• Mi-figue, mi-raisin...

    46994_salon-du-livre-paris-2011.jpgLa salon du livre de Paris a donc vécu sa nouvelle formule : quatre jours au lieu de six, une nocturne le vendredi et une journée professionnelle le lundi. Comme d'habitude, les stars de l'écrit ont fait le plein : Amélie Nothomb, Bernard Werber, Katherine Pancol, Eric-Emmanuel Schmitt, Guillaume Musso, sans oublier les stars du petit écran ou du showbiz telles que Patricia Kaas, Antoine de Caunes, Francis Perrin et bien d'autres.

    Le bilan ? 180 000 visiteurs, c'est bien, même très bien compte tenu des grands éditeurs qui brillèrent par leur absence : tous ceux du groupe Hachette qui, une fois encore, a boudé l'événement, mais aussi et cela m'a surpris : les éditions Bragelonne et Milady !

    Des allées plus clairsemées, sensiblement plus larges, et un immense espace de repos où les chaises valaient leur pesant d'or.

    Le salon du livre de Paris ne possède pas le charme des salons de province... cette convivialité, ce rapprochement d'auteurs et d'éditeurs, ce partage avec le public. D'un côté plus professionnel, il est encore difficile de ne pas s'y montrer, mais malgré ce demi-succès, les questions demeurent...

  • Kaamelott !

    9782203034877.jpgLes chevaliers Perceval et Karadoc sont deux êtres oisifs et tire-au-flanc. Ils ont pour mission de déloger un serpent géant qui vit dans un lac, à proximité d'un bourg paisible peuplé de villageois effrayés par le monstre marin.

    Cette BD ne renie pas l'humour présent dans la série télévisée dont elle s'inspire. Tout au long de l'histoire, on s'y amuse franchement. Même si cet album ne révolutionne pas le 9ème art, ses auteurs nous font passer une heure agréable, peuplée de sourires et de quelques rires francs.

     

    Kaamelott

    tome 5 : Le Serpent Géant du Lac de l'Ombre

    Scénario : Alexandre Astier

    dessin : Steven Dupré

    Casterman, janvier 2011

    ISBN 978-2-303-03487-7

    48 pages - 12,50 €

  • 1066. Guillaume le Conquérant débarque en format BD !

    9782803627936.jpgTransposer en BD la tapisserie de Bayeux, l'idée est intéressante et, bizarrement, jamais encore exploitée. Patrick Weber et Emanuele Tenderini se sont attelés à la tâche pour un résultat qui nous permet de revisiter un pan de notre Histoire.

    1. L'Histoire est-elle un vivier inépuisable pour un romancier ou un scénariste ?

    Patrick Weber : Oui. En fait, cette histoire est née dans ma tête il y a bien longtemps. Quand j'étais petit, nous avons visité, mes parents et moi, la Normandie. Bayeux et sa tapisserie étaient alors l'un des alibis culturels. Or, j'ai toujours gardé un bon souvenir de cette tapisserie, ou plutôt de cette broderie.

    En écrivant "Vikings", je m'y suis rendu à nouveau, et cette oeuvre m'a littéralement scotché. Je me suis dit : "C'est incroyable ! Tout y est !" C'est de la BD parce qu'il y a du texte et de l'image. Les deux ensemble fonctionnent très bien. Il y a quelque part même du cinéma parce qu'on y retrouve des cliffhangers tous les x mètres.

    Donc, pour moi, le challenge était simple : rester fidèle à la trame de la tapisserie, sans mauvais jeu de mots. Certes, la tapisserie contient des ellipses, comme dans tout bon scénario. Tout en ayant l'accord de la conservatrice du musée, je me suis mis à remplir ces ellipses. Tel était mon challenge de départ.

    2. La tapisserie de Bayeux, comment la considérer avec le recul ? Une BD ? Une immense bâche publicitaire ?

    PW : Cela pourrait être une BD. Il s'agit à coup sûr d'un récit d'histoire. On pourrait la comparer aux tympans des cathédrales, et ce dès l'art roman. La plupart des gens étant illettrés, l'image devait impressionner, édifier, amuser les fidèles, et donc les églises étaient de véritables livres d'images. Il s'agit néanmoins d'une oeuvre de propagande, commandée par Odon, le demi-fr!re de Guillaume, parce que l'on sait très bien que l'histoire est toujours écrite par les vainqueurs.

    Patrick%20Weber%20RTL.jpg

    3. T'es-tu un jour imaginé vivre à l'époque de Guillaume le Conquérant ?

    PW : Je ne pense pas que c'était une époque très agréable à vivre. En revanche, j'aimerais bien y passer une journée. Cela doit être génial. Je n'ai pas envie d'y vivre mais si je pouvais y faire un citytrip, ce serait demain avec grand plaisir.

    4. Journaliste, romancier, chroniqueur en radio, en télévision, toujours entre Paris, Bruxelles et Rome, t'imposes-tu une discipline de vie pour tout mener de front ?

    PW : En gros, je fais toujours un peu la même chose : je raconte des histoires. Que ce soit en BD, en roman, à la radio ou à la télé, c'est toujours un peu la même démarche. Je peux passer d'une chose à l'autre, sans effort, même si les disciplines sont très différentes.

    propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

     

    1066. Guillaume le Conquérant

    scénario : Patrick Weber

    dessin : Emanuele Tenderini

    Le Lombard, février 2011

    ISBN 978-2-8036-2793-6

    72 pages - 15,95 €

  • Salon du livre de Bondues !

    Affiche Bondues 2011.gifBondues est une petite entité située à quelques encablures de la métropole lilloise. Chaque année, en prélude au grand salon du livre de Paris, la petite cité nordiste organise son salon du livre qui attire pas moins de quinze mille visiteurs.

    Parking aisé, entrée gratuite et présence de "stars" de l'écrit font de ce rendez-vous en pays ch'ti une belle répétition avant la Porte de Versailles.

    On peut y découvrir la production des éditeurs locaux, mais aussi en profiter faire des rencontres très intéressantes.

    Le salon se tient ce samedi 12 mars de 09h00 à 19h30, et dimanche de 09h30 à 19h30. Après tout, Lille n'est pas très loin.

    Quant aux auteurs, citons les deux régionaux de l'étape que sont Michel Quint et Léo Lapointe, mais aussi une très belle brochette de noms qui devraient attirer les curieux : Jean-Pierre Marielle, Richard Bohringer, Tatiana de Rosnay, François Cérésa, Marie Desplechin, Gérard de Cortanze, Denis Tillinac, Thierry Roland, ou encore Gilbert Montagné.

    plus d'infos sur www.salondulivrebondues.fr

    Centre Alain Poher, chemin Saint-Georges, à l'entrée de Bondues.

     

    Photo_michel_quint1.jpgesquelbecq-village-du-livre-delocalise-197431.jpg157327-jean-pierre-marielle-637x0-3.jpgsl01_1155636_1_apx_470_.jpgTATIANA_DE_ROSNAY.jpgFrancois-Ceresa_Ginies-Sipa.jpg

     

     

     

     

    marie_desplechin04.jpg Gerard-de-Cortanze_Ulf-Andersen-Sipa.jpg

     tillinac3.jpg_rolland_m.jpg

     

    221624-gilbert-montagne-etait-sur-rtl-637x0-1.jpg 

     

     

     

     

  • Okhéania !

    16308.jpgUn univers fantastique s'ouvre à nous lorsqu'on pénètre le monde d'Okhéania. Alice Picard profite certes de l'expérience d'Eric Corbeyran, et ce n'est pas rien. Le quatrième tome déjà et pas une once d'essoufflement. Un amiral "dark vadorien", un Imperator me rappelant Jabba le Hutt, un beau capitaine façon "Pirate des Caraïbes", un catamaran style "Waterworld", et une princesse gâtée désirant s'ouvrir à la vraie vie, tels sont les ingrédients.

    Une belle réussite qui ravira le public enfant et adolescent. Ceci dit, en tant qu'adulte, j'avoue y avoir pris un grand plaisir de lecture.

    1. Comment la Bordelaise que vous êtes perçoit-elle la Belgique ?

    Alice Picard : C'est un pays magnifique. Les gens y sont très accueillants. En fait, j'ai juste l'impression de voyager dans une autre région de France mais avec une foule de détails très particuliers et propres à la Belgique.

    2. Peut-on dire que vous devez beaucoup au monde de Disney ?

    AP : Oui, par différents aspects. Cela m'a appris à dessiner très vite. En moins d'une semaine, nous devions achever une scène croquée par les animateurs. Cela m'a appris aussi à figer le personnage dans une action, faire en sorte que la pose soit dynamique. C'était sans conteste une bonne école.

    Alice_Picard_03-_O_tour_de_la_bulle.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    3. A mon sens, Okhéania est une réussite exceptionnelle car il concentre plusieurs univers en un seul. Etes-vous d'accord avec cette analyse ?

    AP : Tout à fait d'accord. On a presque quatre univers. Tout d'abord les gens dont la technologie est assez avancée et qui pillent les ressources de la planète. Ensuite il y a le monde des branches qui fait un peu communauté hippie, ils sont très écolos, ils vivent avec ce que la nature leur offre. Et en face il y a les laissés-pour-compte qui vivent au milieu des ruines, qui ont muté parce qu'ils ne voient jamais la lumière.

    4. Vous avez connu l'éclosion des dessins animés japonais, des mangas et le succès remporté par Tolkien ou JK Rowling. Retrouve-t-on ces influences dans votre dessin ?

    AP : Dans mon dessin, on retrouve pas mal d'influence manga et beaucoup d'influence de l'illustration de la fin du 19ème - début 20ème siècle : l'art nouveau de Klimt et de Mucha, par exemple... Plein d'éléments décoratifs qui rappellent un peu la mythologie, les contes, tout ce que j'aime beaucoup utiliser dans mon dessin.

    5. La jeune dessinatrice que vous êtes a-t-elle une ou plusieurs idoles dans ce monde de la BD ?

    AP : Loisel et Marini. Loisel pour sa façon inimitable de dessiner les enfants. Je regarde aussi beaucoup les travaux en couleurs directes.

    propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

     

    Okhéania

    tome 4 : L'île

    scénario : Eric Corbeyran, dessin : Alice Picard

    Dargaud, janvier 2011

    ISBN 978-2-5050-0937-5

    64 pages - 12,95 €

  • Rubine : l'héritier fragile...

    9782803627882.jpgUn treizième tome mené tambour battant par un scénariste redoutable d'efficacité. Mythic a tout de même collaboré avec Jigounov pour Alpha. C'est dire... De l'humour, de l'action, de l'hémoglobine émaillent ce récit qui voit la belle flic de Chicago embarquée à bord de l'Amtrak pour un voyage exempt de tout repos.

    Je connaissais Bruno Di Sano pour ses BD coquines. Cet album me permet de découvrir une autre facette de son talent.

    1. Lorsqu'au début des années 80, vous exerciez votre métier de mécanicien automobile, imaginiez-vous pouvoir vivre de la BD ? Quel fut le déclic ? Est-ce la rencontre avec Michel Deligne ?

    Bruno Di Sano :J'ai toujours voulu faire de la BD mais, adolescent, je ne savais pas quelles étaient les filières à suivre pour y parvenir. Mon père n'était pas d'accord à l'idée de me faire faire six années à l'Académie sans avoir l'assurance de décrocher un bon job dans le milieu très fermé de la bande dessinée. Michel Greg qui était à l'époque rédacteur en chef de Tintin, disait "La BD, c'est comme la jungle. On sait toujours quand on entre mais on ne sait jamais quand on sort."

    Alors j'ai fait de la mécanique pendant quatre ou cinq ans, tout en continuant à dessiner. J'ai découvert l'existence des fanzines et j'ai remarqué qu'ils étaient réalisés par des jeunes qui, comme moi, avaient la passion de la bande dessinée. Je me suis donc associé à eux. Un jour, un journaliste m'a parlé d'un certain Michel Deligne, un éditeur qui n'hésitait pas à lancer des jeunes. J'ai donc débarqué chez cet éditeur qui a accepté de publier mon premier album.

    2. Vous signez le treizième tome de Rubine en compagnie de Mythic et de François Walthéry. Vous sentez-vous à l'aise avec ce personnage ?

    BDS : Le personnage de Rubine ne m'a posé aucun problème puisque j'avais déjà l'expérience des BD coquines, de Johanna, ou encore d'une collaboration pour Natacha. Par contre, les décors de Rubine me faisaient très peur car il fallait être très précis.

    3. A choisir, Rubine ou Natacha ?

    BDS : Je dirais qu'il faut être beaucoup plus attentif pour Rubine. Ce qui compte dans Natacha, c'est plus l'ambiance rigolote, bon enfant. On y verra jamais de crimes de sang.

    4. Tout comme Dany, vous avez réalisé plusieurs albums de blagues coquines. Cet exercice continue-t-il à vous amuser ou vous en avez un peu marre qu'on vous colle une étiquette ?

    BDS : Les étiquettes, je m'en fiche parce que dans la vie on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Il se trouve que "Blagues coquines" m'a ouvert les portes de la BD internationale. Ne crachons pas dans la soupe. Ceci dit, je sentais que j'en avais fait le tour. Je ne dis pas que je n'en ferai plus jamais mais il faut savoir évoluer.

    5. Pour en revenir à Rubine, elle opte pour le transport ferroviaire. N'y a-t-il pas là un parfum de "crime de l'Orient-Express" ?

    BDS : Je suppose que Mythic a voulu dresser une sorte de parallélisme avec l'Orient-Express. Une poursuite en vase clos.

    propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

     

    Rubine

    tome 13 : L'héritier fragile

    Dessin : Bruno Di Sano et François Walthéry

    Scénario : Mythic

    Le Lombard, février 2011

    ISBN 978-2-8036-2788-2

    48 pages - 10,45 €

  • Celles qui attendent...

    9782081245631.jpg"Arame et Bougna, mères, respectivement de Lamine et Issa, deux émigrés clandestins. Elles ne comptaient plus leurs printemps, mais chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui devait tenir la demeure sur les galeries creusées par l'absence. Mais comment dépeindre la peine d'une mère qui attend son enfant, sans jamais être certaine de le revoir ?

    Coumba et Daba, quant à elles, humaient leurs premières roses : jeunes, belles, elles rêvaient d'un destin autre que celui de leurs aînées du village. Assoiffées d'amour, d'avenir et de modernité, elles s'étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. Mariées à Issa et Lamine, l'Europe est leur plus grande rivale. Esseulées, elles peuvent rester fidèles à leur chambre vide ou succomber à la tentation."

    1. Ce rêve d'une Europe d'abondance, terre de tous les possibles est-il un sentiment général en Afrique ?

    Fatou Diome : Je pense que ce sentiment ne concerne pas tout le monde mais une majorité de jeunes. C'est devenu une thématique absolument incontournable. Bien sûr, il y a des jeunes qui ne veulent pas partir. Moi par exemple, je me souviens lorsque j'étais étudiante, je n'avais aucunement l'intention de quitter mon pays, peut-être par peur, peut-être aussi parce que j'avais le sentiment de réaliser mon rêve en devenant professeur de français. Mais les jeunes d'aujourd'hui, même érudits, diplômés, n'arrivent pas à trouver du travail, alors ils ont envie de partir. L'Europe semble, à leurs yeux, l'endroit idéal pour réussir.

    2. N'est-ce pas finalement une chimère comme l'étaient les Etats-Unis d'Amérique pour les Européens il y a deux ou trois siècles ?

    FD : On a aussi des contre-exemples qui prouvent que certains s'en sortent. Tous ne vont pas réussir mais les rares succès excitent encore davantage les jeunes restés sur place.

    SDC10896.JPG

    3. L'Europe est une femme rivale pour Coumba et Daba. Le mot "attendre" est sur les lèvres des épouses, mais aussi des mères. Beaucoup de malheur en somme ?

    FD : Oui, pour moi c'était une manière de regarder la frustration amoureuse. Au Sénégal, et pas seulement au Sénégal, en Afrique, on ne parle pas beaucoup de ces choses-là. Une femme se distingue par son courage, par sa capacité à rester altière, à tenir le coup malgré les épreuves. Elles luttent, elles travaillent avec la boule d'angoisse au ventre de ne pas savoir où se trouve l'être aimé. Mais elles assurent l'essentiel : nourrir les enfants, soigner les malades, etc.

    4. En parlant du quotidien de ces femmes, avez-vous pour volonté sous-jacente de dénoncer les aberrations de notre monde économique ? Considérez-vous cela comme une mission ?

    FD : Mais non (rires). Je me sens impuissante, alors j'en parle. Les dames de mon livre, elles auraient pu être en Amérique latine, en Afghanistan, partout où sévit la pauvreté. C'est une réalité qui n'est plus essentiellement africaine, elle est mondiale. Partout où il y a la pauvreté il y a des gens qui attendent, partout où il y a la pauvreté il y a des hommes qui partent. Ce sont les bras forts. Les piliers de famille s'en vont. C'est quoi une société sans ses piliers ? On ne détruit pas seulement l'économie de ces pays, on détruit la structure sociale.

    5. Avez-vous, vous-même, vécu une situation analogue ?

    FD : Je n'ai jamais attendu. Moi, je fonce. (rires) Ces femmes-là, je parle d'elles parce que je les admire. Moi, mon côté occidental calcule les heures, les mois et les années. Pour être sérieuse, je pense que toutes les femmes ont ce côté plus patient que les hommes, plus sacrificiel. Je pense que ces femmes sont plus entières quand elles donnent leur coeur et sont capables d'en payer le tribut. Cette chose-là me fascine parce que derrière la femme la plus moderne ici en Occident, il y a toujours une petite midinette capable de se sacrifier par amour... et moi la première.

    propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

     

    Celles qui attendent

    de Fatou Diome

    Flammarion, août 2010

    ISBN 978-2-0812-4563-1

    330 pages - 20,00 €

  • Le Temps des Cerises

    9782203017702.jpgDeuxième tome de la trilogie consacrée à Boro, un reporter photographe plutôt beau gosse, au centre d'un climat politique explosif, moins de quatre ans avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

    Cette période de l'avant-guerre intéresse de plus en plus d'auteurs. Le dessin assez figé, l'intrigue peu ou pas captivante, le manque de personnalité des personnages principaux, ainsi que la volonté de coller à une actualité politique brûlante, font de cet album un ersatz de BD sans véritable apport.

     

    Les aventures de Boro, reporter photographe

    tome 2 : Le Temps des Cerises

    Dessin : Marc Veber, scénario : Dan Franck

    Casterman, février 2011

    ISBN 978-2-203-01770-2

    48 pages - 12,90 €

  • Une nuit, sur la mer...

    9782226218766.jpgA l'instar de films à regarder plutôt sur support DVD que sur grand écran, il existe un grand nombre d'auteurs dont l'achat du livre en grand format me semble superflu. Patricia MacDonald fait, à mon avis, partie de cette catégorie d'auteurs à succès, intéressants à lire au format poche, à moins bien entendu de privilégier le confort de lecture ou de ne pas avoir une bonne vue et donc de préférer la lecture de gros caractères.

    C'est pourtant d'un livre au format traditionnel de 145 x 225 mm qu'il me faut jauger à présent : le dernier roman à suspense de Patricia MacDonald, intitulé "Une nuit, sur la mer".

    Shelby, femme indépendante, a élevé seule sa fille Chloé, comblée par son deuxième mari, Rob, mais aussi par l'éducation de Jeremy, leur petit garçon. Et pourtant tout bascule lors d'une croisière dans les Caraïbes, croisière offerte par Shelby. Un cadeau pour le moins maudit car Chloé disparaît en mer, selon toute vraisemblance victime d'un accident. Mais Shelby, traumatisée par cette perte subite et douloureuse, va tout faire pour démêler le vrai du faux.

    Phrases courtes, nombreux dialogues, intrigue haletante, vocabulaire simplifié, addition de chapitres digestes, la recette est connue. Elle n'est par contre pas aussi évidente à réaliser, en tout cas moins qu'il n'y paraît. Force est de constater que l'auteure américaine - qui parle un français plus que correct - excelle en la matière.

     

    Une nuit, sur la mer

    de Patricia MacDonald

    Albin Michel, janvier 2011

    ISBN 978-2-226-21876-6

    352 pages - 19,90 €

  • Passages secrets

    9782203014183.jpgVoilà une épopée d'enfants dans les souterrains de leur immeuble, le Toutankhamon, le bâtiment le plus ancien de Victorville. Ce n'est pas un lieu anodin. A Victorville, tout le monde le sait. En effet, en 1944, des lutins-fantômes auraient chassé les nazis venus s'installer dans l'immeuble, prestigieux hôtel des années 30.

    Une histoire aux teintes sombres - logique pour des passages secrets -, souvent décalée, au vocabulaire actuel et le zeste d'humour indispensable. Bref, une bonne BD à mettre entre toutes les mains moites.

    1. D'où vous vient l'idée de cet album ?

    David Boriau : Je voulais regrouper deux notions : la peur et les passages secrets. Je me suis rendu compte qu'il m'était plus facile de raconter une histoire avec des enfants. Cela m'est venu naturellement. Puis j'ai rencontré Benjamin (Goum) dans les locaux du magazine Spirou à Marcinelle. Je lui ai parlé du concept. Victorville, le robot, les passages, tout cela, on le doit à Benjamin.

    2. 144 pages menées tambour battant. Est-ce un exercice plus ardu qu'une BD au format classique ?

    Goum : On n'en sait rien. Comme c'est notre première, on s'est directement embarqué pour une telle brique. Au départ, on pensait qu'on ne dépasserait pas les 48 planches. Un album au format classique quoi. On l'a présenté à plusieurs éditeurs et comme KSTR a été le premier à rebondir dessus, David a profité de la collection pour proposer plus de pages : d'abord 100, puis 110, 120. Il m'a dit ensuite : "Tu penses que je peux encore en rajouter quelques-unes ?" Au final, l'album en compte 136. Tout cela représente deux années de travail, plus une consacrée à la documentation et à l'étude des décors et des personnages.

    3. Après cette entrée en matière plutôt réussie, quels sont vos objectifs à moyen terme ?

    David Boriau : On se dirige naturellement vers la BD au format classique. Cela nous permet d'avoir un retour financier plus rapide, sachant que Benjamin réalise l'ensemble du travail graphique, couleurs comprises.

    propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

     

    Passages secrets

    Scénario : David Boriau, dessin : Goum

    KSTR, janvier 2011

    ISBN 978-2-203-01418-3

    144 pages - 16,00 € 

     

  • Valentine Pitié !

    9782505011163.jpgLire un album signé par André Benn, c'est un peu comme déguster un plat concocté par un chef étoilé. On se prend d'affection pour ses personnages. On applaudit son trait de crayon. On se délecte de chaque case.

    Ebloui par la qualité du premier tome de Valentine Pitié, j'attendais la sortie de ce second opus avec impatience. C'est aujourd'hui chose faite.

    Et le résultat est à la hauteur. Normal me direz-vous pour une BD où l'aéronautique tient une place prépondérante. Petit regret néanmoins : pas de vengeance inuit ! Une belle histoire d'amour, doublée d'une belle leçon de vie...

     

    Valentine Pitié

    d'André Benn

    Dargaud, février 2011

    ISBN 978-2-5050-1116-3

    64 pages - 13,95 €