aisée, même accompagné d'un samovar bouillant et calfeutré dans un fauteuil à bascule.

    Il faut saluer l'audace... ou plutôt la politique éditoriale des éditions du Sonneur, qui ont permis à cette œuvre de se frayer un passage parmi les milliers de titres nouveaux et rappellent que la littérature classique, qu'elle soit française ou russe, ne doit absolument pas être oubliée...

     

    le patron

    de Maxime Gorki

    Les éditions du Sonneur, octobre 2010

    ISBN 978-2-916136-30-1

    192 pages - 14,00 €

  • Combat des chefs sur sable fin...

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    Chaque année, c'est la même rengaine sur les plages et autour des piscines : le combat des chefs s'y déroule, sans pitié.

    A gauche, le champion incontesté des ventes depuis l'année 2000 : Marc Levy. Toujours cette allure décontractée, le veston sur jeans, la barbe de trois jours, le sourire, l'éloquence, la maturité, cette façon d'être qui séduit les femmes de tous les âges.

    A droite, l'outsider qui, depuis 2004, vient bousculer le maître, au point de le dépasser de temps à autre : Guillaume Musso. Moins extraverti mais fort d'une timidité qui elle aussi, plaît énormément. Beau gosse, jovial, proche de son public, il déplace les foules.

    La recette est pourtant la même des deux côtés : une pincée de suspense, une bonne dose de dialogues, des phrases courtes, une sauce romantique onctueuse à souhait, une écriture simple sans vulgarité, le tout saupoudré d'un titre facile à mémoriser sur une couverture où le nom de l'auteur prédomine.

    Les points communs ne s'arrêtent pas là : éditeurs différents mais tous deux propriété du groupe Editis, public-cible identique (la lectrice occasionnelle de 30 à 65 ans), nombreux détours par New York, campagne marketing de grande ampleur. 

    On ne vend pas un livre mais un concept, une star, une affirmation de soi, une mode.

    Les chiffres sont également très similaires. Marc Levy, l'aîné, déboule en 2000 avec un roman écrit pour son fils et qui connaît un succès mondial : "Et si c'était vrai", vendu à cinq millions d'exemplaires, traduit en cinquante langues et adapté au cinéma par... Steven Spielberg en personne ! C'est mieux que de gagner au loto ! Depuis, chaque année, il remet inlassablement le couvert et compte à ce jour 28 millions de livres écoulés. Un record pour un auteur francophone.

    Marc Levy n'en garde pas moins la tête froide et répète qu'il a conscience d'avoir eu ce brin de chance au bon moment. Lucide et humble.

    Le cadet n'a plus grand-chose à lui envier. Cette année, son roman intitulé "Demain" a même dépassé celui de Marc Levy en nombre d'exemplaires vendus. Et c'est loin d'être fini car, après tout, le mois d'août vient à peine de commencer. Guillaume Musso jubile. Cet ancien professeur d'économie dans un lycée des Alpes-Maritimes est devenu en moins de dix ans l'auteur-phare de Bernard Fixot. Car oui, ne soyons pas dupes, Musso est un produit "made in France" entièrement fabriqué par un éditeur génial qui avait besoin de rajeunir quelque peu ses "locomotives". Résultat : 18 millions de livres vendus (cela en fait, des m³). 

    Quant à Marc Levy, il doit beaucoup à son agent, Susanna Léa, qui a eu le nez fin et le dynamisme plus que débordant pour "imposer" son poulain aux éditions Robert Laffont.

    Une petite guéguerre s'est même instaurée entre les deux vedettes, jusqu'aux dates de sortie. Impossible de publier les deux romans simultanément car ils prennent trop de place dans les hangars d'Interforum. Il faut stocker non seulement les palettes de livres, mais aussi les présentoirs ! Et tout livrer le même jour. Bref, sachant que la grande majorité des lectrices n'achète qu'un livre par an, il est impératif d'occuper le terrain avant l'arrivée du concurrent. Cette année, dès la mi-février, on pouvait acquérir le nouveau Levy !

    Et la qualité littéraire me direz-vous ? Marc Levy et Guillaume Musso donnent du plaisir à plusieurs centaines de milliers de personnes. Ils rapportent beaucoup d'argent aux libraires. Alors, pourquoi pas ?

    Certes, ces deux auteurs sont d'excellents gondoliers car ils s'écoulent par mètres cubes dans toutes les grandes surfaces alimentaires, au détriment des libraires indépendants.

    Mais la lecture doit être avant tout un moment de plaisir... Le travail des libraires - les vrais - consiste d'ailleurs à proposer un panel de lectures aux clientes et clients. Ensuite, ce n'est qu'une question de liberté de choix !

     

  • Les écrivains inutiles

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    Pris au premier degré, ce livre est... illisible. Composé de novelettes, il parle d'écrivains en tous genres. Au second, voire au troisième degré, tout s'éclaire, car l'écrivain n'est pas seulement celui qui écrit pour être lu... L'écrivain sait écrire, aligner des mots les uns derrière les autres. Peu importe le sens de ces mots. Satire mordante de notre société, gavée de préjugés. L'écrivain est présenté, dans la plupart des cas, comme un parasite vivant reclus. Ce n'est pas forcément faux. L'écrivain est un ruminant qui a du temps. L'histoire de cet écrivain qui connaîtra un succès mondial, sous le pseudonyme de Vincent America, m'a vraiment beaucoup amusé. Tout comme celle qui parle des critiques, personnages encensés par les écrivains flattés. Quelques longueurs indigestes m'ont par contre dérangé, notamment ces leçons de péchés capitaux, aussi inutiles que les écrivains décrits tout au long de l'ouvrage.

    Dans l'ensemble, la présentation aérée, l'imagination débordante de l'auteur, ainsi que le vocabulaire bien choisi, font de ces "Ecrivains inutiles" une lecture agréable, pour le moins originale.

     

    Les Écrivains inutiles

    d'Ermanno Cavazzoni

    éditions Attila, septembre 2012

    ISBN 9782917084519

    286 pages - 19,00 €