• Décevant...

    le_dernier_contrat_01.jpg"Dans un futur étrangement proche, un prêtre révolutionnaire et un tueur à gage en préretraite jouent ensemble aux redresseurs de torts nationaux. Laminée par une crise économique et politique sans précédent, la France est plongée dans le chaos.
    Frère-la-Colère, un moine charismatique et exalté, émerge de la confusion, fédérant bientôt les rebelles de tout le pays pour renverser le pouvoir en place et hâter l'effondrement général. Prêt à tout, Frère-la-Colère engage un tueur à gages, un pro sur le retour, dépressif et alcoolique. Son contrat : assassiner le président de la République le samedi 14 juillet, pendant le défilé. L'avenir de la Rébellion ne dépend plus désormais que d'un seul homme..."

    Le résumé s'annonce emballant, mais l'utilisation permanente du passé composé m'a déplu. Très maladroit. Ce texte pouvait, à condition d'être remanié, figurer parmi les bonnes surprises de l'année. Ce ne sera malheureusement pas le cas.

     

    Le dernier contrat

    d'Olivier Maulin

    éditions la branche, février 2012

    ISBN 978-2-35306-043-6

    192 pages - 15,00 €

  • Stagiaire chez Grasset !

    9782729119560.jpg"Il faut que je me résolve à ne plus aller saluer les gens le matin, ni les déconcerter en leur serrant la main : cette convention instillée dans mon éducation et surtout pratiquée dans le monde de l'entreprise où même l'administrateur du groupe auquel j'appartiens peut, par beau temps, vous tendre la pogne, est ici à désapprendre. Dans le meilleur des cas une main molle et ennuyée vous répond, le plus souvent votre main reste en suspension dans le vide, tandis qu'un prompt "salut !" est lancé."

    Les couvertures jaunes de cet éditeur prestigieux garnissent les étals des libraires, surtout en période de rentrée littéraire. Connaître l'envers du décor était le souhait le plus cher de cet amoureux des lettres qu'est Bruno Migdal. Stagiaire à plus de quarante ans, il nous raconte son passage dans cette maison d'édition, habituée à récolter les prix littéraires les plus honorifiques, mais aussi très rémunérateurs, et située en plein Saint-Germain-des-Prés.

    Son style châtié nous gratifie de nombreuses perles. Ce petit livre ravira tous les curieux insatiables - dont je fais partie - de ce monde étrange, parfois hautain voire dédaigneux, souvent en dehors du temps et de la réalité que peut être une maison d'édition parisienne.

    Même s'il ne cite pas le nom de cet établissement, nous avons tous reconnu duquel il s'agissait. Beaucoup d'humour aussi, de subtilités de langage et d'anecdotes composent ce texte qui, je l'espère, trouvera sa place sur le comptoir des librairies.

    Quelques extraits :

    "...il déferle plus de manuscrits que tous les stagiaires du monde se relayant nuit et jour ne pourraient en éponger, c'est une lame de fond qui se fracasse sans répit sur le bâtiment."

    "Un inconnu par an les années fastes, c'est paraît-il le quota de la Maison, autant dire un seul et unique spécimen d'ouvrière prélevé à la pince à épiler dans la fourmilière et élevé au titre de reine."

     

    Petits Bonheurs de l'édition

    de Bruno Migdal

    éditions de la Différence, janvier 2012

    ISBN 978-2-7291-1956-0

    144 pages - 10,15 €

  • Merci à la FNAC !

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    Ou comment défendre le bon vieux livre papier ? En conseillant d'acheter la liseuse Kobo by Fnac ! Merci aux vendeurs de la Fnac d'avoir fourgué près de 50 000 de ces fameuses liseuses pendant la période des fêtes. On compte donc 50 000 personnes... pardon, 50 000 clients de la grande enseigne qui ont le sentiment d'avoir été arnaqués !

    Attention, au contraire de certains, je n'éprouve aucune animosité envers la Fnac. Après tout, ces grands pôles culturels ont le mérite d'exister. Il s'y vend, outre du livre, des produits multimedia, des CD de musique, de la téléphonie, etc. On peut également y réserver des places pour divers spectacles. De plus, je n'ai rien à reprocher au personnel de la Fnac, qui fait le job pour lequel le groupe PPR le rétribue. Mais en précipitant la vente de cet objet avant les fêtes pour remplir les caisses, les dirigeants de la Fnac se sont tirés une balle dans le pied. La liseuse Kobo by Fnac s'avère une véritable calamité pour l'utilisateur.

    De grâce, vendez des livres, des livres, et encore des livres. Revenez aux vraies valeurs, celles qui vous ont poussé à intégrer une enseigne à vocation culturelle.

    A vouloir brûler les étapes, la Fnac n'a pas réalisé une bonne opération, car la déception légitime engendrée par l'achat de la liseuse risque, au final, de coûter très, très cher...

     

     

  • Amours fragiles

    9782203012233.jpgQuelquefois, la Bande dessinée possède un pouvoir envoûtant. Le dessin, les couleurs, l'atmosphère, la justesse des personnages, la plongée réaliste dans une époque, tout concorde et entraîne le lecteur dans un autre monde, pour une petite heure de franche délectation. C'est assurément le cas pour ce cinquième tome de la série "Amours fragiles".

    Printemps 1943, dans le sud de la France, un officier allemand revient occuper son poste. Epris de la belle Katarina, devenue Catherine, il apprend que celle-ci a rejoint Lyon. Là-bas, elle épaule André-Louis, surnommé Didon par ses amis de la Résistance.

    Les auteurs nous content l'un de ces nombreux drames qui émaillent l'histoire de la Résistance. Et à chaque fois, je me pose la question : "Si j'avais vécu pendant cette période trouble du siècle dernier, comment aurais-je réagi ?"

    Une série quatre étoiles...

     

    Amours fragiles

    tome 5 : Résistance

    dessin : Jean-Michel Beuriot

    scénario : Philippe Richelle

    Casterman, octobre 2011

    ISBN 978-2-203-01223-3

    56 pages - 14,95 €

  • Virginia Woolf...

    une_annee_amoureuse_dans_la_vie_de_virginia_woolf_01 (1).jpgOù comment naissent des passions amoureuses ? Publié il y a un peu plus de vingt ans chez... Olivier Orban, ce texte dut séduire l'éditeur, tout autant que l'auteure elle-même. Aujourd'hui devenue Madame Christine Orban, les publications s'enchaînent avec facilité au sein d'une maison parisienne prestigieuse. Alors pourquoi ne pas retravailler "Une année amoureuse de Virginia Woolf" et le rebaptiser "Virginia et Vita" car après tout, n'y a-t-il pas plus intemporel que ce roman ?

    "En 1927 Virginia Woolf habite avec son mari éditeur Leonard à Monk's House. Elle vient de publier La promenade au phare et vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West, aristocrate et romancière elle aussi, qui se partage entre l'immense château paternel de Knole et Long Barn, la demeure de son époux Harold. La fascination que ressent Virginia pour Vita, l'opposition entre son milieu bohême et la vieille aristocratie anglaise l'amènent à prendre pour sujet de son nouveau roman l'excentrique Vita qui n'a pour règle que le plaisir de l'instant. Ainsi naît Orlando, homme et femme à la fois, de l'amour et de la frustration, de la jalousie et de la complicité de deux femmes exceptionnelles. Virginia va métamorphoser sa relation amoureuse en création littéraire."

    L'imagination des grands écrivains a toujours fasciné l'immense majorité des lecteurs. Et pourtant, il ne faut pas aller bien loin pour découvrir la source vive de leur oeuvre.

    Cette plongée dans l'univers amoureux de deux romancières demeure pour moi le grand roman de Christine Duhon-Orban. Un texte envoûtant, instructif, vibrant d'amour et peu importe les sexes.

    Une bonne idée pour cette rentrée de janvier.

     

    Virginia et Vita

    de Christine Orban

    Albin Michel, janvier 2012

    ISBN 978-2-226-23845-0

    240 pages - 17,00 €

  • Pour commencer l'année...

    culture_etat_d_urgence_01.jpgEssai engagé rédigé par le frère de l'autre, ce petit livre à la couverture pas vraiment réussie revient sur le New Deal instauré en son temps par le président Roosevelt. Victime de la crise de 29, cet apport de moyens avait dopé la création artistique américaine. Or, moins de cent ans plus tard, la culture française subit la domination toujours prégnante de l'Amérique.

    Je reprendrai un paragraphe de cet ouvrage, qui illustre parfaitement le malaise actuel : "Pour la première fois, dans notre histoire, nous n'avons pas été acteurs d'une révolution culturelle. Cinéma, photographie, autant de supports de reproductibilité dont nous avions contribué à l'invention, au développement. Avec le numérique, dans ce monde de l'appropriable, du duplicable et du transférable, nous sommes devenus de simples consommateurs, de zélés utilisateurs, aggravant chaque jour un peu plus nos déséquilibres économiques dans les échanges culturels."

    A partir de ce constat, Olivier Poivre d'Arvor mêle politique et culture, tire la sonnette d'alarme, tente de vulgariser ses propos pour toucher un large public, et y réussit plutôt. Existerait-il, peu à peu, deux cultures, l'une pour riches, l'autre pour pauvres ? Ce qui est sûr, par contre, l'auteur le rappelle : "On admirera l'artiste à succès, l'écrivain à gros tirage, le record du jour. Best-seller, blockbuster, hit-parade, les mots de la culture qui marche sonnent peu français mais traduisent un état d'esprit bien faiblement inspiré. L'indexation de la valeur artistique à la valeur marchande semble, au nom d'une passion pour le chiffre, la règle commune. Etrange renversement !"

     

    Culture état d'urgence

    d'Olivier Poivre d'Arvor

    Tchou, janvier 2012

    ISBN 978-2-7107-0792-9

    152 pages - 9,95 €

  • Un délai de trois mois !

     

    La TVA à 7% sera bel et bien appliquée, et ce à partir du 1er avril 2012. D'aucuns pourraient dire que le passage de 5,5% à 7% ne représente pas grand-chose et sera facilement absorbée par la chaîne du livre. Cette vue de l'esprit est pourtant complètement fausse car cette mesure vient s'ajouter à un contexte économique désastreux, tant pour les éditeurs indépendants que pour les libraires indépendants.

    A force de taper sur les plus faibles - après tout, ce sont toujours les plus nombreux -, le monde du livre changera radicalement pour devenir aseptisé, sans âme, sans odeur, uniquement régenté par la religion du chiffre et de la statistique.

    Exit le libraire de centre-ville, le libraire de quartier, lieu d'échange, de conseil, de débat, de bonne humeur aussi. Il ne sera désormais - c'est déjà le cas - plus utile de sortir de chez soi pour acheter un livre, un magazine, un journal. Société de cloisonnement, de confinement, tellement plus facile à contrôler. Tiens, cela me rappelle George Orwell...

    Il n'est peut-être pas trop tard, mais ce qui est certain, c'est que le sauvetage de l'objet livre passera par une prise de conscience majeure, et une réaction forte de l'ensemble de la population !

     

     

     

  • Filigranes : le parfait contre-exemple !

    A l'heure où la plupart des enseignes réduisent la voilure et affrontent la crise économique sans grand enthousiasme, le libraire bruxellois Marc Filipson continue à surprendre... et à développer ses activités. Après avoir ouvert le Petit Filigranes à Uccle, le Filigranes corner à Ixelles, voilà qu'il remet le couvert, cette fois en dehors de frontières belges, à Megève plus exactement. Associée à la galerie Pierre Mahaux, le concept Filigranes s'exporte donc au pied des pistes et la librairie sera ouverte durant toute la saison.

    Filigranes débarquera également à Knokke-le-Zoute et prendra ses quartiers dans la mythique librairie Corman, rebaptisée Corman by Filigranes. Augmentée de 45 m², Marc Filipson y apportera son dynamisme et son savoir-faire, le tout en bord de mer.

    Ce n'est pas tout, le navire amiral verra sa superficie passer de 1700 m² à 2600 m², le tout de plain-pied (un lieu unique en Europe). S'y ajouteront un atelier de scrapbooking, un espace plus important dédié à la littérature internationale (une bonne idée sachant que le parlement et autres institutions européennes ne sont pas loin)... On parle même de l'installation d'un bar à huîtres... De toute façon, connaissant Marc Filipson, rien n'est impossible.

     

  • Pour le sauvetage des libraires indépendants !

    image_71826360.jpgL'article paru dans le Libération du 27 décembre 2011 se veut explicite :

     http://www.liberation.fr/culture/01012379866-sale-temps-pour-les-libraires

    La librairie indépendante se porte mal, à l'exception de quelques cas isolés qui parviennent encore à tirer leur épingle du jeu. Remises faibles, érosion du pouvoir d'achat, amoncellement de nouveautés, concurrence des grandes enseignes (Fnac, espace culturel Leclerc, Cultura, Virgin,...), ventes sur internet, manque de parking en centre-ville, augmentation des charges fixes, la rentabilité d'un tel commerce frise le zéro absolu.

    L'Alinéa pourra poursuivre sa route, du moins jusqu'au 1er avril 2012, car le libraire a obtenu un sursis. Grâce aux aides de l'ADELC, du CNL et de la Région Ile-de-France, sans oublier l'apport d'un mécène, il a pu redresser la barre. Mais Fabien Rajalu, le libraire dont il est question, sait que rien n'est gagné pour autant et que la lutte pour la survie de ce lieu ne fait que commencer.

    Autre exemple qui illustre le malaise :