• Scarface !

    9782203030534.jpgL'histoire, bien que connue, conserve tout son attrait, attrait renforcé par un dessin de couverture remarquable. Il faut souligner que le trait de Christian De Metter se marie idéalement à ce genre d'intrigue.

    Classique de la littérature policière, adapté au cinéma, Scarface a toute sa place dans cette collection noire de Rivages et de Casterman, associés dans cette aventure osée mais, à mon sens, ô combien réussie.

    112 pages qui se lisent d'une traite, sans temps mort, au rythme des rafales de mitraillettes, sans fausse note. Gare aux balles perdues.

     

    Scarface

    de Christian De Metter

    d'après le roman d'Armitage Trail

    Rivages/Noir/Casterman, avril 2011

    ISBN 978-2-203-03053-4

    112 pages - 18,00 €

  • Quand la poisse s'en mêle...

    kdo-bd-schtroumpfs-arbre.jpgLes petits Schtroumpfs sont de retour. Chaque année, la fête de l'alibouschtroumpf réunit tout le village. Cet arbre est schtroumpf il y a longtemps déjà, mais les Schtroumpfs en ont conservé le tronc, qu'ils ont recouvert de schtroumpfs d'or. Une fois l'alibouschtroumpf schtroumpfé au milieu du village, ils schtroumpfent joyeusement tout autour du schtroumpf. Mais ce soir-là, l'orage s'invite et la foudre tombe sur l'alibouschtroumpf, le réduisant en schtroumpfs. Pas de schtroumpf.

    Sur le thème des croyances, des grigris, de la malchance, les auteurs présentent aux lecteurs de 7 à 77 ans un album schtroumpfement bien pensé. Ces petits Schtroumpfs me sont toujours aussi sympathiques. Ils font partie intégrante du patrimoine du 9ème schtroumpf.

     

    Les Schtroumpfs et l'arbre d'or

    Scénario : Alain Jost et Thierry Culliford

    Dessin : Pascal Garray

    Le Lombard, avril 2011

    ISBN 978-2-8036-2648-9

    48 pages - 10,45 €

  • 6 juin 1944 !

    9782203017320.jpgChaque année, c'est la même rengaine : à l'approche du 6 juin, l'image du débarquement allié et de ses plages envahit les consciences. Même si ces événements meurtriers remontent à près de 70 ans, et que de moins en moins de témoins foulent encore notre sol à ce jour, la Seconde Guerre mondiale opère toujours une sensation étrange. Après tout, ce conflit demeure le dernier à avoir ravagé nos contrées occidentales.

    Les éditions Casterman publient deux ouvrages en prélude à cette commémoration. La vingt-deuxième aventure de Lefranc met en avant le personnage de Jeanjean, envoyé dans un camp scout sur les côtes de Normandie. Beaucoup d'invraisemblances, de longueurs inutiles, d'apparitions de fantômes, pour très peu d'implication du journaliste qui, s'il frôle la mort à deux reprises, s'en sort toujours sans la moindre ecchymose, sans la moindre séquelle. Fortiche ! Une BD à l'ancienne qui ne m'a pas convaincu.

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    Par contre, le "Mur de l'Atlantique", repris dans la collection "Les reportages de Lefranc" est un petit bijou de clarté et de construction (logique quand on conte l'édification d'un mur).

    Le sens didactique de cet album, servant de prolongement aux nouvelles aventures de Lefranc décrites ci-dessus, permet de très bien visualiser ce qui fut l'un des principaux chantiers de l'histoire. Le plaisir qu'offre la lecture de cet ouvrage nous incite à visiter ou à revisiter musées, lieux, casemates et bunkers accessibles au public.

     

    LEFRANC

    tome 22 : Les enfants du bunker

    de Alain Maury et Michel Jacquemart

    Casterman, avril 2011

    ISBN 978-2-203-01732-0

    48 pages - 10,40 € 

     

    Le Mur de l'Atlantique

    de Olivier Weinberg

    Casterman, avril 2011

    ISBN 978-2-203-02135-8

    56 pages - 12,90 €

  • Quelques cerises sur mon gâteau

    quelques_cerises_sur_mon_gateau_01.jpg"Et s'il fallait tout recommencer ? Cette question, on me l'a posée cent fois. Et, aujourd'hui encore, je réponds par un OUI franc et massif. Ne serait-ce que pour revivre les belles rencontres qui font qu'après la surprise, l'émotion ou le trac du face-à-face surviennent les étapes qui permettent d'aller à la découverte de l'autre. Une étape difficile lorsque "l'autre" fait partie de votre vie depuis l'enfance et plus encore quand il s'agit d'une personnalité. Il faut savoir s'enrichir au contact des êtres rares qui construisent notre itinéraire."

    1. Qu'est devenu le piano de Bécaud ?

    Alice Dona : Il est chez Bécaud. Il est dans la cabane en bois. Il est à la campagne, dans le Poitou. J'irai peut-être le voir un jour.

    2. Si vous aviez la possibilité de dîner ce soir avec l'un des grands disparus dont vous parlez dans le livre, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

    AD : Je voudrais dîner avec Annie Girardot, parce que c'était ma copine et pour se payer une bonne tranche de rigolade entre filles. Je me referais bien un bon dîner de filles avec Annie Girardot et Romy Schneider. Je repasserais bien cette soirée.

    3. Le décès d'Annie Girardot a réveillé les consciences. Elle a donc une nouvelle fois vaincu la maladie car de l'oubli elle est passée en un éclair à l'hommage universel rendu par tous les médias.

    AD : Je crois que les gens se sont rendu compte que eux n'avaient pas la maladie d'Alzheimer. Ils ont pris conscience que cela pouvait arriver demain, à n'importe qui.

    4. Pourrait-elle s'ériger en symbole de l'ingratitude du métier du spectacle au point de l'avoir vu finir ses jours complètement ruinée ?

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    AD : Ayant vécu sa traversée du désert, je pense que, quelque part, elle a peut-être un peu provoqué les choses elle-même. C'est un peu osé de dire ça mais tant pis. Quand on s'est rencontrées, Annie en avait ras-le-bol de faire pleurer dans les chaumières, elle n'en pouvait plus de son rôle de docteur Françoise Gailland, elle en avait marre de "Mourir d'aimer". Elle me disait : "Moi, j'ai envie de rigoler et à partir de maintenant, je ne veux plus faire que des comédies."

    Elle est donc partie dans une mouvance qui a débuté par un rôle de chauffeur de taxi dans "Le dernier baiser", avec Maria Pacôme pour partenaire. Je le sais d'autant plus que c'est moi qui ai composé la musique de ce film. C'est d'ailleurs à cette occasion que j'ai fait la connaissance d'Annie Girardot.

    Elle a ensuite enchaîné par le tournage de deux ou trois comédies d'affilée. Bref, dans la profession, elle avait lancé le mot d'ordre : "Marre des drames !" A cette époque, elle n'a pas eu la chance de pouvoir jouer dans une comédie qui ait cassé la baraque et elle n'a peut-être pas reçu de scenarii suffisamment costauds non plus.

    En fait, Annie a toujours été perdue par sa grande générosité. Elle s'est peut-être jetée toute seule dans le fossé, sans pouvoir se relever. Elle a voulu essayer plein de trucs, même une comédie musicale - par amour -, et, en 2000, la maladie s'en est mêlée. A la réflexion, avec le recul, le monde du cinéma n'était pas obligé de la bouder à ce point-là sous prétexte qu'elle ne voulait plus faire pleurer dans les chaumières.

    propos recueillis lors du salon du livre de Paris

     

    Quelques cerises sur mon gâteau

    de Alice Dona

    Flammarion, février 2011

    302 pages - 19,90 €

     

     

  • Françoise Dorin de passage à Bruxelles...

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    1. De 1975 à 1993, vous avez publié douze livres chez Flammarion, avant d'en publier douze autres jusqu'en 2009, mais cette fois chez PLON. Y a-t-il une explication à votre retour place de l'Odéon (Flammarion) ?

    Françoise Dorin : Oui, bien sûr, il y a la même explication qui m'a poussé à quitter Flammarion pour PLON. Après douze ans, vous commencez à faire partie des meubles - pour nous, auteurs, des bibliothèques - et donc on ne vous dit plus bonjour dans les couloirs, etc. Vous semblez ne plus intéresser personne.

    Marc Varence : Vous voulez dire qu'il n'y a plus d'effort à fournir pour vous avoir comme auteur ?

    FD : Voilà, exactement. On vous oublie un petit peu donc en disant "Je m'en vais" on se rappelle au bon souvenir de la direction.

    MV : Est-ce qu'on ne crée pas un lien privilégié avec un éditeur, qui suit votre carrière ?

    FD : Cela devrait. En fait, cela existe dans les premières années, mais après douze ans... Cela faisait déjà un an ou deux que je ressentais une espèce de relâchement dans les bons voeux annuels, si vous voyez ce que je veux dire. Non que je sois traditionaliste mais...

    MV : D'autant que vous contribuez activement à la bonne année de votre éditeur...

    FD : Oui, aussi. (rires)

    2. Ce livre est un bel hommage, mais aussi une preuve d'amour complice envers votre papa décédé en 1970. Ce choix d'utiliser le dialogue entre lui et vous s'est-il imposé d'emblée ?

    FD : Cela s'est imposé à moi avant de commencer. Je ne voulais pas écrire une biographie qui finit obligatoirement par un dithyrambe, par des souvenirs auréolés de bonheur. Non, je voulais que ce soit une chose plus vraie, plus vivante. Vous allez me dire : "C'est bizarre d'avoir cette idée-là pour quelqu'un qui est décédé depuis déjà 40 ans", mais c'était ce que j'avais dans la tête. Donner une image de mon père vivant, celui que j'ai connu et celui qui s'est raconté à moi.

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    3. Votre papa a écrit un livre, vendu à 4000 exemplaires, ce qui est conséquent pour l'époque, intitulé "Chansons poilues". En avez-vous conservé un exemplaire ?

    FD : J'ai un exemplaire de cet ouvrage dans ma bibliothèque. Je ne l'ai jamais ouvert parce que comme l'indique le titre, ce sont des chansons écrites dans les tranchées pendant la guerre de 14. Je suppose donc que cela ne va pas me passionner. En fait, j'ai peur d'être déçue et je n'ai jamais eu la curiosité - ce qui chez moi est très rare - d'aller regarder ce livre de plus près. Mais peut-être que à cause ou grâce à vous, je vais aller mettre mon nez, ou plutôt mes yeux dans les chansons de Papa.

    4. Si je vous dis : "pas d'artiste sans courage", que me répondez-vous ?

    FD : Au départ, pour ne prendre que mon exemple, pendant 19 ans très exactement, j'ai collectionné les refus. J'ai connu bide sur bide dans toutes les disciplines artistiques. J'en ai pas loupé une (rires). Et, je dois vous dire honnêtement, ce qui était encore plus dur, c'est que je collectionnais les échecs à côté de quelqu'un, mon mari*, qui lui collectionnait les succès. Et puis, ne me demandez pas pourquoi, tout d'un coup, il y a eu un déclic, sous la forme d'une chanson, "Que c'est triste Venise" **, et à partir de là tout s'est déclenché.

    * Françoise Dorin fut la première épouse de Jean Poiret

    ** paroles de cette chanson écrites par Françoise Dorin pour Charles Aznavour

    5. Même si vous assurez le contraire, vous êtes, vous et votre papa, les personnages de ce livre. Qu'avez-vous ressenti au moment d'apposer le mot "fin" à votre manuscrit ?

    FD : Mon père est toujours avec moi. Il y a une photo de mes parents dans mon bureau. Je leur dis bonjour comme si vraiment ils étaient là. En fait, le livre n'est que le prolongement de ce que je fais tous les jours, matin et soir, quand ce n'est pas l'après-midi.

    6. Les médias usent les célébrités aussi vite qu'ils les créent. Qu'en pensez-vous ?

    FD : C'est un peu vrai, non ? Aujourd'hui, on est une énorme vedette en un an, dix-huit mois, mais quelquefois cela disparaît aussi vite. Les gens ne disparaissent pas mais l'aura qu'ils ont auprès du public, oui.

    7. A la fin de votre ouvrage, vous évoquez le facteur chance dans la vie. La chance dans la vie d'un artiste...

    FD : Il y a le talent avant tout. Mais à mon sens, le talent méconnu peut exister aussi bien dans l'écriture que dans la composition musicale, dans la peinture, dans la chose artistique. Evidemment, après, le facteur chance intervient. J'en ai été le témoin.

     

    Prête-moi ta vie pour t'écrire là-haut

    de Françoise Dorin

    Flammarion, janvier 2011

    322 pages - 19,90 €

  • Pour la vie...

    9782203024984.jpgParfois, une simple anecdote racontée sur le coin d'un zinc de bar-tabac, un entrefilet dans la rubrique "faits divers", un songe intense, ou encore une bribe de conversation entre amis suffisent à déclencher l'idée, à créer le moteur, le fil rouge qui composera la trame d'un roman, et dans ce cas-ci un merveilleux roman graphique.

    A l'époque où j'étais éditeur, j'avais été séduit par le texte court de Stéphane Lambert, intitulé "Ensemble, Simone et Jean sont entrés dans la rivière" (Ancrage). Je retrouve cette candeur, cette félicité, cette simplicité grâce aux planches de Claudio Stassi et Jacky Goupil. J'ai apprécié ces clins d'oeil historiques, sans oublier l'apparition discrète de Mademoiselle Jeanne, la copine de Gaston Lagaffe.

    Edith et Fernand, ou cinquante années de bonheur à deux, oui, cela existe, j'ose y croire, je veux y croire. En tout cas, ces 136 pages ont été, en ce qui me concerne, une heure de franche délectation dans ma vie et pour cela, je tiens à remercier les auteurs.

     

    Pour la vie

    de Claudio Stassi et Jacky Goupil

    Casterman - Ecritures, avril 2011

    ISBN 978-2-203-02498-4

    136 pages - 14,00 €

  • Sept jours pour une éternité... en BD

    sept-jours-pour-une-eternite-bd-volume-2-simple-19082.jpgTrès rares sont les romans à succès qui sont adaptés en BD. Certes, Largo Winch, à la base, est un personnage de roman. Et XIII, autre série-culte de Jean Van Hamme reprend très largement l'idée première de Robert Ludlum. Mis à part ces deux exemples, les éditeurs ont tous en mémoire l'échec retentissant de l'adaptation des best-sellers de Sulitzer.

    Marc Levy, Espé et Corbeyran ont malgré tout relevé le défi. "Sept jours pour une éternité" transposé en 50 planches, vaut environ trois quarts d'heure de délassement, non sans la petite touche d'humour propre à ce cher Marc.

    Quand le Bien et le Mal se taquinent, cela donne une bien étrange mixture : Lucas le beau mec, l'envoyé du diable, retors, sans scrupule, et Zofia, la belle, la généreuse, l'ange 100 % bonté sincère. Et cet amour qui survient, improbable.

     

    Sept jours pour une éternité

    tome 2

    Marc Levy / Espé / Corbeyran

    Casterman, mars 2011

    ISBN 978-2-203-03349-8

    56 pages - 12,95 €

     

  • ORION !

    SDC10901.JPGCertaines BD labellisées "Jacques Martin" ont pour principal défaut d'ennuyer le lecteur par manque d'action. La série ORION, dessinée par Marc Jailloux déroge à cette observation. Même si certaines exagérations (un peu trop de facilité à se défaire d'adversaires pourtant coriaces) émaillent le récit, la lecture reste agréable et bien rythmée.

    La cité athénienne est menacée par la redoutable armée spartiate. A l'intérieur de ses murs, la révolte gronde et Périclès décide de consulter les oracles. On s'en doute : Orion jouera un rôle déterminant dans le sauvetage de la ville.

    1. Dix ou onze ans après la parution du dernier ORION, vous reprenez à vous seul un personnage créé par Jacques Martin. Etait-ce pour vous un challenge difficile à relever ?

    Marc Jailloux : C'était un challenge pas forcément difficile parce que l'envie était vraiment là. Jamais je n'aurais pu imaginer reprendre un personnage créé par Jacques Martin. Quand on connaît l'oeuvre que nous a laissé ce grand dessinateur, assumer le scénario et le dessin de l'un de ses personnages était donc un challenge très motivant, mais pas difficile.

    2. Avez-vous tendance à vous attacher à vos personnages ?

    9782203014749.jpgMJ : Evidemment. On s'attache à tous les personnages, sans quoi on ne pourrait les faire vivre, les faire évoluer. J'ai vécu à travers eux, les méchants, les gentils, etc. Il faut s'attacher aux personnages pour qu'ils puissent, tels des acteurs, jouer juste.

    3. Orion et Panaïotis seraient-ils devenus une nouvelle paire indissociable, comme Alix et Enak, Astérix et Obélix, ou Tintin et Haddock ?

    MJ : Non, absolument pas. Il se trouve que dans cette histoire la différence d'âge entre les deux protagonistes est beaucoup plus importante. De plus, il faut savoir que Panaïotis a une justification scénaristique, c'est-à-dire que l'un va se servir de l'autre. Panaïotis, orphelin, a tout perdu. Il est en colère contre les dieux et grâce à Orion, il va réussir à passer dans l'âge adulte avec ce parcours initiatique. De son côté, Orion, grâce à Panaïotis, va pouvoir accéder au Nécromantion. Je n'exclus pas de faire revenir le personnage de Panaïotis mais ce n'est absolument pas comparable au duo formé par Alix et Enak.

    4. Un tel ouvrage doit représenter une somme conséquente de documentation. Comment se passe le travail en amont, avant d'entamer le dessin proprement dit ?

    MJ : Enorme. Très peu de choses sur internet, voire pas parce que beaucoup de bêtises, de copiés-collés se retrouvent sur Internet. J'ai travaillé sur une série qui a l'avantage et l'inconvénient de se dérouler pendant une période de l'histoire qui est peu exploitée, que ce soit en bande dessinée, dans les arts en général ou au cinéma. On parle beaucoup plus de Rome que de la Grèce. Et quand la Grèce est évoquée, c'est Troie, la période d'Alexandre, très peu la période classique. Il s'agissait donc pour moi d'un challenge. On a très peu de références au niveau des coutumes ou des bâtiments. Je me suis rendu sur place. J'ai acheté des bouquins à l'école française d'Athènes. Je suis allé dans les bibliothèques. Je me suis rendu compte que bon nombre d'ouvrages sont approximatifs. En résumé, c'est assez incroyable de se dire qu'une époque aussi importante, berceau de nos démocraties, des arts, soit aussi peu vulgarisée. Je n'ai donc pas eu l'impression d'écrire le livre de plus. Je me sens tout seul sur ce créneau.

    propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

     

    ORION

    tome 4 : Les Oracles

    Scénario et dessin : Marc Jailloux

    Casterman, janvier 2011

    ISBN 978-2-203-01474-9

    48 pages - 12,95 €

  • Reed-Expositions perd des plumes...

    SalonMontreuil.jpgDans un communiqué du SLPJ, l'info a fait l'effet d'une bombe : « Après avoir poursuivi pendant de nombreuses années une relation professionnelle de grande qualité avec Reed-Expositions, l’association a statué sur les propositions et retenu celle qui consiste à engager un salarié pour mener à bien la mission de commercialisation du Salon. »

    Visiblement trop coûteux, le géant Reed, spécialisé dans l'organisation d'événements en tous genres (plus de mille salons organisés dans le monde) perd là un contrat juteux, sachant que Montreuil résonne aux oreilles de l'édition jeunesse comme l'événement majeur en France.

    La mission sera donc traitée en interne, et devrait permettre d'économiser pas mal d'argent, mais l'association SLPJ a-t-elle conscience de l'énormité du boulot ? Il faut croire que oui. En tout cas, l'édition 2011 se profile à l'horizon et aura pour thème le cirque.

  • Cela fait peur...

    v-23176.jpgDans l'éditorial du Carnet et les Instants, Jean-Luc Outers nous dévoile son inquiétude grandissante face à la percée du numérique et ses tablettes marquées d'une pomme qui envahissent les rayons des magasins multimédias. Certes, la génération des "anciens lecteurs" reste perplexe, toujours attachée au bon vieux livre-papier. Mais... Mais tout évolue si vite...

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    Heither Reisman, PDG de Indigo Books, jette un pavé dans la mare. La patronne très médiatique de cette librairie géante au Canada dresse un portrait peu engageant du métier de libraire dans les prochaines années. D'après elle, le marché du livre numérique ne représentera pas 15 % des ventes de livres comme estimé par la plupart des professionnels, mais 40 %, soit près d'un livre sur deux ! Un tel chiffre signerait l'arrêt de mort de la librairie générale, vouée à diversifier ses activités sous peine de disparition pure et simple.

    Pour contrer l'offensive du numérique, Indigo a déjà entamé sa mutation et propose d'ores et déjà de nouveaux produits tels que des jouets, de la vaisselle et autres articles de décoration. Et ce n'est pas tout, la société canadienne a lancé son site de vente de livres numériques : www.kobobooks.com ! Même si la rentabilité n'est pas encore au rendez-vous, Heither Reisman compte déjà trois millions de clients, en attendant de s'attaquer à l'Europe.

     

     

     

  • Les Temps nouveaux - Interview des auteurs...

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    1. A deux, vous formez une marque, à l'instar des Schuiten-Peeters ou Dupuy-Berberian. Y a-t-il une recette pour durer sans finir par s'étriper ?

    Eric Warnauts : Deux auteurs, un ego. Franchement, on prend les choses de manière commune.

    2. La période d'avant-guerre, période trouble, s'imposait-elle pour la création de votre nouvelle histoire ?

    Guy Raives : Oui, parce qu'elle s(inscrit dans le contexte historique, parce que j'habite dans le lieu qu'on décrit et parce qu'elle fait le parallèle avec notre époque actuelle. Et puis, c'est une époque importante, de changement, où il se passe beaucoup de choses. On sort à peine d'une crise économique comparable à celle de 2008. C'est la montée du populisme, du nationalisme. C'était important d'en parler.

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    3. Pour réaliser un tel dyptique, quel travail de recherches devez-vous faire en amont ? Vous inspirez-vous d'histoires vécues ?

    GR : Oui, il y a beaucoup d'histoires vécues. L'endroit où je vis a été très marqué par la bataille des Ardennes. On m'a transmis beaucoup d'anecdotes, de faits réels.

    EW : Moi, je suis né en 60 et mes parents ont vécu la guerre. Mon père s'est engagé à 19 ans, en 1944. Il a fait la fin de la guerre en Allemagne, comme volontaire. Mon oncle était résistant. Du côté de ma mère, au moment de la bataille des Ardennes, les Américains ont installé un QG chez elle. J'ai donc des photos qui m'ont marqué, notamment l'une d'elles où l'on voit un GI avec une coiffe d'Indien car c'était un Sioux Lakota. Il a vraiment combattu avec cette coiffe de plumes repliée dans sa besace.

    4. Vous attachez-vous à vos personnages au point d'être tristes de les quitter après deux albums ?

    GR : C'est pas toujours évident.

    EW : Oui, on s'y attache.

    GR : Et puis, quand on raconte une histoire, on crée un arbre complet. Pour chaque personnage, on imagine son passé et son futur. Comme ça, on sait toujours où l'on va.

     

    propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

     

    Les Temps Nouveaux

    Signé Warnauts - Raives

    Le Lombard, janvier 2011

    ISBN 978-2-8036-2768-4

    64 pages - 14,50 €

  • Polina...

    9782203026131.jpgA l'image du personnage principal de ce roman graphique de plus de 200 pages, Bastien Vivès passe pour un prodige aux yeux de certains critiques, pour un diamant brut aux yeux d'autres spécialistes du 9ème art. Je serai plus mesuré, même si je dois admettre de réelles prédispositions au succès chez ce jeune auteur. Mais il manque une structure, des fondations, une relance systématique de l'intrigue et, erreur récurrente chez lui, , je retrouve toujours une ou plusieurs coquilles dans les phylactères et cela me contrarie.

    La danse classique n'est pas ma tasse de thé, d'où la lassitude qui, peu à peu, a gagné mon esprit... au point d'envisager plusieurs fois l'abandon. Bastien ancre bien ses personnages, c'est là un atout, mais son oeuvre ne s'adresse au final qu'à un public conquis d'avance, ce qui n'est pas mon cas.

     

    POLINA

    de Bastien Vivès

    KSTR, mars 2011

    ISBN 978-2-203-02613-1

    216 pages - 18,00 €

  • Et toi, quand est-ce que tu t'y mets ?

    9782352071013.jpgCelle qui ne voulait pas d'enfant, c'est Jeanne, 35 ans, photographe free lance, heureuse en couple avec Jeff, et cela fait huit ans que cela dure. Beaucoup de clichés et quelques planches amusantes, mais au final, une déception toute relative. Voici vraiment, à mon avis, le style de BD qui gonfle les stats de parutions nouvelles, mais qui n'apporte rien au 9ème art.

    Une planche hebdomadaire dans un magazine féminin, pourquoi pas ? Mais de là à en faire un album...

     

    Et toi, quand est-ce que tu t'y mets ?

    tome 1 : Celle qui ne voulait pas d'enfant.

    de Véronique Cazot et Madeleine Martin

    Fluide G, mars 2011

    ISBN 978-2-35207-101-3

    48 pages - 10,40 €

  • Histoires de filles...

    arton11607.jpgDe la fraîcheur, du vécu, de l'humour à revendre qui vous procurera de belles tranches de rire, cette BD a de quoi satisfaire tant la gent féminine, désignée comme cible, que le lectorat masculin. Les deux Anne, l'une au pinceau et l'autre au stylo à bille, forment une équipe ultra-complémentaire.

    Marie, 38 ans, célibataire, de confession catholique, à l'affût d'une première aventure avec un homme ; Martine, mariée à Jean et mère de deux enfants, en proie au doute, après sept années de vie commune et enfin Muse, l'originale, mère de famille elle aussi mais obsédée par la célébrité, tel est le trio de nanas, de bonnes copines que l'on suit pas à pas.

    Ces histoires de filles se rangent aux côtés des plus grands classiques de Fluide et franchement, elles le méritent amplement.

     

    Histoires de filles

    de Anne Rouquette et Anne Barrois

    Fluide - G, mars 2011

    ISBN 978-2-35207-098-6

    48 pages - 10,40 €

     

  • Une saga belge !

     

     

    saga.jpgRencontre de M. Alain SIAENS à la librairie Tapage ce vendredi 8 avril à 18h00.

     

     C'est l'histoire d'une très grande famille qui traverse près de deux siècles : des entrepreneurs, des banquiers, des brasseurs, des propriétaires terriens qui vivent chacun leur époque - autant de tableaux d'un pays malmené parfois, bousculé souvent mais qui se ressaisit toujours pour conserver envers et contre tout sa prospérité.

     

     

    Une famille qui se reconnaîtra peut-être avec, en toile de fond, la Belgique et ses doutes qui l'accompagnent depuis sa création en 1830...

     

     

    siaens.jpgDocteur en Sciences économiques, Alain Siaens a été professeur extraordinaire à l'Université catholique de Louvain. Il préside aujourd'hui le conseil d'administration d'une importante banque privée dont il a été associé-gérant  et président du comité de direction. Il est aussi président du Cercle royal gaulois artistique et littéraire et de la Fondation médicale Reine Élisabeth.

     

    Une saga belge

    de M. Alain Siaens

    éditions Avant-propos

    Où ?

    Librairie TAPAGE

    83, Cours Saint-Michel

    1040 Bruxelles (métro Thieffry)

    Tél : 02 / 733 37 70

    www.tapageweb.be

  • Rolling Stones...

    9782352070382_cg.jpgIls ont 17 ans. Le premier a de grosses lèvres et se prénomme Mickaël, Mick pour faire plus court... plus rock. Le second se prénomme Keith et joue de la guitare... comme un dieu... non, un demi-dieu. Cet album nous narre l'histoire des Rolling Stones, avant qu'ils ne deviennent les Stones. Humour très british. Pince-sans-rire. Très Fluide.

     

    Backstage. Pierre qui roule.

    de James et Boris Mirroir

    Fluide Glacial, mars 2001

    ISBN 978-2-35207-038-2

    48 pages - 10,40 €