• L'amour du tennis

    9782259210959.jpgMes premiers balbutiements tennistiques ont eu lieu sur la plage de Blankenberge, au milieu des années 70. Une raquette en bois, quelques balles - blanches à cette époque - et un terrain tracé à la hâte sur le sable durci par la marée. Point de filet, mais beaucoup d'imagination. Comme le rappelle Patrice Dominguez, la pratique du tennis en France a débuté sur les plages normandes ou bretonnes.

    Mois de juillet 1981, je regarde le match Connors - Borg sur le petit écran. Wimbledon, demi-finale, l'enjeu est énorme et la tension palpable. Les deux hommes sont au sommet de leur art. Dès l'entame, Jimbo écrase son adversaire : 6/0. Sa pugnacité, sa rage de vaincre et son attirance pour le jeu d'attaque font merveille. Le Suédois, placide comme à son habitude, encaisse les coups et ne laisse rien paraître. Il attend que l'orage Connors passe. Mené deux sets à rien, Borg équilibre les échanges, serre le jeu, pousse son adversaire à la faute et empoche le troisième set. Devant mon écran de télévision, je suis captivé par la remontée fantastique du champion suédois. Il court sur chaque balle et, orgueil de champion oblige, assène un 6/0 à Jimmy Connors au quatrième set. Björn Borg finit par gagner la partie, en cinq manches. C'est décidé. Moi aussi, il le faut, je jouerai au tennis.

    Borg-Connors.jpg

    Trente ans plus tard, ma passion pour ce sport ne s'est jamais démentie. Au fil des lustres, j'ai admiré les exploits de mes joueurs favoris : Mats Wilander, Stefan Edberg, Pete Sampras, Roger Federer, et depuis peu, la perfection nommée Djokovic.

    Aussi la lecture de cet ouvrage fut pour moi une plongée dans mes souvenirs maquillés de terre rouge, mais aussi une découverte de celles et ceux qui ont façonné la grande Histoire du tennis. La rencontre de M. Patrice Dominguez restera un moment exaltant, rendue possible par le biais de mon autre passion : la lecture.

    Construit en abécédaire, le livre revient sur bon nombre d'épisodes incroyables, comme celui consacré à Richard Noris Williams, surnommé "Dick", qui, après avoir eu les membres gelés lors du naufrage du Titanic, devint un grand champion de tennis. Autre personnage truculent : Goran Ivanisevic qui, en conférence de presse, au soir de sa finale de Wimbledon remportée sur le tard en 2001, annonça aux journalistes : "Avant la finale, j'ai dit à Dieu, laisse-moi enfin gagner ce tournoi et j'arrêterai de jouer au tennis. Comme j'ai gagné, peut-être que Dieu veut que je rentre chez moi, mais moi je ne veux pas. On est en pleine négociation en ce moment."

    Ou encore ce passage qui trahit exactement la psychologie de deux champions hors normes : "Un soir de 1985 au bar de l'hôtel Hilton de Minneapolis après un match exhibition, Björn Borg et John Mc Enroe devisent et refont le monde - du tennis bien sûr - autour de quelques bières. John est dépité, il a perdu la finale de l'US Open contre Ivan Lendl (qu'il déteste) et en même temps sa place de Number One au classement mondial. Björn fait la moue et John joue, comme d'habitude, le rôle du fier-à-bras : "Après tout, ce n'est pas si mal d'être n°2, j'aurai moins de pression et puis beaucoup de joueurs souhaiteraient être à ma place." Björn remue encore plus la tête, remet sa chevelure blonde vers l'arrière, et interrompt Big Mac : "Number One est la seule chose qui compte, John. Tu le sais aussi bien que moi. Si tu es numéro 2, tu peux être aussi bien numéro 3 ou 4, c'est-à-dire personne."

    SDC11055.JPG

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1. Commençons par la question la plus gênante. Pourquoi ne pas avoir parlé de Justine Henin ?

    Patrice Dominguez : C'est un oubli. Un oubli regrettable parce que c'est une joueuse que j'ai beaucoup admiré, beaucoup commenté, et avec laquelle j'entretiens d'excellentes relations. Au bout d'un moment, l'éditeur m'a dit : "Il faut remettre le texte." C'est donc un oubli, parce que j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Justine. Elle a eu une carrière phénoménale à partir d'un physique qui ne l'était pas, par rapport à l'évolution du jeu, la puissance de ses rivales, les soeurs Williams, Sharapova, Davenport, Kim Clijsters et, par rapport à Amélie qui était, pour nous Français, sa grande rivale.

    S'il y a un autre tirage, je rajouterai deux chapitres : le revers et... Justine.

    2. De 1981 à 1989, Lendl était l'homme à battre à Roland Garros. Celui qui éliminait le Tchèque gagnait le tournoi, sauf en 1988 où il fut battu par Jonas Svensson.

    Patrice Dominguez : D'abord Lendl a beaucoup gagné avant de parvenir à gagner un tournoi du Grand Chelem. Il y est parvenu à Roland Garros dans des circonstances dramatiques en battant le meilleur joueur du monde à l'époque. Ce fut la bascule dans la vie de Lendl. Avant cette finale mémorable de 1984, on pensait que Lendl était friable dans les grands rendez-vous, et ce jour-là, il ne va pas céder. Il va plier, plier, plier, jusqu'à ce que John pique une colère et baisse de régime.

    roland-garros-1984.jpgA partir de ce titre, lui qui avait perdu six ou sept finales avant, va en gagner six ou sept après.

    Il va devenir une espèce de monstre à l'US Open. Il lui arrivera à Wimbledon ce qu'il a fait subir à Mc Enroe à Roland Garros. La tache de Lendl sur son palmarès, c'est Wimbledon. La tache de Mc Enroe, et un sujet qu'on ne peut toujours pas aborder avec lui, c'est Roland Garros.

    3. L'évocation d'Emil Zatopek dans votre livre m'a profondément ému. Qu'avez-vous ressenti lorsque vous l'avez aperçu en train de balayer les lignes de votre court ?

    Patrice Dominguez : L'injustice de la vie et les circonstances qui font que celui qui a été le plus grand puisse avoir été brisé par un système totalitaire complètement inique. Avant ce moment, je n'avais jamais vu Zatopek physiquement. Pour moi, c'était une foulée, une attitude, le concurrent de notre Alain Mimoun, son ami aussi au-delà de la compétition. Quand j'ai reconnu ce type avec son short et son marcel pousser son chariot, j'ai été profondément peiné et meurtri par cette déchéance. Je ne pouvais pas comprendre qu'on ait pu briser un homme simplement pour des pensées idéologiques, alors qu'il avait porté le flambeau de toute une nation.

    zatopek.jpg4. Ivanisevic est un bon joueur de foot. Lendl excelle en golf, tout comme Wilander. Borg aurait pu devenir un coureur de 400 mètres de très haut niveau. Pensez-vous que, à la base, un tennisman professionnel soit très polyvalent ?

    Patrice Dominguez : Les plus grands sportifs sont en général très polyvalents. Si l'on prend les joueurs français, que je connais très bien, Mika Llodra est un excellent joueur de foot, Gaël Monfils est un athlète exceptionnel. Je pense que Roddick, avec sa vitesse d'épaule, serait devenu un bon joueur de base-ball. Un sport tel que le tennis impose à ses pratiquants un déplacement dans l'axe, mais aussi latéral, de bonnes notions d'équilibre, une bonne vision de la balle. On est donc privilégié à la pratique d'autres sports.

    5. Vous avez été n°1 français dans les années 70. Or, très peu de monde se souvient de vous comme joueur de tennis. Pensez-vous qu'on ne retient que les "Number One" ?

    Patrice Dominguez : La société d'aujourd'hui ne retient que les Number One ou les très fortes personnalités. Il y a des numéros un ou une dont on ne se souvient pas forcément. Je me souviens avoir vu Borg, à mes côtés, et des gens me faire signer un autographe en tant que commentateur télé, sans avoir reconnu le champion suédois. On se souviendra très probablement plus d'un Agassi que d'un Sampras, qui a pourtant eu une carrière exceptionnelle.

    6. Il y a quelques mois, j'ai rencontré Cathy Tanvier, ex-numéro 1 française. Elle m'a rappelé la difficulté de reconversion pour beaucoup de joueuses et joueurs professionnels. Pensez-vous qu'il faudrait mettre en place une structure pour aider ces jeunes à préparer leur reconversion ?

    Patrice Dominguez : Tout à fait. Il est du devoir d'une fédération qui se veut formatrice que de considérer qu'il y a beaucoup de joueuses et de joueurs entraînés pour très peu d'élus à la sortie. Lorsque j'avais sous ma responsabilité la direction technique de la FFT, nous envisagions très tôt, avec les parents, le futur de nos poulains. A la FFT, où nous bénéficions de gros moyens financiers grâce à Roland Garros, le nombre de joueurs et de joueuses entraînés entre 7/8 ans et 17/18 ans, correspond à environ 500 enfants.

    Sur ces 500, et les statistiques sont impitoyables, vous avez un joueur ou une joueuse par année d'âge qui va intégrer l'équipe de Coupe Davis ou de Fed Cup. Et certaines années, vous n'en aurez pas, quels que soient les efforts financiers ou sportifs consentis. Un jeune coûte, de 7 à 18 ans, à peu près un million d'euros. C'est énorme. Dix ans, dix mille heures, mille matchs !

    Certes, vous pouvez décrocher un super millésime, comme vous en Belgique grâce à Justine et Kim. Mais avant ? Et après ? C'est un sport individuel. C'est donc très compliqué. Quand je m'adresse aux parents, je leur soutiens que le Bac, c'est obligatoire. Si l'enfant ne va pas au Bac avec nous, en marge de ses activités tennistiques, je ne le garderai pas.

    Dans le tennis français, et c'est un bilan dont je suis fier, après trois ou quatre années passées à la FFT, on garantit un diplôme. Ou il passe et décroche son baccalauréat à 18 ans, ou il reçoit une formation pour lui permettre de devenir professeur de tennis. Il faut assurer un avenir à nos jeunes.

     

    L'amour du tennis

    de Patrice Dominguez

    Plon, mai 2011

    21,00 €

     

     

     

     

  • Jean-Pierre Coffe chez Tapage...

    rencontre jpcoffe.jpgA vos agendas !

    Le lundi 20 juin prochain, j'aurai l'immense plaisir d'accueillir à la librairie Tapage le meilleur défenseur de la bonne cuisine de terroir.

    Un événement qui, je l'espère de tout coeur, attirera beaucoup de monde.

    Où ?

    Librairie Tapage

    83, Cours Saint-Michel

    1040 Bruxelles

    www.tapageweb.be

    Tél : 02 / 733 37 70

  • Coup de gueule !

    5.gifMesdames les éditrices, messieurs les éditeurs, ce message vous est adressé. Normalement, le fait de lire plusieurs livres chaque mois devrait favoriser voire consolider la bonne orthographe des lecteurs. Or, depuis quelques années, la quantité de fautes, de coquilles, d'erreurs grossières de langage ont tendance à se multiplier.

    9782876916401.jpg

    Que ce soit dans le roman que je lis actuellement, publié chez Stock, ou dans les deux précédents, publiés chez Plon, j'ai repéré beaucoup trop d'oublis, voire de fautes impardonnables pour des maisons d'édition d'un tel renom.

    Le problème concerne l'ensemble des structures éditoriales. Manque de correcteurs ? Augmentation du nombre de parutions ? Obligation de rapidité ? Volonté de réduire les coûts ? Les causes sont nombreuses.

    Vous l'aurez compris : toutes ces fautes m'énervent au plus haut point.

  • Zapping Connection...

    la_zapping_connection_01.jpgNe faisant pas partie de cette génération Y, celle née avec un ordinateur dans la main, j'ai donc été le témoin des bouleversements technologiques des ces trente dernières années. A ce titre, ce bouquin vient bien à propos.

    Comme le souligne l'auteur : "Arrivé à maturité il y a à peine vingt ans, le zapping s'est rapidement imposé comme un paramètre de la vie en société, une évidence durable et internationale. Le web, outil du zapping, n'a pas seulement occasionné le rapprochement des individus, il a aussi changé notre appréhension du monde, notre relation au quotidien et au temps."

    Un livre qui fait peur ? En un sens oui. Un livre pour les nostalgiques ? Pas exactement. Je dirais plutôt un ouvrage destiné à celles et ceux qui, comme moi, ont le sentiment que tout s'accélère au point qu'on a toujours le sentiment d'avoir un train de retard.

     

    Zapping Connection

    d'Eric de Ficquelmont

    éditions Timée, mai 2011

    ISBN 978-2-35401-298-4

    304 pages - 17,00 €

  • Elysée République...

    elysee_republique_tome_3_echelon_presidentiel.jpgImmersion dans les arcanes de la politique française. Constant Kérel, député du Morbihan, est le principal opposant du président de la République. Son ambition n'a pas de limites. Quant aux moyens déployés pour la satisfaire, peu lui chaut.

    Cette série qui se veut avant tout commerciale multiplie les clichés, les poncifs maladroits, et au final, ne m'a pas du tout convaincu.

     

    Elysée République

    tome 3 : Echelon présidentiel

    Scénario : Rémy Le Gall, dessins : Frisco

    Casterman, mai 2011

    ISBN 978-2-203-01844-0

    48 pages - 10,40 €

     

  • Une nouvelle collection aux éditions du Rocher...

    9782268071350.jpgeloge_du_contraire_01.jpgExercices de style pour certains, défouloirs pour d'autres, argumentations et contre-argumentations, cette nouvelle collection composée d'essais, et dirigée par François Cérésa, promet de secouer nos neurones, ce qui, en soi, ne pourrait nous faire du mal.

    "Eloge du contraire" et "Eloge de la vulgarité" ouvrent le bal. Viendront éloge de la trahison, du cynisme, du non, de la sauvagerie, du snobisme, du mauvais goût, de la luxure, et bien d'autres titres d'une collection au format comparable à ceux publiés par la maison Actes Sud.

     

    Eloge de la vulgarité / Eloge du contraire

    de Claude Cabanes / de François Bott

    éditions du Rocher, mai 2011

    ISBN 978-2-268-07135-0 / ISBN 978 -2-268-07134-3

    138 pages - 12,90 € / 106 pages - 12,90 €

     

  • Belgique, un roi sans pays !

    9782259213097.jpgEn tant que Belge, il n'y a pas grand-chose de neuf à se mettre sous la dent. Du travail journalistique, vite écrit trop vite relu - beaucoup de coquilles -, intéressant pour le Français qui désire se pencher sur le paysage politique noir-jaune-rouge. Ou plutôt le marasme politique...

    Quant au rôle du roi, les auteurs reprennent les déclarations des principaux élus : "Oui, une modification du statut royal s'impose."

    Beaucoup de Belges voient en la personne royale la dernière, l'ultime soudure qui maintient l'unité du pays. Quid de sa succession ? Philippe Ier ? Une telle éventualité ne semble pas réjouir l'ensemble de la classe politique, tant du côté flamand que wallon. Bref, l'avenir de la Belgique ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices.

     

    Belgique, un roi sans pays

    de Martin Buxant et Steven Samyn

    Plon, mai 2011

    ISBN 978-2-259-21309-7

    208 pages - 18,00 €

     

  • U-Boot !

    9782356482471.jpgMars 1945, quelque part en plein océan Atlantique, un U-Boot, sous-marin allemand, trace sa route vers l'Amérique du Sud. A son bord, un "colis" qui angoisse le commandant du navire au point de renoncer à couler des proies pourtant jugées faciles par son équipage.

    Mai 1951, dans la jungle amazonienne, une expédition de cartographes découvre un U-Boot échoué, rongé par le temps et la nature environnante.

    juin 2059, Venise, la Sérénissime, un jeune étudiant fait une découverte macabre et veut avertir son professeur. Mais une tueuse déboule et l'assassine d'une balle en pleine tête.

    Un tome 1 qui promet. Jean-Yves Delitte plante le décor et les personnages. Trois ambiances qui ont pour effet de décupler notre curiosité. Mis à part quelques fautes d'orthographe, le scénario est emballant, le dessin précis, en clair, cette série figurera sans hésiter parmi les bonnes surprises de l'année.

     

    U-Boot

    tome 1 : Docteur Mengel

    de Jean-Yves Delitte

    12bis, avril 2011

    ISBN 978-2-35648-247-1

    48 pages - 13,50 €

  • S.A.M.

    9782205067385.jpgVoilà une série qui devrait convaincre un public jeune, voire très jeune, et divertir l'adulte. Dans une cité en ruines, ressemblant étrangement à la Grosse Pomme, un groupe d'adolescents survit tant bien que mal. Terrés dans les "catacombes" de la ville, ils sont sans cesse pourchassés par des machines tueuses. Ambiance "Terminator" tout au long de l'album. L'inspiration est évidente. Côté sources possibles, on pourrait y ajouter le dessin animé "Le géant de fer". Rien de bien neuf à se mettre sous la dent. Mais le plaisir de lecture est bel et bien présent. N'est-ce pas là l'essentiel ?

     

    S.A.M.

    tome 1 : Après l'Homme

    Scénario : Richard Marazano, dessin : Xiao Shang

    Dargaud, avril 2011

    ISBN 978-2205-06738-5

    48 pages - 13,95 € 

  • Bézian et Sibylle Delacroix exposent ensemble...

    SDC11018.JPGSibylle Delacroix dessine pour la jeunesse. Elle a publié plusieurs albums chez Bayard, Milan et Casterman. A l'époque de son enfance, elle ne se lassait pas de regarder "Sissi impératrice" ou "Angélique, Marquise des Anges". Aujourd'hui, elle ne renie pas cette double inspiration.

    SDC11016.JPG

    Frédéric Bézian vit grâce à la BD. Auteur connu et reconnu, il partage la vie de Sibylle et expose ses planches, associées pour la première fois aux dessins de Sibylle. La production d'albums pour la jeunesse est un univers qui travaille parallèlement à celui de la BD et qui compte de nombreux points de rapprochement.

    Ensemble et au travers de cette exposition, ils ont voulu dresser une passerelle entre leurs deux mondes artistiques respectifs.

    Où ?

    Galerie Petits Papiers

    1, place Fontainas

    1000 Bruxelles

    Dates

    Expo visible jusqu'au 11 juin 2011 de 10h00 à 18h30

    SDC11020.JPG

     

     

  • L'homme squelette

    9782203036239.jpgL'une des enquêtes de la police tribale navajo se retrouve aujourd'hui traduite en BD par l'entremise de Will Argunas. Malgré une intrigue assez facile à comprendre, le lecteur se perd très rapidement. Trop de chevauchements perturbent le découpage des planches. Trop peu d'action. Si l'on rajoute la difficulté à reconnaître chacun des personnages et de percevoir leur implication, on obtient un beau gâchis.

     

    L'homme squelette

    de Will Argunas

    d'après le roman de Tony Hillerman

    Rivages / Casterman / Noir, avril 2011

    ISBN 978-2-203-03623-9

    96 pages - 18,00 €

  • C'est pour ça que je m'appelle Giovanni !

    9782505011286.jpg"Un jour, parce que Giovanni se fait racketter à l'école, son père décide qu'il est temps de lui expliquer pourquoi il porte le même prénom que le juge Giovanni Falcone. Père et fils parcourent les rues de la ville de Palerme sur les traces de ce magistrat qui, dans les années 80, a courageusement combattu la Mafia."

    Un roman graphique indispensable, à faire lire par nos enfants... absolument. Cosa Nostra, ou deux mots qui aujourd'hui fascinent plus qu'ils n'effraient. Enfin décrite comme "le Monstre", la Mafia est présentée aux jeunes lecteurs de façon très réaliste. L'Italie est un pays rongé par cette gangrène qui touche toutes les classes sociales. Grâce à la témérité d'hommes tels que le juge Falcone, le moteur de Cosa Nostra s'est grippé. D'autres mafias, tout aussi dangereuses, ont développé leurs activités.

    Plus que didactique, cet album est également très émouvant. Il marque les esprits. Claudio Stassi a réalisé un travail exceptionnel, qui a dû demander de nombreuses heures de recherches, de repérages, de réflexion sur la façon la plus adéquate pour aborder un tel sujet.

    En s'inspirant du roman de Luigi Garlando, Claudio Stassi nous permet de transmettre un message fort aux jeunes générations.

     

    C'est pour ça que je m'appelle Giovanni

    de Claudio Stassi

    d'après le roman de Luigi Garlando

    Dargaud, mai 2011

    ISBN 978-2-5050-1128-6

    168 pages - 15,95 €

  • Une vie plus loin

    9782923865362.jpgEric, trente-cinq ans, est un jeune cadre qui expose sa réussite matérielle au grand jour, fier comme Artaban. Plutôt beau gosse bien sapé, il joue au séducteur mais une fois conquise, martyrise la belle, la violente pour, très rapidement, la rejeter. Un soir, Eric, complètement soûl, au volant de son coupé sport lancé à toute blinde, percute un autre véhicule de plein fouet et succombe dans l'accident.

    Son arrivée dans le fameux couloir de la mort le laisse perplexe. Il tente de se protéger derrière son humour caustique, son apparente décontraction et son insolence pour, une fois de plus, s'en sortir sans dommages et pouvoir reprendre ses activités terrestres. Prétentieux, iconoclaste, froid, charmeur impétueux, arriviste sans scrupules, cet homme doit se présenter au tribunal de sa vie. En clair, pour accéder au paradis, c'est pas gagné.

    Si l'on met de côté les quelques coquilles repérées çà et là, j'ai pris un plaisir fou à lire ce roman que je ne peux que vivement recommander. Primo, si tout ce qui y est écrit se vérifie lorsque j'aurai quitté le monde des vivants, il est préférable de dire du bien de ce livre. Secundo, voici une histoire qui remet à leur place les vraies valeurs de l'existence. Et enfin tertio, ce roman se lit d'une traite, le sourire aux lèvres car l'auteure ne manque pas d'humour et, c'est malheureusement une certitude, la mort nous concerne toutes et tous.

     

    Une vie plus loin

    de Gracianne Hastoy

    Cogito, mars 2011

    ISBN 978-2-923865-36-2

    288 pages - 18,00 €

  • En quête de vérité

    9782702142066.jpgQuinze ans après les faits, René Guitton revient sur cette affaire dramatique qui coûta la vie aux sept moines de Tibhirine. Il nous présente une enquête fouillée qui, enfin, répond à des questions restées jusque-là sans réponses.

    Quels ont été les éléments déclencheurs de ce massacre ? Où reposent-ils à présent ? Pourquoi a-t-il fallu attendre 2006 pour qu'un juge français diligente une commission rogatoire en Algérie ? Quelle fut, tout au long de ces quinze années, l'attitude du Vatican ? Pourquoi la seule famille de Christophe Lebreton, alias Frère Christophe, s'est-elle portée partie civile ?

    Dans son livre paru en 2001, intitulé "Si nous nous taisons, le martyre des moines de Tibhirine", René Guitton avait brossé les circonstances de la mort de ces frères cisterciens. Plusieurs faits ou révélations ont convaincu l'auteur qu'un second ouvrage serait utile pour une meilleure compréhension.

     

    En quête de vérité

    de René Guitton

    Calmann-lévy, mars 2011

    ISBN 978-2-7021-4206-6

    380 pages - 21,50 €

  • Pour l'empire...

    9782205067255.jpgUne quête fantastique menée par quelques légionnaires. Contrairement au deuxième tome, ce dernier opus me laisse un arrière-goût fort peu agréable. D'un point de vue purement artistique, je devrais pourtant applaudir. Mais une bande dessinée n'est pas, à mon sens, une oeuvre d'art. Beaucoup de brouillard, tant dans mon esprit que dans les pages de cet album. Dommage.

     

    Pour l'empire

    tome 3 : La fortune

    de Merwan et Bastien Vivès

    Poisson Pilote (Dargaud), mai 2011

    ISBN 978-2205-06725-5

    48 pages - 11,55 €

  • DonQuiFOOT !

    9782359490176.jpgEn rugby, on aurait pu dire que l'éditeur Don Quichotte a pour ambition de marquer des essais. En jargon éditorial, je dirais plutôt que cette nouvelle maison d'édition a pour objectif de marquer les esprits en publiant des essais.

    Ce livre n'est par contre pas vraiment un essai. Un dictionnaire ? Disons qu'il est construit comme tel, alphabétiquement, mais de là à le considérer comme un dictionnaire... L'éditeur annonce d'ailleurs la couleur : "dictionnaire rock, historique et politique du football."

    Hubert Artus a très certainement pris beaucoup de plaisir à rédiger cet ouvrage, comme j'en prends à le parcourir à ma guise.

    J'y ai retrouvé, notamment, notre Goethals national et sa célèbre anecdote concernant Eric Cantona. Lorsque le Français préféré des Anglais adresse à son entraîneur belge un : "On ne met pas Canto sur le banc !", Goethals rétorque aussitôt : "Prends une chaise et assieds-toi à côté, alors."

    Outre ce passage mémorable, on retrouve aussi les papinades de Jipépé, Thierry Henry - l'auteur évoque de manière très succincte sa main qui qualifia la France -, ou encore la réponse de Johnny peu avant la finale de 1998, très drôle celle-là, digne du rockeur dépeint par les Guignols de l'info.

    Un dictionnaire non exhaustif certes, mais qui devrait procurer du bon temps aux milliers de fans de foot. Une bonne idée de cadeau pour la fête des pères...

     

    DonQuiFOOT

    de Hubert Artus

    Don Quichotte, mai 2011

    ISBN 978-2-35949-017-6

    496 pages - 19,90 €

  • Un hiver de glace

    9782203018211.jpgAmbiance très noire pour ce roman graphique inspiré du livre de Daniel Woodrell. Malgré un dessin qui sonne juste, on ne parvient pas vraiment à se plonger en Arkansas, dans les monts Ozarks. Certes, l'adaptation d'un roman en bande dessinée n'est pas chose aisée. Mais l'histoire ne décolle pas vraiment, restant toujours dans le flou, même si l'idée première est très simple : Ree Dolly, 16 ans, doit absolument retrouver son père en fuite, sous peine de tout perdre. Seule, elle ne pourrait assurer l'avenir de ses jeunes frères et de sa mère qui n'a plus toute sa tête.

     

    Un hiver de glace

    Dessin : Romain Renard

    d'après le roman de Daniel Woodrell

    Rivages / Casterman / Noir, avril 2011

    ISBN 978-2-203-01821-1

    104 pages - 17,00 €

  • MEZEK !

    9782803628612.jpgIsraël, un pays fabriqué de toutes pièces, enclavé dans le monde arabe. En 1948, la création de l'Etat hébreu provoque les hostilités de plusieurs pays, dont l'Egypte, qui envoient leurs avions pilonner les positions juives. Pour faire face aux chasseurs Spitfire ennemis, les autorités israéliennes de l'époque ne peuvent opposer que quelques "Mezek" pilotés par des mercenaires venant de tous pays, grassement rémunérés pour servir la cause juive. Parmi eux, on retrouve Björn, un pilote chevronné.

    Les auteurs ont merveilleusement retranscrit l'atmosphère houleuse de cette période de reconstruction. Les plaies dues à la Seconde Guerre mondiale étaient encore béantes. Pas facile. La collection "Signé" du Lombard compte bon nombre de pépites qui méritent le détour. Une nouvelle fois, un album de cette collection m'a totalement séduit.

     

    MEZEK

    Signé Juillard / Yann

    Dessin : André Juillard, scénario : Yann

    Le Lombard, avril 2011

    ISBN 978-2-8036-2861-2

    72 pages - 15,95 €

  • Sisco déboule en librairie...

    9782803627998.jpgDécidément, la fille du président est sans conteste la reine des garces. Et pour la surveiller, nuit et jour, c'est Sisco qui s'y colle. Elle les accumule. Fille trop gâtée, elle touche à l'alcool... et à la drogue. Le hic, c'est que son père de président veut faire passer une loi anti-drogue plutôt restrictive. L'opposition aurait beau jeu s'ils apprenaient la dépendance de la propre fille du chef de l'Etat.

    La série, construite en diptyques, atteint son rythme de croisière. Et franchement, j'adore.

     

    SISCO

    tome 3 : Gin-Fizz

    Dessin : Thomas Legrain, scénario : Benec

    Le Lombard, avril 2011

    ISBN 978-2-8036-2799-8

    48 pages - 11,95 €

  • La ribambelle reprend du service

    9782505006954.jpgLe premier album de cette série a vu le jour en 1965, chez Dupuis. Jean Roba avait repris à son compte l'idée d'un certain... André Franquin. Tour à tour épaulé par Vicq, Maurice Tillieux, Yvan Delporte et Jidéhem, Roba publiera six tomes de cette bande de gamins.

    Aujourd'hui, la série renaît de ses cendres, grâce à Zidrou et à Jean-Marc Krings. Le concept a mal vieilli. Même si les auteurs ont respecté la touche d'humour, le caractère des personnages, même si l'histoire tient la route et s'avère plaisante à lire, je doute qu'elle atteigne le public-cible, à savoir les enfants, pour ne contenter que les quelques nostalgiques des années 60 et 80.

     

    La ribambelle reprend du service

    scénario : Zidrou, dessin : Jean-Marc Krings

    Dargaud, mai 2011

    ISBN 978-2505-00695-4

    48 pages - 10,45 €

  • La France que j'aime

    9782226206244.jpgLorsque Pierre Bonte nous raconte la France, on ne peut que se sentir proche de ces gens, de ces hameaux, de ces lieux protégés où l'on y mange bien, où l'on s'y sent bien, où l'on se réfugierait volontiers.

    Pierre Bonte nous emmène à Camembert, à Veules-les-Roses, à Chavignol, à Najac, et dans tant d'autres localités qui valent le détour, sans oublier Montcucq, rendu célèbre grâce à l'humour de Daniel Prévost.

     

    La France que j'aime

    de Pierre Bonte

    Albin Michel, septembre 2010

    ISBN 978-2-226-20624-4

    272 pages - 18,00 €

  • Longtemps j'ai rêvé d'elle

    9782081255593.jpgDu commercial pur jus ! L'objectif de Thierry Cohen n'est assurément pas de décrocher un grand prix littéraire, mais un contrat juteux d'adaptation cinématographique. Il sait où se trouve son intérêt et celui de son éditeur, au point de promouvoir son roman par le biais d'une bande-annonce de 33 secondes diffusée dans 160 salles UGC à Paris et en province, et ce du 11 au 24 mai. Bref, Flammarion sort la grosse artillerie.

    Facile à lire, facile à comprendre, vendu en mai en prévision des lectures de sable fin sous un soleil de plomb, le roman de Thierry Cohen ne réinvente rien, mais se veut plaisant. Plutôt destiné à un lectorat féminin, plus friand de ce genre de littérature, le livre propose une couverture artistique pour le moins efficace.

    Quant à l'histoire, car il y a histoire avant tout, elle se résume en quelques lignes - ou en 33 secondes - : une romance épistolaire entre un auteur et sa lectrice, lui à travers ses rêves, elle à travers ses ouvrages. Et tout autour, de l'enrobage, de la décoration, du sentiment à deux balles. Pas ma tasse de thé. Mais après tout, l'important n'est-il pas de donner du plaisir, de l'évasion onirique ?

    Raphaël Scali, le nom du romancier dont il est question, ne ressemble en rien à tous ces époux bourrus, amateurs de foot et de bières, poilus des mollets, des fesses et des épaules, ventripotents, qui, pendant que leur chère et tendre lira Musso, Cohen ou Levy au bord d'une piscine, préfèreront regarder en direct l'étape du tour de France dans un bar bien sombre et bien bruyant.

    Vive les vacances !

     

     

    Longtemps, j'ai rêvé d'elle

    de Thierry Cohen

    Flammarion, mai 2011

    ISBN 978-2-0812-5559-3

    448 pages - 19,90 €

  • Les âmes sèches

    9782203016934.jpg9782203019188_cm.jpg9782203016941_cm.jpgBien éloignée de l'album "Le Roi Banal", Antoine Ozanam nous revient avec une trilogie sous le bras : "Les âmes sèches". L'intrigue se déroule non loin de San Francisco, en 1906. Conrad Horswooth est engagé comme précepteur au sein d'une famille bourgeoise possédant un vaste domaine. Sa présence est uniquement destinée à rassurer l'enfant de la maison, Arturo, gravement atteint d'un mal inconnu.

    Histoire fantastique en trois tomes. Ambiance exorciste, peuplée d'esprits retors et de créatures malfaisantes. Rapportée par voie épistolaire, l'histoire enlise le lecteur qui se demande sans cesse s'il doit renoncer ou poursuivre. Trop peu compréhensible, manquant de clarté, les personnages naviguent trop dans le flou. Bref, on s'y perd, même si l'on comprend que le Bien et le Mal s'affrontent dans une lutte sans merci, depuis la nuit des temps, et pour des décennies encore.

     

    Les âmes sèches

    scénario : Antoine Ozanam

    tome 1 : ISBN 978-2-203-01693-4, dessin d'Antoine Pagliaro

    tome 2 : ISBN 978-2-203-01918-8, dessin de Connor Willumsen

    tome 3, ISBN 978-2-203-01694-1, dessin de Bandini

    KSTR, avril 2011