06.12.2006
En réponse aux commentaires sur "le coup de gueule d'une petite éditrice"
"Concurrent" est un mot qui devrait être aboli du dictionnaire car pour moi il ne signifie rien. La concurrence n'empêche pas de publier les articles qu'on désire. La concurrence permet aux entreprises de se bonifier, de toujours aller de l'avant, de bénéficier de la pub de son voisin.
Il y a une rue à Laeken ( Bruxelles ) que je surnomme la "rue des salons de coiffure". Il y en a 17 sur à peine 200 m. Eh bien, ils vivent tous très bien. Lorsque je désire me faire couper les cheveux, je sais que dans cette rue je trouverai toujours un coiffeur ( ou plutôt une coiffeuse car je préfère les jolies coiffeuses, histoire de joindre l'utile à l'agréable ) qui m'accueillera sans rendez-vous.
Lorsqu'on stigmatise le mot "concurrent" et qu'on l'associe au mot "ennemi", c'est qu'on n'a rien compris au commerce.
Si les petits éditeurs comprenaient ce principe au lieu de toujours tirer la couverture vers soi, les géants auraient du souci à se faire. Cela fait un an que je tente d'expliquer cela mais la plupart me prennent pour un idéaliste, pour ne pas dire un illuminé qui débarque de son asile. Et pourtant mon cerveau "idéaliste" fourmille d'idées qui pourraient changer considérablement la donne.
Car enfin, si l'on jette un oeil sur les chiffres de 2005, on s'aperçoit que les éditeurs indépendants réalisent un c.a. de 1386 millions d'euros, soit 320 millions de moins qu’Hachette, mais près du double d'EDITIS !
Suis-je donc trop bête pour imaginer une structure mise en place par un regroupement de fonds de ces éditeurs, leur garantissant leur indépendance éditoriale mais possédant une structure analogue à celle des plus puissants ?
- Création d'un directoire autonome ( composé de pros de l’édition et du commerce ) étranger à tout éditeur-membre, et donc totalement impartial, comprenant un DG, un DRH, un DC, etc...
- Création d'une structure de diffusion-distribution nationale et internationale.
- Création d'un bureau de presse efficace.
- Création d'une cellule chargée de collecter un maximum de subsides.
- Création d'une cellule de co-éditions, de manière à augmenter les tirages et à attirer les grosses pointures.
- Création d'une nouvelle collection de livres de poche utilisant, en plus des canaux habituels, d'autres canaux de diffusion ( mise en place de partenariats avec de grandes chaînes, comme par exemple Afflelou, chaînes de salons de coiffure, de restauration, ACCOR,... ). En effet, la majeure partie des livres de poche ( visibles en grande distribution ) proviennent des éditeurs appartenant aux grands groupes. Cela représente donc un manque à gagner important pour les petits éditeurs, sur un marché en augmentation constante et mieux adapté aux moyens financiers de la population.
- Lancement d'actions publicitaires.
- Regroupement de toutes ces activités en un seul lieu
- Sélection de deux ou trois imprimeurs exclusifs, de façon à diminuer les coûts de production, voire à délocaliser la production pour certains livres ( Chine, pays de l'est,... )
Jean-Louis GIARD ( Cheminements ), Albert de PETIGNY ( éditions pour penser à l’endroit ) et Dominique GIBERT ( diatéino ) ont entièrement raison. D’autres éditeurs devraient se pencher sur la question car TOUS les éditeurs indépendants ont des intérêts et des soucis communs !
Mais je ne vais pas développer davantage ce message car les 12 groupes dominant le marché du livre ont appliqué ces méthodes depuis longtemps et ont de quoi se marrer devant l’égocentrisme et la naïveté des 3000 petites structures qui volettent autour d’eux. Il s’en crée chaque année de nouvelles pour remplacer celles qui se sont pris un arbre en pleine poire, ou celles qui ont tout simplement renoncé à poursuivre leurs activités sans cesse déficitaires.
16:27 Écrit par Marc Varence dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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Commentaires
oui, faire bloc... mais... Il peut sembler "facile" sur le papier (ou sur l'écran) de concevoir des modèles permettant à un grand groupe de petits de disposer de l'infrastructure des grands.
Lorsque l'on se confronte ensuite à la mise en place, il faut faire avec de multiples structures, des individualités fortes, des habitudes différentes... bref, à la différence d'un "grand", qui peut imposer des méthodologies à ses filiales, nous devons imaginer là un système suffisament souple pour garantir la totale liberté et indépendance de ses acteurs.
Les petits éditeurs sont avant tout des amoureux des livres et des message qu'il peuvent transmettre. Ceux à la tête des grands groupe sont principalement à la recherche de la meilleure rentabilité.
Je ne pense vraiment pas que nous poursuivions les mêmes buts.
Écrit par : Albert de Pétigny | 26.03.2007
Un syndicat des petits éditeurs indépendants ... Pourquoi pas ? Je viens de créer une maison d'édition en ligne et je suis moi aussi, confronté aux problèmes des petits éditeurs.
Bien sûr que les petits éditeurs sont plus attachés à la qualité littéraire que les patrons des grands groupes mais cela empêche-t-il la rentabilité ?
Je pense qu'un regroupement de petits éditeurs est possible ... Je dirais même souhaitable. C'est la seule manière de permettre à un de leurs auteurs (qui sont souvent bien meilleurs que les écrivains officiels) de remporter un des grands prix littéraires. Et ça permettrait surtout de relancer la littérature française qui se trouve dans le trou. Moi-même, j'ai décidé de réécrire certains des manuscrits que je reçois, lorsque l'histoire est intéressante.
A ce propos ... Comment fait-on pour contacter un(e) attaché(e) de presse, afin de faire connaître, et ma maison d'édition, et mes auteurs.
Encore une fois, bravo pour votre blog.
Lionel Videlo
Gérant de NICOLION Editions
Écrit par : Lionel Videlo | 15.09.2007
Editions "Le Jardin des livres" Bonjour Marc Varence,
Je suis Mary GUILLARD attachée de presse des éditions "Le Jardin des livres". Je viens de déjeuner avec Erick Mogis et Pascal Pechmeja des
Léopards masqués. Ils m'ont parlé de votre site
que je viens de consulter rapidement. J'aimerai avoir quelques renseignements sur le 1er salon du livre permanent sur internet. Nous sommes une maison d'éditions indépendante mais avons une passe financière difficile suite à un passage chez le diffuseur "Flammarion".
Vous pouvez me joindre par téléphone au 0144090878 ou par émail.
Très bonne fin de semaine.
Mary GUILLARD
EDITIONS LE JARDIN DES LIVRES
Écrit par : GUILLARD | 24.10.2007
Comme je ne trouve pas où vous contacter... Bonjour,
Je suis une auteure belge publiée par un petit éditeur indépendant belge lui aussi mais installé à Paris. Mon deuxième roman, Expérience sous vide, paraîtra en septembre. Intéressé de le découvrir ?
N'hésitez pas à me contacter !
Écrit par : Laura | 24.07.2008
Recherche d'un éditeur... Bonjour. Ecrivant de petites bafouilles, des mots d'amour et d'amitié, amoureux des vers, et des métaphores...Je cherche un éditeur pour mon deuxième receuil...a ceux qui pourraient me suggérer une piste, vous trouverez sur mon blog, ma modeste poésie...
Pasquale Monda
Écrit par : MONDA | 10.04.2009
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Écrit par : J & R Publishing | 25.09.2009
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