01.12.2006
Shooté au pouvoir. A dévorer !!!

Pendant que de jeunes crapules tuent froidement pour un MP3 ou un GSM, de vieilles crapules, très riches, profitent de leurs pouvoirs pour s’en mettre plein les poches et entrer dans l’histoire. Laissons-les s’entretuer puisqu’il n’y a rien d’autre à faire, sinon une révolution des salaires payés aux hommes politiques… ces élus qui nous gouvernent.
Politique, la face B dévoilée !
Depuis quelques jours, et à l’approche des présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy qui a officiellement sa candidature, et Ségolène Royal se montrent sous leur plus beau jour. Pendant que Sarko fait la Une des journaux, Ségolène visite le Liban et serre des mains tachées de sang devant les caméras. Bonne pub. En politique, tous les coups sont-ils permis ? De toute façon, le peuple ne connaîtra finalement que le quart de la moitié des bassesses de quelques puissants désireux de monter des dossiers sur leurs concurrents directs.
C’est dans cette atmosphère de doutes et de suspicions qu’un livre revient furieusement au cœur du débat : Shooté au pouvoir, écrit par Jean-Baptiste Desaize ( éditions Max Milo ).
Pour aller plus haut
Au royaume des cumulards, François Rivière s’érige en champion incontesté de sa classe. Ce personnage cynique, calculateur, retors, s’engage en politique non par volonté de défendre des valeurs morales – de morale, il ne saurait en être question - mais par pure soif de pouvoir. Marié à une femme grisée par l’opulence, se livrant à tous types de parties fines, père de deux enfants, un fils rejetant en bloc l’image paternelle, et une fille ne reniant pas le sang qui lui coule dans les veines, François Rivière ne pense qu’à une chose : gravir les échelons de la hiérarchie sociale et, par le biais de la politique, jouir de la reconnaissance publique.
Ce livre ne s’apparente ni à un pamphlet, ni à une diatribe… Non, parlons plutôt d’un document nous permettant – nous, honnêtes électrices et électeurs – de découvrir la face « cachée » d’un monde de discours, d’affiches, d’arrêtés ministériels, de démagogie, de promesses, de sourires figés et de poignées de mains devant photographes.
Droite ou gauche, même caviar
Comme le souligne l’auteur dans un avant-propos où l’on devine derrière les mots à la fois crainte et prudence, les François Rivière sont les ennemis de la politique. Et l’auteur de rajouter qu’il ne s’est jamais prêté au jeu pour briguer l’un ou l’autre poste qu’il aurait pu convoiter. Jean-Baptiste Desaize ne navigue pas à visage découvert. Il se cache derrière un pseudo. Dommage. Proche de Nicolas Sarkozy – vous savez, le petit bonhomme que les Guignols de l’info ne cessent d’agiter sous le nez de Chirac –, Jean-Baptiste Desaize sait de quoi il parle, pour avoir gravité plus de trente années durant parmi les magnats de la politique française. Il fallait donc être sacrément gonflé pour publier son « Shooté au pouvoir ». Le regrette-t-il ? Peut-être. Mais il est trop tard. Le pavé est lancé et on se le prend en pleine poire.
Ce livre d’utilité publique se lit d’une traite et l’on rit beaucoup au fil des pages, tant le personnage principal se montre écoeurant d’égoïsme, de cynisme, de narcissisme et de cruauté. Ce livre est un « C’est arrivé près de chez vous » en version « bourges ». Mis à part l’épisode de la villa de riches, Ben se plaisait à démontrer qu’il était plus commode et plus rentable de dévaliser les petites gens. Quant à François, il s’entoure de puissants pour mieux les entuber ensuite. Chacun sa méthode.
Le mensonge est Loi, appliquons-la…
« Les gendarmes ont retrouvé l’Aston Martin DB7 du gommeux dans un fossé, après trois tonneaux. Lui a été protégé par sa ceinture de sécurité, ce qui n’était pas le cas de Corinne qui l’avait détachée pour se pencher et lui tailler une plume. Elle a été tuée sur le coup, dès le premier tonneau. Finalement, elle aura terminé sa vie comme elle l’avait menée, en tenant un mec par les couilles ! Evidemment, ça a été le branle-bas de combat, la femme d’un ministre ! Les gendarmes ont rapidement donné à la scène de l’accident une allure plus morale et puis se sont mis à ma recherche, puisque j’avais, une fois de plus, semé mon officier de sécurité.
Bien au chaud devant l’immense cheminée d’une chaumière normande, j’étais dans les bras d’Ariane, sous le regard vitreux de trophées de chasse. Nous étions bien, les sens en éveil, Ariane inaugurait pour l’occasion un ensemble en soie des Folies d’Elodie et moi, transcendé par sa beauté sauvage, j’étais décidé à la faire jouir jusqu’au bout de la nuit.
…
Vers 9 heures, nous avions quitté l’hôtel, évidemment par la grande porte, les photographes mitraillant nos yeux rougis de larmes, avant de grimper dans la voiture pour rentrer sur Paris.
La semaine qui a suivi a été incroyable ! Tout le monde a joué le jeu, le ministre des Transports allant jusqu’à profiter de l’occasion pour rappeler sa détermination dans sa politique contre l’alcool au volant, et nous avons, bien sûr, déposé plainte contre le conducteur. Le clampin n’a pas compris comment il avait pu se retrouver avec un tel taux d’alcoolémie pour trois malheureux verres avalés avant de partir avec ma femme.
…
Au ministère, où, pourtant, personne ne se faisait d’illusions sur ma relation avec Corinne, tous ont rempli leurs rôles dans le registre compatissant et j’ai profité de ces semaines de « douleur » pour remanier mon cabinet en virant quelques petits cons que Matignon m’avait collé dans les pattes au moment de ma nomination.
Autre effet surprenant de cette affaire, l’impact sur ma cote de popularité des personnalités du gouvernement ! A croire que j’avais réveillé la midinette qui sommeille en chacun puisque j’ai grimpé, la semaine suivant l’accident, de la dix-huitième à la sixième place du classement, dans le baromètre du Figaro magazine ! »
Un ton corrosif, désopilant
Après lecture d’un tel ouvrage, la question se pose : quel homme ou quelle femme politique, dans quelque pays que ce soit, n’a pas – ne fut-ce qu’une fois – succombé aux avantages liés au pouvoir ? Oh bien sûr, la plupart jureront leurs grands dieux qu’ils sont parfaitement intègres, fidèles aux croyances de leur parti, imperméables à toute tentative de corruption et que l’exercice de la politique ne les a nullement enrichis. Pour les femmes, ce sont toutes de bonnes mères, dévouées à leurs maris, généralement bourgeois eux aussi. Pour les hommes, ils sont tous proches du peuple, attentifs aux attentes de leurs concitoyens, et entièrement voués à leur engagement politique. En vérité, peu d’entre eux pourraient vous donner le prix d’un litre d’essence, d’un pain, d’un ticket de métro, d’un jeton de laverie automatique, d’une pizza bolognèse Derby, d’un journal ou du montant exact que perçoit un minimexé. Quant à la villa qu’ils comptent louer en Sardaigne pour leurs vacances en famille, là, pas de problème. Idem pour leur cotisation au Golf du Bercuit, leur Porsche Cayenne ou leur appart à La Clusaz.
Petits meurtres entre nantis
L’opposition prône le changement, tandis que la majorité parle de bonnes résolutions et se félicite de boucler un budget à l’équilibre. Chaque année, c’est la même rengaine. Et comme chaque année à nous de l’avaler, sans oublier le paquet d’augmentations en tous genres destinées à oppresser un peu plus la masse populaire… de moins en moins naïve.
Il fallait une maison d’édition indépendante, jeune, et qui n’a pas froid aux yeux, pour publier des œuvres-chocs, dont certaines ont déjà connu un franc succès ( Je suis noir et je n’aime pas le manioc a dépassé les 200.000 exemplaires vendus ). Certes, Max Milo n’a pas le profil de l’éditeur « Goncourable », mais en publiant les bons, très bons voire excellents textes jugés trop « osés » pour les grandes maisons bien pensantes, il a dégoté une niche où il est bon y puiser matière à lire.
A quand la Politic academy ?
A l’heure où les émissions promettant richesse et célébrité cartonnent sur le câble, où les sommes remportées à Euromillions nous transportent au-delà de nos rêves les plus fous, Shooté au pouvoir nous rappelle que le pouvoir pourrait rendre complètement taré le plus docile des moines capucins vivant à l’époque de la Sainte Inquisition !
Shooté au pouvoir
de Jean-Baptiste Desaize
éditions Max Milo
Diffusion en Belgique : interforum
11:09 Écrit par Marc Varence dans marketing, business, finance, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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