• Sherman

    9782803628179.jpgLe tome 3 de Sherman se veut dense, fouillé, très cinématographique. Jay Sherman interroge son passé pour dénouer les fils du présent. Sa fille est menacée de mort. Jay risque de tout perdre, d'autant qu'on lui a déjà enlevé son fils, assassiné alors qu'il était promis au bureau ovale.

    A force de vouloir déterrer ses ennemis, on s'en découvre d'autres. Les auteurs nous plongent dans l'entre-deux-guerres, période de crise mâtinée d'insouciance, et ce malgré la montée du nazisme.

    Stephen Desberg et Griffo signent là une BD de grande qualité.

     

    Sherman

    tome 3 : Stephen Desberg, dessin : Griffo

    Le Lombard, juin 2011

    ISBN 978-2-8036-2817-9

    48 pages - 11,95 €

  • Le dernier Templier

    9782205065275.jpgDès l'instant où l'on s'isole du monde réel pour pénétrer dans l'univers de cette BD, l'âme des Templiers s'invite chez vous. Tirée du roman à succès, cette série plante merveilleusement le décor et surfe sur les différentes époques de manière naturelle, évidente. Certes, il s'agit d'un travail à vocation mercantile, mais inutile de bouder notre plaisir.

    On retrouve Tess, Sean et le professeur Vogel, à la recherche de Fonsalis, un village perdu, inconnu, impossible à situer précisément sur une carte. Impossible ? Rien ne l'est vraiment.

     

    Le dernier Templier

    tome 3 : L'église engloutie

    Scénario : Raymond Khoury

    Dessin : Miguel Lalor

    Dargaud, mai 2011

    ISBN 978-2205-06527-5

    48 pages - 13,95 €

  • Petits Péchés Mignons...

    9782352070733_1_75.jpgCette collection de poche se veut attirante, originale, et le concept attise la curiosité du passant. Mais, dès les premières pages, une grande déception nous envahit. Cela ressemble furieusement à un vulgaire coup commercial. Cela n'apporte pas grand-chose, sinon rien. Quelques bons traits d'humour, décochés çà et là. Sans plus.

    A dire vrai, ces petits objets auraient davantage leur place dans les carteries et boutiques cadeaux et gadgets.

    imagesCAY5SFHI.jpgPetits Péchés Mignons

    tome 3 : Les mecs et le sport

    tome 4 : Les nanas au boulot

    Scénario : Maïa Mazaurette

    Dessin : Arthur de Pins

    Fluide Glamour, juin 2011

    72 pages - 6,00 €

     

     

  • Le nouvel album de l'élève Ducobu !

    9782803628254.jpgA force, le thème finit par agacer. On dit pourtant que les meilleures choses ont une fin. L'élève Ducobu doit donc se lire à petites doses, sous peine d'indigestion. Les gags sont de bonne facture, mais la recette lasse trop rapidement.

    Dopé par l'arrivée de ses aventures sur grand écran, l'élève Ducobu se sent pousser des ailes, sans avoir bu la boisson que l'on connaît. Ce personnage ferait bien de s'arrêter en pleine gloire.

     

    L'élève Ducobu

    tome 17 : Silence, on copie !

    Scénario : Zidrou, dessin : Godi

    Le Lombard, juin 2011

    ISBN 978-2-8036-2825-4

    56 pages - 10,45 €

  • Walter le Loup

    9782205066807.jpgUn vent de fraîcheur m'a pacouru l'échine tout au long de la lecture de cette BD. Très réussie, l'histoire nous embarque dans un monde fantastique. De l'humour à toutes les pages, des références cinématographiques de très bon goût, des personnages tous plus attachants les uns que les autres, voilà une série qu'il convient de découvrir absolument.

    Magnifique et hilarant !

     

    Walter le Loup

    tome 3 : L'Anneau magique

    de Jose Luis Munuera

    Dargaud, juin 2011

    ISBN 978-2205-06680-7

    48 pages - 10,45 €

  • Cubitus fait son cinéma !

    9782803628162.jpgCubi Poter, Tare Wars, Le Saigneur des Agneaux, Picrates des Caraïbes, Cubindiana Jaune, King Tong, Alien au pays des Merveilles, Cubi Hood, les titres des huit histoires qui composent cet album parlent d'eux-mêmes. Michel Rodrigue et Pierre Aucaigne ont regroupé une compilation des gags longs issus des six premiers tomes de Cubitus nouvelle formule. Une bonne idée !

    Plus destiné au public adulte qui s'amusera à repérer les détails, les nombreux jeux de mots, ce Cubitus aurait pu être présenté par Pierre Tchernia...

    A savourer...

     

    Cubitus fait son cinéma !

    Scénario : Pierre Aucaigne

    Dessin : Michel Rodrigue

    Le Lombard, mai 2011

    ISBN 978-2-8036-2816-2

    48 pages - 10,45 €

  • Un recueil de nouvelles signé Coffe !

    9782259214629.jpgCes messieurs-dames de la famille, Jean-Pierre Coffe nous en brosse le portrait au travers de ces dix nouvelles pour le moins truculentes, un peu à l'image de leur créateur.

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    Madame de Bordeaux est une bouteille, étiquetée premier grand cru classé, année 1928. Elle et son vin, sans oublier le bouchon, vont former un couple, cinquante années durant... jusqu'à la fatale dégustation.

    Un couple de charcutiers, Liliane et Robert, vont voir leur vie bouleversée par la présence d'une truie, qui deviendra la maîtresse de Robert.

    Dans "Raymond-Stanley", l'auteur nous narre la vie aventureuse d'un dompteur de Brunes. Or, la vache est un animal réputé indomptable.

    Il y a aussi l'histoire d'un transformiste adulé par son public, quelque peu désabusé qui, à l'approche de la cinquantaine, annonce à son épouse et à ses trois enfants qu'il a décidé de raccrocher.

    Ou encore le calvaire vécu par M. Raoul, un homme on ne peut plus ordinaire, en dehors du monde, dont l'existence bascule suite à une chute provoquée par un étron de chien.

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    En tout, dix nouvelles très efficaces où l'on retrouve le Coffe pamphlétaire, le Coffe imaginatif, le Coffe humoriste, le Coffe excentrique, et celui qu'on attendait peut-être le moins, le Coffe écrivain de grand talent.

     

    Ces messieurs-dames de la famille

    de Jean-Pierre Coffe

    Plon, mars 2011

    ISBN 978-2-259-21462-9

    182 pages - 12,50 €

     

  • Héroïques Loosers

    24_23.jpgD'habitude, je me bidonne à chaque planche signée Edika. Pas cette fois. Pour qui ne connaît pas l'univers disjoncté de cet auteur toujours angoissé par ses chutes, ce 33ème tome n'est pas à conseiller. Cela dit, il n'y a pas de BD qui, en dose d'absurdité lourde, atteigne le bas de la cuisse velue de Bronsky Proko, ou le slip kangourou de son chat.

     

    Héroïques Loosers

    de Edika

    Fluide Glacial, juin 2011

    ISBN 978-2-8581-5958-1

    48 pages - 10,40 €

  • Harmonie !

    harmonie_01.jpgLylia Voltès est une jeune Parisienne qui rêve toutes les nuits d'un homme mystérieux qui lui susurre le mot "harmonie". Elle se confie à son père, Albin, et celui-ci la convainc de partir en Inde, à la recherche de cet homme.

    Dans ce roman, on navigue sans cesse entre deux mondes : le réel, représenté par le frère de Lylia, et l'ésotérique. Malgré quelques passages ennuyeux, l'auteure parvient à nous embarquer dans son univers peuplé de gourous, de puissants sorciers, de sages, mais aussi d'amour.

    1. Ce voyage en Inde, l'avez-vous fait vous-même ?

    Blanche de Richemont : Impossible de faire autrement. Bien sûr, je suis souvent partie en Inde pour ce livre et j'y ai consacré trois années de ma vie. Je suis incapable de parler d'un endroit, d'un lieu, sans l'avoir senti, sans l'avoir touché du regard, de la main.

    2. Roman ésotérique ou roman traditionnel ?

    BdR : C'est une quête mystique entre l'Inde et Jérusalem, qui passe par l'ésotérisme, qui passe par la spiritualité, par la magie, par l'amour, par la sensualité, par plusieurs chemins pour trouver l'harmonie, pour trouver un peu de lumière.

    3. Le Victorieux, Atal ou Balavan, peut-on croire à de réels pouvoirs paranormaux détenus par ces êtres... ou plutôt de tels personnages existent-ils dans la réalité ?

    BdR : J'ai rencontré le Victorieux. C'est un sage immense, très puissant. Pour la plupart d'entre nous, ces personnages semblent appartenir à une autre planète, mais pour les Indiens, il n'y a rien d'étonnant. Chez eux, la magie est omniprésente. En fait, on a tous en nous des pouvoirs qui nous échappent totalement, dont on n'a pas la maîtrise. Ces grands yogis, ces grands méditatifs, ces grands sages, eux, contrôlent cette puissance qui nous dépasse. Ils sont aux prises avec l'invisible.

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    4. Le hasard existe-t-il ?

    BdR : Non. Tout ce qu'on vit a un sens. Tout ce qu'on vit révèle. Moi, je crois aux signes, à l'évidence, à ce qui s'impose.

    5. Le frère de Lylia joue un rôle important, apporte également une bonne dose d'humour.

    BdR : En fait, Gabriel, je l'ai imaginé parce que je trouvais qu'il représentait la voix de tous les doutes et de toutes les espèces d'étonnement face à ce monde-là. Lui-même va être métamorphosé par ce voyage, un peu malgré lui. Il apporte aussi la touche d'humour. Chaque personnage a sa place.

    6. On dit que "les voyages forment la jeunesse". Qu'en pensez-vous ?

    BdR : Les voyages sont nécessaires. Ils nous apprennent à découvrir d'autres façons de penser, de vivre, de respirer, ouvrent des portes. Les voyages nous forcent à déplacer nos préjugés, à chercher une forme de lumière, et à grandir tout simplement.

     

    Harmonie

    de Blanche de Richemont

    Plon, mars 2011

    ISBN 978-2-259-21259-5

    256 pages - 17,90 €

     

     

  • TRAVERSEES, une revue littéraire de qualité !

    traversees-60-ra2.jpgLa publication d'une revue littéraire n'est pas une mince affaire. Patrice Breno se démène depuis plusieurs années pour offrir à ses abonnés une revue très réussie, très aboutie, grâce à l'aide précieuse de collaborateurs motivés et passionnés.

    TRAVERSEES est une revue trimestrielle qui nous permet de découvrir les textes inédits (études, poèmes, nouvelles, saynètes, chroniques) sélectionnés par un comité de lecture.

    Dans le n°62 (mai-juin 2011), on retrouve ceux d'auteurs déjà confirmés ou totalement inconnus bien que talentueux.

    Les auteurs de ce n°62 :

    Horia Badescu, Archibald Michiels, Patrick Aveline, Daniel Leduc, Alain Helissen, Pascal Batard, Jean-Michel Bollinger, Salomé Molina Lopez, Emmanuelle Ménard, Patrick Joquel, Jacques Demaude, Salvatore Sanfilippo, Hélène Soris, Matthieu Gosztola, Michel Bailleux, Nicolas Panabiere

    Les chroniqueurs :

    Rome Deguergue, Nadine Doyen, Jean-Paul Giraux, Alain Helissen, Patrick Joquel, Serge Maisonnier, Paul Mathieu, Gérard Paris, Marie-Line Schneider, Pierre Schroven

     

    TRAVERSEES

    M. Patrice Breno

    Faubourg d'Arival, 43

    6760 Virton - Belgique

    Tél : +32 (0)63 57 68 64

     

     

  • Grand Prix ! tome 2 : Rosemeyer !

    9782505011279.jpgIl y a fort à parier que cette série figure un jour parmi les classiques du genre. Découpage, couleurs, dessins, scénario, tout y est splendide. La course automobile des années trente y est décortiquée, sans parti pris. L'époque glorieuse des pilotes au service des marques allemandes, tels que Caracciola, Hans Stuck, Leslie Toliver, Bernd Rosemeyer, ou encore Hermann Lang, nous est dépeinte avec justesse.

    1. Votre trilogie devrait très rapidement devenir un classique du genre, une BD référence sur le sport automobile. Attribuez-vous ce résultat principalement à la qualité exceptionnelle de votre travail, ou au fait qu'il existe très peu de BD traitant du sujet ?

    Marvano : Les deux. A l'origine, j'avais l'intention de raconter une histoire se situant pendant la période de l'entre-deux-guerres. Cette époque a été quelque peu oubliée. Je suis né à Zolder. J'avais dix ans quand le circuit a été inauguré. Inutile de vous dire où notre famille passait ses week-ends. Par hasard, en furetant chez un bouquiniste, j'ai trouvé une biographie de Rudolph Caracciola. Je me suis aussitôt dit : "Tiens, voilà un angle intéressant pour dépeindre cette époque." Le tout était de savoir s'il y aurait un public pour ce genre d'histoire.

    2. C'est la première fois que je remarque des liens internet (Youtube) dans un album. Pourquoi avoir choisi de mentionner ces liens ?

    Marvano : Pour présenter au lecteur la musique de l'époque. Le titre "Tout va très bien Madame la Marquise" est devenu un symbole de cette époque. Il faut savoir qu'en 1934, la croix gammée et le salut hitlérien n'avaient pas les mêmes connotations qu'ils ont maintenant. Ce geste faisait partie de la vie de tous les jours. Le matin, les enfants faisaient le salut hitlérien pour leur instituteur, et vice versa.

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    3. Depuis la parution du premier tome, avez-vous eu des réactions du monde automobile ?

    Marvano : Pas vraiment, mis à part Jacky Ickx qui a accepté de préfacer le premier tome, et qui a adoré. J'ai remarqué, en dédicaçant lors de manifestations automobiles, un véritable engouement pour cette BD de la part du public amateur de courses automobiles contemporaines ou de rassemblements de vieilles voitures.

    4. Les pilotes avaient tous de fortes personnalités, peu enclines à se soumettre au régime nazi, même s'ils en faisaient partie. Vous évoquez ces tensions entre dignitaires du régime et pilotes, sans émettre le moindre jugement. Ces pilotes avaient-ils conscience du risque qu'ils couraient à braver les interdits ? Se sentaient-ils intouchables ?

    Rudolph_Caracciola_400.jpgMarvano : A mon avis, dans les années trente, ils n'avaient aucune idée de ce qu'allait devenir le régime nazi. Il s'agissait juste d'un nouveau gouvernement en Allemagne. Au pouvoir, il y avait un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, ce qui inspirait confiance. Tout le monde s'accordait pour dire que le Führer détestait la guerre. Hitler, à cette époque, était extrêmement populaire, et pas seulement en Allemagne. Charles Lindbergh était un fan du régime nazi. Ce n'est pas pour rien que le TIME avait fait de Hitler l'homme de l'année. A cette époque, pas même les nazis les plus convaincus voulaient massacrer un peuple. Ils avaient l'intention de se débarrasser des juifs, certes, mais plutôt par émigration forcée. La plupart des pilotes n'étaient pas intéressés par la politique. Hitler leur offrait des bolides, des moteurs surpuissants, du personnel qualifié, et un grade de capitaine chez les SS. Pourquoi refuser ? Si Rosemeyer refusa de se marier en uniforme, c'était plus par choix personnel que par opposition au régime. Les pilotes étaient des sportifs avant tout.

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    5. Avez-vous l'impression que cette trilogie soit plus compliquée à réaliser que tous les albums que vous avez publié ?

    Marvano : Oui, parce que je veux mettre tant de choses dans cette BD que cela devient forcément plus compliqué. Bien que l'histoire soit simple, il n'était pas évident de recréer l'atmosphère des années trente. Pour cela, j'ai lu énormément. Mais ce travail de recherche, de documentation, est très agréable.

    propos recueillis dans les bureaux des éditions Dargaud

     

    Grand Prix

    tome 2 : Rosemeyer !

    de Marvano

    Dargaud, mai 2011

    ISBN 978-2-5050-1127-9

    64 pages - 13,95 €

     

     

  • Le fondateur du Routard de passage à Bruxelles...

    philippeenphoto.jpg1. Avec le recul, pouviez-vous imaginer, en 1973, le potentiel du Routard ?

    Philippe Gloaguen : Absolument pas. Le guide du Routard était d'abord un job d'étudiant. Il me permettait de voyager, de m'offrir des vacances et me fournissait un peu d'argent de poche. La meilleure preuve, c'est que, en même temps, lorsque j'ai démarré le guide du Routard, je me suis endetté pour acheter un restaurant. C'est dire si je n'y croyais pas beaucoup.

    2. Etes-vous encore sur le terrain ?

    Philippe Gloaguen : Plus que jamais. Je vous dirais que je voyage plus souvent, mais moins longtemps. Je suis toujours dans un coin, soit pour défricher une nouvelle destination, soit pour vérifier la qualité de nos adresses.

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    3. Comment abordez-vous le virage du numérique et des applications sur smartphone ? Pensez-vous que l'avenir est là, au point de tuer le guide papier ?

    PG : Non, je ne pense pas que le guide papier mourra. Il s'agit quand même de l'objet le plus nomade qui soit. Vous pouvez voyager dans n'importe quelles conditions avec votre guide. Pas besoin de le brancher. Vous pouvez l'annoter à votre guise. Ceci dit, nous avons lancé dix applications qui correspondent à dix grandes villes. Cela démarre lentement. Très lentement devrais-je dire. Mais nous sommes présents sur ce marché. Tout comme internet. Il fallait le faire. Le site routard.com dépasse aujourd'hui les deux millions et demi de visiteurs uniques chaque mois. Ce succès me surprend encore. L'inconvénient majeur de l'application réside dans le coût. C'est très cher. L'adaptation entre le guide papier et l'application représente un investissement énorme.

    4. Y a-t-il encore un pays, voire un continent que vous aimeriez découvrir ?

    PG : Pas vraiment. J'ai eu la chance d'aller à peu près dans tous les endroits qui m'intéressaient. Je suis loin de tout connaître. Il y a aussi des destinations qui me sont interdites, comme la Corée du Nord ou l'Arabie Saoudite qui n'accepte pas vraiment le tourisme.

    5. Lorsque vous vous rendez dans un restaurant, ou lorsque vous logez à l'hôtel, avez-vous le réflexe professionnel de vouloir noter vos impressions ?

    PG : Toujours ! 

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    6. A l'origine, l'homme est un nomade. Il s'est sédentarisé ensuite. Pensez-vous que le besoin de voyage et d'évasion soit inscrits dans nos gènes ?

    PG : Je n'en sais rien, je ne suis pas médecin. Mais je vous dirais que le voyage et la rencontre sont d'abord un facteur de paix.

    7. Le Routard est aujourd'hui une entreprise solide et bien structurée. Aviez-vous, à la base, une âme d'entrepreneur ou avez-vous été bien obligé de vous adapter ?

    PG : J'ai été obligé car au début de l'aventure, c'était quelque chose de marginal, réalisé par une bande de copains. La prise de conscience m'est venue subitement, le jour où l'un de mes collaborateurs et ami est devenu papa. Ce fut comme une sorte de douche froide. Il n'était plus question de déconner. 

  • Un petit livre bleu qui fait grand bruit...

    9782258088917.jpgDécortiquer le monde de Tintin est devenu une affaire courante. S'attaquer au village des Schtroumpfs l'est beaucoup moins.

    En publiant son petit livre bleu, Antoine Buéno ne s'attendait pas à soulever un tel tollé, à déclencher le buzz à ce point. Vilipendé de toutes parts pour sa comparaison quelque peu maladroite de l'univers schtroumpf avec le monde stalinien, ou pour sa description osée de Gargamel et de la Schtroumpfette, Antoine Buéno s'explique et tente de dédramatiser.

    Lorsqu'on lit une BD, il ne faut pas chercher dans le texte ou dans l'image une direction politique. Il n'y a pas de volonté populiste, pas plus d'antisémitisme, et encore moins de nazisme dans l'oeuvre de Peyo. Le village des Schtroumpfs s'inscrit dans le reflet d'une société dans laquelle vit l'auteur et dont il ne peut, dès lors, que s'inspirer. Consciemment ou inconsciemment. C'est exactement la même chose pour les "Boule et Bill", "Spirou et Fantasio", "Les tuniques bleues", "Lucky Luke", ou des séries plus actuelles telles que "Titeuf", "Kid Paddle" ou "L'élève Ducobu".

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    Il faut donc considérer l'essai d'Antoine Buéno, non comme un scandale, non comme une diatribe, non comme une volonté de nuire, non comme un moyen de se faire de la pub sur le dos des lutins bleus, mais comme une approche adulte, impartiale, vue à travers le prisme de la science politique, ni plus ni moins.

    Après tout, quoi qu'il ressorte de cette analyse, je prendrai toujours autant de plaisir - et Antoine Buéno également, j'en suis sûr - à lire et relire les histoires de Schtroumpfs.

    Schtroumpfement vôtre...

     

     

     

     

  • Mon petit bunker

    9782709630702.jpg"Qui a jamais eu une enfance aussi flamboyante que celle de Noah ? Enfermée dans son atelier à Paris, un soir de pluie, Noah se souvient. Elle, la petite Française, sillonnait Dakar à sa guise, avec sa bande de gosses des rues qui la croyait des leurs. Elle était la mascotte des artisans de la ville, peintres, mécaniciens, ferblantiers : c'est dans leurs échoppes qu'elle a appris son métier d'artiste.

    Aujourd'hui, mariée et mère de famille, Noah tient pourtant l'Afrique à distance, tel un tabou, un sortilège.

    Ce soir, elle va affronter son passé."

    1. Dans ce roman d'inspiration autobiographique, vous revenez au stade de votre enfance, au Sénégal, au travers de Noah, le personnage principal. Etait-ce quelque chose de facile ?

    Marine Bramly : C'est toujours facile de se souvenir, même si parfois il y a des choses qu'on aurait préféré oublier complètement. La partie autobiographique s'arrête à l'enfance de Noah, mon héroïne. Toute la partie en tant qu'adulte est une autre histoire.

    2. Comment doit-on percevoir l'âge adulte ?

    MB : On est toujours déçu de ses propres attentes., ou des attentes que les parents ont placé en vous. Grandir, c'est redescendre sur Terre d'une certaine façon. Dans le cadre de mon roman, Noah, pour pouvoir avancer, devenir une mère, s'est "bunkerisée" de l'intérieur. Quand elle était gamine, la survie avait un côté rigolo, épique. Elle pouvait se permettre de prendre des risques. Mais une fois mère, les traumatismes de sa propre enfance sont tels qu'elle a trop peur de mettre sa fille en danger. Vient enfin le temps - sa fille a 14 ans - où elle va pouvoir enlever le couvercle qui recouvrait son passé.

    3. Notre société européenne serait-il une sorte de carcan rassurant, sécurisant ?

    MB : Je pense qu'elle est très angoissante car on a tendance à élever nos enfants - et c'est ce que fait Noah avec sa fille - comme si des dangers énormes les guettaient en permanence. Cette anxiété, on la balance sur nos gamins. Noah, elle, a grandi en Afrique, constamment entourée par le danger, réel celui-là. Le danger n'étant plus un fantasme mais une réalité, on l'affronte au coup par coup.

     

    Mon petit bunker

    de Marine Bramly

    JC Lattès, avril 2011

    ISBN 978-2-7096-3070-2

    256 pages - 18,00 €

     

     

  • Le nouveau roman de Richard Bohringer !

    les_nouveaux_contes_de_la_cite_perdue_01.jpgRichard Bohringer est un artiste dans l'âme. Comédien, acteur (à ce jour, il a joué dans 150 films et 50 téléfilms), musicien, chanteur, écrivain, son talent est évident. Son caractère aussi Clin d'œil. "Difficile à gérer" diront certains. Cela fait partie de son charme. Bref, une vraie gueule du cinéma français.

    Avec ce nouveau roman, Richard Bohringer sort de ses sentiers battus et nous emmène dans un monde simple, composé de personnages attachants, au comptoir du Bout du Monde.

    Texte intimiste, dans John, on reconnaît, ou l'on croit reconnaître l'auteur. Autour du zinc, le voyage devient conte, poésie parfois, humanisme de conversations entre amis. Richard Bohringer joue avec les mots et, je dois l'avouer, nous réconcilie avec son personnage d'éternel écorché vif.

     

    Les nouveaux contes de la cité perdue

    de Richard Bohringer

    Flammarion, mai 2011

    ISBN 978-2-0812-6091-7

    176 pages - 15,00 €

  • Le périple de Baldassare...

    9782203040601.jpgD'après l'oeuvre d'Amin Maalouf, Joël Alessandra nous entraîne dans un voyage merveilleux qui, dans ce premier tome, va de l'actuel Liban à Constantinople (Istanbul), voyage effectué par un marchand de livres nommé Baldassare. Accompagné par ses neveux et par la belle Marta, Baldassare part à la recherche d'un ouvrage mythique intitulé "Le Centième Nom", qui contiendrait le véritable nom de Dieu.

    Toujours animé par de bonnes intentions, le libraire se rend bien compte, un an avant "l'année de la Bête", traduisez 1666, que ce livre sème la mort sur son passage.

    Des dessins d'une grande pureté, aux couleurs très chaudes, au scénario parfumé d'Orient, voilà une trilogie qui s'annonce palpitante et très réussie.

     

    Le Périple de Baldassare

    tome 1 : Le Centième Nom

    de Joël Alessandra

    Casterman, mai 2011

    ISBN 978-2-203-04060-1

    64 pages - 14,00 €