Le fondateur du Routard de passage à Bruxelles...

philippeenphoto.jpg1. Avec le recul, pouviez-vous imaginer, en 1973, le potentiel du Routard ?

Philippe Gloaguen : Absolument pas. Le guide du Routard était d'abord un job d'étudiant. Il me permettait de voyager, de m'offrir des vacances et me fournissait un peu d'argent de poche. La meilleure preuve, c'est que, en même temps, lorsque j'ai démarré le guide du Routard, je me suis endetté pour acheter un restaurant. C'est dire si je n'y croyais pas beaucoup.

2. Etes-vous encore sur le terrain ?

Philippe Gloaguen : Plus que jamais. Je vous dirais que je voyage plus souvent, mais moins longtemps. Je suis toujours dans un coin, soit pour défricher une nouvelle destination, soit pour vérifier la qualité de nos adresses.

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3. Comment abordez-vous le virage du numérique et des applications sur smartphone ? Pensez-vous que l'avenir est là, au point de tuer le guide papier ?

PG : Non, je ne pense pas que le guide papier mourra. Il s'agit quand même de l'objet le plus nomade qui soit. Vous pouvez voyager dans n'importe quelles conditions avec votre guide. Pas besoin de le brancher. Vous pouvez l'annoter à votre guise. Ceci dit, nous avons lancé dix applications qui correspondent à dix grandes villes. Cela démarre lentement. Très lentement devrais-je dire. Mais nous sommes présents sur ce marché. Tout comme internet. Il fallait le faire. Le site routard.com dépasse aujourd'hui les deux millions et demi de visiteurs uniques chaque mois. Ce succès me surprend encore. L'inconvénient majeur de l'application réside dans le coût. C'est très cher. L'adaptation entre le guide papier et l'application représente un investissement énorme.

4. Y a-t-il encore un pays, voire un continent que vous aimeriez découvrir ?

PG : Pas vraiment. J'ai eu la chance d'aller à peu près dans tous les endroits qui m'intéressaient. Je suis loin de tout connaître. Il y a aussi des destinations qui me sont interdites, comme la Corée du Nord ou l'Arabie Saoudite qui n'accepte pas vraiment le tourisme.

5. Lorsque vous vous rendez dans un restaurant, ou lorsque vous logez à l'hôtel, avez-vous le réflexe professionnel de vouloir noter vos impressions ?

PG : Toujours ! 

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6. A l'origine, l'homme est un nomade. Il s'est sédentarisé ensuite. Pensez-vous que le besoin de voyage et d'évasion soit inscrits dans nos gènes ?

PG : Je n'en sais rien, je ne suis pas médecin. Mais je vous dirais que le voyage et la rencontre sont d'abord un facteur de paix.

7. Le Routard est aujourd'hui une entreprise solide et bien structurée. Aviez-vous, à la base, une âme d'entrepreneur ou avez-vous été bien obligé de vous adapter ?

PG : J'ai été obligé car au début de l'aventure, c'était quelque chose de marginal, réalisé par une bande de copains. La prise de conscience m'est venue subitement, le jour où l'un de mes collaborateurs et ami est devenu papa. Ce fut comme une sorte de douche froide. Il n'était plus question de déconner. 

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