• Scott Leblanc...

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    Des références en pagaille à l'univers de Tintin, des apparitions furtives de personnages cultes tels que le professeur Tournesol, le comte de Champignac, Francis Blake ou encore Séraphin Lampion, une ligne claire qui nous rappelle les BD de nos jeunes années, le tout scénarisé par Philippe Geluck réalisant au passage un nouveau challenge.

    Scott Leblanc est un journaliste au coeur pur, innocent, amoureux des bêtes qui colle aux basques du professeur Moleskine. Certes, on a l'impression de lire une BD d'une autre époque, dépassée. Mais cela ne nous empêche pas d'apprécier ce retour en enfance car ce sont parfois les histoires les plus simples qui se révèlent les plus efficaces.

    1. Philippe Geluck, votre scénariste, considère cet album comme un hommage à la BD franco-belge. Etes-vous d'accord avec lui ?

    Christophe Devig :Tout à fait. C'était de toute façon le but qu'on s'était fixé, à savoir de compiler tous les héros de la BD belge.

    2. J'y ai repéré des personnages ressemblant étrangement au comte de Champignac, au professeur Tournesol et à Philip Mortimer. Les références abondent dans votre ouvrage.

    CD : Surtout dans le premier tome, car on voulait, Philippe et moi, rendre hommage à tous ces personnages qui ont bercé notre enfance. On s'est donc amusé à placer un maximum de clins d'oeil. C'était un jeu.

    3. Pourquoi avoir situé votre récit en 1966 ?

    CD : A cause des essais nucléaires effectués en Polynésie française. On a pris le parti d'avancer d'année en année. Ce sont donc des héros qui vont évoluer dans un univers qui change constamment mais où tout est réel.

    Ce qui implique un travail de recherche...

    CD : qui me passionne. J'adore analyser les détails des voitures de l'époque, la forme des postes de télévision, l'équipement des cuisines, et tant d'autres choses...

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    4. Vous venez du monde de la pub. Vous avez également collaboré avec des maisons telles que Milan, Play Bac et Epigones. Quelle est l'origine de cette aventure nouvelle chez Casterman ?

    CD : En fait, je dois à Philippe Geluck ma condition d'auteur. Alors que je travaillais dans la presse enfantine, j'ai envoyé des dessins d'humour noir à Philippe Geluck. Il m'a aussitôt encouragé à poursuivre dans cette voie. Lorsqu'il a été nommé directeur de collection chez Casterman - C'est pour offrir -, il m'a appelé et m'a offert ma chance. Aussi, pour moi, Casterman, c'est Philippe Geluck car je bosse plus avec lui qu'avec Casterman.

    5. Comment se déroule la collaboration avec Philippe Geluck ?

    CD : C'est quelqu'un de très occupé, mais paradoxalement c'est aussi quelqu'un de très disponible, c'est-à-dire qu'une fois une plage de temps dégagée, il va être disponible à 100 %. En général on se voit dans un bar à Paris. On y trace les lignes directrices du récit, je lui soumets mes découpages et il précise l'histoire et les les dialogues. Ce qui est agréable avec Philippe, c'est qu'il s'agit d'un travail en commun, un échange permanent. On s'appelle tout le temps au téléphone. Mais le principal avantage, c'est que Philippe est également un dessinateur, il remarque donc très vite d'éventuelles erreurs graphiques. C'est une chance pour moi, et j'en suis conscient.

    propos recueillis lors de la Foire du Livre de Bruxelles

    9782203022720.jpgAlerte sur Fangataufa

    Scénario : Philippe Geluck, dessin : Christophe Devig

    Casterman, juin 2009

    ISBN 978-2-203-02272-0

    48 pages - 12,00 €

      

     

  • Hyde !

    9782203020610.jpgCrimes crapuleux, monstre du Loch Ness, légendes, vengeances familiales, atmosphère glauque des Highlands écossais, Stéphane Heurteau signe une BD d'exception, trois en une, rapport au nombre de planches.

    Suite à une agression, un jeune homme débonnaire est recueilli par un borgne aux origines nébuleuses, quelque peu mythomane. Amnésique, ses sauveurs décident de lui donner le nom du village où il a trouvé refuge : Hyde !

    Un récit dense, bien ficelé, qui entraîne le lecteur dans un univers fantastique.

     

    Hyde

    de Stéphane Heurteau

    Casterman, février 2011

    ISBN 978-2-203-02061-0

    120 pages - 23,00 € 

  • Le grand duc d'Occident !

    9782203025387.jpgThierry Cayman et Hugues Payen perpétuent l'oeuvre de Jacques Martin, car on ne lui doit pas uniquement les personnages d'Alix et de Lefranc. Ce douzième album de Jhen nous plonge en terre connue, sous l'autorité du duc de Bourgogne Philippe Le Bon.

    Bande dessinée didactique qui respecte scrupuleusement les rites de l'époque, pas vraiment destinée aux enfants, mais au dessin trop désuet à mon goût. Certes, il faut rester dans la ligne du parti, celui mis sur pied par Jacques Martin. Mais pourquoi ne pas faire évoluer ce style devenant peu à peu anachronique.

     

    Jhen

    tome 12 : Le grand duc d'Occident

    Scénario : Hugues Payen, dessin : Thierry Cayman

    Casterman, février 2011

    ISBN 978-2-203-02538-7

    48 pages - 10,40 €

  • Moulinsart perd en appel !

    SDC10903.JPGAprès avoir perdu en première instance, Gordon Zola gagne en appel face à la société Moulinsart, détentrice des droits du petit reporter à la houppe.

    En cause, ses livres au format poche contant les aventures de Saint-Tin, le fils présumé de Tintin.

    Même si mon ami Gordon n'a pas le sourire sur la photo, je peux vous assurer qu'il s'agit pour lui d'une immense satisfaction, ou plutôt d'un soulagement après avoir frôlé la déconfiture totale.

    La Justice a reconnu le travail parodique de l'auteur. Déboutée, la société dirigée par Nick Rodwell devra régler 22 000 euros à l'éditeur de Saint-Tin, au titre de dommages et intérêts.

    De l'argent, Gordon Zola en aura perdu beaucoup, en frais d'avocats tout d'abord, mais aussi suite à la saisie de ses stocks chez le distributeur Volumen. En attente du jugement final, les libraires craignant une réaction virulente de Moulinsart se sont montrés extrêmement frileux. Perte d'argent, mais aussi perte de temps car à ce jour, la collection est loin d'être terminée, ce qui aurait dû être le cas.

    David a donc, une nouvelle fois, vaincu Goliath... Et c'est tant mieux...

  • François Nourrissier est décédé.

    Pilier-du-monde-des-lettres-Francois-Nourrissier-(ci-dessus-en-octobre-dernier)-etait-l-auteur-d-une-oeuvre-d-inspiration-autobiographique_-(Photo-AFP).jpgComptant pendant de nombreuses années parmi les critiques et écrivains les plus courtisés de la place parisienne, en raison de son poste privilégié au sein de l'Académie Goncourt, François Nourrissier s'est éteint ce mardi 15 février 2010 à l'âge de 83 ans.

    Auteur d'une vingtaine de livres, dont Une histoire française (1965), La Crève (1970), Allemande (1973), ou encore A défaut de génie (2001), François Nourrissier laisse une oeuvre dense qu'il convient de saluer.

    Il était atteint de la maladie de Parkinson qu'il surnommait "Miss P", non sans ironie. 

  • Juke Box

    SDC10886.JPGCertes, Charles Berberian est un grand mélomane, musicien lui-même. Il a d'ailleurs réalisé l'illustration de plusieurs pochettes de disques. Cet album intitulé "Juke Box", il devait y tenir depuis des années. Par moments, le texte décoche ses flèches d'humour propres à l'auteur. Mais est-ce suffisant ?

    Il nous présente un juke box, le sien, à savoir une compilation de stars et de groupes pour la plupart mythiques, revisités à sa sauce.

    Le 21 janvier 2011, Charles Berberian était de passage à Bruxelles et j'ai pu lui poser quelques questions.

    1. Pourquoi avoir voulu réaliser un tel album ?

    Charles Berberian : Dans "Playlist", un livre sur la musique mais qui n'est pas vraiment de la bande dessinée... plutôt des dessins autour de la musique, j'avais inséré une bande dessinée dont le titre était "Comment je n'ai jamais rencontré Cliff Richard ?". En dessinant cette histoire, je me suis vraiment amusé. Quand Playlist est sorti, il a été plutôt bien reçu même si cela n'a pas été un succès terrible. Il a été énormément apprécié par les musiciens et par les journalistes de rock. Cela m'a encouragé à continuer, d'autant que digresser sur la musique me plaisait, et d'en faire cette fois des BD.

    2. En 1980, vous aviez 21 ans. Quel était votre style ?

    CB (ne pas confondre avec Carte Bancaire) : J'écoutais beaucoup Neil Young au moment où tout le monde s'excitait sur la fin du punk ou sur la new wave. Mais j'aimais bien aussi Elvis Costello, XTC, ou encore les Clash. Je n'ai jamais fait partie d'une tribu. Je ne me déguisais pas d'une manière forcément précise... même si j'avais acheté une chemise à carreaux comme Neil Young. Disons que j'étais une espèce de baba. En 80, j'étais une espèce de type qui commençait à être fasciné par "Métal Hurlant". J'allais aux Puces m'acheter des pantalons des années 30-40, un peu trop larges pour moi.

    3. Vous avez publié avec Philippe Dupuy de nombreux albums dans des maisons plus modestes, comme Cornélius, L'Association, ou encore Alain Beaulet. A ce titre, quelles différences principales voyez-vous entre ces maisons et les Majors ?

    CB : C'est marrant ce que vous dites parce qu'à une époque j'avais l'impression que Dargaud survivait - ils s'en sont sortis depuis et heureusement du reste - et inversement L'Association, grâce - notamment - au succès de Marjane Satrapi, est devenue une maison d'édition pas du tout modeste. Ils ont même réussi là où toutes les autres maisons d'édition avaient échoué, à savoir imposer un succès indiscutable à l'étranger, et tout cela grâce aux oeuvres d'auteurs inconnus.

    Quant à Cornélius, il s'agit, à mon avis, de la maison qui publie les plus beaux livres de bande dessinée, finement ouvragés, imprimés. Ce genre de structure a permis à la BD de trouver un sang neuf. On voit bien aujourd'hui que les catalogues des Majors ont évolué parce que ces maisons dites modestes ont ramené de nouveaux lecteurs et ont éduqué les anciens. Bref, l'album de BD est moins standardisé qu'il y a quinze ans.

    4. Sur cet ouvrage, vous avez travaillé seul. Est-ce une infidélité temporaire à votre comparse Philippe Dupuy ?

    CB : La marque Dupuy-Berberian est le vaisseau à bord duquel on navigue, lui et moi. Et puis, de temps en temps, l'un de nous descend et va prospecter ailleurs, tenter des expériences, voir ce qu'on peut ramener à bord pour continuer le voyage. Il se trouve que, de manière très concrète, Philippe a eu un enfant en février 2010 et qu'il a consacré tout son temps à s'occuper du bébé. Cela m'a donc poussé à développer des projets annexes qui étaient en suspens.

    5. Vous êtes mélomane et je crois, musicien. De quel instrument jouez-vous ?

    CB : De la guitare principalement, et je me suis mis à la basse depuis peu.

    6. Vous avez réalisé plusieurs pochettes de disques, notamment pour l'une de nos gloires locales, Salvatore Adamo. Comment percevez-vous le monde de la musique ? Et par rapport à celui de la BD ?

    CB : C'est une vie un peu contraire à la nôtre. Ce sont des saltimbanques. Ils se baladent sans cesse. Ils voyagent énormément. Un concert ici, un autre là-bas. La BD, c'est plus un truc de sédentaire.

    L'autre différence, c'est ce qui se passe sur scène, c'est-à-dire ce qu'on crée dans l'instant et qui est très éphémère. On peut essayer d'enregistrer un concert en vidéo, ou sur un disque, mais cela n'aura jamais l'électricité pure qui est transmise dans l'instant.

    7. Si l'on vous demandait de choisir une musique, une chanson de votre juke box, là, maintenant, laquelle sélectionneriez-vous ?

    BC : Elton John, car j'aime bien agacer les puristes. Elton John parce que normalement il n'a pas sa place dans les discographies idéales mais pour moi oui, et je travaille à la réhabilitation de cet artiste. Il y a une chanson de lui que j'aime beaucoup : Rocket Man !

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    Juke Box

    de Charles Berberian

    Fluide Glacial, janvier 2011

    ISBN 978-2-352070-69-6

    124 pages - 16,00 €

  • La Renaissance du Livre dégraisse...

    La richesse de la littérature francophone belge n'est plus à démontrer : Maeterlinck, Simenon, Verhaeren, sans oublier les contemporains Mertens, Ancion, Gunzig, Harpman, et tant d'autres...9782507002398.jpg9782507004415.jpg9782804023157.jpg9782804022259.jpg9782804013585.jpg

    La collection Espace Nord, créée au début des années 80, compte quelque 300 titres et a pour objectif de pérenniser et de regrouper notre patrimoine francophone. Détenue à l'origine par les éditions Labor, la collection est passée de mains en mains. Une bonne affaire pour les éditeurs sachant que la Communauté Française de Belgique a toujours soutenu l'initiative, au point d'y avoir englouti en trente ans pas moins de deux millions d'euros.

    Beaucoup d'argent (le nôtre, celui des contribuables) pour un bilan somme toute fort maigre, en tout cas bien éloigné des ambitions affichées.

    Force est de constater que les éditeurs successifs ayant possédé Espace Nord n'ont jamais réussi à imposer le concept pourtant idéal pour les écoles du pays. A leur décharge, sur l'ensemble des titres, peu se révèlent rentables. Mais ont-ils vraiment mis tous les moyens en oeuvre pour assurer le succès commercial de ce fonds ? Après tout, la fabrication étant pour partie subsidiée, les éditeurs se sont peut-être assis sur ce trésor au risque minimal ?

    Dernier propriétaire de la collection, M. Alain Van Gelderen m'assurait il y a quelques mois - disons plutôt quelques semaines - que Madame Rynik resterait en place et que la société se voulait ambitieuse et en pleine expansion. Or, la directrice générale a quitté ses fonctions au début du mois de décembre - mes sources étaient donc bonnes -, et aujourd'hui La Renaissance du Livre s'est défait d'Espace Nord.

    En effet, Fadila Laanan, Ministre de la Culture, a organisé le rachat de la collection par la Communauté Française. Qu'adviendra-t-il désormais d'Espace Nord ? D'un côté, en effectuant cette opération, on ne risque pas de voir un jour les soldeurs se ruer sur les palettes afin de brader le stock, ce qui aurait signifié une mort indigne pour une si belle collection. D'un autre côté, ce n'est pas tout de récupérer le nom, le stock, les contrats, et les droits d'Espace Nord, le principal challenge sera de faire vivre cet enfant gâté tout en sachant que la Communauté Française n'a pas vocation à être éditeur...

  • Jean des Cars à la librairie Tapage

    AVT_Jean-Des-Cars_2013.jpgAprès la rencontre de Jean-Luc Fonck, voici celle de Jean des Cars, qui viendra nous parler de son dernier ouvrage intitulé "La saga des Habsbourg" (Perrin).

    Fils de Guy des Cars, journaliste et écrivain réputé pour ses livres sur les différentes dynasties qui ont jalonné l'histoire européenne, Jean des Cars crie son indignation face à la dérive de l'Europe.

    Certes, par rapport à la venue de Jean-Luc Fonck, le ton de cette interview sera radicalement différent, mais cette rencontre se révèlera ô combien instructive.

    Car le nom Habsbourg n'est pas seulement associé à Charles Quint ou à François-Joseph... Cette famille a façonné notre Europe au cours de 800 ans d'histoire.

     

    Dialogue avec Jean des Cars

    librairie Tapage

    02 / 733 37 70

    www.tapageweb.be

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