• Charles Aznavour...

    9782359490442.jpg"On a annoncé ma mort par deux fois. Deux fois ! Je ne vous souhaite pas de vivre l'expérience, elle est très désagréable. La dernière plaisanterie, c'était il y a quelques mois, suite au concert que j'ai donné à Anvers. Quelle ne fut pas ma surprise de lire sur Internet le récit de ma propre fin. Et avec maints détails ! J'étais, paraît-il, dans un état pénible à voir, en proie à force tremblements, puis finalement décédé. Fin de l'histoire.

    Quelle merveilleuse imagination ! En découvrant le sort qu'on m'avait réservé, je me suis naturellement précipité devant le miroir de la salle de bains. J'ai pensé : mort, je ne le suis pas, je m'en serais rendu compte, mais au bord du trépas, qui sait ?"

    Des chapitres ? Non, des portes que Charles Aznavour pousse pour nous. Sans complaisance, il nous livre sa vision des choses, son avis sur le show-biz d'aujourd'hui. Emaillé de poèmes, son livre, un peu trop court, n'a rien d'un chant dy cygne. Ce monstre de la chanson française sait choisir les mots, après tout, n'est-ce pas son métier ?

     

    D'une porte l'autre

    de Charles Aznavour

    Don Quichotte, septembre 2011

    ISBN 978-2-35949-044-2

    168 pages - 14,90 €

  • Entre tes mains...

    9782704811144.jpg"La vie de Raoul Tubiana c'est l'essor de la chirurgie de la main, à laquelle il a tant contribué. Les désordres du siècle ont transformé une profession en destin, pour le petit garçon né dans les senteurs de la terre algérienne, tôt frappé par la disparition d'un frère et d'une mère, qui le rendront encore plus apte à comprendre la douleur physique et morale d'autrui.

    À l'école des grands patrons, se joignit celle de la guerre, où Raoul Tubiana rencontra deux fois le général de Gaulle, en Algérie et en Corse. Quinze ans, nuit et jour, il fut au service des grands brûlés.
    À Paris, comme à travers le monde, où consultations et conférences le conduisirent en Amérique et au Mexique notamment, peu sont en mesure de se rappeler qu'au sortir d'une salle d'opération, ce médecin féru d'art et de littérature, avait rendez-vous avec des créateurs tels qu'Audiberti, René Char, Alberto et Diego Giacometti, Zao Wou-ki, ou Tamayo. De singuliers patients...

    Peu furent aussi étroitement liés que lui à Marie Bonaparte, à Coco Chanel, à Dina Vierny, à Louise de Vilmorin et à l'éblouissante découverte de Saint Tropez...

    Ce célèbre chirurgien a quitté ses gants pour se consacrer aux mains des musiciens. N'est-ce pas à ces derniers qu'il emprunte le phrasé de ses souvenirs ? Souvenirs qui sont autant de variations sur le siècle."

     

    Entre tes mains

    de Raoul Tubiana

    éditions France Empire, octobre 2011

    ISBN 978-2-7048-1114-4

    296 pages - 22,00 €



     

  • Les Dolce

    9782359490190.jpg"New York, 2011. Un groupe de sorciers, dirigeant un trust financier et immobilier qui entend s'approprier les sous-sols de la planète, développe l'idéologie d'un âge d'or à venir pour l'usage exclusif d'une élite. Ce projet impitoyable suppose la mise en servage de l'humanité ordinaire. L'humanité en question, imbue de technologie, de fiction bas de gamme et de consommation effrénée, est loin de se douter de la menace qui la guette. Et que ferait-elle, de toute façon, face aux pouvoirs occultes et financiers accumulés par ses ennemis ?

    Seuls des êtres très particuliers, dont l'existence remonte à la nuit des temps, seraient en mesure de s'opposer au sombre dessein de la Fondation 18 : ce sont les magiciens. Manque de chance, persécutés par les sorciers des siècles durant, alors même que leur réunion est nécessaire pour déployer un pouvoir égal à celui de leurs ennemis, ils ne sont plus qu'une poignée de par le monde. Cinq exactement. Une famille : les Dolce."

     

    Les Dolce

    tome 1 : La Route des magiciens

    de Frédéric Petitjean

    Don Quichotte, 3 novembre 2011

    ISBN 978-2-35949-019-0

    540 pages - 19,90 €

  • Lassant...

    9782081265066.jpgQuel titre ! Sitôt lu qu'il ne faut que dix minutes pour l'oublier. Et encore... A l'aube de cette campagne présidentielle qui s'annonce, il est important d'occuper le terrain, à savoir le rayon dédié aux livres dits "politiques" avant que celui-ci ne soit littéralement pris d'assaut, puis rapidement gravé d'essais tous plus fantaisistes les uns que les autres. C'est le jeu, si jeu il y a. C'est la règle. On la connaît.

    Jean-Marc Sylvestre se veut défricheur et tente d'éclaircir la situation, que celle-ci soit géopolitique, sociale ou économique. Il écrit clairement, certes, et l'on ne doute pas qu'il maîtrise son sujet. Mais il n'invente rien, ne donne pas de solutions - puisqu'il n'en existe pas - et, il faut avouer, finit par ennuyer le lecteur.

    Pourquoi un tel livre ? Pourquoi cette juxtaposition de longs articles qui, finalement, auraient très bien pu être synthétisés et publiés comme dossier dans un magazine. Pourquoi encombrer un peu plus les étals des libraires ?

    Quant à la couverture, mieux vaut ne pas en parler...

     

    Nouvelles petites leçons d'économie pour ceux qui doutent des promesses qu'on leur fait

    de Jean-Marc Sylvestre

    Flammarion, septembre 2011

    ISBN 978-2-0812-6506-6

    360 pages - 18,00 €

  • Une nouvelle collection qui tranche... même la couverture.

    l_arcane_sans_nom_01.jpgQuand Patrick Raynal lance une nouvelle collection, il ne fait pas dans la demi-mesure, il s'adjoint les services d'hommes de lettres éminemment connus et reconnus. Et pour démarrer, quoi de plus attrayant qu'un trio qui compte un peu moins de 150 publications : Pierre Bordage, Michel Quint et Jean-Bernard Pouy !

    Les éditions la branche ? Connais pas. Installées dans le dixième arrondissement, cette maison lance donc cette collection intitulée "vendredi 13" qui, d'emblée, frappe fort grâce à une ligne graphique réussie.

    Pas de chance, même si la sortie était prévue ce 13 octobre, il s'agissait d'un jeudi.

    close_up_01.jpg

    Voici les "pitchs" de ces trois premières parutions :

    CLOSE-UP

    "Au Quolibet, dans un cabaret miteux de Lille, Miranda fait un numéro humoristique de voyance. Un soir, elle reconnaît dans le public un important promoteur qui lui a causé du tort autrefois. Décidée à se venger, elle lui prédit sa mort avant le vendredi 13. L'homme est très vite victime d'une tentative de meurtre. Poursuivi, il se réfugie auprès de Miranda pour qu'elle lui prédise le danger a tout instant. Elle se retrouve à le protéger, à risquer sa vie pour ce type qu'elle hait et dont elle souhaite la ruine."

    L'ARCANE SANS NOM

    "Sahil, jeune déserteur de l'armée afghane, réfugié à Paris, est recruté pour exécuter une jeune femme, un vendredi 13. Se rendant compte qu'il est victime d'une machination, Sahil va peu à peu se retrouver embarqué dans une folle équipée, en compagnie d'une adoratrice de Satan et d'une fillette Rom mystérieuse, pourchassé par des Russes qui ont vendu leurs âmes au Diable."

    SAMEDI 14

    "Alors que Maxime s'était rangé des voitures et retiré à la campagne, voilà que, sous prétexte que ses voisins sont les parents du nouveau ministre de l'Intérieur, les CRS viennent lui chatouiller les arpions et piétiner son potager. Mais on ne réveille pas impunément un ancien terroriste à la retraite! Surtout un vendredi 13."

    Après lecture de ce "samedi 14", je dirais que la reconnaissance lexicale de Jean-Bernard Pouy ne fait aucun doute. Du huilé. Du rapide. De l'efficace. Et un soupçon, ou plutôt une dose d'argot pour relever la sauce. Le résultat se veut concluant, même si j'estime que l'auteur a, quelque peu, joué la facilité.

    samedi_14_01.jpg
    Close-Up

    de Michel Quint

    éditions la branche, octobre 2011

    ISBN 978-2-353-06-048-1

    208 pages - 15,00 €

     

    L'arcane sans nom

    de Pierre Bordage

    éditions la branche, octobre 2011

    ISBN 978-2-353-06-049-8

    224 pages - 15,00 €

     

    Samedi 14

    de Jean-Bernard Pouy

    éditions la branche, octobre 2011

    ISBN 978-2-353-06-045-0

    176 pages - 15,00 €



  • Le Dérèglement du monde

    9782253129974.jpgParu en 2009, cet ouvrage n'a rien perdu de sa force. Amin Maalouf ne juge pas, il passe en revue les dérives de notre époque et s'attarde longuement sur ce sempiternel sentiment de frustration qu'éprouve l'ensemble du monde arabe.

    Lucide, il rend plus de clarté aux problèmes géopolitiques dans lesquels s'empêtrent nos politiques. Déliquescence des institutions, désespérance, chômage en hausse, guerres intestines, l'auteur dénonce la faillite d'un système qui, lors de la chute du mur de Berlin, restait seul maître du monde. Le capitalisme à outrance montre aujourd'hui ses limites. Alors, pourquoi un tel échec ? Pourquoi tant de guerres et de violence depuis la chute du bloc soviétique ? Amin Maalouf décortique tout cela avec toute la maîtrise d'un sage, sans parti pris.

     

    Le Dérèglement du monde

    d'Amin Maalouf

    Livre de Poche n°31979, novembre 2010

    ISBN 978-2-253-12997-4

    320 pages - 6,50 €

  • Merveilleuses !

    9782226220707.jpg

    "1794, Merveilleuses retrace le parcours des égéries de cette brève période qui suit la Terreur, où une fureur de divertissements et d'excès enfièvre Paris. On rit, on danse, on aime, on revit : jouissance et plaisirs sont les nouveaux mots d'ordre. Femmes d'esprit, frivoles et charmantes, Thérésia Cabarrus et Rose de Beauharnais sont les plus merveilleuses d'entre ces Merveilleuses, qui profitent de la liberté retrouvée : elles collectionnent les amants comme d'autres les chapeaux, lancent les modes les plus provocantes et mènent par le bout du nez les hommes au pouvoir."

     

    Merveilleuses

    de Catherine Hermary-Vieille

    Albin Michel, octobre 2011

    ISBN 978-2-226-22070-7

    432 pages - 22,00 €

  • La mort de la mort !

    9782709636803.jpgLe titre parle de lui-même. Le docteur Laurent Alexandre bouleverse certaines idées reçues. Son ouvrage a attisé ma curiosité presque maladive. Suis-je né trop tôt ? Suis-je né trop tard ? L'avancée de la médecine, de l'informatique, de la biologie et des nanotechnologies inciteront les plus nantis de notre planète à prolonger artificiellement leur existence jusqu'à 100, 120, 150, voire 180 ans. Du pur délire ? Pas forcément.

    Ce livre ne doit pas être pris à la légère car il annonce une ère de questionnements éthiques. Faut-il oui ou non succomber à la tentation de vaincre la mort ?

    "Sans prendre parti, l'auteur analyse le plus précisément et le plus clairement possible les termes du débat. Face à des évolutions inéluctables, il est encore temps de choisir entre certaines options.

    Voici un panorama passionnant et vertigineux des enjeux de la technomédecine, au coeur d'une révolution sans précédent, plus radicale encore que celle d'Internet, et qui est déjà en marche."

     

    La mort de la mort

    du Dr Laurent Alexandre

    JC Lattès, avril 2011

    ISBN 978-2-7096-3680-3

    432 pages - 20,00 €

  • Léviathan !

    9782359490091.jpg"1984, au large des côtes canadiennes, surpris par une redoutable tempête hivernale, le ferry Queen of Alberta fait naufrage. Parmi les rares rescapés de cette catastrophe, le petit Michael Petersen, sept ans, a vu ses parents disparaître dans la tourmente.

    2011, Los Angeles, Michael, devenu adulte et père d'un petit garçon, est un homme attaché à ses responsabilités familiales. Pourtant, il nourrit à l'égard de cette mer qui lui a tout pris une fascination mêlée de peur. Devenu chercheur en biologie marine, il se porte volontaire, malgré l'appréhension et la culpabilité d'abandonner les siens, pour une mission dans les glaces de l'Antarctique. L'occasion pour lui de consolider sa position au sein de l'unité scientifique du professeur Briard et, plus obscurément, de surmonter enfin ses phobies."

     

    Léviathan

    volume 1 : La chute

    de Lionel Davoust

    éditions Don Quichotte, septembre 2011

    ISBN 978-2-35949-009-1

    408 pages - 19,90 € 

  • Hold Up !

    9782359490459.jpg"Hold-up est le récit d'une machine infernale. Ou comment des hommes et des femmes se trouvent pris dans un engrenage qui finit par les dépasser. Dans l'espace confiné de la banque, le temps est suspendu, les relations exacerbées : chacun des protagonistes cherche à protéger ses intérêts, tout en nouant avec les autres des liens empreints à la fois de respect et de haine. Mais tous les personnages ont beau s'agiter dans leur bocal, le ressort de la tragédie est bandé et nul ne peut plus arrêter le cours de l'histoire. Dans ce témoignage fiction où les regards des deux héros, Manu et Marc, sans cesse se croisent et se répondent, Jean-Claude Kella démonte, avec l'habileté du romancier et la précision de l'ancien braqueur, un casse monumental."

     

    Hold-up

    de Jean-Claude Kella

    éditions Don Quichotte, septembre 2011

    ISBN 978-2-35949-045-9

    240 pages - 16,90 €

  • Dernier été à Mayfair

    9782714449481.jpg"Mayfair, Londres, été 1911. Lord et lady Rotherfield s'apprêtent à recevoir la haute société anglaise dans leur somptueuse demeure de Berkeley Square, pour le bal des dix-huit ans de leur fille Victoria.

    Artiste, idéaliste mais décidée à faire un beau mariage, la jeune fille ne veut pas manquer son entrée dans le monde. Pourtant, elle est en colère. Sa soeur Evangeline, vingt ans, a disparu. Julian, le frère aîné, la retrouve derrière les barreaux d'une sordide prison de Bermondsey, l'un des quartiers ouvriers de l'East End où couve la révolte. Julian n'apprécie guère le comportement de sa soeur, lui, l'héritier de la dynastie, prisonnier d'une vie qu'il n'a pas choisie mais dont il assume les contraintes par sens du devoir. Il ne comprend pas plus Edward, son frère cadet, qu'il juge égocentrique et inconscient. Homme à femmes, charmant dilettante et passionné d'aviation, Edward a des dettes de jeu. Pour les honorer, il doit remporter le premier prix d'une course d'aviation et vaincre son plus grand rival."

    De l'année 1911, en plein mois de juin, période d'insouciance caractéristique de la Belle époque, jusqu'au mois de décembre 1918, l'auteure nous plonge au coeur de deux familles aristocratiques. Spécialiste des fresques historiques, Theresa Révay remet le couvert, ce qui promet de belles heures de lecture.

     

    Dernier été à Mayfair

    de Theresa Révay

    Belfond, octobre 2011

    ISBN 978-2-7144-4948-1

    480 pages - 21,00 €

  • L'écrivain de la famille

    9782709635479.jpg1. Votre livre est une succession de chapitres courts. Déformation professionnelle ? Ou la volonté de rendre la lecture plus simple, plus coulante ?

    Grégoire Delacourt : La deuxième. C'est vraiment l'envie d'écrire "à l'américaine" car j'apprécie cette littérature addictive où l'on éprouve le besoin de tourner les pages. Ma volonté était d'avoir une écriture rapide, agréable, fluide, simple, transgénérationnelle. Et puis, je pense que l'époque actuelle se prête aux choses un peu plus courtes. Proust, c'était bien... avant.

    2. En vous lisant, on ne peut qu'imaginer qu'il y a dans ce roman une grande part autobiographique...

    G.D. : Je me suis en effet inspiré de mon parcours publicitaire qui a d'ailleurs commencé à Bruxelles. Cela m'a permis de citer des marques, des slogans. En fait, tout le roman est un maelström de vrai et de faux. Ce qui est important, ce sont les liens entre les gens et les choses.

    3. Est-ce un moyen de dénoncer cette obsession qu'ont la plupart des parents, de vouloir tracer un destin glorieux pour leur progéniture, et ce de plus en plus tôt ? Que ce soit dans le domaine artistique, sportif, ou autre ?

    G.D. : Complètement. Je pense que les parents, ils ont la lâcheté - enfin, certains - d'exiger de leurs enfants de réussir là où ils n'ont pas réussi. Ou c'est social - il gagnera de l'argent et sera riche -, ou il fera ce que le parent décide - il sera joueur de tennis, de football, musicien,... -. Il y a une sorte de dictature de l'amour des parents à faire que les enfants ressemblent à ce qu'on voudrait qu'ils soient mais au fond qu'on aurait voulu être soi-même.

    Il n'est d'ailleurs pas rare de voir des parents de tennismen jouer eux-mêmes au tennis. Dans le milieu du sport en général, c'est fréquent. Et après tout, le choix des enfants se résume à soit je ferme ma gueule et je fais ce qu'on me dit quitte à souffrir, déprimer, etc., soit je me rebelle et je vérifie si ce qu'ils rêvent pour moi est bien ce qui me correspond. C'est là le conflit, le dilemme que vit le personnage principal du roman.

    4. Quand on parle d'un romancier publicitaire, on songe immédiatement à Frédéric Beigbeder. Le connaissez-vous personnellement ? Vous sentez-vous proche de lui ou très éloigné dans votre approche de la littérature ?

    G.D. : Je pense que je me sens plus proche du Beigbeder de son avant-dernier livre "Un roman français" où il est plus impudique, plus touchant. Moins en tant qu'écrivain de thèmes provocateurs plus liés à son personnage. Frédéric est plus le reflet de la pub à l'époque plus flamboyante. Les filles, les fêtes, et tout ça... Il était dans le show-biz de la pub et moi, dans l'arrière-cour. Cela dit, c'est un très bel écrivain. Il a un potentiel inouï.

     

    L'écrivain de la famille

    de Grégoire Delacourt

    JC Lattès, janvier 2011

    ISBN 978-2-7096-3547-9

    272 pages - 17,00 €

  • Un nouveau départ...

    logo2.gifEntré en littérature, ou plutôt dans ce monde si particulier qu'est celui de l'édition en 1996, lors de la parution de mon premier ouvrage (Un pavé pour oreiller, éditions EPO), j'ai aussitôt contracté le virus. Eternel assoiffé d'apprendre, j'ai voulu toucher à tout, comprendre chaque maillon de la grande chaîne du livre : éditeur, diffuseur, distributeur, attaché de presse, journaliste, libraire, coach littéraire et enfin auteur. Arrivé au terme d'une aventure en octobre 2010, celle de Mondedulivre.com et de Larc, j'ai cru alors que cette multi-expérience me servirait à retrouver rapidement un emploi dans cet univers qui me passionne.

    Il m'a fallu rapidement déchanter. Une expérience, voire une compétence dans un domaine peut effrayer, peut gêner. Comme si, en postulant, votre intention première n'était pas de servir l'entreprise mais bien d'en destituer la direction et lui ravir sa place. Bref, trop d'expérience peut nuire. L'inverse est également vrai : trop peu ou pas d'expérience exclut !

    J'en fus donc réduit - quatre mois durant - à véhiculer des parlementaires européens bouffis d'orgueil et de condescendance, d'un point A à un point B, au volant de limousines vêtues de cuir de peur de râper leurs fessiers précieux.

    Puis, ce fut le chômage, période où l'on perd la notion des jours, substituant le dimanche au jeudi, postulant à tour de bras par le biais du canal web, celui qui permet la multitude d'envois à moindres frais, mais dont les réponses ne varient guère, toujours négatives.

    Jusqu'au jour où une annonce publiée sur le site Livreshebdo - que je n'ai cessé de consulter, toujours à l'affût - a suscité mon intérêt : les éditions La Différence recherchaient des délégués régionaux, dont un pour le secteur nord.

    Cette maison d'édition, reconnue pour la qualité de son catalogue, m'accueille aujourd'hui en son sein. Je vous avouerai, très humblement, en avoir pleuré de joie, car outre ma passion pour les lettres, l'emploi proposé répond en tous points à mes attentes.

    Mais quelles sont les grandes lignes de l'histoire de cette maison ?

    "Fondées en 1976 par Joaquim Vital (photo ci-contre), Marcel Paquet et Patrick Waldberg, rejoints la même année par Colette Lambrichs, les éditions de la Différence ont poursuivi depuis le début une politique centrée sur la littérature française et étrangère, les essais, la poésie et l'art contemporain.v-16984.jpg

    A cette époque, la maison s'installe à Paris, dans le Marais. André Masson, ami de Patrick Waldberg, dessine le sigle de la maison. A la question "Qu'est-ce que cela représente ?", il répond : "Un couple."

    En mars 1976, parution des premiers livres, ceux de Malcolm Lowry, de Victor Segalen et de Patrick Waldberg.

    Dès 1977, Marcel Paquet quitte la direction de la maison tout en continuant d'y publier ses livres.

    En 1979-1980, les premières difficultés apparaissent, dues au changement de diffuseur. La maison changera une nouvelle fois en 1983. Une relation durable s'établit avec la société Diff Edit (futur Volumen).

    En 1986, sous l'impulsion de Joaquim Vital, les éditions entreprennent un travail en profondeur pour faire connaître en France la littérature portugaise.

    La collection Orphée est lancée en 1989, dirigée par Claude Michel Cluny au rythme effréné de 40 publications par an.

    En 1990, une attention particulière est portée aux auteurs belges grâce aux influences conjuguées d'Alain Bosquet et de Colette Lambrichs. En 1992, le Prix Victor Rossel est attribué à Jean-Luc Outers pour son roman Corps de métier.

    En 1996, la Différence fête ses 20 ans d'existence. Joaquim Vital publie à cette occasion Vingt ans, bilan sans perspective, un recueil de textes où il fait le point sur les oeuvres publiées depuis la création de la maison et sur le métier d'éditeur : "On peut dire, écrit-il, en paraphrasant Fernando Pessoa, qu'il y a trois sortes d'éditeurs : ceux qui publient les livres qu'ils aiment ; ceux qui aiment les livres qu'ils publient ; ceux qui n'aiment pas les livres - et qui ne sont pas des éditeurs. C'est à la troisième catégorie qu'appartiennent les industriels et financiers."

    Arrêt de la collection Orphée pour des raisons économiques. "218 titres édités contre la logique aberrante du système, qui a fini par se venger", écrit Joaquim Vital.

    L'année 2002 voit la création de la collection de poche Minos, dirigée par Colette Lambrichs.

    L'année 2009 est une année de prix :

    Bruno de Cessole reçoit le prix des Deux Magots pour son roman L'Heure de la fermeture dans les jardins d'Occident. Jean Pavans est couronné par le prix Halpérine-Kaminsky. Consécration, par la SGDL, pour l'ensemble de son oeuvre de traducteur de l'anglais à l'occasion de la parution du tome 4 des Nouvelles complètes d'Henry James. Le Prix Victor Rossel est attribué à Serge Delaive pour son roman Argentine. Abdellatif Laâbi reçoit le Goncourt de la Poésie.

    7 mai 2010, un jour noir marqué par le décès du fondateur Joaquim Vital."

    Le 1er octobre 2011 marque un tournant dans l'histoire de la maison d'édition. M. Claude Mineraud, passionné par la belle littérature, offre un second souffle à cette maison qui fut, huit mois plus tôt, au bord de la banqueroute.

    Si l'on veut que ce sauvetage soit durable et permette à la littérature de continuer à exprimer ses idées et à nous offrir tant d'heures de plaisir, il est impératif que tous ensemble (lecteurs, libraires, bibliothécaires, journalistes et autres acteurs du livre), nous nous mobilisions !

     

    éditions de la Différence

    30, rue Ramponeau

    75020 Paris

    Tél : 01 53 38 85 38

    www.ladifference.fr

     

     

     

  • extrait de l'interview de Jean-Luc Outers...

    Outers.jpgJean-Luc Outers n'est pas n'importe qui et son avis compte. En lisant l'interview qu'il a accordée au Carnet et les Instants, il m'a paru important de reprendre quelques passages intéressants :

    "C.I. : Et le complexe de l'écrivain belge vis-à-vis de la France s'est-il atténué ?

    J.-L.O. : Je crois qu'il ne faut pas se tromper : la France est une chance pour l'écrivain belge francophone car nous évoluons, malgré tout, dans la même langue. En ce qui me concerne, comme auteur, je n'ai jamais caché mon identité belge et j'ai toujours été bien accueilli en France. La plupart des éditeurs parisiens ont également bien compris que ce qui peut les menacer avant tout, c'est justement le parisianisme. C'est par la périphérie que la langue et la littérature se régénèrent.

    ...

    C.I. : Un des grands chantiers à venir dans le monde éditorial, c'est l'arrivée du numérique. Quel est votre sentiment par rapport à cette révolution annoncée ?

    J.-L.O. : Mon premier sentiment, c'est que le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Aux Etats-Unis, par exemple, la part du livre numérique dans les ventes se situe à 6 ou 7%. Chez nous, on en est à moins d'1%. Cette part va croître, bien entendu, mais dans un partage entre le papier et le numérique.

    ...

    C.I. : Un secteur qui est par contre inquiet de cette évolution, c'est celui des libraires.

    J.-L.O. : Le libraire est à mes yeux un acteur essentiel et je parle aussi en tant qu'écrivain. C'est quand un écrivain découvre son livre chez un libraire qu'il prend conscience qu'il existe. En ce qui me concerne, je ne sais pas si j'écrirais encore des livres dans un monde sans librairie où ne resterait qu'un espace purement virtuel dans lequel mon travail se retrouverait perdu. De manière plus générale, la part du conseil dans le métier de libraire va sans doute s'accroître encore à l'avenir pour aider le lecteur à s'y retrouver dans la masse de ce qui s'écrit.

    ...

    C.I. : Un autre instrument de visibilité important pour notre littérature, c'est Le Carnet et les Instants qui au départ n'était qu'un agenda des lettres belges.

    J.-L.O. : C'est en 1992 que Le Carnet et les Instants a pris la forme d'une revue dont le rédacteur en chef était Carmelo Virone. On peut dire que c'est l'outil le plus complet sur la littérature belge et son actualité. Le tirage est aujourd'hui d'environ 6000 exemplaires. La partie réservée à la critique, au regard de la place de plus en plus restreinte accordée à la littérature dans la presse générale, est très importante car elle rend compte de livres dont on ne parlerait parfois nulle part ailleurs. C'est également un bon baromètre de la vie de nos lettres." 

  • Sparte !

    9782803628551.jpgL'influence de Jacques Martin n'est pas innocente sachant que les auteurs de cette BD ont anciennement bel et bien réalisé un album d'Alix.

    Mis à part l'utilisation de la ligne claire et le choix de l'Antiquité pour faire évoluer l'histoire, la série se destine davantage à un public adulte.

    Malgré la couverture, pas de grande bataille à l'horizon, mais une intrigue plus familiale. Filiations, coutumes spartiates, flash-backs, le scénariste connaît son sujet et on se croirait en train de déambuler dans les rues de cette cité antique.

    Agésilas ne fait pas de quartier lorsqu'il s'agit de traîtres. Spartiate dans le plus profond de son coeur, le jeune homme invaincu dérange pourtant le roi de Sparte. Nabis engage donc un Hilote, nommé Diodore, pour s'emparer du gêneur qui l'empêche de mettre en place une politique nouvelle.

    Une bonne série, mais rien de transcendant. Pour les fans d'aventures historiques, il s'agit néanmoins d'un achat intéressant.

     

    SPARTE

    tome 1 : Ne jamais demander grâce

    Scénario : Patrick Weber

    Dessin : Christophe Simon

    Le Lombard, août 2011

    ISBN 978-2-8036-2855-1

    48 pages - 11,95 €