23.07.2007
Le silence est une arme redoutable...

On entre dans un tel livre comme l’on pénètre dans une église en pleine célébration de messe : discrètement, sur la pointe des pieds. Avec respect aussi. Pour l’œuvre, pour le personnage… pour Vercors lui-même. Je me suis replongé avec bonheur dans ce grand classique tiré à seulement 350 exemplaires lors de sa parution, en 1942. Le silence de la mer est une nouvelle, un récit court dont la belle prose et l’application de la concordance des temps avec utilisation systématique du subjonctif imparfait, nous réconcilient avec la langue de Molière. L’histoire n’est pas en reste. Un officier allemand utopiste séjourne chez une famille française. Celle-ci, composée d’un homme fumeur de pipe et de sa nièce lui oppose le silence. Imperturbable, l’officier se lance chaque jour dans de longs monologues prônant le mariage de leurs deux patries. Une entente cordiale entre le berceau de la musique et celui de la littérature… Bien qu’agressé par le silence de ses hôtes, l’officier francophile de la Wehrmacht restera digne et achèvera toujours ses discours par la même phrase : « Je vous souhaite une bonne nuit. »
Outre Le silence de la mer, le livre reprend six autres nouvelles de l’auteur. Mis à part L’Imprimerie de Verdun, que j’estime de valeur égale au Silence de la mer, je me suis ennuyé à lire les autres. « Ennuyé » est un mot faible. Je comprends mieux désormais pourquoi Jean Bruller, alias Vercors, est considéré comme « l’homme d’un livre », malgré une quarantaine de titres publiés. Retenons également que ce même Vercors fut le fondateur des éditions de Minuit…
Le silence de la mer
de Vercors
Livre de poche n°25
14:01 Écrit par Marc Varence dans nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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