Un nouveau départ...

logo2.gifEntré en littérature, ou plutôt dans ce monde si particulier qu'est celui de l'édition en 1996, lors de la parution de mon premier ouvrage (Un pavé pour oreiller, éditions EPO), j'ai aussitôt contracté le virus. Eternel assoiffé d'apprendre, j'ai voulu toucher à tout, comprendre chaque maillon de la grande chaîne du livre : éditeur, diffuseur, distributeur, attaché de presse, journaliste, libraire, coach littéraire et enfin auteur. Arrivé au terme d'une aventure en octobre 2010, celle de Mondedulivre.com et de Larc, j'ai cru alors que cette multi-expérience me servirait à retrouver rapidement un emploi dans cet univers qui me passionne.

Il m'a fallu rapidement déchanter. Une expérience, voire une compétence dans un domaine peut effrayer, peut gêner. Comme si, en postulant, votre intention première n'était pas de servir l'entreprise mais bien d'en destituer la direction et lui ravir sa place. Bref, trop d'expérience peut nuire. L'inverse est également vrai : trop peu ou pas d'expérience exclut !

J'en fus donc réduit - quatre mois durant - à véhiculer des parlementaires européens bouffis d'orgueil et de condescendance, d'un point A à un point B, au volant de limousines vêtues de cuir de peur de râper leurs fessiers précieux.

Puis, ce fut le chômage, période où l'on perd la notion des jours, substituant le dimanche au jeudi, postulant à tour de bras par le biais du canal web, celui qui permet la multitude d'envois à moindres frais, mais dont les réponses ne varient guère, toujours négatives.

Jusqu'au jour où une annonce publiée sur le site Livreshebdo - que je n'ai cessé de consulter, toujours à l'affût - a suscité mon intérêt : les éditions La Différence recherchaient des délégués régionaux, dont un pour le secteur nord.

Cette maison d'édition, reconnue pour la qualité de son catalogue, m'accueille aujourd'hui en son sein. Je vous avouerai, très humblement, en avoir pleuré de joie, car outre ma passion pour les lettres, l'emploi proposé répond en tous points à mes attentes.

Mais quelles sont les grandes lignes de l'histoire de cette maison ?

"Fondées en 1976 par Joaquim Vital (photo ci-contre), Marcel Paquet et Patrick Waldberg, rejoints la même année par Colette Lambrichs, les éditions de la Différence ont poursuivi depuis le début une politique centrée sur la littérature française et étrangère, les essais, la poésie et l'art contemporain.v-16984.jpg

A cette époque, la maison s'installe à Paris, dans le Marais. André Masson, ami de Patrick Waldberg, dessine le sigle de la maison. A la question "Qu'est-ce que cela représente ?", il répond : "Un couple."

En mars 1976, parution des premiers livres, ceux de Malcolm Lowry, de Victor Segalen et de Patrick Waldberg.

Dès 1977, Marcel Paquet quitte la direction de la maison tout en continuant d'y publier ses livres.

En 1979-1980, les premières difficultés apparaissent, dues au changement de diffuseur. La maison changera une nouvelle fois en 1983. Une relation durable s'établit avec la société Diff Edit (futur Volumen).

En 1986, sous l'impulsion de Joaquim Vital, les éditions entreprennent un travail en profondeur pour faire connaître en France la littérature portugaise.

La collection Orphée est lancée en 1989, dirigée par Claude Michel Cluny au rythme effréné de 40 publications par an.

En 1990, une attention particulière est portée aux auteurs belges grâce aux influences conjuguées d'Alain Bosquet et de Colette Lambrichs. En 1992, le Prix Victor Rossel est attribué à Jean-Luc Outers pour son roman Corps de métier.

En 1996, la Différence fête ses 20 ans d'existence. Joaquim Vital publie à cette occasion Vingt ans, bilan sans perspective, un recueil de textes où il fait le point sur les oeuvres publiées depuis la création de la maison et sur le métier d'éditeur : "On peut dire, écrit-il, en paraphrasant Fernando Pessoa, qu'il y a trois sortes d'éditeurs : ceux qui publient les livres qu'ils aiment ; ceux qui aiment les livres qu'ils publient ; ceux qui n'aiment pas les livres - et qui ne sont pas des éditeurs. C'est à la troisième catégorie qu'appartiennent les industriels et financiers."

Arrêt de la collection Orphée pour des raisons économiques. "218 titres édités contre la logique aberrante du système, qui a fini par se venger", écrit Joaquim Vital.

L'année 2002 voit la création de la collection de poche Minos, dirigée par Colette Lambrichs.

L'année 2009 est une année de prix :

Bruno de Cessole reçoit le prix des Deux Magots pour son roman L'Heure de la fermeture dans les jardins d'Occident. Jean Pavans est couronné par le prix Halpérine-Kaminsky. Consécration, par la SGDL, pour l'ensemble de son oeuvre de traducteur de l'anglais à l'occasion de la parution du tome 4 des Nouvelles complètes d'Henry James. Le Prix Victor Rossel est attribué à Serge Delaive pour son roman Argentine. Abdellatif Laâbi reçoit le Goncourt de la Poésie.

7 mai 2010, un jour noir marqué par le décès du fondateur Joaquim Vital."

Le 1er octobre 2011 marque un tournant dans l'histoire de la maison d'édition. M. Claude Mineraud, passionné par la belle littérature, offre un second souffle à cette maison qui fut, huit mois plus tôt, au bord de la banqueroute.

Si l'on veut que ce sauvetage soit durable et permette à la littérature de continuer à exprimer ses idées et à nous offrir tant d'heures de plaisir, il est impératif que tous ensemble (lecteurs, libraires, bibliothécaires, journalistes et autres acteurs du livre), nous nous mobilisions !

 

éditions de la Différence

30, rue Ramponeau

75020 Paris

Tél : 01 53 38 85 38

www.ladifference.fr

 

 

 

Commentaires

  • N'est-ce pas un peu facile, a posteriori, de cracher dans la soupe que l'on n'a plus besoin de manger?
    "J'en fus donc réduit - quatre mois durant - à véhiculer des parlementaires européens bouffis d'orgueil et de condescendance, d'un point A à un point B, au volant de limousines vêtues de cuir de peur de râper leurs fessiers précieux".

    Ce n'est tout de même pas de la faute des députés si l'emploi proposé n'était pas à la hauteur de vos aspirations littéraires.

  • Chère ApprentieMaman,

    Je ne critique pas l'emploi qui me servit sur le moment. Ce qui m'a quelque peu gêné, c'est le décalage entre les SDF (Sans Difficultés Financières) représentés par nos chers parlementaires, et les fourmis ouvrières ayant un mal fou à joindre les deux bouts. J'ai d'ailleurs rempli mon rôle de chauffeur avec sérieux. Certes, si l'on me lit, on peut avoir le sentiment que je crache dans la soupe, mais ce n'est pas le cas.

    Bien cordialement,

    M.V.

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